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    <title>Last posts on fiction</title>
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Elle-d'Eve 5</title>
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        <updated>2011-10-06T12:44:00+02:00</updated>
        <published>2011-10-06T12:44:00+02:00</published>
        <summary>   Eve-la-parfaite ne suscitait aucune de ces questions. Lorsque la...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Eve-la-parfaite ne suscitait aucune de ces questions. Lorsque la jouissance m'écrasait à coté d'elle, sur le dos, sur le ventre, la tête posée sur le sien, repoussé au contraire par une douleur loin d'elle, une crampe au mollet, un genou tordu par la succession de nos contorsions, ces instants où la magie faisait jongler nos corps rivetés l'un à l'autre par l'axe de nos sexes. Ma main cherchait déjà, dans la semi nuit vacillante des bougies, la tiédeur de sa peau, le moelleux d'un sein, l'élasticité de son ventre. Elle se laissait caresser, un contact sans avidité, prolongement plutôt qu'exploration si Eve-l-affolante n'avait suscité un désir sans répit, il confinait à la douleur : au bout de cette première nuit je savais déjà ne jamais pouvoir me rassasier d'Elle-d'Eve.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Eve-la-joueuse lança les dés au pied d'une lampe posée à même le sol. Je me souviens de l'abas jour et de ses petites clochettes en laiton. Les dés roulèrent. Elle fit :&quot;yeahh !&quot; lorsqu'elle sortit sa première paire de six.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Elle cria &quot;wouhh !&quot; lorsqu'elle sortit la seconde. Elle hurla &quot;yyyya !&quot; lorsque pour la troisième fois, les dés retombèrent sur le six. Moi, je pensais aux raclées que m'infligeait ma nièce au craps et aux petits chevaux, à la possibilité de faire l'amour une dernière fois avant l'aube, à la tête de Bob, il ne croirait jamais à ma chance. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Au matin, en rentrant chez moi attraper quelques affaires, je sautillais de joie entre trottoir et caniveau, inventais des martingales autours des plaques d'égout, saluais bas quelques grand-mères et des capitalistes, à l'époque ils étaient encore rares dans le quartier. Bien sur je n'étais pas assez naïf pour croire une seconde à la promesse des dés, à la possibilité de vivre une vie avec Eve-l-éternelle. Demain me suffisait. L'horizon de la fin de la semaine marquait la fin de mon monde, au-delà régnaient les morts vivants et les prévoyants agents d'assurance. N'empêche, l'idée de jeter mon sac chez Eve-le-crashpad m'excitait comme si ma vie avait soudain pris un sens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;( à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Eve-la tentatrice 4</title>
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        <updated>2011-10-03T12:42:00+02:00</updated>
        <published>2011-10-03T12:42:00+02:00</published>
        <summary>   Juste avant l'aube de cette première nuit, Eve-la-rieuse me défia. Elle...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Juste avant l'aube de cette première nuit, Eve-la-rieuse me défia. Elle dégrafa la paire de dés qu'elle portait en sautoir. Je réalisais à cet instant qu'elle n'avait pas ôté ce bijou de la nuit et machinalement portais la main à ma poitrine pour tâter du doigt la zone où, à de multiples reprises, j'avais cru être brulé au fer ; dans l'instant, l'alliance de la fougue et de la passion avaient effacé la brulure. Aujourd'hui je réalise à quel point ce geste était prémonitoire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;A bout du collier pendaient deux cubes de verre, sur la surface transparente les points narguaient les probabilités. Eve-l'amoureuse porta les dés à ses lèvres&amp;nbsp;: &quot;Si je sors trois fois de suite une paire de six, tu deviens l'homme de ma vie !&quot;. A ce moment là de mon existence, extirpé de l'adolescence par ma volonté de rompre avec mon milieu, arque bouté contre l'entrée dans la vie adulte, contre ce que je considérai comme la fatalité du sillon de mes ainés, il menait droit vers la mort, une vie me paraissait une durée à la fois très longue et très imprécise ; d'un autre coté, d'Eve-la tentatrice, je n'espérais que le prochain baiser et l'heure qui immanquablement s'ensuivrait. En regardant Eve-la-sereine avec un œil soudain mature, je gardais mes doutes pour moi. La nuit avait joué avec ce sentiment d'omnipotence qu'accorde le désir, quand la turgescence du dard, palpitant à chaque battement du cœur, résume la vie des jeunes hommes. Etendard sans drapeau ou sceptre, il impose et dirige, qu'il se dégonfle -ce sexe, ce cœur, cet espoir- et me prenait alors avec les autres filles, le besoin soudain de récupérer mon pantalon, de bredouiller deux mots, sans que je n'ose regarder la forme encore allongée sur le lit, de peur de découvrir une tare que l'aveuglement du désir aurait gommé, ou pire, d'être forcé de me questionner. Pourquoi la désirais-tu ? Qu'a-t-elle d'exceptionnelle ?&quot; et aussi le cruel &quot;Pourquoi l'exceptionnel ? L'es tu?&quot; et encore, &quot;Est-ce juste ça ?&quot; Surtout, sans me l'avouer, je craignais l'alanguissement des femmes lorsqu'elles sont amoureuses, la crue de sentiments non maitrisés, le retentissement en moi de cet amour, d'une nuit, d'un jour, d'une semaine, d'une vie. Je leur préférais mon ami Bob et les coups de poing dont il bourrait mes cotes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;( à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Eve-le-début-des-temps 3</title>
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        <updated>2011-09-30T12:39:00+02:00</updated>
        <published>2011-09-30T12:39:00+02:00</published>
