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<title>Last posts on don juan</title>
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<name>Marc Alpozzo</name>
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<title>Le Don Juan de Molière ou le rêve féminin </title>
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<updated>2023-04-17T06:00:00+02:00</updated>
<published>2023-04-17T06:00:00+02:00</published>
<summary>   Incompris d’abord de son propre père – dois-je rappeler cette tirade de...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Incompris d’abord de son propre père – dois-je rappeler cette tirade de Don Louis dans la pièce de Molière : « Mais sache, fils indigne, que la tendresse paternelle est poussée à bout par tes actions, que je saurai, plus tôt que tu ne le penses, mettre une borne à tes dérèglements, prévenir sur toi le courroux du Ciel et laver par ta punition la honte de t’avoir fait naître », incompris de son valet Sganarelle – qui cherche systématiquement à lui faire la leçon. &lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette chronique est parue dans le numéro 38 de &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Livr'arbitres&lt;/em&gt;,&lt;/span&gt; en juin 2022. La voici désormais en accès libre dans l'&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ouvroir&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/01/3285485645.jpeg&quot; id=&quot;media-1147333&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 40px;&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Ô Ciel&amp;nbsp;! que sens-je&amp;nbsp;? Un feu invisible me brûle, je n’en puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent. Ah&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Molière,&amp;nbsp;&lt;em&gt;Don Juan&lt;/em&gt;, Acte V, Scène 6.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1147334&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/02/225581984.jpeg&quot; alt=&quot;Dom-Juan-ou-le-Festin-de-pierre.jpeg&quot; /&gt;Incompris d’abord de son propre père – dois-je rappeler cette tirade de Don Louis dans la pièce de Molière : « Mais sache, fils indigne, que la tendresse paternelle est poussée à bout par tes actions, que je saurai, plus tôt que tu ne le penses, mettre une borne à tes dérèglements, prévenir sur toi le courroux du Ciel et laver par ta punition la honte de t’avoir fait naître », incompris de son valet Sganarelle – qui cherche systématiquement à lui faire la leçon. Incompris de la plupart des lecteurs, c’est pour cela que l’on peut parler de héros tragique. Don Juan peine à se mettre à jour. Don Juan peine à naître. Don Juan n’est pas né. Don Juan erre, à l’abandon, cherchant un refuge et des yeux pour le voir. Don Juan a perdu le sens. Et le lieu. Tout est là un problème de&amp;nbsp;&lt;em&gt;topos&lt;/em&gt;. Son existence n’a ni direction ni but. À quoi pourrait-il raccrocher le sens de sa vie&amp;nbsp;? Il ne cesse de courir. Ou plutôt de fuir. De se fuir&amp;nbsp;! Sa morale c’est la fuite. Il fuit les femmes qu’il a séduites et délaissées. Il fuit les hommes qui sont engagés pour lui faire la peau. Il fuit les siens lorsqu’ils veulent le ramener à la saine raison. Il fuit Dieu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Son supposé athéisme&amp;nbsp;: il faut en finir avec cette niaiserie qui se dit partout. Don Juan croit en Dieu. C’est clair&amp;nbsp;! Il s’agite trop, le défie trop, le bafoue trop pour que ça en soit autrement. Mais voilà&amp;nbsp;! il n’assume pas cette croyance. Ou plutôt, il a perdu Dieu. Il ne peut plus à le voir – peut-être parce qu’il ne&amp;nbsp;&lt;em&gt;veut&amp;nbsp;&lt;/em&gt;pas le voir. Il y a cette volonté tragique chez Don Juan de détourner le regard, de ne pas assumer sa condition.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Secundo, Don Juan est un homme du savoir-faire avec le corps, et un homme de la raison. Il traite les corps comme des objets, en artisan ou en technicien, pour ne pas avoir à faire face à la condition humaine, – car dans la relation de sujet à objet on perd nécessairement le sens de l’humain&amp;nbsp;; on déshumanise&amp;nbsp;l’autre ; on occulte ce qui est le propre de son essence&amp;nbsp;: on masque son infinie fragilité. Autrement dit, l’inconnu en lui et en nous. Don Juan évite soigneusement d’avoir à faire face à sa condition de mortel&amp;nbsp;; il évite d’affronter sa condition d’être fini, d’homme vivant une vie sans rime ni raison, contée par un fou. En se réfugiant dans la pensée rationnelle, cartésien par excellence, («&amp;nbsp;Je crois que deux et deux font quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre font huit&amp;nbsp;»), la rationalité chère aux philosophes et aux scientifiques devient son nouveau sacré. Tout sera désormais explicable, connaissable par les seules vues de la raison. La vie ne sera bientôt plus un problème, et la mort non plus. Dieu est enfin ramené à la connaissance de l’entendement, et les flammes de l’enfer seront bientôt éteintes par la force de l’arithmétique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Don Juan est donc le héros tragique d’un monde sans commencement ni fin, et dont la transcendance est devenue difficile. Il est l’homme absurde par excellence. Enfermé dans un rapport au monde purement matérialiste… J’entends surtout matériel. Le monde sensible renferme désormais tous ses secrets. Rien au-delà&amp;nbsp;! (Le vrai matérialiste, accroché à l’utilité et au sens des choses utiles, c’est Sganarelle, pleurant ses gages à la fin de la pièce de Molière, – mais là, c’est un autre problème&amp;nbsp;!) Le matérialisme de Don Juan est un matérialisme de circonstance. Un refuge et un guet-apens à la fois. Il est un héros tragique pétri du désir tragique (si cher au philosophe Clément Rosset). Toute sa vie est fondée sur le désir sans fin, sans finalité, sans intelligibilité. Il désire, et il met toutes ses forces, tout son talent, tout son courage à réaliser tous ses désirs&amp;nbsp;; mais il ne sait pas exactement ce qu’il désire. En réalité, si nous suivons attentivement son désir, nous parvenons à comprendre&amp;nbsp;: il désire Dieu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Parce qu’il les mystifie toutes, il est ce simulacre d’homme universel, de tout homme, de sur-mâle. Il est le rêve féminin. Il les fait jouir&amp;nbsp;; il les passionne&amp;nbsp;; il les attache amoureusement au mythe qu’il incarne. Il n’est pas autre chose. Là-dessus, on refuse de voir l’essentiel. Il incarne le rêve féminin, car si les rapports sexuels n’existent pas, lui, le seul qui échappe à la castration, qui parait désirer et jouir de toutes les femmes, devient soudain le symbole d’un semblant de rapports sexuels possibles&amp;nbsp;; il les mystifie toutes parce qu’il désire et jouit de toutes les femmes, semble-t-il&amp;nbsp;; il inspire une illusion de taille aux yeux de toutes les femmes&amp;nbsp;: celle qu’elles trouveront enfin, par Don Juan, l’identité du sexe féminin. Elles croient qu’il porte en lui le secret si bien gardé. Introuvable pour l’ensemble des femmes. Parce que, dans l’inconscient, au-delà de l’image de la mère, la femme n’existe que comme béance, comme manque de représentation, elles recherchent en Don Juan l’absence de manque. Don Juan n’étant pas castré, puisqu’il peut jouir de toutes les femmes, devient celui à qui rien ne manque. Une illusion de plus. Là-dessus, nous ne voulons rien en savoir. Car Don Juan lui-même est castré. Sinon, il ne serait pas assuré de sa position masculine. De la même manière qu’il n’existe aucune «&amp;nbsp;sur-femme&amp;nbsp;», il n’existe pas plus de «&amp;nbsp;sur-mâle&amp;nbsp;». Don Juan est donc ce simulacre d’homme total, alors que lui-même recherche à travers les femmes,&amp;nbsp;&lt;em&gt;topos&lt;/em&gt;&amp;nbsp;obligatoire, la figure de Dieu, dont il voudrait la jouissance complète pour échapper à la loi qu’il subit, rebelle à ses heures. Son désir se heurte à une impasse&amp;nbsp;: la femme n’existe pas. Ce qui veut simplement dire qu’aucune femme ne peut constituer un cercle fermé. Si on trouve aisément la bande d’hommes, le signifiant «&amp;nbsp;femme&amp;nbsp;» n’unifie nullement la femme, Don Juan ne peut donc les conquérir qu’une par une, la quête devenant infinie, son désir de faire jouir Dieu impossible. Derrière le voile de la vérité, il n’y a donc rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Don Juan est ainsi ce héros tragique, aux prises du désir de Dieu sans Dieu. Car Dieu lui est totalement inaccessible, ainsi que les femmes, forcément.