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<title>Last posts on la mort</title>
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<updated>2026-04-14T07:59:34+02:00</updated>
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<name>Marc Alpozzo</name>
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<title>La société occidentale face au deuil</title>
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<updated>2021-05-03T06:00:00+02:00</updated>
<published>2021-05-03T06:00:00+02:00</published>
<summary>    Le deuil s'amorce à l'annonce de la mort d’une personne proche. La mort,...</summary>
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&lt;h4 style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Le deuil s'amorce à l'annonce de la mort d’une personne proche. La mort, cet état insensé de disparition de la personne aimée, envahit d’abord le psychisme au moment du décès, avant d’enserrer le cœur et de vider le corps. Ce moment très difficile dans lequel nous ne sommes jamais tout à fait sûrs que la personne chère est partie, peut-il prendre fin un jour ? Comment exprimer la douleur indicible que nous ressentons tout au long du processus ? La parole peut-elle aider à exprimer ce qui ne peut être dit ? Et auquel cas, serait-ce un paradoxe, puisque les mots ne peuvent, semble-t-il, recouvrir l’ensemble de la douleur ? La mort étant manifestement indicible, ne peut être dite, ce qui rend donc plus que probable que la parole ne puisse rien contre l’océan de la douleur qu’est le deuil. Alors, quelle solution ? &lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Voici une petite méditation, que je propose en accès libre dans l'&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ouvroir&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/02/2172482293.jpg&quot; id=&quot;media-1095506&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1118814&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/02/2614730566.jpeg&quot; alt=&quot;la mort,jacques derrida,jean-luc nancy,marie darrieussecq,simone de beauvoir&quot; /&gt;Les sociétés occidentales ont de plus en plus de mal à faire face à la mort. L'évitant bien soigneusement, elles ont remplacé la parole collective par une parole individuelle reléguée dorénavant à la sphère privée de l'individu et la sphère de l’intime. Pourtant, certains ont besoin de faire part de leur douleur, d’en parler, de partager avec autrui, d’exprimer ce qu’elles ressentent, au moins pour extérioriser la souffrance. Souvent, néanmoins, les mots leur manquent. Trop envahis par le chagrin, ils ne sont pas disponibles ou ne trouvent pas le bon interlocuteur et, dans la presque totalité des cas, n'ont pas les bons mots, comme si le langage se montrait insuffisant à décrire nos sentiments et nos émotions. Comme si la douleur du deuil demeurait coûte que coûte du côté de l’indicible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;À ce propos, le philosophe français Jacques Derrida écrit « La mort déclare chaque fois la fin du monde en totalité, la fin de tout monde possible, et chaque fois la fin du monde comme totalité unique, donc irremplaçable et donc infinie ». Par ces quelques mots, Derrida met en avant que la mort est une sorte de fin du monde, du seul monde qui soit chaque fois, singulièrement et irréversiblement pour l’autre, ce qui veut dire que l’on ne peut généralement rien en dire, car la mort de l’être aimé est unique, singulière, inédite et que les mots dits pour une autre mort ne peuvent servir pour celle-ci. Pourtant, et d’une très étrange façon, pour le survivant provisoire qui endure l’impossible expérience, il lui faut parler alors même que le langage se dérobe sous ses pieds, et que la parole semble impuissante. Il demeure cependant l’écriture, très probablement. Il n’est en effet pas exclu, que l’indicible douleur de la mort puisse éventuellement trouver une possibilité du dire dans le secret de l’écriture. Une possibilité qui serait en quelque sorte un pied-de-nez à l’échec du deuil impossible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1095508&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/01/3494041550.jpg&quot; alt=&quot;jacquesderrida.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Jacques Derrida vers la fin de sa vie&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;À la disparition de Jacques Derrida, un autre philosophe français, il s'appelle Jean-Luc Nancy, lui écrit par-delà la mort : « Qu'il est difficile d'écrire alors que le silence s'impose. Et pourtant, il le faut il faut sans attendre adresser le salut. Jacques, il m'est impossible d'écrire aujourd'hui autrement qu'en m'adressant à toi. Déjà, revenant de Paris après t'avoir vu, je pensais que je t'écrirais chaque jour un mot, pour passer les limites et la fatigue, pour toi, du téléphone. Et voici que c'est la seule lettre possible. Mais je suis incapable de ne pas faire comme si, malgré tout, je pouvais t'écrire. Il ne m'est pas possible de me tourner vers un &quot;public&quot;. Il faut parler de toi, mais en parlant à toi. » En lisant ces mots tirés de l’intime et révélés au grand public, on peut soudain ressentir, qu’en écrivant son deuil d’un être aimé, qu’il s’agisse d’un époux ou d’une épouse, d’une mère ou d’un père, d’un grand amour, la parole redevient possible par la médiation du texte. Par exemple, dans &lt;em&gt;Tom est mort&lt;/em&gt;, Marie Darrieussecq raconte l’indicible douleur d’une mère après la mort d’un enfant. Ainsi, par le truchement de l’écrit, la parole semble soudain capable d’exprimer une douleur jusque-là inexprimée, même si, celle-ci transforme peut-être le lecteur en une sorte de voyeur, ce qui ne lui rend pas la lecture évidente.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1095507&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/01/3773755877.jpg&quot; alt=&quot;tom-est-mort.