        <summary>   Avant Eve-le-début-des-temps, j'avais beau prôner des valeurs d'égalité,...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Avant Eve-le-début-des-temps, j'avais beau prôner des valeurs d'égalité, d'autres de liberté et de partage, les filles restaient pour moi des êtres différents, vaguement supérieurs car ces êtres possédaient le pouvoir de se refuser, vaguement inférieurs parce qu'après la conquête, cette phase de séduction sur laquelle elles régnaient, ces exigences auxquelles il fallait accéder, ces tribus qu'il fallait déposer à leur pieds, elles se laissaient soudain terrasser. Cette victoire, l'abandon total dans lequel elles sombraient durant des secondes qui me semblaient durer des heures, qui leur semblaient durer l'éternité, une éternité faite d'une infinité de vagues successives et dont chacune apportait son lot d'apparente souffrance –ces cris, ces grimaces, ce blanc de leur yeux-, me laissait plein d'incertitude dans une solitude absolue ; je me sentais exclus, utilisé, &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;repoussé par une autre que je découvrais soudain. Pour tout dire je me sentais possédé. Un comble !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Eve-la-séductrice échappait aux figure de style de la séduction, mais j'aurais mieux fait de soigner mon acné que de laisser Eve-la-conquérante me séduire, puisque dès la première seconde une clairvoyance m'illuminait : Eve-la-prédatrice m'a choisit et non le contraire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Bien sur, dès la fin du festival, je l'ai suivie, trop étonné par ma chance pour seulement réfléchir, seul un reste de lucidité me rappelait que les filles comme Eve ne couchent pas avec des types comme moi mais je l'aurais suivie en enfer. C'est la seule cohérence que je me trouve. Nous fîmes l'amour toute la nuit sur un tapis, Afghan forcément avec, ici, là, posées sur des guéridons, des planches, un appui de fenêtre, des bougies et des bâtons d'encens. Elle m'avait ramené chez elle, une maison de planches à clin vers Heigh Ashbury.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Eve-l-excessive ! Eve-la-clicheton-maniaque. Son khôl, ses sequins ! Ses jupons de dentelle et ses robes à fleur ! Ses sandales à midi, à minuit, leurs semelles de bois, leur claquement sur les mauvaises lattes du plancher, les fleurs imprimées sur ses robes ! Sa façon de mélanger, en soufflant appuyée sur un coude, la fumée du joint à celle de l'encens. Elle me demandait &quot;n'est pas que je suis la plus grande chance de ta vie ?&quot;. Je répondais &quot;Oui&quot;. J'avais vingt ans et aurais promis n'importe quoi pour sentir à nouveau ses jambes autour de mes reins. Je n'avais qu'une connaissance très théorique des filles à ce moment là de ma vie. J'avais beau prôner la révolution sexuelle, coucher -trop rarement à mon gré- avec des filles qui revendiquaient elles aussi la liberté du choix, j'étais loin d'avoir mis en pratique tout ce que j'avais lu, tout ce que j'avais tenté, tout ce dont je rêvais, et encore moins ce que je n'osais m'avouer. Selon moi, le plus souvent le droit de choisir des filles se limitait - quand j'étais l'objet du choix - au refus, et Mailer, prénom Norman, était plus près de &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Mac Bain et Mac Carthy sur les rayonnages de la bibliothèque de l'université que des tables de chevet des étudiantes de première année. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;( à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Eve-l'aléatoire 2</title>
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        <updated>2011-09-27T12:37:00+02:00</updated>
        <published>2011-09-27T12:37:00+02:00</published>
        <summary>   A cet instant elle n'était qu'une inconnue dont je gobais chaque attitude....</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;A cet instant elle n'était qu'une inconnue dont je gobais chaque attitude. Lorsqu'un rire lançait sa tête en arrière, elle offrait à tous la ligne de son cou et mon regard immanquablement glissait de la perfection de son nez à celle de son menton. L'éclat de ses dents m'avait éblouit un instant, mais rien n'aurait pu détourner mon regard du vertige de la chute qui menait à la naissance de la gorge d'Eve-le-sillon-magnifique. La fente sur le devant de sa blouse palpitait, révélant à chaque rire, à chaque respiration, chaque battement de paupière ou même chaque applaudissement du public, la nacre de son sein, un sein en avance sur son temps, souligné par le triangle blanc, presque une flèche, d'un des derniers bastions de la morale de ce mois d'aout 1967.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Je restais un long moment à contempler Eve avant que Bob ne surprenne mon regard fixe, comprenne qu'il ne s'agissait pas du regard d'un camé parti trop loin, mais d'un type dont les chemins du rêve avait trouvé le centre du labyrinthe parmi l'écheveau des possibilités. Il a suivit le fil de ce regard, dénoué le lien invisible, a reconnu Eve, nous a présenté l'un à l'autre lançant à la cantonade un &quot;ne donnez plus rien à Adam, il plane déjà à cent miles&quot;. En 1967, au Festival Flower of Heights, chacun connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un, je crus dès lors que la rencontre avec Eve-l'aléatoire ne tombait pas sous les lois scholastiques mais sous la loi commune des tribus. Je me trompais. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;A cette époque je n'étais pas grand-chose, mi-étudiant en histoire de l'art, mi-serveur dans un &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;dinner&lt;/em&gt; du bas de Carlina Street, je répartissais le reste de mon temps entre la distribution de flyers le dimanche matin sur le marché de Sausalito et la peinture des piles du Pier 39, suite à un différent avec la justice de l'état de Californie mais je me rêvais, suivant les heures, poète maudit ou romancier sulfureux, gâchant son talent à pondre des scénarios pour l'industrie du film. Je militais aussi un peu pour les droits des minorités et forcément contre la guerre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;( à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Eve-à-la-vie-à-la-mort 1</title>
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        <updated>2011-09-24T12:35:00+02:00</updated>
        <published>2011-09-24T12:35:00+02:00</published>