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-1152634&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/00/2546671842.jpeg&quot; alt=&quot;ARBITRE.jpeg&quot; /&gt;Paru dans le n°38 de &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Livr'arbitres&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, Juin 2022.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Marc Alpozzo</name>
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<title>La politique du sexe. Une lecture critique de la sexualité (Michel Foucault)</title>
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<updated>2017-05-16T15:15:00+02:00</updated>
<published>2017-05-16T15:15:00+02:00</published>
<summary>   Voici un article paru dans   Les Carnets de la philosophie,   en avril...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Voici un article paru dans &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les Carnets de la philosophie,&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; en avril 2009. Si je trouve la philosophie de &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #800000;&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/tag/foucault&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; à la fois inutile et dangereuse à plusieurs égards, il est fort intéressant toutefois de plonger dans son oeuvre, au moins pour bien la connaître, et ainsi, parfaitement la combattre. Voici donc, cette très longue étude, que j'ai tirée de ma lecture du premier tome de son &lt;em&gt;Histoire de la sexualité&lt;/em&gt;. Elle est désormais accessible dans l'&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ouvroir&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/02/531194623.2.jpg&quot; id=&quot;media-909476&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1071267&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/02/139526894.jpg&quot; alt=&quot;michel foucault,nietzsche,histoire de la sexualité,le discours,georges canguilhem,tristan et iseult,roméo et juliette,collège de france,don juan,ars erotica,chrétien,biopouvoir&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;1&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Nous autres, victoriens&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #800000;&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/tag/foucault&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; s’est toujours opposé à toute pensée du pouvoir en termes de représentation et de mensonges. Il s’agit en réalité de penser le pouvoir en termes de «&amp;nbsp;&lt;em&gt;microphysique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», et de «&amp;nbsp;&lt;em&gt;micropénalité&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», répartissant, quadrillant, et exerçant un investissement politique des corps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le premier tome de l’&lt;em&gt;Histoire de la sexualité&lt;a href=&quot;#_ftn1&quot; name=&quot;_ftnref1&quot;&gt;&lt;strong&gt;[1]&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/em&gt;que je vais commenter ici, est intitulé, en hommage appuyé à la critique de «&amp;nbsp;volonté de vérité&amp;nbsp;» de Nietzsche,&amp;nbsp;«&amp;nbsp;La volonté de savoir&amp;nbsp;». Paru en 1976, cette seconde voie critique venant prolonger un travail étudiant les mécanismes disciplinaires de la société&lt;a href=&quot;#_ftn2&quot; name=&quot;_ftnref2&quot;&gt;[2]&lt;/a&gt;, veut, à la suite de Nietzsche, déconstruire la pensée Occidentale qui, depuis Platon, alimente le mythe vis-à-vis du pouvoir politique, d’une pureté et d’une neutralité du savoir et de la science. Cette «&amp;nbsp;volonté de savoir&amp;nbsp;» signifie donc penser le jeu de vérité comme système d’exclusion, en mettant à jour son visage d’ombre. Foucault envisage une entreprise critique et démystificatrice des discours qui sont à un certain moment reconnus comme vrais, entendant ainsi réparer le tort qu’eut la philosophie, jusqu’à nous jours, de n’avoir jamais pensé cette idée d’une vérité comme entreprise tyrannique de domination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Foucault traite moins, par ce premier volume, de la répression de la sexualité, que des discours sur la sexualité. Par discours, il entend une mise en œuvre très développée de la sexualité masquant une absence de tout &lt;em&gt;art&lt;/em&gt; développé de la sexualité. Son étude historique de la sexualité s’ouvre sur la fin du XVIII&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;, période du régime victorien, durant laquelle des pratiques, relevant d’une véritable «&amp;nbsp;médecine sociale&amp;nbsp;», auraient investi la sexualité, et auraient organisé une véritable gestion sociale des pratiques et des comportements des individus et de la population. Le régime victorien «&amp;nbsp;renferme&amp;nbsp;» la sexualité dans une fonction unique&amp;nbsp;: la reproduction. La sexualité est «&amp;nbsp;confisquée&amp;nbsp;» par la famille. Le couple devient légitime et procréateur. Il fait la loi, et ainsi, impose une norme que l’on confond avec la «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;». Dans l’espace social, le lieu de la sexualité reconnu est désormais la chambre des parents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce qui fait la différence avec les périodes antérieures est très certainement la place faîte désormais au plaisir. Jusqu’ici le plaisir n’était pas rapporté ou identifié à l’aune omniprésente du sexe. Désormais toute sexualité qui ne pourrait être inscrite dans les circuits de la production ou du profit est considérée comme « illégitime » et est renvoyée aux maisons closes (prostitution) ou à la psychiatrie (maisons de santé). C’est l’ère du sexe unique. La loi identifie la sexualité reproductrice à la normalité. Le modèle fait valoir la norme et réduit tout ce qui n’entre pas dans le normal, au silence. Utilisée à des fins de régulation sociale et de contrôle, la norme du sexe unique rejette le plaisir dans la sphère de l’anormalité, dissimulant et unifiant artificiellement une variété de fonctions sexuelles disparates et sans liens les uns avec les autres. La loi du puritanisme dénie au plaisir toute place légale. Voire au plaisir, « le puritanisme moderne aurait imposé son triple décret d’interdiction, d’inexistence et de mutisme&lt;a href=&quot;#_ftn3&quot; name=&quot;_ftnref3&quot;&gt;[3]&lt;/a&gt;&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;En privilégiant un vaste travail d’étude historique de la sexualité, Foucault entend montrer comment la civilisation occidentale a attribué à la sexualité une place centrale conduisant