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Roman de Marie Darrieussecq, paru en 2007&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans son récit &lt;em&gt;Une mort très douce&lt;/em&gt;, Simone de Beauvoir a ressenti le besoin d’écrire l’expérience du deuil afin de la comprendre. Sous cet angle, on peut voir que, si la parole peine à exprimer la douleur, l’écriture de deuil, toujours singulière, toujours spécifique, peut s’envisager sous le registre de l’action, et posséder ses effets biographiques. Nous constatons alors que la parole, par la médiation d’une écriture du deuil, répond dès lors à une forme d’engagement public, loin d’être réservée à la sphère intime, et, est d’emblée collective, publique, voire politique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext; font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext;&quot;&gt;Peut-on exprimer la douleur d’un deuil en en parlant&amp;nbsp;? Il est fort possible, que la parole du deuil, souvent réservée à la sphère de l’intime, se cogne à l’indicible douleur, à l’impossible dire de ce que l’on ressent, d’autant que l’on ne trouve pas toujours le bon interlocuteur, ou les bons mots lorsque l’on en parle. En revanche, si l’on transite de la parole à l’écriture, par le truchement de l’écriture du deuil, alors, il est probablement possible, dans le silence du texte, de dire l’indicible, d’exprimer par des mots ou des images, ce qui est ressenti durant le deuil, et, prenant la forme de l’écrit, du texte ou du livre, cet engagement par l’écriture, peut devenir public, se hisser hors de la sphère intime, et prendre la forme d’une confession publique, voire politique.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;En couverture : Pierre Soulages, &quot;Peinture 202 x 453 cm, 29 juin 1979&quot;, 1979, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, Paris.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Marc Alpozzo</name>
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<title>« La mort » de Vladimir Jankélévitch</title>
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<updated>2018-04-12T09:00:00+02:00</updated>
<published>2018-04-12T09:00:00+02:00</published>
<summary>   Peut-on penser la mort ? N’y a-t-il pas un aspect moral malsain à penser...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Peut-on penser la mort ? N’y a-t-il pas un aspect moral malsain à penser la mort ? La mort est-elle simplement pensable ? Et pourquoi la mort de quelqu’un est-elle toujours une sorte de scandale ? Pourquoi cet événement si normal éveille-t-il chez ceux qui en sont les témoins autant de curiosité et d’horreur ? Autant de questions que pose &lt;em&gt;La Mort&lt;/em&gt;, de &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #800000;&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/tag/jank%C3%A9l%C3%A9vitch&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;Vladimir Jankélévitch&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, paru chez Flammarion en 1966, et réédité à l’occasion des 40 ans de la collection « Champs », accompagné d’une préface inédite du philosophe Frédéric Worms. Cette chronique est parue dans la revue en ligne&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Boojum&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;. Elle&amp;nbsp;est désormais en accès libre dans l&lt;em&gt;'&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Ouvroir&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/02/593306123.jpg&quot; id=&quot;media-985762&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-985761&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/00/1667121004.jpg&quot; alt=&quot;Vladimir Jankélévitch, La mort, Frédéric Worms, Henri Bergson&quot; /&gt;«&amp;nbsp;On peut douter que le problème de la mort soit à proprement parler un problème philosophique.&amp;nbsp;» C’est par cette réflexion énigmatique que débute l’ouvrage de &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #800000;&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/tag/jank%C3%A9l%C3%A9vitch&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;Jankélévitch&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Ce professeur de philosophie morale à la Sorbonne, il s’était fait maître en paradoxes moraux. La mort violente et toujours subite, inexorable, qui n’a rien d’une naissance à rebours, sommes-nous pas, pense le philosophe français, face à l’ineffable, la nécessité ultime sans laquelle l’homme ne serait pas un homme&amp;nbsp;; comment penser ce «&amp;nbsp;phénomène naturel et pourtant toujours accidentel&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais, soyons clairs, la mort est-elle un problème philosophique sérieux&amp;nbsp;? Est-ce même un problème ou plutôt un mystère&amp;nbsp;? Pour Platon, philosopher c’était apprendre à mourir&amp;nbsp;», et pour Montaigne, philosopher c’était apprendre à vivre. Quant à Spinoza, « L’homme libre ne pense à rien moins qu’à la mort, écrivait-il, et sa sagesse est une méditation non de la mort, mais de la vie ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Alors pourquoi écrire sur la mort&amp;nbsp;? Vladimir Jankélévitch nous répond&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;[parce que] «&amp;nbsp;la mort est le seul événement biologique auquel le vivant ne s’adapte jamais&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; [parce que] &amp;nbsp;« ce fait divers ne ressemble à aucun des autres faits divers de l’empirie : ce fait divers est démesuré et incommensurable aux autres phénomènes naturels. […] Elle n’est pas un gain, mais une perte : la mort est un vide qui se creuse brusquement en pleine continuation d’être ; l’existant, rendu soudain invisible comme par l’effet d’une prodigieuse occultation, s’abîme en un clin d’œil dans la trappe du non-être.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;L’auteur du&amp;nbsp;&lt;em&gt;Je-ne-sais-quoi et le presque-rien&lt;/em&gt;, du&amp;nbsp;&lt;em&gt;Pur et de l’impur&lt;/em&gt;, de l’&lt;em&gt;Ironie&lt;/em&gt;, de l’&lt;em&gt;Irréversible et la nostalgie&lt;/em&gt;, ce passionné de musique écrivait sur la mort, la liberté, l’intention, le pardon, l’amour pour saisir l’événement, le mystère dans l’instant fugace qui se situe à la jointure du «&amp;nbsp;pas encore&amp;nbsp;» et du «&amp;nbsp;jamais plus&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1070812&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/00/882887068.jpg&quot; alt=&quot;vladimir jankélévitch,la mort,frédéric worms,henri bergson&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Vladimir Jankélévitch, comme un vent déchirant notre ciel gris&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Vladimir Jankélévitch, ce philosophe au verbe faussement simple, à la plume faussement facilement d’accès, tel Henri Bergson, nous offre un livre marquant, probablement parce que le mystère de la mort, à peine dévoilé, est plutôt une affirmation du mystère de la mort qu’une tentative impudique et vaine d’en lever le voile. Peut-être aussi, parce que, tel que le dit Frédéric Worms dans sa préface : « il affirme et maintient le&amp;nbsp;&lt;em&gt;mystère&lt;/em&gt;&amp;nbsp;de la mort, envers et contre toute réduction, et toute solution.