        <summary>   J'ai eu la chance d'aimer Eve-à-la-vie-à-la-mort. Bob, ce meilleur ami, ce...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;J'ai eu la chance d'aimer Eve-à-la-vie-à-la-mort. Bob, ce meilleur ami, ce type avec lequel j'avais fait deux fois la route 66 et marché sur DC, Bob, ce traitre, ce salop, ce suppôt de Nixon, nous avait présentés au deuxième jour du festival Flowers of Heights de Oakland ; je lui en veux encore. Dès qu'Eve-l'inatteignable s'installa en lotus à quelques mètres de ma bande, je me désintéressai des rifs qu'enclenchaient les frères Grifton, l'énergie de la mélodie recroquevillant leurs corps sur les manches de leurs Stratofenders au point de n'offrir au public que les frisures de leur touffe et leur bandana couleur Flower of Love ; je planais haut cet après-midi là, &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;mais un unique regard sur Eve-la-parfaite rappela mon corps à la vie, un besoin hormonal qui équilibrait le poison dans mes veines, un clignement de paupière, le cœur soudain aspiré dans la chute du sommet d'un immeuble de vingt étages : un coup de foudre. Eve-la-divine. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Eve-l-impassible, dans sa posture de méditation, les vagues de musiques, les cris, la poussière du champ en cette fin d'été transformé en arène pour le festival, l'effleuraient seulement, elle était tout et son contraire, mêlait l'exaspérant manque d'aspérité des cheer leaders, ce poli dans les manières et le ton, la superficialité du sourire, cette désinvolture qui dénie le désir, et une passion de révolutionnaire, elle animait ses yeux et traçait un halo autour de sa chevelure, brune, forcément, dont elle ignorait l'effet sur les hommes quand elle tournait la tête - l'ignorait-elle ? - vraiment ? - , en me perdant dans la vision d'Eve-la-muse, j'oubliais même que je voulais écrire : elle était l'Ecriture - de mon destin mais je ne le savais pas. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: EN-US; mso-bidi-language: AR-SA;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Paul : Le Tour de France passe à Brive</title>
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        <updated>2011-04-30T08:56:00+02:00</updated>
        <published>2011-04-30T08:56:00+02:00</published>
        <summary>     Les pommettes de Paul saillent pour enchâsser l'amande de ses yeux. Ses...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-581724&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/00/1809397056.jpg&quot; alt=&quot;Paul2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Les pommettes de Paul saillent pour enchâsser l'amande de ses yeux. Ses lèvres lippues sourient jovialement. Ces traits signalent à tous s'il restait des secrets, ou seulement des nouvelles, à dévoiler à Buffat son état, un mélange de joie bonhomme et d'indifférence lisible pour les seuls intimes. Paul est trisomique. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ici on dit mongol, parce que les gens se moquent de plaire. Cette maladie a toujours eu un nom, vous dira-t-on, vraiment, pourquoi changer ? Est-ce que les aveugles voient mieux quand on les appelle malvoyants ? Lorsqu'on leur précise que justement certains malvoyants ne sont pas aveugles mais possèdent une vision limitée, ils rétorquent que les malvoyants ne voient pas plus mal lorsqu'on les traite d'aveugles, que tout ça c'est des chichis pour prendre les gens pour des cons. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Pourtant, il y a seulement trois ans, lorsque Paul riait, il plissait les yeux comme un enfant. Autant qu'à un mongol, ces cavaliers rebelles qui brûlaient les maisons, empalaient les hommes et violaient leurs femmes, c'est à un matou persan, trop nourri et trop caressé, que Paul ressemblait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Une casquette de coureur cycliste complète sa tenue. Paul ne voit pas les passants sourire aux quartiers rouges et blancs de son fétiche quand il passe. Il ne s'en sépare pas plus que de sa veste de cuir. Il ne se souvient ni comment il a reçu cette casquette, ni ce que symbolisent les quartiers de couleur. Il la chérit parce qu'elle appartient à un temps heureux. Il y a dix ans le Tour de France passait à Brive. Henri les avaient emmenés la vieille et lui dans la Fiat vert bouteille. Ils avaient passé une matinée sous le soleil à attendre que passe la caravane, puis la farandole des coureurs. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Les voilà !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;La rumeur enfle. Elle précède le peloton le long des barrières comme le fouet de l'océan le long des plages des Landes. La houle des spectateurs se dresse contre les rambardes. La meute les foudroie et bariole la chaussée. Les boyaux chuintent et respirent au contact de l'asphalte. Le mur bigarré déchire l'air devant lui, fige le temps, fait taire les applaudissements et les cris d'encouragements. Paul pétrifié voulait happer l'essaim.&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Une attente :  VII et match</title>
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        <updated>2011-03-27T17:53:42+02:00</updated>
        <published>2011-03-27T17:53:42+02:00</published>
        <summary>     Milo et Milan l'ont suivie un moment, tout au plaisir de la traque...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-567966&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/01/3706515964.jpg&quot; alt=&quot;Une-attente-7.