à reconnaître en elle, une forme décisive du rapport à soi, et de la façon de diriger sa propre existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Foucault a intitulé son introduction&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous autres, victoriens&amp;nbsp;». Une référence qui, en tant que première indication, nous éclaire sur les deux siècles de sexualité que le philosophe français entend étudier, s’étendant de l’époque victorienne à nos jours. Référence faîte également à une époque de puritanisme industriel dont on nous dit que nous serions les victimes ou les acteurs. Référence empruntée également à Stephen Marcus, qui prétend que la sexualité joue un rôle libérateur vis-à-vis de cette culture répressive, et que nous serions en droit de rêver d’une autre cité si nous parvenions à inventer une politique sexuelle libérée. Mais ce qu’il faut plus certainement retenir par cette référence, c’est l’idée de «&amp;nbsp;répression&amp;nbsp;». Depuis l’âge classique, on nous dit que la répression est le mode fondamental qui lie pouvoir, savoir, sexualité. On nous dit également que s’en affranchir est affaire d’un effort considérable, et qu’une transgression possible remettrait en question les mécanismes du pouvoir, car «&amp;nbsp;le moindre éclat de vérité est sous condition politique&lt;a href=&quot;#_ftn4&quot; name=&quot;_ftnref4&quot;&gt;[4]&lt;/a&gt;&amp;nbsp;». A mots presque couverts, Foucault questionne le discours moderne de la répression du sexe. L’éloge de la répression au XVII&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle coïncide avec le développement du &lt;em&gt;capitalisme&lt;/em&gt;. Pourquoi le sexe est-il tant réprimé à cette époque&amp;nbsp;? Parce qu’il est incompatible avec une mise au travail générale et intensive. Mais ce qui paraît important pour Foucault, c’est précisément le rapport du sexe et du pouvoir. Entendant le pouvoir, non comme un instrument ou une propriété détenus par un appareil d’Etat ou par certains individus, Foucault désigne le pouvoir comme l’ensemble des relations stratégiques dont le but serait les actions sur les autres. Permettant de diriger et de modifier leurs conduites, ou encore de structurer leur champ d’actions possibles. Pour cela, le pouvoir politique va s’imbriquer étroitement avec le savoir. Certes, le propre du pouvoir est de réprimer. Dans la sexualité, il réprime le plaisir, les énergies inutiles, l’intensité des plaisirs, les conduites irrégulières. Mais il va surtout montrer que cette répression du sexe, orchestrée par un discours et la honte qui va avec, va surtout faire l’objet d’une production de la vérité traversée par des rapports de pouvoir, et du discours qui va avec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Passant dès lors d’une «&amp;nbsp;archéologie des savoirs&amp;nbsp;» à une «&amp;nbsp;généalogie des savoirs&amp;nbsp;», Foucault entend désormais, par cette «&amp;nbsp;histoire du présent&amp;nbsp;», analyser les déterminations de notre propre régime de savoir. Aussi, ne cherche-t-il pas à dénoncer la répression mais précisément à mettre en problème la dénonciation de la répression. Cette critique du discours critique fera l’objet d’une généalogie de cette mise en accusation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Interrogeant l’«&amp;nbsp;hypothèse répressive&amp;nbsp;», Foucault émet trois doutes&amp;nbsp;: le premier est proprement historique, il porte sur l’histoire même de la répression du sexe. Il y a suffisamment de gens pour affirmer aujourd’hui cette répression, qu’elle semble dès lors évidente. Or, l’histoire de la sexualité est-elle véritablement une histoire de répression&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le deuxième doute porte sur les méthodes du mécanisme du pouvoir&amp;nbsp;: sont-elles de l’ordre de la répression&amp;nbsp;? C’est une question historico-théorique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le troisième doute porte sur le mécanisme même du discours critique&amp;nbsp;: est-il un mécanisme de dénonciation ou un corollaire du même réseau historique qu’il dénonce&amp;nbsp;? N’y aurait-il pas dans cette dénonciation de la répression une complicité cachée avec ce qu’elle dénonce&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sur le plan méthodologique, Foucault n’entend cependant pas établir des contre-hypothèses symétriques et inverses des premières. Il veut, en réalité, établir une grille critique de cette «&amp;nbsp;hypothèse répressive&amp;nbsp;», en la replaçant dans l’économie générale des discours sur le sexe à l’intérieur des sociétés modernes depuis le XVII&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;. Plus précisément, il entend déconstruire dans son fonctionnement et dans ses raisons d’être, le régime de pouvoir-savoir-plaisir qui soutient &lt;em&gt;notre &lt;/em&gt;discours sur la sexualité humaine. Ainsi pourra-t-il proposer une mise en lumière du «&amp;nbsp;fait discursif&amp;nbsp;» de la «&amp;nbsp;mise en discours&amp;nbsp;» du sexe. Son objectif&amp;nbsp;: dégager la «&amp;nbsp;volonté de savoir&amp;nbsp;» qui sert de support à ces productions discursives et ces effets de pouvoir qui servent à la fois de support et d’instrument.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Selon Foucault, la prohibition et l’interdiction du sexe par le pouvoir ne sont pas les éléments fondamentaux et constituants à partir desquels on pourrait écrire l’histoire de ce qu’a été dit à propos du sexe dès l’époque moderne. Ce qui est doit être fondamentalement pris en compte, c’est la &lt;em&gt;mise en discours&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Mettant à jour les instances de production discursive, la production de pouvoir, et les productions de savoir, Michel Foucault bâtit son ouvrage autour de trois grands points&amp;nbsp;: 1° l’«&amp;nbsp;hypothèse répressive&amp;nbsp;» qui est une mise en problème du &lt;em&gt;discours&lt;/em&gt;, 2° la &lt;em&gt;scientia sexualis&lt;/em&gt; qui est une mise en problème de la production de vérité de la sexualité, 3° le dispositif de la sexualité qui est une mise en problème de la &lt;em&gt;mise en pratique&lt;/em&gt;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;ol style=&quot;text-align: justify;&quot; start=&quot;2&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; L’hypothèse répressive&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;ol style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; L’incitation aux discours&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les pratiques discursives&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans sa leçon inaugurale au Collège de France, prononcée le 2 décembre 1970, Foucault dit : « je suppose que dans toute société la production du discours est à la fois contrôlée, sélectionnée, organisée et redistribuée par un certain nombre de procédures qui ont pour rôle d’en conjurer les pouvoirs et les dangers, d’en maîtriser l’événement aléatoire, d’en esquiver la lourde, la redoutable matérialité&lt;a href=&quot;#_ftn5&quot; name=&quot;_ftnref5&quot;&gt;[5]&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;» Il s’agit selon Foucault de détailler en premier lieu toutes les procédures par lesquelles les pouvoirs et les dangers du discours sont conjurés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Au XVII&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;, le début de prohibition du sexe est entamé par une réduction du langage afin de maîtriser le réel. Ce qui oppose l’âge classique et l’âge moderne, c’est ce projet de « mise en discours » du