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Voilà donc un livre qui hérite de Bergson et de la question posée par le philosophe de&amp;nbsp;&lt;em&gt;Durée et simultanéité&lt;/em&gt;, celle du temps, «&amp;nbsp;la mort rappelle la réalité heurté, tragique, quasi verticale du temps. Et inversement le temps est ce qui fait la réalité de la mort, dans son absence de symétrie linéaire et facile, car il y a une rupture radicale&amp;nbsp;&lt;em&gt;entre&lt;/em&gt;&amp;nbsp;l’avant et l’après&amp;nbsp;» (Frédéric Worms).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Si ce livre est donc si captivant, c’est parce qu’il s’obstine à dessein à penser un événement impensable, innommable, mais dans sa banalité la plus quotidienne, soulignant à la fois son étrangeté et son anomalie normale afin de soulever la contradiction de son tragique familier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1070811&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/02/2134090769.jpg&quot; alt=&quot;vladimir jankélévitch,la mort,frédéric worms,henri bergson&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Vladimir Jankélévitch en 1980 sur le plateau d'&lt;em&gt;Apostrophes&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Vladimir Jankélévitch,&amp;nbsp;&lt;em&gt;La Mort&lt;/em&gt;, Flammarion, « Champs essais », octobre 2017.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Françoise</name>
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<title>Constatation....</title>
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<updated>2016-09-22T10:34:19+02:00</updated>
<published>2016-09-22T10:34:19+02:00</published>
<summary>     Chaque année me rapproche d'elle    C'est banal puisque&amp;nbsp;elle...</summary>
<content type="html" xml:base="http://legranddeblocage.blogspirit.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-935298&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://legranddeblocage.blogspirit.com/media/01/00/3701855668.JPG&quot; alt=&quot;IMG_0379.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chaque année me rapproche d'elle&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;C'est banal puisque&amp;nbsp;elle n'oubliera personne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Donc la mort...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Je me souviens d'une réflexion de ma tante&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;alors qu'elle devait avoir dans les 80 ans :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot;et dire que quand j'avais 60 ans je me croyais vieille&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Avec le temps...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Autrefois, et même il n'y a pas si longtemps,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;on disait d'une personne décédée à 60 ans&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot;elle est morte jeune&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il y a quelques jours un cinéaste&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;nous a quitté à l'âge de 71 ans...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;J'ai pensé : &quot;Pourtant il n'était pas vieux&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Puis autre disparition à 83 ans&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot;ah, pas si vieux...&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tout ça pour vous dire qu'aujourd'hui j'ai&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;83 ans...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Impossible de dire où je me situe&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;dans l'échelle des âges.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tout en sachant que je ne suis&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;pas de la prime jeunesse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Quant à la mort, un jour je lui ai écrit&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;(voir les premières publications sur mon blog)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Peur : non, pas tant qu'elle n'est pas là.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Voilà, je pense à ma fille et... :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot;Soit je la retrouve ailleurs, et je n'y crois pas;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ou je pense :&amp;nbsp;il n'y a rien après.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce qui est certain c'est que je ne souffrirai&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;plus de son absence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Je voudrais que ce soit une consolation&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;pour ceux que je quitterai.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme le chantait Brel&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot;J'veux qu'on rit, j'veux qu'on danse...&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Allez, bonne journée et à la prochaine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: 12pt;&quot;&gt;Je vous embrasse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-935300&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://legranddeblocage.blogspirit.com/media/01/01/1773703915.JPG&quot; alt=&quot;IMG_0493.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Marie GILLET</name>
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<title>Passer la soirée avec Jean-Paul, Napoléon, et un vieux colonel.</title>
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<updated>2016-03-17T05:59:00+01:00</updated>
<published>2016-03-17T05:59:00+01:00</published>