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Milo et Milan l'ont suivie un moment, tout au plaisir de la traque nonchalante. Ils goutaient l'ivresse de connaître le futur, ils se remplissaient de la peur de leur proie. Ils la laissèrent atteindre le marché couvert. Arrivé là, la cible s'est mise à se retourner à chaque allée. Elle cherchait des yeux ses exécuteurs, son regard fouillait les allées aux carrefours, interrogeait les vendeurs, rebondissait sur les étals, détaillait les chalands puis, arrivé sur ses exécuteurs, dérapait. Son regard glissait vers le sol ou accrochait une poutre au plafond du marché. Alors la cible secouait la tête, puisait dans un souvenir la force de fuir jusqu'au carrefour suivant, repartait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Milo, que le sort avait désigné comme le tueur, anticipait son geste : la lame s'enfoncerait dans la chair de la cible, pour un instant éternel, bourreau et victime fusionnerait au travers de la lame. Lui retiendrait son souffle ; de la gueule grande ouverte de la cible, pas une once d'air n'échapperait. Ils ont observé le type s'arrêter devant un petit bonhomme de marchand, lui acheter tomates, concombre et oignons rouges, ouvrir son cabas, le tendre vers le vendeur pour qu'il y verse directement le contenu de la bassine dans lequel il avait pesé ses légumes, comme si il allait réellement rentrer chez lui et cuisiner un ragout, laver et découper ses tomates, éplucher son concombre, le détailler en cube, faire attention à ne pas se couper un doigt, préparer sa féta.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Milo aurait aimé continuer à jouer avec sa victime mais Milan, jaloux, parvint à le convaincre qu'ils prenaient le risque que l'autre n'échappe à la résignation, ne reprenne espoir, ne tente d'attirer l'attention sur lui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Deux allées plus loin Milo poignardait le rein droit de la cible. Tandis que la cible s'écroulait, Milo regardait autours de lui et défiait du regard quiconque de l'observer, à fortiori de tenter la moindre action ou de seulement se souvenir plus tard de son visage. Aux étals, les vendeurs se découvrirent un brusque urgent de redresser leurs pyramides de légumes, de chasser d'un coup de chiffon des mouches imaginaires les alignements de fromage frais, de remuer le contenus des bols d'olives en marinade.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;A coté de Milan le téléphone vibre. L'appel d'Olgatto conclue le récit. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Une attente VI : le mythe de Mitro</title>
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        <updated>2011-03-24T11:01:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-24T11:01:00+01:00</published>
        <summary>      - Tu te souviens de Mitrovica ?    &amp;nbsp;   Milo interrompt sa...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-567965&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/00/3784104012.jpg&quot; alt=&quot;Une-attente-6.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tu te souviens de Mitrovica ?&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Milo interrompt sa contemplation de l'eau boueuse, relève la tête vers son frère, il sourit. Milan répond au sourire. Il jette un coup d'œil à l'écran noir du Nokia puis se lance dans le récit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;A Mitrovica, ils avaient attendu pendant un mois dans leur voiture, une Zastova de plus de dix ans dans laquelle ils dormaient à tour de rôle sur la banquette arrière, que la cible sorte de chez elle. Ils ne se cachaient pas. La cible pouvait les apercevoir depuis sa fenêtre, juste en bas de chez lui. Les cinq premiers jours, la cible tirait un coin des rideaux et vérifiait leur présence toutes les demi-heures. Ensuite la cible s'est résignée et a espacé son contrôle. La dernière semaine, elle ne vérifiait plus leur présence qu'une fois le matin et une fois le soir avant d'aller se coucher. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Au bout d'un mois la cible en a eu assez de vivre en prison à son propre domicile, elle a pris son cabas pour aller au marché comme elle le faisait chaque vendredi avant que le contrat ne soit passé sur sa tête, pleine d'une dignité de perdant, pleine d'un courage de victime. Les jumeaux ont débarqué de la Zasto et lui ont emboité le pas. La cible, un activiste Kosovar de cinquante ans, marchait vite et sans se retourner. De temps en temps elle secouait les épaules, l'onde remontait jusqu'à son chapeau et agitait le lourd ourlet du drap sombre de son manteau. Elle marchait vers sa mort sans en connaitre les détails : quand ? Comment ? Goutait-elle sa minuscule victoire, celle d'avoir choisit le moment ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Une attente V : lardage et carnage</title>
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        <updated>2011-03-21T10:58:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-21T10:58:00+01:00</published>
        <summary>   - T'étais pas obligé de le larder !     -…     Milo hausse les épaules. Il...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-567964&quot; style=&quot;display: block; margin: 0.2em auto 0.7em;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/2787943068.jpg&quot; alt=&quot;carnage, fiction, rage&quot; /&gt;- T'étais pas obligé de le larder ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;-… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Milo hausse les épaules. Il ne regrette rien. Il n'a aucune idée de la raison pour laquelle il a poignardé le gars. Il a suivi son impulsion. Jusqu'à ce que le gars le regarde sans comprendre, jusqu'à ce que la lame s'enfonce dans le gars,&amp;nbsp; il ignorait à quel point il a besoin de l'incrédulité de la victime, de son hoquet silencieux. Milo a besoin de la chaleur de l'autre quand il s'affaisse sur la garde de la lame, lorsque le métal repousse la paroi élastique du ventre. Il a besoin de cette victoire et de toiser l'adversaire quand une virgule de sang ponctue le corps à terre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Olgatto connaît ses chiens et leur serine les règles à chaque opération: &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Casser une jambe est une chose, le type va à l'hôpital et c'est réglé. Un coup de couteau et vous avez les flics sur le dos ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Deux tours dans l'armée ont tatoué dans la chair des jumeaux le respect des ordres. Cette fois, la précipitation a fait oublier à Olgatto de répéter sa consigne &quot;pas de carnage &quot;. Milo, ce sale môme, a profité de l'oubli pour se libérer d'une frustration vieille de dix années d'exil, une frustration si profonde qu'il l'ignorait. Comme les anciens toxicos, les fumeurs les alcoolos, il ne pourra en rester là ; la seconde de faiblesse a ravivé la mémoire du plaisir. Il replongera, c'est sur. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Milo a proposé d'emprunter pour l'après midi le matériel d'un des pécheurs alentours mais Milan, l'ainé de vingt minutes, a rétorqué qu'ils avaient fait assez de conneries pour la journée, que le boulot n'était pas fini. Alors ils se sont remémoré ensembles, à coup de phrases courtes et d'interjections, leurs séances de pèche à la grenade dans le Kranj. L'un rebondissait sur l'anecdote de l'autre, l'autre rembobinait la mémoire pour rappeler un détail, épaule contre épaule, souvenir contre souvenir, ils ont replongé dans cette vie d'insouciance dans la contrainte des ordres reçus. Puis le silence est retombé. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Tu te souviens de Mitrovica ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Une attente IV: faire gaffe</title>
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        <updated>2011-03-17T10:55:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-17T10:55:00+01:00</published>
        <summary>      Une à deux fois par mois, Olgatto les envoie ses jumeaux casser une...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-567963&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/02/2605484844.jpg&quot; alt=&quot;Une-attente-4.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une à deux fois par mois, Olgatto les envoie ses jumeaux casser une jambe ou un bras à un type. Le reste du temps se montrer suffit. Leur existence même, suffit à raviver la mémoire des mauvais payeurs, à effacer celles des questionneurs, comme le nom du grand méchant loup, un temps, suffit à envoyer les enfants au lit. Ils ne se préoccupent pas du qui, du quoi, du mobile.&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Milan surveille l'écran noir de son Nokia de peur de rater l'appel d'Olgatto. L'attente, comme le respect des ordres, fait partie de sa formation. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ils ont pris la Scenic par habitude mais ils auraient pu venir attendre ici, sur le canal, à pieds. Ils vivent dans un garage à dix pâtés de maison d'ici, dans ce territoire sans nom entre Pantin, Aubervilliers et Bobigny que dévastent les voies rapides, les friches industrielles, les voies ferrées. Et le chômage. Quand la Scenic est rangée dans le double box, il leur reste juste assez de place pour leur châlit et une télé sur laquelle ils alternent films d'action et pornos. Une fois par mois ils ramassent une prostituée du boulevard Ney, pour l'hygiène affirment-t-ils entre eux. Ils ne boivent jamais. Heureusement, l'inaction ruine jour après jour leurs années d'entrainement, même s'ils ont installé dans leur réduit un banc de musculation, collé au mur de parpaing nus, et des haltères qu'ils soulèvent chaque jour.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;-&amp;nbsp; Tu pourrais dire quelque chose non ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- …&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- T'étais pas obligé de le larder ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;-… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Maintenant il va falloir faire gaffe pendant un moment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- On a Mr Olgatto. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- C'est pas Olgatto qu'ira te chercher en tôle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Il n'a pas dit de ne pas utiliser le couteau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Il ne peut pas tout te dire. Il ne t'a pas dit non plus de l'utiliser.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Il va téléphoner. Il suffit d'attendre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Une attente II :Une fusion armée</title>
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        <updated>2011-03-11T10:49:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-11T10:49:00+01:00</published>
        <summary>      Neuf mois dans le même utérus, puis au sein de la même crèche à...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-567961&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/01/336363148.jpg&quot; alt=&quot;Une-attente-2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Neuf mois dans le même utérus, puis au sein de la même crèche à disputer le moelleux d'une employée de Tito, la même maternelle, une enfance à ingérer du socialisme jusque dans les pauses gouter, l'exclusion du collège à quatorze ans, l'internement en centre d'éducation, &amp;nbsp;puis les stages dans l'armée serbe, ont fusionné jusqu'à leurs rêves. Parler ne fait que compliquer leur communication basée sur des moues, des froncements de sourcils et des sourires imperceptibles aux étrangers.&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Milo Milan Milo Milan, le semblable de leurs &amp;nbsp;prénoms faisait enrager les institutrices, les éducateurs et jusqu'à leur mère lorsque l'exaspération emportait sa raison.&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Milan, ça suffit !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Moi c'est Milo !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Je sais bien que c'est Milo, ça suffit quand même, Milan ou Milo ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Dans les moments de tendresse elle les appelait &quot;mes méli mélo&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Leur déracinement, la fin de cet âge d'or que furent pour eux les dix années de chaos après la partition de la Yougoslavie, acheva la fusion de leurs identités. La parole ne leur sert que pour replonger au cœur de cette époque durant laquelle ils goutaient la liberté du chien. De toutes façons, à eux deux ils possèdent juste assez de vocabulaire français pour acheter une baguette et en serbe à peine plus, mais ils savent remonter n'importe lequel des fusils automatiques que l'on trouve 300 km autours de Belgrade, en moins de quarante cinq secondes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ce don ne leur sert pas à grand-chose au bord du canal. De temps en temps l'un d'entre eux jette un gravillon dans l'eau. Ils s'absorbent dans la contemplation de l'avancée des cercles concentriques. Regardent le vide à nouveau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Eux attendent que le téléphone posé sur la margelle du canal à coté de Milan sonne. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>A Star is born : stage 5</title>