sexe. Les régions comme la sexualité et la politique sont soumises à des régimes de parole extrêmement contraignants. Ces trois derniers siècles ont d’ailleurs fait montre d’une véritable « explosion discursive ». Épuration rigoureuse du vocabulaire autorisé, codification de la rhétorique de l’allusion et de la métaphore. Afin d’assurer la décence, est apparue une « police de l’énoncé », avec contrôle strict de l’énonciation, établissement des silences absolus, ou des politesses de l’énonciation, par le tact ou la discrétion. Cette « économie restrictive » appartient à cette « politique de la langue et de la parole » qui a accompagné les redistributions sociales de l’âge classique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La &lt;em&gt;normalisation&lt;/em&gt; du discours a été opérée selon Foucault par un &lt;em&gt;pouvoir pastoral&lt;/em&gt;, c’est-à-dire une pastorale chrétienne. Nous verrons plus loin en quel sens la pastorale chrétienne est surtout considérée par Foucault comme une pièce essentielle de la psychanalyse. Qu’entend Foucault par &lt;em&gt;pouvoir pastoral&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? Il vise un gouvernement qui, prenant en charge le salut d’un peuple en mouvement, tente de s’ajuster à l’individu. Certes, il faut nommer le sexe avec prudence, mais il faut le dire, l’exprimer dans sa plus grande finesse. «&amp;nbsp;Un discours obligé et attentif doit suivre, selon tous ses détours, la ligne de jonction du corps et de l’âme&amp;nbsp;: il fait apparaître, sous la surface de péchés, la nervure ininterrompue de la chair&lt;a href=&quot;#_ftn6&quot; name=&quot;_ftnref6&quot;&gt;[6]&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;» Proposée aux prêtres pour le gouvernement des âmes, cette &lt;em&gt;pastorale technique&lt;/em&gt; éveille sans cesse la conscience de soi à ses propres tentations. C’est donc dans une «&amp;nbsp;ascétique et monastique&amp;nbsp;» que ce projet de «&amp;nbsp;mise en discours&amp;nbsp;» du sexe s’est formé. C’est le propre même de l’aveu dont nous verrons plus loin comment la technique constitue le &lt;em&gt;dispositif de la sexualité&lt;/em&gt;. Tout dire&amp;nbsp;: cet acte de mise à jour de la vérité, voulu par les directeurs de conscience, va s’étendre jusqu’à la littérature, y compris celle de Sade, profondément «&amp;nbsp;scandaleuse&amp;nbsp;», mais qui relance l’injonction, certes suivant les termes retranscrits des «&amp;nbsp;traités de direction spirituelle&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Voilà donc la tâche que s’est assignée l’homme depuis trois siècles&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;tout dire sur son sexe.&amp;nbsp;» Parler pour rendre &lt;em&gt;visible&lt;/em&gt;. Bien que parler et voir ne soient pas la même chose. Mais par la parole, on tente de traquer l’invisible. On dit ce qu’on ne voit pas. Peut-on encore parler alors de censure sur le sexe ? Le pouvoir s’exerce sur les libertés et sur des êtres libres de ne pas se laisser gouverner. Toujours susceptible de provoquer des résistances, il ne peut exercer un état de domination totale. Il ne va donc pas interdire le sexe. Il va mettre en place tout un appareillage de discours qui le place dans sa propre économie. On est incité à parler de sexe. On analyse, comptabilise, classifie, spécifie. Le sexe passe dans le discours pour une cause, une essence intérieure qui produit, et simultanément rend intelligibles toutes sortes de sensations et de plaisirs en des termes spécifiques à la sexualité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1127385&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/00/225630599.png&quot; alt=&quot;michel foucault,nietzsche,histoire de la sexualité,le discours,georges canguilhem,tristan et iseult,roméo et juliette,collège de france,don juan,ars erotica,chrétien,biopouvoir,foucault&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Un extrait de cet article, paru dans &lt;br /&gt;&lt;em&gt;Philosophie pratique&lt;/em&gt;, n°15,&amp;nbsp; juin-juil-août. 2013&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;La politique des corps&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le sexe est donc devenu quelque chose à dire : de la pastorale chrétienne à l’écriture de Sade, les interdits verbaux n’apparaissent autrement que tels des dispositifs secondaires. Mais cette importante incitation au discours, orchestrée par l’institution (l’Église, l’hôpital, la psychiatrie, le gouvernement politique, l’école, etc.), masque en réalité une vaste tentative d’instrumentalisation de la parole donnée et de l’aveu. Cela permet d’administrer l’Etat, de réguler les naissances, de codifier les comportements, d’établir des contrôles sociaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette véritable politique qui investit les corps, est une technique mise en place pour répartir et quadriller, fabriquant du corps docile et soumis, du corps utile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Écoutons Foucault de résumer le problème : « il s’agit moins d’&lt;em&gt;un&lt;/em&gt; disc
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<title>Et si Don Juan avait raison ?</title>
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<updated>2016-01-07T15:22:00+01:00</updated>
<published>2016-01-07T15:22:00+01:00</published>
<summary>      Proliférer     Car Don Juan vit dans un monde culturé à l’extrême. Il...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://leshommeslibres.blogspirit.com/media/01/00/2300934959.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-206057&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://leshommeslibres.blogspirit.com/media/00/01/3837875547.jpg&quot; alt=&quot;don juan,libertinage,libertin,sexe,liberté,femmes,hommes,reproduction,espèce,darwin,&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Proliférer&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Car Don Juan vit dans un monde culturé à l’extrême. Il n’y a plus guère de domaine où l’instinct, la jouissance spontanée, l’animalité et la dimension sauvage et créative des humains soient encore en odeur de sainteté. Le corps vital, sexué, est enfermé ou annulé, tout est codifié. La religion dit ce qui est bien et mal, permis et interdit. La sexualité libertine est un péché. Le sexe hors de la reproduction est un péché.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;C’est parfaitement logique: le sexe est d’abord destiné à reproduire la vie, à reproduire l’espèce. Le plaisir n’est que le sucre qui attire mâles et femelles en vue de l’accouplement. Du désir vient la jouissance, de la jouissance vient l’enfant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Mais on sait que ce n’est pas si simple. Les mâles, si l’on poursuit la thèse darwinienne de la reproduction, veulent surtout répandre leurs gènes et proliférer. Les femelles, à qui la reproduction est matériellement assignée par la nature, veulent un mâle stable pour les protéger et les soutenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Le désir ne suffit pas à rendre stable un mâle. Deux choses ont été mises en place pour le retenir dans le couple exclusif: l’affect et la culpabilité. Par l’affect, par les sentiments, le mâle trouve une raison de durer pour reproduire le plaisir des émotions, et parce qu’en durant il est valorisé socialement et par sa compagne. La culpabilité pour faire frein au car où l’affect ne suffit pas à le retenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://leshommeslibres.blogspirit.com/media/02/02/58539717.