<summary>  Passer la soirée avec  Outre-Terre , de Jean-Paul Kauffmann.  C’est la...</summary>
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&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Passer la soirée avec &lt;u&gt;Outre-Terre&lt;/u&gt;, de Jean-Paul Kauffmann. &lt;br /&gt;C’est la première soirée. Après avoir entendu Jean-Paul Kauffmann il y a quelques jours sur France Musiques, on a décidé de lire son livre. On n’a jamais rien lu de lui, mais on le connait, bien sûr.&lt;br /&gt;C’est la première soirée, donc – mais on sait qu’il y en aura d’autres car ce livre, on l’a compris dès les premières lignes, fait partie de ceux qu’on va déguster, lentement, très lentement : parce qu’on va aller fureter dans les anciens livres d’histoire pour se remémorer l’épisode napoléonien, parce qu’on va regarder les cartes de l’Atlas historique, parce qu’on va aller fureter dans le rayon Balzac pour relire des passages du Colonel Chabert, et parce qu’on va passer de longs moments sans le lire, ce livre, qui sera simplement posé, grand ouvert les genoux. On restera là, dans la chambre calme du milieu de la nuit, entourée des chats qui dorment bien lovés dans des creux de couvertures ou de jambes croisées, et on réfléchira. C’est ainsi qu’on a fait lorsqu’on a atteint la page 45 et lu une citation du Colonel Chabert, à la fin de son histoire douloureuse : « Je vous méprise, je retourne là d’où je viens, c’est-à-dire chez les morts et, désormais, je suis hors d’atteinte ». &lt;br /&gt;Et alors on repense à tous les moments où, parce qu’il a fallu vivre mille morts, celles de morceaux de corps, celles d’êtres chers, celles de séparations, celles de soi-même sans doute, on a replongé goulument dans la vie parce que, justement, on ne voulait pas être chez les morts.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;
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<name>Françoise</name>
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<title>à un ami</title>
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<updated>2011-05-02T19:57:58+02:00</updated>
<published>2011-05-02T19:57:58+02:00</published>
<summary>  Les vivants apparaissent et disparaissent autour de moi    comme les...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: small;&quot;&gt;Les vivants apparaissent et disparaissent autour de moi&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: small;&quot;&gt;comme les colombes qui sortent &amp;nbsp;des mains vides du magicien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: small;&quot;&gt;J'ai beau regarder attentivement ces mains,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: small;&quot;&gt;je ne trouve aucune explication.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000; font-size: small;&quot;&gt;Christian Bobin - Ressusciter -&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-583493&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://legranddeblocage.blogspirit.com/media/01/01/160160125.jpg&quot; alt=&quot;04:08 Po riant balcon.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: small;&quot;&gt;Tout à l'heure, avec Pauline, 13 ans, ma petite fille, à propos de Ben Laden, nous parlions de la mort.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: small;&quot;&gt;Pauline me dit &quot;la mort, c'est comme les fleurs... et puis la mort c'est la vie; c'est comme ça, c'est comme la naissance. Tout le monde naît, tout le monde meurt... &quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-size: small;&quot;&gt;Elle m'a dit &amp;nbsp;ça avec son beau sourire... alors, je l'ai prise dans mes bras, l'ai serrée contre moi, &amp;nbsp;pour que mes larmes ne viennent pas effacer la douceur de son visage à cet instant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Françoise</name>
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<title>c'est c omme ça !</title>
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<updated>2009-07-04T16:09:57+02:00</updated>
<published>2009-07-04T16:09:57+02:00</published>
<summary>  Personne ne demande à naître, peu nombreux sont ceux qui demandent à...</summary>
<content type="html" xml:base="http://legranddeblocage.blogspirit.com/">
&lt;p&gt;Personne ne demande à naître, peu nombreux sont ceux qui demandent à mourir. C'est comme ça. Ici nous sommes de passage, même si quelque part on veut bien se croire immortel. Qui passe son temps à imaginer son corps froid, inerte ? On se projette (je parle pour moi évidemment) vivant,&amp;nbsp; chaud,&amp;nbsp; plein de vie.............. voire éternel !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et un jour tout fout le camp. Aujourd'hui je suis pessimiste, peut être à tort, sur l'avenir de mon frère. Si je me trompe, tant mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un ami, parlant d'une &amp;nbsp; amie&amp;nbsp; disparues récemment a écrit ces mots &quot;&quot;............ dont le corps est récemment décédé.......................&quot;.&amp;nbsp; Cela me&amp;nbsp; parle. La mort du corps n'est pas celle de l'esprit. Et, finalement, que gardons nous ? Justement les souvenirs sont faits de moments, d'instants, de morceaux de vie qui, additionnés l'un à l'autre,&amp;nbsp; nous&amp;nbsp; permettent de garder vivant en nous celui dont le corps a disparu de notre vue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notre regard intérieur est vivant. Il nous permet de voir.... &quot;l'invisible visible en nous&quot; (dixit Michael White. &quot;Inventeur&quot; des Pratiques Narratives&quot;. Ce n'est pas facile à vivre, à accepter, mais croyez moi&amp;nbsp; c'est plus réconfortant que le deuil qui est synonyme d'oubli. Faire son deuil, c'est reléguer le disparu dans un coin perdu de nous même. Et ça, pour moi, c'est inconcevable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne sais pas si je le dis bien, mais c'est ce que je ressens.&lt;/p&gt; 
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<name>Tania</name>
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<title>Dépouillement</title>
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<updated>2009-04-28T20:20:00+02:00</updated>
<published>2009-04-28T20:20:00+02:00</published>
<summary>    «&amp;nbsp;L’austérité et le dépouillement de ce jardin recouvert de sable...</summary>