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        <updated>2011-03-04T08:11:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-04T08:11:00+01:00</published>
        <summary>       &amp;nbsp;    Ali aussi dit &quot;truc&quot; en parlant de moi, et il se défonce à...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/1543799120.jpg&quot; alt=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/1543799120.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;!-- Converted from text/rtf format --&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ali aussi dit &quot;truc&quot; en parlant de moi, et il se défonce à la coke, mais je lui pardonne tout car Ali a fait de moi qui je suis. Imaginez ma fierté quand il m'a placée à coté de lui sur le cuir du siège de sa BMW, juste après avoir quitté ses parents. Les gardiens des murs de la citée nous faisaient une haie d'honneur, même là-bas ils le respectent. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Dès le lundi, de retour dans son agence de com de la&amp;nbsp; rue Beaujon, dans le 8eme,&amp;nbsp; il convoquait son&lt;em&gt; staff&lt;/em&gt;. Je trônais au centre de la table de réunion, cachée sous un tissu. Il fallait voir les visages ébahis des types lorsqu'il m'a révélée en soulevant le voile, puis lorsqu'il leur a expliqué son plan&lt;em&gt; marketing&lt;/em&gt; pour vendre je ne sais plus quoi. La star c'est moi pas le contenu ! Deux semaines plus tard, j'entrais en studio pour une séance photo. Un mois plus tard, je resplendissais sur toutes les affiches de Paris, moi, en grand format sur les affiches 4x8 et en dessous les lettres chic :&lt;strong&gt; LA BOITE NOIRE&lt;/strong&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;C'est important pour moi de vous livrer&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;my private confession&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;, à vous promeneurs, à vous madame au cabas, à vous monsieur à la pipe, car vous passez devant mes affiches souvent sans me voir, en tout cas sans me regarder. Je voulais que vous sachiez ce que cache la perfection de mes formes. Je voulais laisser un peu de mon vécu percer le noir de ma livrée, car je ne suis ni un cube, ni une&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;box&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;, je suis&lt;/span&gt;&lt;strong&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;LA BOITE NOIRE&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>A Star is born : stage 4</title>
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        <updated>2011-03-01T09:12:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-01T09:12:00+01:00</published>
        <summary>       &amp;nbsp;    Akim m'a trouvée là, entre un frigo et une carcasse de pneu....</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/2643091088.jpg&quot; alt=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/2643091088.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;!-- Converted from text/rtf format --&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Akim m'a trouvée là, entre un frigo et une carcasse de pneu. Douze ans ce môme, d'un coté sa capuche et son survêtement, de l'autre, la joie enfantine dans son regard lorsqu'il m'a saisie de ses deux mains. Il a su voir en moi qui j'étais. Il m'a ramenée chez lui, deux tours plus loin. Faites confiance aux enfants. Sa mère a fait :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Donne-moi ça !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;J'ai atterri au dessus de la télévision. Là, pendant trois semaines, j'ai regardé le père d'Akim regarder FR3 et la Cinq.&lt;em&gt; So boring&lt;/em&gt;,&lt;em&gt; so fucking boring !&lt;/em&gt; De temps en temps Akim s'installait sur le canapé puis disparaissait. Son père aimait les documentaires animaliers, Akim voulait de la&lt;em&gt; soul&lt;/em&gt;. A la fin de la troisième semaine, Ali, le fils ainé, celui dont la mère réclamait les visites, m'a délivré.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ali ! Ali, le roi de la com, le publicitaire génial, a su voir en moi&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;The Star&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Maman, où as tu eu ce truc sur la télé ? Il me le faut !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- On dit s'il te plait mon fils !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>A Star is born : stage 3</title>
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        <updated>2011-02-27T09:10:00+01:00</updated>
        <published>2011-02-27T09:10:00+01:00</published>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/3031517971.jpg&quot; alt=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/3031517971.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;!-- Converted from text/rtf format --&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ils ont envoyé une machine me reluquer sous toutes les coutures. Une bêcheuse. Qu'est ce qu'elle avait de plus que moi avec ses pneus cette frimeuse ? Elle a bien essayé de me chatouiller mais je n'étais pas d'humeur. Pas ce jour là. Pas couchée à terre. Pas au moment de mon premier&lt;em&gt; shot&lt;/em&gt; alors que je ne m'étais pas arrangée. Elle faisait des bruits de rien, genre: &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;-crrr , zziiiiiiiiii, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Vinrent les scaphandriers, leur fraise de kevlar au cou. Je me suis pincée, &quot;t'es dans un vrai film ma fille, et c'est toi la&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;star&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&quot;, je m'attendais à ce que l'un d'entre eux me fasse un clin d'œil au travers du plexiglas de son casque. Mais rien. Je n'ai même pas vu leur visage, à peine ai-je entendu le crachotement de leur voix dans les laryngophones. Les démineurs m'ont ramassée puis emmenée au labo. Des barbares. Dans leurs mains j'étais moins que rien, j'étais une sorcière sous l'Inquisition. Radio, radar, résonnance isotopique, ils m'ont fait subir le pire, sans compter le froid de l'inox des paillasses, un froid à vous glacer l'âme et à vous figer le&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;make-up&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&amp;nbsp;- Patron ! C'est rien ! C'est juste un truc.