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-206058&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://leshommeslibres.blogspirit.com/media/02/02/2608599526.jpg&quot; alt=&quot;don juan,libertinage,libertin,sexe,liberté,femmes,hommes,reproduction,espèce,darwin,&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Ne pas s’attacher&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Le mâle qui est par nature plutôt destiné à se répandre, en vient à se limiter, à durer, à être fidèle. Pourquoi? Pour une femelle, pour l’accès permanent au sexe et à la valeur, pour une place sociale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Car il est clair que Don Juan n’a pas de place sociale ni de reconnaissance par autrui. Toutes les femmes étant ensemençables, celles de ses amis le sont également. Amis qu’il ne saurait garder longtemps. Bref, en se répandant, il tombe inévitablement de temps en temps sur une femme déjà en couple. Socialement c’est invivable. Et plusieurs de ses folles nuits risquent de se terminer aux urgences pour quelques points de suture…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;A moins de rompre culturellement l’unité du couple et d’accepter une infidélité ouverte, qui dès l’ors n’en est plus une. Mais cela c’est possible en théorie. Dans la pratique quiconque a vécu cela sait que l’attachement à une personne produit de la souffrance en cas de partage des corps. En plus de créer la peur de l’abandon et donc de la solitude économique, affective et intellectuelle dans l’éducation des enfants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Don Juan ne peut donc être amoureux. Il ne peut que désirer, et désirer encore, toutes les femmes possibles. Il ne peut s’attacher et rester. Il ne revient jamais. Don Juan brise le mythe du Retour. Il est le sauvage intégral, celui qui remet en avant le pur instinct, dans sa quête infinie de l’extase. Car hors de l’extase, de la plénitude indistincte de l’extase – poétique, sensorielle, sexuelle – que vaut d’être vivant?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Dans la littérature Don Juan est au final puni, à moins de faire pénitence et de reconnaître ses péchés dans certaines versions. La notion de péché demeure. Cependant en terme uniquement de reproduction de l’espèce, il n’y a pas de péché. Alors pourquoi la culture pose-t-elle des règles et des interdits?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://leshommeslibres.blogspirit.com/media/02/00/1388179302.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-206059&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://leshommeslibres.blogspirit.com/media/02/00/2810137161.jpg&quot; alt=&quot;don juan,libertinage,libertin,sexe,liberté,femmes,hommes,reproduction,espèce,darwin,&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Un rêve sauvage&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Pour éduquer et protéger, disais-je avant. Mais si les hommes ne sont plus là, les femmes peuvent se grouper en matriarcat et se passer des mâles à part pour la fécondation, seule fonction absolue des mâles. Ils n’embêteraient plus leurs épouses. Elles garderaient les enfants pour elles. Les mâles&amp;nbsp;gambaderaient de femme en femme, centrés exclusivement sur leur jouissance sexuelle. Et Don Juan aurait raison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Pourquoi donc avoir brimé ce coureur de jupons? Pourquoi l’avoir enfermé dans le mélange des sentiments, dans l’enfer de la culpabilité? Pourquoi ne pas trouver magnifique la sexualité débridée et sans attaches de Don Juan? Pourquoi l’avoir subordonné au désir des femelles ? Pourquoi l’&lt;em&gt;Homo Baisantus&lt;/em&gt; a-t-il mauvaise presse et est-il symbole de déchéance?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;J’ai tendance à penser que si un système s’impose et fonctionne pendant des milliers d’années, c’est qu’il est préférable à un autre système. La belle liberté de Don Juan, la magnifique jouissance du mâle sans attache, ne fonctionnait peut-être pas pour assurer la paix des groupes et la reproduction de l’espèce.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Don Juan aurait donc tort et ne servirait au fond que de nostalgie et de contraste dans des sociétés trop contraintes par la culture, au détriment de l’Homme sauvage. Il ne serait qu’un rêve pour les hommes, qui se voient enfin la possibilité de vivre leur sexualité sans limites et sans punition ni reproches féminins. Qu’un rêve pour les femmes qui, en dehors de la nécessaire prudence avec les hommes (ce ne sont pas eux qui assument la grossesse en cas de coup d’un soir), pourraient enfin s’abandonner au stupre et à la fornication illimitée sans peur du jugement et des conséquences.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Au final il est possible que Don Juan ait tort. Mais je n’en suis pas encore sûr à 100%. Et si je n’étais pas un indécrottable romantique exclusif malgré tout, peut-être serais-je un pur libertin chevauchant toutes les croupes que le ciel mettrait à ma disposition. Les femmes sont si attractives (même certaines Gorgones)!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif;&quot;&gt;Pourquoi tant de détestation contre cet homme mythique qui ne fit qu’illustrer la revanche de la nature sur la culture? Aujourd’hui tout serait culturel. Même le sexe. La théorie du genre rejoint en cela, d’une autre manière, les thèses religieuses où la morale gouverne l’instinct.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Marc Alpozzo</name>
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<title>Don Juan ou le rêve féminin</title>
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<updated>2012-01-23T09:40:00+01:00</updated>
<published>2012-01-23T09:40:00+01:00</published>
<summary>    Mais qu’est-ce qui fait courir Don Juan ? On n’a cessé de causer,...</summary>
<content type="html" xml:base="http://marcalpozzo.blogspirit.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; text-align: justify;&quot;&gt;Mais qu’est-ce qui fait courir Don Juan ? On n’a cessé de causer, d’écrire sur cette figure mythique de la séduction masculine. Plus d’un millier d’adaptations, et la psychanalyse qui s’en empare pour créer son concept de don-juanisme. On le traite bien, on le traite mal. On l’aime, on le déteste. On le compare très frauduleusement à un épicurien, mais parce qu’on a si mal compris &lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #800000;&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2005/11/30/pour-une-philosophie-du-plaisir-note-sur-epicure.html&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;Épicure&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Et l’on a si mal compris Don Juan par la même occasion. Cette longue étude était d'abord une allocution que j'ai faite dans un groupe lacanien. Je l'ai transformée en article, pour le numéro 19, d&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;es&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888; font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;em&gt;Carnets de la philosophie&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;, de janvier 2012. Elle est désormais en accès libre dans l'&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888; font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Ouvroir&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/02/303891247.jpg&quot; id=&quot;media-1071002&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 40px; text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Ô Ciel&amp;nbsp;! que sens-je&amp;nbsp;? Un feu invisible me brûle, je n’en puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent. Ah&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»Molière, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Don Juan&lt;/em&gt;, Acte V, Scène 6.