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&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;L’austérité et le dépouillement de ce jardin recouvert de sable blanc, avec juste quelques pierres posées çà et là, ne manquaient pas d’émouvoir le spectateur.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;em&gt;Dire que cela était «&amp;nbsp;joli&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;beau&amp;nbsp;» ne convenait pas vraiment pour décrire ce spectacle d’une haute spiritualité.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Yasushi Inoué, &lt;em&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://textespretextes.blogspirit.com/archive/2009/04/17/l-amour-la-mort.html&quot; title=&quot;L'amour la mort&quot;&gt;La mort, l’amour et les vagues&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://textespretextes.blogspirit.com/media/02/00/2751237217.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://textespretextes.blogspirit.com/media/01/02/2671677208.jpg&quot; alt=&quot;RyoanJi-Dry_garden sur Wikimedia commons.jpg&quot; name=&quot;media-52183&quot; id=&quot;media-52183&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://textespretextes.blogspirit.com/media/01/02/2164462760.JPG&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Tania</name>
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<title>L'amour la mort</title>
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<id>tag:textespretextes.blogspirit.com,2009-04-27:3109464</id>
<updated>2009-04-27T08:28:00+02:00</updated>
<published>2009-04-27T08:28:00+02:00</published>
<summary>   Deux ans après   Le Fusil de chasse  ,  Yasushi Inoué  publie trois...</summary>
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&lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Deux ans après &lt;em&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://textespretextes.blogspirit.com/archive/2008/09/22/trois-regards.html&quot; title=&quot;Trois regards&quot;&gt;Le Fusil de chasse&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasushi_Inoue&quot; title=&quot;Notice Wikipedia&quot;&gt;Yasushi Inoué&lt;/a&gt; publie trois récits, brefs mais denses, autour de l’accompli et de l’inaccompli. Les couples, chez ce maître de la prose japonaise, sont de curieuses entités, une conjonction de solitudes où l’homme et la femme ne se parlent qu’avec peine comme si ce qu’ils ressentent vraiment relevait de l’incommunicable.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;em&gt;La Mort, l’amour et les vagues&lt;/em&gt;, la nouvelle éponyme, a pour décor l’hôtel Nanki, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;une maison coquette, de type occidental&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, au bord de la mer, en haut d’une falaise. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Vraiment idéal&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» pensa Sugi. C’était la première fois qu’il se réjouissait d’avoir trouvé un endroit convenable pour se donner la mort.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; A trente-huit ans, à la suite de maladresses, de malchance aussi, l’homme a dilapidé la fortune héritée de son père, un excellent banquier. D’un jour à l’autre, sa photo sera dans le journal, et ce déshonneur lui paraît pire que la mort. Sugi s’offre trois jours pour lire le &lt;em&gt;Voyage en Orient&lt;/em&gt; de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Rubrouck&quot; title=&quot;Notice Wikipedia sur ce moine franciscain&quot;&gt;Guillaume de Rubrouck&lt;/a&gt;, un prêtre, une lecture qu’il désire faire depuis longtemps. Ce sera &lt;em&gt;« son dernier luxe&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;,&amp;nbsp; puis il en finira avec la vie. Ce qu’il n’a pas prévu, c’est qu’en ce mois de septembre, quelqu’un d’autre a réservé une chambre à l’hôtel, une femme. Le garçon d’hôtel lui a permis de regarder sa fiche&amp;nbsp;où elle a noté :&amp;nbsp;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Objet du séjour&amp;nbsp;: MORS&amp;nbsp;».&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://textespretextes.blogspirit.com/media/02/01/3227952535.JPG&quot; alt=&quot;DSC01396.JPG&quot; name=&quot;media-52158&quot; id=&quot;media-52158&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;A l’heure du repas, le premier soir, Sugi accepte que la jeune femme et lui partagent une même table. Nami, vingt-trois ans, est belle et silencieuse, absorbée dans ses pensées. Sugi ne lui cache pas ce qu’il sait,&amp;nbsp;elle insiste alors pour qu’il ne dérange en aucune façon son projet. Rien à craindre. Pour Sugi, l’être humain est libre de choisir sa mort. Nami lui confie qu’elle vient de rompre et lui demande, au cas où quelqu’un viendrait à sa recherche, de lui donner une rose rouge, une fleur artificielle qu’elle lui tend, ou de la jeter si personne ne se présente. Mais ce n’est pas si facile de se jeter du haut d’une falaise, se dit Sugi en cheminant sur le sentier au bord du précipice. Devant &lt;em&gt;«&amp;nbsp;le spectacle splendide&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; à ses pieds, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;il fut surpris d’entendre tout en bas le bruit des vagues venant frapper d’innombrables écueils.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; Pour l’un comme pour l’autre, la présence d’un témoin change la donne. On verra jusqu’à quel point.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;La deuxième nouvelle, &lt;em&gt;Le jardin de pierres&lt;/em&gt;, se déroule à &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.clickjapan.org/Guide/guide_japon_villes_Kyoto.htm&quot; title=&quot;Guide sur Kyoto&quot;&gt;Kyôto&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;l’ancienne et paisible capitale&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; où Uomi a passé sa jeunesse. En voyage de noces, il veut faire découvrir à son épouse Mitsuko ses endroits préférés, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;se promener, tendrement serrés l’un contre l’autre, comme les jeunes mariés qu’ils étaient&amp;nbsp;».&lt;/em&gt; Ensemble, ils visitent le pavillon de thé du Ninnaji, puis marchent jusqu’au jardin de pierres du Ryôanji. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;L’air et la lumière étaient d’une pureté inimaginable à Tôkyô.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-outline-level: body-text;&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR-BE&quot; lang=&quot;FR-BE&quot; style=&quot;font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Pour Uomi, ce jardin est lié à des souvenirs marquants. Etudiant, il s’y promenait avec son meilleur ami, Totsuka, avec qui&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; il partageait tout. Amoureux tous deux d’une hôtesse de bar, Rumi, c’est ici qu’ils se sont bagarrés pour elle, et que Totsuka a renoncé à son amour et même à ses études. Uomi et Rumi ont vécu quelque temps ensemble, puis se sont séparés, ici même. Est-ce vraiment une bonne idée pour le jeune couple de fouler à nouveau ce lieu si beau et si fatal&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-size: 12pt; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-weight: bold; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;&quot;&gt;&lt;em&gt;Anniversaire de mariage&lt;/em&gt; raconte les souvenirs conjugaux de Karaki Shunkichi. A trente-sept ans, il vient de perdre sa femme. L’idée de se remarier, que lui souffle son entourage, lui répugne. Non qu’il soit inconsolable, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Kanako était bavarde et entêtée et cela l’agaçait&amp;nbsp;».&lt;/em&gt; Mais ce modeste comptable partageait avec elle un vice inavouable&amp;nbsp;: l’avarice. En réalité, il leur a toujours fallu économiser pour nouer les deux bouts. Deux ans plus tôt, Mitsuko était rentré chez lui avec une étonnante nouvelle&amp;nbsp;; il avait gagné dix mille yens&amp;nbsp;! Ils avaient envisagé alors de mettre la moitié de côté et de dépenser le reste en se rendant à Hakone, en y logeant à l’hôtel, ce qui ôterait à Kanako la honte de n’être jamais partie en voyage de noces. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, ils se mettent donc en route. Un voyage inénarrable, où la joie du dépaysement se marie au désir de ne rien dépenser inutilement, ce qui les conduit, inévitablement, vers une tout autre destination que prévu. Inoué porte sur l’amour, sur ce qui lie entre eux les êtres, un regard d’une terrible ironie, et c’est peu dire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Françoise</name>
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<title>Cette nuit là...</title>
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<updated>2008-12-11T13:26:05+01:00</updated>
<published>2008-12-11T13:26:05+01:00</published>
<summary>Paresseuse ? oui je le suis profondément. Je viens d'écrire une histoire sur...</summary>
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Paresseuse ? oui je le suis profondément. Je viens d'écrire une histoire sur mon atelier d'écriture. Le thème du jour était : Un &quot;classique&quot; proposé en atelier d'écriture :&quot;Décrire en un maximum de lignes la formation d'une goutte d'eau au bec d'un robinet et sa chute&quot; Libre interprétation du thème...  voici ce que cette image m'a inspiré.Cette nuit là, elle allait vraiment mal ! Déception, chagrin d'amour... un énorme paquet de problèmes accumulés au fil des ans... depuis l'enfance !Cette nuit là... j'ai perçu un curieux bruit dans sa chambre !Je l'ai découverte nue, assise au bord de la fenêtre, au bord du vide, le téléphone sur ses genoux... je ne sais même plus si il y avait quelqu'un au bout du fil...Cette nuit là, elle hurlait du haut du 4ème étage... &quot;AU SECOURS&quot;.Cette nuit là, je l'ai attrapée doucement dans mes bras et l'ai posée sur son lit !Cette nuit là, je l'ai vue entre deux mondes... suspendue entre la vie et la mort.Je ne me souviens même pas des instants qui ont suivi. Oui, nous avons beaucoup pleuré. Mais ce n'était pas une solution.Que pouvais je faire... devais je faire ?Sa soeur, qui vivait loin de nous, m'a conseillé d'appeler un psy... il est venu ! Froid, pas sympa !Se rendre à l'évidence, la vie de mon enfant ne tenait plus qu'à un fil... et si j'étais arrivée une seconde trop tard... et si elle récidivait... comment lui éviter une chute fatale, fallait il la garder &quot;en suspension&quot; dans la vie... elle était en sursis !La pire décision de ma vie, il a fallu la prendre ! C'était l'unique bouclier que j'avais trouvé; le verdict est tombéInternement d'office.En écrivant ses mots je ne peux retenir mes larmes. Elles coulent le long de mes joues... n'hésitent pas à glisser, à sortir de mes yeux !Oui, cette nuit là, en la faisant enfermer le pire a été évité.Pour combien de temps ?Et si ce n'était que partie remise... telle la goutte en suspension la vie serait elle un jeu dangereux ? Comme celui du funambule au dessus du vide ?
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<name>Marc Alpozzo</name>
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<title>Pour une philosophie du plaisir ? Note sur Épicure</title>
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<updated>2005-11-03T13:39:00+01:00</updated>
<published>2005-11-03T13:39:00+01:00</published>
<summary>    Pourquoi faut-il relire Épicure aujourd’hui ? Certes, sa philosophie est...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; text-align: justify;&quot;&gt;Pourquoi faut-il relire Épicure aujourd’hui ? Certes, sa philosophie est l’une des plus célèbres. Qui n’a pas comme référence lorsqu’on évoque l’épicurisme les « pourceaux d’Épicure » une tête systématiquement tournée vers le sol, le groin fouillant inextricablement la terre, un animal voué biologiquement à la débauche. Par analogie, l’« épicurien » est pour le plus grand nombre celui qui « ne songe qu’au plaisir », un hédoniste, jouisseur vide, désespérément vide. &lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chronique parue dans le numéro 1, des&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Carnets de la philosophie&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, de septembre 2007. Désormais en accès libre dans l'&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ouvroir&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/01/1052525683.jpeg&quot; id=&quot;media-1071336&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;L’épicurisme, caricaturé à outrance par un grand nombre de courants philosophiques relayés aussitôt par la pensée populaire, parait contraire à la moindre attitude philosophique. Car cette forme singulière de penser la vie, semble à mille lieux de toute qualité métaphysique et de toute morale.