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Un truc ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Oui, un machin, un bidule, un truc.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Juste un truc ! Moi ! Ils n'ont pas su voir mon potentiel ces&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;loosers&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt; ! J'avais beau croire en mon destin, à cet instant là, j'aurais voulu les tuer.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ils ont attendu la nuit pour me jeter dans une décharge, honteux de m'avoir prise pour ce que je n'étais pas.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>A Star is born : stage 1</title>
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        <updated>2011-02-22T09:04:00+01:00</updated>
        <published>2011-02-22T09:04:00+01:00</published>
        <summary>       &amp;nbsp;    J'existais sur le papier avant d'avoir un corps. James,...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/02/3973968594.jpg&quot; alt=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/02/3973968594.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;!-- Converted from text/rtf format --&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;J'existais sur le papier avant d'avoir un corps. James, adepte du&lt;em&gt; no-art&lt;/em&gt; et du post concept, m'a inventée entre deux&lt;em&gt; extasy&lt;/em&gt; un soir de mars 2011, puis il confia à un atelier de Clamart le soin de me donner un corps. Le patron de l'endroit, un moustachu aux bacchantes drues comme des défenses de morses, accueillit James en sauveur. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;-James !&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Welcome&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt; to mi casa. Les commanditaires sont&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;most welcome&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt; en ce moment ! La crise,&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;you know&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt; …&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Lorsque James lui tendit le rouleau de plans il inclina la tête, un vrai scribe devant un papyrus. Dans ces plans ? Moi ! Moi ! Moi, mes douze arrêtes, la somme des carrés de deux de mes cotés égale au carré de ma diagonale. Moi quoi ! Oups ! Je n'aurais pas du vous confier mes mensurations.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Deux jours plus tard, James venait me rechercher. J'étais impatiente car, entre le calendrier de routier, la fraiseuse et le tour polonais mes débuts n'avaient rien de&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;glamour&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;. La suie, la limaille de fer, très peu pour moi ! James fréquentait des artistes et des gens dans la mode, son père possédait deux journaux et une télé aux&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;States&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;, quand il m'a accrochée sur le porte bagage de son scooter j'ai pensé &quot;à moi Paris !&quot;. J'étais prête. Les tendeurs grattaient un peu, mais je me répétais &quot;supporte ma fille, c'est le grand soir&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: times new roman,times;&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Porte 352</title>
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        <updated>2011-01-26T21:55:00+01:00</updated>
        <published>2011-01-26T21:55:00+01:00</published>
        <summary>          En lui tendant la clé de sa chambre à l'hôtel de Sers, l'assistante...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-555281&quot; style=&quot;display: block; margin: 0.7em auto;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/02/1548816841.jpg&quot; alt=&quot;2010 Wengen 037.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En lui tendant la clé de sa chambre à l'hôtel de Sers, l'assistante de production lui a glissé le numéro de celle de Sylvia. Il a tergiversé durant deux heures avant de prendre le risque d'aller frapper à la porte 352. La porte pivote. Il ne la voit pas d'abord, elle s'est effacée derrière l'huis et le laisse gagner la zone démilitarisée des chambres d'hôtel, cet endroit entre le lit et le bureau, si vide qu'on y est forcément étranger, si intime qu'un homme et une femme ne peuvent s'y tenir debout en même temps. Il se retourne. En tendant seulement la main ils pourraient se toucher. Il découvre son sautoir de perles, les rides aux coins de ses yeux, les trois boutons ouverts à son corsage. Il sait qu'elle l'attendait, le constat l'emplit d'une joie grave mais il réprime son sourire. La jupe sous les genoux, son port souverain, lui rappellent le surnom qu'il lui donnait&amp;nbsp;: &quot;ma pécheresse versaillaise&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Elle l'observe. Elle ne peut savoir qu'il s'est changé quatre fois pour finalement opter pour son meilleur jean et un tee-shirt à son nom, &quot;Guy The Best&quot;. Il la laisse scruter son visage à la recherche des défaites, lire ses abandons aux relâchements de son corps. Il a déjà ouvert la bouche trois fois puis a renoncé à parler le premier, préférant à chaque tentative mimer une respiration. Elle tient ses mains jointes par deux doigts devant elle, à Bkolinko dans sa tenue de brousse cette pose de petite fille embrasait son désir. &amp;nbsp;Se donner rendez vous dans une chambre d'hôtel