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 40px; text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormalCxSpMiddle&quot; style=&quot;margin: 1em 0px 1em 262.25pt; text-align: justify; line-height: normal; mso-add-space: auto;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;Mais alors que sait-on ? Veut-on seulement savoir ? Paul Valéry disait cette chose très juste : « Rien de plus littéraire que d’omettre l’essentiel. » On a tout dit à propos de la figure de Don Juan : qu’il était libertin, athée, déceptif pour toutes les femmes qu’il avait séduites, impuissant, jouisseur impénitent, homosexuel, immoral, égoïste, pervers. Mais on omet l’essentiel ! Car c’est bien de l’essentiel qu’il s’agit ! On ne veut pas savoir. On ne veut surtout pas approfondir à propos du personnage. Sûrement, ce serait trop dérangeant. Nous sommes faillibles ! Nous nous sommes bâti cette carapace contre le monde, contre nous-mêmes, depuis si longtemps ! Le labeur et la ténacité destinés à une seule fin : fuir l’essentiel. Ça n’est pas maintenant que nous allons nous autoriser à nous percer à jour !&amp;nbsp; Et puis c’est aussi parce que Don Juan est notre parfait bouc émissaire. Il canalise toutes notre projections, toutes nos frustrations, tous nos fantasmes, toutes nos inhibitions. Il est cette économie de moyens pour épurer la violence et l’angoisse en chacun. Il est cette figure mythique dans laquelle on s’autorise à se perdre… Il est l’éternel incompris !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Incompris d’abord de son propre père – dois-je rappeler cette tirade de Don Louis dans la pièce de Molière : « Mais sache, fils indigne, que la tendresse paternelle est poussée à bout par tes actions, que je saurai, plus tôt que tu ne le penses, mettre une borne à tes dérèglements, prévenir sur toi le courroux du Ciel et laver par ta punition la honte de t’avoir fait naître », incompris de son valet Sganarelle – qui cherche systématiquement à lui faire la leçon ! Incompris de la plupart des lecteurs ! Et c’est en ce premier sens que l’on peut parler de héros tragique. Don Juan peine à se mettre à jour ! Don Juan peine à naître ! Don Juan n’est pas né. Don Juan erre, à l’abandon, cherchant refuge, et des yeux pour le voir. Don Juan a perdu le sens. Et le lieu. Tout est là un problème de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;topos&lt;/em&gt;. Son existence n’a ni direction ni but. Quelle intelligibilité peut-il donc en tirer ? À quoi pourrait-il raccrocher le sens de sa vie ? Il ne cesse de courir. Ou plutôt de fuir. Et de se fuir ! La fuite est son éthique. Il fuit les femmes qu’il a séduites et délaissées. Il fuit les hommes qui sont engagés pour lui faire la peau. Il fuit les siens lorsqu’ils veulent le ramener à la saine raison. Il fuit Dieu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1070996&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/01/4211138504.jpg&quot; alt=&quot;don juan,jacques lacan,sigmund freud,dieu,zarathoustra,sganarelle,molière,casanova&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Aventures de Don Juan,&lt;/em&gt; Hall carte pour 1948,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;film Warner Bros, avec Eroll Flynn et Viveca Lindfors&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Aussi, je pose cette légitime question&amp;nbsp;– quitte à choquer : Don Juan serait-il l’homme qui n’assume pas&amp;nbsp;? Et je vais clairement y répondre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Premièrement, son supposé athéisme. Il faut en finir avec cette niaiserie qui se dit partout. Don Juan croit en Dieu. C’est clair&amp;nbsp;! Il s’agite trop, le défie trop, le bafoue trop pour que ça en soit autrement. Mais voilà&amp;nbsp;! il n’assume pas cette croyance. Ou plutôt, devrais-je dire, il a clairement perdu Dieu. Il ne parvient plus à le voir – peut-être parce qu’il ne &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;veut &lt;/em&gt;pas le voir. Il y a cette volonté tragique de détourner le regard, de ne pas assumer sa condition chez Don Juan. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Secundo, Don Juan est un homme du savoir-faire avec le corps, et un homme de la raison. Il traite les corps comme des objets, en artisan ou en technicien, pour ne pas avoir à faire face à la condition humaine, – car dans la relation de sujet à objet, on perd nécessairement le sens de l’humain ; on déshumanise l’autre ; on occulte ce qui est le propre de son essence, et donc par conséquent, ce que nous sommes en propre : on masque son infinie fragilité. Autrement dit, l’inconnu en lui et en nous. On traitant les corps comme un artisan qui travaille un objet quelconque, Don Juan évite soigneusement d’avoir à faire face à sa condition de mortel ; il évite d’affronter sa condition d’être fini, d’homme vivant une vie sans rime ni raison, contée par un fou. En se réfugiant dans la pensée rationnelle, cartésienne par excellence, (« Je crois que deux et deux font quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre font huit »), la rationalité chère aux philosophes et aux scientifiques devient son nouveau sacré. Tout sera désormais explicable, connaissable par les seules vues de la raison. Par un merveilleux miracle ! La vie ne sera bientôt plus un problème, et la mort non plus. Dieu est enfin ramené à la connaissance de l’entendement, et les flammes de l’enfer seront bientôt éteintes par la force de l’arithmétique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour autant Don Juan ne trompe personne. Il ne parvient même pas à se tromper lui-même, non plus. Car ici la raison se fait simulacre. Elle masque, derrière les apparences d’un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;logos&lt;/em&gt; salvateur et tout-puissant, une réalité effrayante, parce que désespérément impénétrable, livrée au mystère éternel.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1071005&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/00/1094005686.jpeg&quot; alt=&quot;oedipe,don quichotte,zarathoustra,don juan,jacques lacan,sigmund freud,dieu,sganarelle,molière,casanova&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Don Juan&lt;/em&gt;, film de Marcel Bluwal,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;avec Michel Piccoli, Claude Brasseur et Anouk Ferjac.