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Alors pourquoi une telle caricature ? Sûrement parce qu’il n’est pas politiquement correct de traiter du plaisir, même de nos jours, et pour cause, « tout plaisir vient du ventre » comme aimait le dire un disciple d’Épicure. Qui plus est, selon une lointaine tradition, le ventre est une des parties du corps les plus ignobles. Depuis Platon, la clarté philosophique a toujours été dans l’esprit, et les ténèbres des viscères demeurèrent pour beaucoup, à l’instar du corps, une honte, un tombeau, une prison. Plotin lui-même, disait Porphyre, « avait honte d’avoir un corps ».&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Né vers 341 avant Jésus-Christ, Épicure fonda en 306 à Athènes sa propre école au fronton de laquelle était inscrit : « Hôte, ici tu seras heureux : le souverain bien y est le plaisir ». Une mention de bienvenue qui ne lui fit certes pas très bonne publicité, même si cette école ne se vit jamais reprochée d’être un lieu de débauche. Bien au contraire, elle fut le lieu de la « volupté épicurienne », c’est-à-dire une école de plaisir par la tempérance et l’ascétisme. Ce qui n’est pas étonnant, car toute la doctrine épicurienne repose sur une idée phare : il faut se libérer des contraintes pénibles, en montrant que vigueur et détente sont compatibles avec la notion de plaisir. Il existe une vraie noblesse du plaisir avec l’épicurisme, dont la pensée est tout même très loin des « pourceaux d’Epicure » à laquelle, beaucoup trop de commentateurs l’ont systématiquement ramenée. Contrairement à l’animal qui, guidé par ses instincts, est asservi par la nature, l’homme peut user de sa réflexion, sa raison guide ses actes. Mais prenons garde de ne pas vouer un véritable culte à cette intelligence ; car celle-ci doit être avant tout mise au service du bien vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Voilà pourquoi la philosophie d’Épicure est d’abord programmatique : son projet est de supprimer la douleur, et de nous combler de joie ; et son but n’est rien d’autre que de chercher le bien-être : en d’autres termes, la paix de l’âme. Comment ? Sa très célèbre &lt;em&gt;Lettre à Ménécée&lt;/em&gt; nous y répond : en nous proposant un véritable enseignement sur le bonheur ; l’exposition d’une méthode pour une vie heureuse. C’est d’ailleurs l’un des rares textes en philosophie qui propose une méthodologie pour accéder au bonheur, et bien que notre époque nous dise, ou semble nous dire, selon les mots mêmes de&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #800000;&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2009/12/18/soleils-noirs-3-michel-houellebecq-le-devoir-d-etre-abject-1.html&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;Michel Houellebecq&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; : « N’ayez pas peur du bonheur ; il n’existe pas », Épicure, lui, prétend nous apprendre tout le contraire. Le bonheur existe bien selon ce penseur grec, et il s’agit pour nous de le poursuivre jusqu’à le posséder définitivement.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;D’ailleurs, à la vie douloureuse, saturée d’angoisses et de souffrances, telle que la vie paraît être pour une civilisation comme la nôtre, grande consommatrice de Prozac et autres tranquillisants, il existe un quadruple remède : « &lt;em&gt;Les dieux ne sont pas à craindre, La mort n’est pas à craindre, On peut atteindre le bonheur, On peut supprimer la douleur.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1127382&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/01/4140225618.png&quot; alt=&quot;épicure,prozac,la mort,le bonheur,plotin,jésus-christ,lettre à ménécée,michel houellebecq&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Un extrait de cet article paru dans &lt;em&gt;Philosophie pratique&lt;/em&gt;, n°11,&amp;nbsp; juin-août. 2012&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Premier objectif : nous débarrasser des superstitions en assignant les vraies causes. &amp;nbsp;Il montre que beaucoup de croyances reposent sur une conception fausse des dieux et de l’univers. Il s'interroge sur la possibilité probable que les dieux puissent décider de notre destin à notre insu, ce qui réduirait le divin à une menaçante angoisse devant laquelle l'individu ne pourrait que s'incliner, apeuré, sûr de n'être pas le maître de sa destinée, prêt à se soumettre sans révolte à tout pouvoir qui s'autorise de la religion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Pour Épicure, il s’agit au contraire de démystifier les croyances et les superstitions pour nous permettre de nous réapproprier notre liberté. Par exemple, si l’on voit dans le tonnerre un mouvement de particules, on ne pourra plus s'angoisser à l'idée que c'est un dieu vengeur décidant avec caprice de notre destin. Purifier l'univers en séparant le divin du physique voilà bien la seule manière d’offrir à l’humanité le tableau d'un univers limpide où les dieux ne parlent plus - ce que d’ailleurs réalisera de nouveau la science galiléenne bien des siècles après. Tout ce qui se passe dans le monde découle d’une nécessité mécanique. Par conséquent, selon Épicure, aussi terrible que pourrait être une catastrophe naturelle, il ne faudrait surtout pas y chercher la moindre agressivité à notre encontre. Les dieux ne se préoccupent pas de nous, ils sont totalement étrangers à ce monde, ils n’y interviennent jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Deuxième objectif découlant directement du premier : aider les hommes à trouver le bonheur, c’est avant tout leur assurer la paix de l’âme plus connue sous le concept épicurien d’Ataraxie, dont le point central est le refus de s’asservir à quoi que ce soit. Donc, pour conquérir le bonheur, il va nous falloir nous faire une idée juste de la nature au sein de laquelle nous vivons, et de ses lois qui la régissent.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais échapper à l’asservissement, ça veut également dire pour Épicure, ne pas devenir dépendant d’un plaisir, car ce serait devenir vulnérable au-dehors, exposer son bonheur et sa paix intérieure à une privation. D’où cette volonté de mettre un obstacle à des craintes essentielles qui nous empêchent d’être heureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La mort de nos jours est bannie de nos sociétés contemporaines. On enterre nos morts loin des villes. La mort effraie. Dans une société consumériste, individualiste comme la nôtre, la mort fait fuir les esprits, car beaucoup trop focalisés sur leur propre existence, ils sont incapables de calmer leur angoisse de la mort en pensant la pérennité du groupe au-delà de leur propre disparition, puisque le groupe n’a aucun sens pour des egos hypertrophiés. Du temps d’Épicure, la mort faisait déjà peur. Elle n’est pourtant pas à craindre, nous apprend-il. Redouter la mort équivaut à demeurer dans une inquiétude vaine : « La mort n’est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l’éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l’amputant du désir d’immortalité », écrit-il. Tant que nous sommes vivants, la mort ne nous concerne pas ; au moment de notre mort, nous ne serons plus là pour y penser, en conséquence, elle ne nous concernera pas non plus : la mort n’est rien, elle n’est pas à craindre. CQFD.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;De ce fait pour Épicure, le sage est le plus heureux des hommes, car il ne craint rien : ni la fin du monde ni la mort ni les dieux. Cette ataraxie du sage qui s’accompagne de joie et de plaisir est là encore un très bon enseignement pour nous modernes, car, nous apprend Épicure, le plaisir doit être stable, et non en mouvement perpétuel. Aujourd’hui, le plaisir est un mouvement sans fin, fatiguant, éreintant, angoissant et tout cela est dû à une hypertrophie des désirs suscitée par les publicités, les sollicitations incessantes à une surconsommation de produits inutiles, sollicitations extérieures et permanentes à chercher des plaisirs qui ne sont ni naturels ni nécessaires. Qu’est-ce que la norme marchande nous dicte de façon explicite ? « &lt;em&gt;Jouissez sans entraves !&lt;/em&gt; » Qu’est-ce qu’Épicure pourrait répondre à une telle injonction ? Que le goût des richesses, le goût de la gloire, l’excitation des besoins relèvent de désirs non-nécessaires, au sens de non-naturels, et qu’il serait vain de les poursuivre, car nous céderions alors la conduite de notre destinée à des forces extérieures aux nôtres. Qui nous accorde la gloire ? Les autres ! Qui nous l'ôte ? Les autres encore ? La richesse ne se réduit-elle pas finalement à un simple accident ? Puis-je être assuré d’être riche durant toute ma vie ? Bien sûr que non ! Voilà pourquoi le sage d’Épicure se doit de ne jamais poursuivre ce type de désirs s’il souhaite conserver sa paix et son bonheur. Le désir n’est pas stable. Il est métabolique. Ouvrant un champ indéfini à l’imagination et au rêve, lorsque le désir vise à satisfaire un illusoire besoin de possession, il obéit à une logique d’appropriation et de consommation qui n’est plus celle du désir authentique, c’est-à-dire le désir naturel selon Épicure. Le désir consumériste aujourd’hui, ressemble plus à un désir d’appropriation des objets, voire de leur destruction, et dans un autre cas, tend à n’être que désir du désir de l’autre, comme s’il s’agissait de s’approprier ce dernier, en détenant des objets qu’il désire sans jamais pouvoir les obtenir. Inutile donc de souligner combien dans cette culture, la haine de soi ressort de façon quasi-transparente, haine suscitée par une norme intraitable nous obligeant en permanence à nous livrer à un perpétuel examen douloureux de nos imperfections, du vide de nos vies, jamais assez remplies, toujours vaines, saturées par le manque que le désir suscite en nous, obligeant notre regard à constamment se tourner vers des choses que nous ne posséderions pas encore, voire que nous ne pourrions jamais posséder.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;« Ainsi tout plaisir, par nature, a le bien pour intime parent, sans pour autant devoir être cueilli. Symétriquement, toute espèce de douleur est un mal, sans que toutes les douleurs soient à fuir obligatoirement », selon Épicure. Il ne s’agit donc ni de poursuivre tous nos désirs, au risque de perdre notre liberté en s’asservissant au hasard des caprices de ces derniers, ni de craindre la souffrance. Il s’agit de ne pas la craindre aveuglement. Il s’agit pour nous dès à présent d’apprendre à maîtriser nos désirs et nos plaisirs, en restant maîtres de nos choix, en optant pour les plaisirs les plus simples, car plus compliqués sont-ils, plus ils nous apportent maux et souffrances. L’épicurisme contrairement à l’idée qu’on s’en fait, nous recommande une vie acétique sans privation, ascèse à la fois intelligente, subtile et quelque peu civilisée, dont le seul but pour nous, est la pleine sérénité. Il s’agit donc de relire Épicure d’urgence, et de recourir, comme de militer pour une philosophie du plaisir « vrai ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Bibliographie indicative&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Épicure, &lt;em&gt;Lettres, maximes et sentences&lt;/em&gt;, Livre de poche&lt;br /&gt;Geneviève Rodis-Lewis, &lt;em&gt;Épicure et son écol&lt;/em&gt;e, Folio Essai&lt;br /&gt;Pierre Hadot, &lt;em&gt;Qu’est-ce que la philosophie antique&amp;nbsp;?&lt;/em&gt; Folio Essai&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1127025&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/00/3983031514.jpeg&quot; alt=&quot;épicure,prozac,la mort,le bonheur,plotin,jésus-christ,lettre à ménécée,michel houellebecq&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Chronique parue dans&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les carnets de la philosophie&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;n°1, sept-oct-nov. 2007 et&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt; dans la revue &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Philosophie pratique&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, n°11,&amp;nbsp; juin-août. 2012)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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