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Don Juan est ainsi un héros tragique. Il est ce malheureux héros de notre monde moderne. Alors que Don Quichotte est d’un autre temps, ne comprenant désespérément pas le nouveau monde naissant, et prenant les moulins à vent (simulacre nécessaire à son aveuglement) pour des géants, Don Juan est bien trop conscient. Et il en crève ! Il voudrait peut-être, comme Œdipe, s’ôter la vue. Il voudrait peut-être n’avoir pas à affronter la cruelle réalité… Il voudrait sûrement éviter de voir qu’il a perdu l’horizon, par exemple. Et les arrières-mondes. Plus de « monde vrai ». Abolies, les apparences, comme disait le sage Zarathoustra. Il ne peut désormais plus s’en tenir aux illusions. Et il refuse de le voir, tout en voulant voir. Car il cherche. Il est en quête. Et ce qu’il cherche, c’est Dieu lui-même. Dans le même temps, il se refuse clairement à le trouver. Sentez la peur qui l’étreint lorsque la statue du Commandeur l’appelle, une première fois. La seconde fois, on le voit se réfugier derrière son valet de Sganarelle – l’exemple typique de l’homme superstitieux – lorsque la statue lui commande de se joindre à elle pour souper. Il lui faut un guide, dit-il, comme pour se justifier… Sganarelle a beau déballer ses niaiseries morales, ses codes de conduite déontologiques agaçants, il incarne aux yeux de Don Juan, qui ne veut rien entendre de ce que Dieu pourrait être, cette seule lumière terrestre, – contre l’absurdité d’un monde sans Dieu, ou pis, d’un monde où Dieu ne saurait le comprendre ! Il ne veut pas accepter que terre et Ciel se seraient soudain rejoints pour ne former désormais qu’une unité. Il n’accepte pas la bonne nouvelle. Il ne veut pas entendre qu’il n’a plus besoin de flambeau ; que la lumière du Ciel est, ici, dans l’immanence de notre monde sensible. Peut-être même à l’intérieur de lui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;Don Juan est donc le héros tragique d’un monde sans commencement ni fin, et dont la transcendance est devenue difficile. Il est l’homme absurde par excellence. Enfermé dans un rapport au monde purement matérialiste… Mais lorsque je dis matérialiste, j’entends surtout matériel. Le monde sensible renferme désormais tous ses secrets. Rien au-delà&amp;nbsp;! (Le vrai matérialiste, accroché à l’utilité et au sens des choses utiles, c’est Sganarelle, pleurant ses gages à la fin de la pièce de Molière, – mais là, c’est un autre problème&amp;nbsp;!) Le matérialisme de Don Juan est un matérialisme de circonstance. Un refuge. Et un guet-apens à la fois&amp;nbsp;! Voyez ce cynisme auquel il se livre lorsqu’il convainc son père qu’il a désormais changé. Voyez ce déni de s’affronter, et d’affronter une réalité qui l’effraie. Voyez cette fuite qui le conduit, là encore, comme Œdipe, à réaliser son funeste destin, en s’évertuant à l’éviter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1071000&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/02/1950362216.jpg&quot; alt=&quot;oedipe, don quichotte, zarathoustra, don juan,jacques lacan,sigmund freud,dieu,zarathoustra,sganarelle,molière,casanova&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Dom Juan&lt;/em&gt;&amp;nbsp;de Molière&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il tient tête à sa destinée. Il tient tête à son père, à Sganarelle. Il tient tête à Dieu. Don Juan est cet éternel rebelle, réfractaire aux lois morales, civiles&amp;nbsp;; prêt à mourir plutôt qu’à se plier. Il est cet éternel enfant, qui refuse de grandir, de s’assumer, et d’assumer son devenir.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il est un héros tragique pétri du désir tragique (si cher au philosophe Clément Rosset). Toute sa vie est fondée sur le désir sans fin, sans finalité, sans intelligibilité. Il désire, et il met toutes ses forces, tout son talent, tout son courage à réaliser tous ses désirs&amp;nbsp;; mais il ne sait pas exactement ce qu’il désire. En réalité, si nous suivons attentivement son désir, nous parvenons à comprendre&amp;nbsp;: il désire Dieu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1127169&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/01/4029229660.png&quot; alt=&quot;don juan,jacques lacan,sigmund freud,dieu,zarathoustra,sganarelle,molière,casanova,oedipe,don quichotte&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Un extrait de ce article paru dans&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les&lt;br /&gt;Carnets de la philosophie&lt;/em&gt;, n°19, de jan. 2012&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il faut donc cesser de considérer Don Juan comme un jouisseur. De quoi croit-on qu’il jouit ? Du corps des autres ? De leur malheur ? De rapports sexuels – qu’il n’a d’ailleurs pas ! De l’échange des corps – mais il refuse tout échange ! De l’amour – il ne s’autorise pas à tomber amoureux ! De la satisfaction de son désir – toujours déçu au final, souvenons-nous donc de la leçon de Schopenhauer à propos des désirs, elle fonctionne merveilleusement ici ! Non ! Don Juan ne jouit de rien. Aussitôt, a-t-il satisfait un désir, qu’il s’en fixe un autre. Il ne consomme pas le court plaisir de la victoire. On a voulu en faire un athée. C’est faux ! Un hédoniste. Faux aussi ! Un immoral. Tout aussi faux ! Un libertin. Rien de plus stupide !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1071001&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/01/1822013943.jpg&quot; alt=&quot;oedipe, don quichotte, zarathoustra, don juan,jacques lacan,sigmund freud,dieu,zarathoustra,sganarelle,molière,casanova&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;Dom Juan ou le Festin de pierre,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;photographie : Tristan Jeanne-Vallès&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Parce que Don Juan a perdu le &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;topos&lt;/em&gt;, donc tout lieu d’origine, les femmes lui serviront de centre, de médiation ; à la fois médiation de son désir, mais plus encore de sa recherche. Regardez-le donc courir, s’évertuer à justifier cette fuite, qu’il considère comme une vocation pour l’amour et le désir : « Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, […] et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; &amp;nbsp;[…] Il n’y a rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses. » Certes, il accepte de se définir comme un « conquérant », une sorte d’Alexandre, beau et fort ; un homme amoureux. On a d’ailleurs trop pris pour habitude de distinguer Casanova et Don Juan, parce que le premier serait un homme amoureux tandis que le second serait un homme désirant ; un pur séducteur, sans lendemains. Le premier aime l’amour, le second désire désirer. Il faut désormais dissiper cette erreur fondamentale à propos de Don Juan, car je crois que c’est manquer un élément essentiel du personnage, que de le réduire à la seule problématique des désirs. Nous lecteurs, mettons-nous ça en tête, Don Juan veut Dieu. Dans sa conquête aveugle, il est mené, inconsciemment, par l’image d’un père fantasmé, imaginaire, qui pourrait jouir de toutes les femmes. Comme un enfant, il est persuadé qu’il en existe au moins un en ce monde, et contre la norme, cette exception, c’est Dieu lui-même. Il ne s’inscrit pas dans un schéma œdipien, car il ne veut pas tuer le père. Il ne cherche pas non plus à remplacer Dieu. Le mythe de Don Juan est un mythe métaphysique et psychanalytique à la fois. A travers la conquête féminine, Don Juan, amoureux de Dieu, désire le faire jouir. Ce ne sont pas les femmes vers lesquelles il tend, mais vers Dieu lui-même. Cette jouissance de Dieu, Don Juan la vise à travers chaque femme qu’il séduit, qu’il trompe pour la rendre amoureuse, et qu’il manque, dans cette impasse tragique du désir. La mascarade à laquelle il se livre n’est autre qu’une mascarade à l’intention de Dieu, ce père universel, qu’il voudrait reconquérir, car il croit l’avoir définitivement perdu.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;De fait, trop d’interprétations de Don Juan s’en sont tenues à l’affirmation péremptoire d’une Charlotte (qui met Don Juan en réalité au défi de la séduire), « vous, dit-elle, qui ne songez qu’à abuser les filles », ce qui a réduit le mythe de Don Juan, à celui d’un bonimenteur, manipulateur, pervers tout à sa jouissance, quitte à décevoir, ou créer de l’angoisse chez ses victimes. Mais Don Juan n’a rien d’un prédateur social. Don Juan n’a rien d’un manipulateur ou d’un pervers, tel qu’on l’a entendu jusqu’ici. Cette interprétation idéologique, ou féministe, doit être abandonnée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1071003&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/00/00/3383040807.jpg&quot; alt=&quot;oedipe,don quichotte,zarathoustra,don juan,jacques lacan,sigmund freud,dieu,sganarelle,molière,casanova&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino, serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Don Juan&lt;/em&gt;, DeMarco (1995)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: georgia, palatino; font-size: 12pt;&quot;&gt;Tout comme son homosexualité supposée, son impuissance sexuelle, son caractère hédoniste qui ne tiennent que du discours parfaitement stéréotypé. Non, rien de tout ça ne fait courir Don Juan.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: georgia, palatino;&quot;&gt;&amp;nbsp;Celui qui cherche « à ménager un père dont (il) a besoin », qui accepte le « vice à la mode », porter des masques pour « abuser le monde », cet homme de l’imposture, du simulacre, qui semble abuser t
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<author>
<name>Pierre Vallet</name>
<uri>http://lavoixdu14e.blogspirit.com/about.html</uri>
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<title>La Voix-ci...La Voix-là ....Loisirs du samedi  21 au mercredi 25 mai 2011</title>
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<id>tag:lavoixdu14e.blogspirit.com,2011-05-20:2350199</id>
<updated>2011-05-20T17:40:00+02:00</updated>
<published>2011-05-20T17:40:00+02:00</published>
<summary>  Concert de « Butajazz», « Swing, jazz manouche », Thé...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Concert de « Butajazz», « Swing, jazz manouche », Thé dansant,Vide-greniers&amp;nbsp; rue Didot et rue de Tombe- Issoire, Théâtre « La mort de Don Juan », Entraînement :«&amp;nbsp;Courir pour le plaisir&amp;nbsp;», Poésie « L'évangile du gitan », Cercle de parole pour les femmes, Projection «Loulou et autres loups» pour les enfants à partir de 3 ans .... sont au programme des animations et activités proposées dans le 14ème !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Concert de « Butajazz», « Swing, jazz manouche » Django Reinhardt : samedi 21 mai, 20h30&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Tarifs : 8€ (5€ Billet-Réduc) / 10€ boisson comprise. 24 bis, rue Gassendi. Tél. : 06 62 01 40 59 / 09 52 59 54 16. &lt;a href=&quot;http://au24bis.free.fr/&quot;&gt;http://au24bis.free.fr&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Thé dansant : s&lt;strong&gt;amedi 21 mai, de 14h à 18h30&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; Tarifs : 4 € / 3 € pour les usagers. Pôle d'activités Maurice Noguès, 5 avenue de la Porte de Vanves. M° ou T3 Porte de Vanves. Tél. : 01 45 42 46 46.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Vide-greniers&amp;nbsp; rue Didot : dimanche 22 mai, de 8h à 18h&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; Vide-grenier sur la rue Didot, entre le boulevard Brune et la rue d'Alésia, organisé par l'ACA Didot.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Théâtre &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;« La mort de Don Juan » : &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;dimanche 22 mai, 17h&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;à l'atelier du Verbe&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;texte et mise en scène Damiane Goudet avec Luc Antoni. La pièce commence là où se termine celle de Molière. Don Juan se retrouve dans les coulisses de l'au-delà. Il voudrait retourner sur la scène de la vie, mais son temps est passé. Il se raconte sans se justifier, le mythe reste intact. &quot;Je suis Don Juan, de ma semence je bénis la femme, je la bénis dans la sincérité d'un amour pur. Et c'est au nom de cette pureté que je suis insaisissable. Je suis une utopie qui révolte.&quot; Participation 12 € (T.R. 10€). Réservation : &lt;a href=&quot;mailto:atelierduverbe@gmail.com&quot;&gt;atelierduverbe@gmail.com&lt;/a&gt;, tél. : 06 26 24 90 59 / 01 71 60 00 35. Atelier du Verbe, 17 rue Gassendi. M° Denfert-Rochereau ou Gaîté. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Vide-greniers à l 'angle des&amp;nbsp; rues d'Alésia et de La&amp;nbsp; Tombe- Issoire : d&lt;strong&gt;imanche 22 mai, de 8h à 18h&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; Vide-greniers organisé par la société Some Times Ago,. Tél. : 06 45 10 27 91. &lt;a href=&quot;http://www.monvidegreniers.fr/&quot;&gt;www.monvidegreniers.fr&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; E&lt;strong&gt;ntraînement :«&amp;nbsp;Courir pour le plaisir&amp;nbsp;» &lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;l&lt;strong&gt;undi 23 mai, de 19h15 à 20h45&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; Entraînement de préparation physique générale et spécifique, organisé par l'association Courir pour le plaisir, au Parc Montsouris, adapté à tous les niveaux des jeunes aux seniors, hommes et femmes. Confirmation obligatoire : 06 15 76 26 15 ou par mail &lt;a href=&quot;mailto:courirpourleplaisir@hotmail.com&quot;&gt;courirpourleplaisir@hotmail.com&lt;/a&gt;. Rendez-vous au stade Elisabeth. 15 avenue Paul Appell. M° ou T3 Porte d'Orléans. &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;br /&gt; Poésie « L'évangile du gitan » de Jean-Marie Kervich : lundi 23 mai, 20h,&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; à l'Atelier du Verbe&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; « L'évangile du gitan » de Jean-Marie Kervich, évoqué par Michel de Maulne. En présence de l'auteur (sous réserve). &lt;br /&gt; Christian Bobin dit de Jean-Marie Kerwich : « un va nu pied nous redonne les clefs du ciel qu'on pouvait croire perdues à jamais ». Jehudi Menuhin a fait l'éloge de ses premiers poèmes et Jean Grosjean a comparé « l'ange qui boite » aux prières de François d'Assise. Evocation de ce grand poète méconnu par Michel de Maulne qui nous dira des morceaux choisis de « l'évangile du gitan ». Participation 12 € (T.R. 10€). Réservation : &lt;a href=&quot;mailto:atelierduverbe@gmail.com&quot;&gt;atelierduverbe@gmail.com&lt;/a&gt;, tél. : 06 26 24 90 59 / 01 71 60 00 35. Atelier du Verbe, 17 rue Gassendi. M° Denfert-Rochereau ou Gaîté.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cercle de parole pour les femmes organisé par l'Association Hardis&amp;nbsp; : mardi 24 mai, de 19h à 21h&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; Cercle de partage convivial dans un cadre créatif et ludique. Les séances se déroulent à partir de quelques thèmes choisis par le groupe. Chacun peut exprimer ses difficultés, ses désirs et ses joies, en découvrant les résonances qu'elles provoquent dans une ambiance amicale et sans jugement. Prix : 7€. Adhésion à Hardis obligatoire : 15€. Château Ouvrier, 9 place Marcel Paul. Tél. : 01 42 79 81 30. Contact : 01 81 29 51 00 / 06 67 42 32 89. &lt;a href=&quot;http://www.mairie14.paris.fr/mairie14/m.alvarado@laposte.net&quot;&gt;m.alvarado@laposte.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Projection « Loulou et autres loups » pour les enfants à partir de 3 ans (55mn) : &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 25 mai, 10h et 14h&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; . Cinq histoires ayant chacune comme personnage principal un loup original. Par Jean-Luc &lt;br /&gt; Fromental et Grégoire Solotareff. Tarif unique : 4€ pour tous. Réservations et renseignements : 06 99 28 42 55. Cinéma l'Entrepôt, 7-9 rue Francis de Pressensé. M° Pernety.&lt;/p&gt;
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