n'avait aucun sens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Leur yeux se sont croisés plusieurs fois, la première fois presque par hasard puis à chaque fois avec plus d'assurance, comme si ce seul contact suffisait à dire ce qui a été, à inventer ce qui aurait pu être. Elle fixe son regard et d'un simple mouvement de tête lui intime de la suivre. Dans la proximité de la cabine d'ascenseur, une proximité plus intolérable encore que celle de la chambre, ils trouvent chacun leur coin, clé magnétique à la main. Au sous-sol, le barman sert un whisky pour lui, un cognac pour elle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Il se souvient de la façon dont elle renversait sa tête en buvant, de son rire décuplé par l'alcool. Elle croit sentir la morsure du tuf du camp de Bkolinko sous ses pieds, quand elle ôtait ses bottes pour prendre le verre du soir, perchée entre lui et Romain, son mari, au bar qu'alimentaient médecins et logisticiens à chaque rotation. Elle repose son second verre, rempli et vidé par magie, cercle le pied de ses doigts, incline la tête vers l'épaule, d'un coté, de l'autre, entrouvre la bouche, demande: &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;- Guy, Pourquoi as-tu accepté de participer à cette émission ?&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Schubert et Marius Petitpas 2/2</title>
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        <updated>2011-01-12T19:24:00+01:00</updated>
        <published>2011-01-12T19:24:00+01:00</published>
        <summary>          Le banc au centre de la placette a témoigné pour elle. Un de ces...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-548830&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/02/2392164727.jpg&quot; alt=&quot;Islande 097.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Le banc au centre de la placette a témoigné pour elle. Un de ces bancs parisien où seuls les vieux s'assoient. Le lampadaire dont je mesure les taches de lumière au plafond de ma chambre joua les poursuites. Elle usa des ombres. Elle bondit par-dessus le siège, cisela l'air de sa pointe, fouetta la nuit. La fonte du banc compagnon et ennemi supportait son audace à chacun de ses bonds, les lames du siège multipliaient son élan tantôt feu tantôt vent. Le frottement de ses pas, le claquement de ses talons sur le sol, sur le bois du banc quand elle prenait appuis, son souffle, le raclement de sa semelle sur la froidure de l'asphalte en novembre, marquaient la mesure. Elle m'a appris la danse.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Elle est morte Espace 51. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;L'Espace 51 entre une boucherie Halal et un chausseur vend des sacs de vinyle à carreaux pour les retours des migrants et des tapis brosse et des seaux de plastique. Les habitants de la cité Gagarine vienne y choisir des cadeaux et ces ustensiles dont un voyage depuis la Chine résume l'histoire. J'y achète les piles de mon métronome. Elle m'avait accompagné. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Les types plaquent leur voiture contre le trottoir. L'un fait le guet, les trois autres déboulent l'arme à deux mains. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Ils ont pissé leurs balles pour marquer leur territoire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Déjà ils n'étaient plus là. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Une rafale l'affranchit de sa condition. Elle la plaqua dans l'air. Les balles. L'abolition des lois de la gravité. J'ai compris ce mot &lt;em&gt;jump&lt;/em&gt; [dz^mp] qu'elle essayait de m'apprendre et sa foi dans l'exubérance des mômes. Elle les disaient naturels. L'oubli de la grammaire des arabesques relâchait ses bras. Ils contrastaient avec son dos qu'arquait la mémoire d'une vie de chorégraphe. La grâce de la figure dénonçait les conventions de Marius Petitpas. Les yeux me piquaient. La poudre. Le reste. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Le flic m'a dit &quot;c'est normal en ce moment à Belleville entre chinois et musulmans&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Normal ! Je l'ai regardé sans rien répondre. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Schubert et Marius Petitpas 1/2</title>
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        <updated>2011-01-09T09:19:00+01:00</updated>
        <published>2011-01-09T09:19:00+01:00</published>
        <summary>            Les variations écartèlent mes doigts. Schubert m'épargne le temps...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-548829&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/00/2967301482.jpg&quot; alt=&quot;Islande 109.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Les variations écartèlent mes doigts. Schubert m'épargne le temps d'un soupir le tumulte de la masse. Sa musique infuse l'oubli &amp;nbsp;au bout de mes phalanges, j'effleure à peine les touches pourtant. Elle tait la clique, leurs querelles, le staccato des quolibets, la vague de chuchotements entres voisins de table, elle enfle; viennent les rires avec le garçon de devant, avec la grande à nattes de l'autre coté de l'allée ; six mesures ; ils hèlent Rachid le juge du fond de la classe dont chaque haussement d'épaule suscite des commentaires. En cours de sciences de physique ou chez moi, ses tresses son anorak de duvet de septembre jusqu'en juin &amp;nbsp;et ses deux quatrièmes, font de ce chef de meute un expert. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;M'sieu on va mettre vot' dos sur face book&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;M'sieu même ntm &amp;nbsp;tourne pas l'dos au publi-ke&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;La musique du viennois tait le chant des barbares. Ceux là. Ceux du souvenir. J'ai trente deux ans et une agrég de musicologie. Mes collègues chuchotent que je suis assez maigre pour passer entre les cordes d'une harpe. Je ne les aime pas. Je n'aime pas la harpe. Elle, elle avait su me convaincre que je ne suis pas laid. La parenthèse avec elle avait adoucit les miroirs. Le marbre a reconquis mes joues sous l'os de mes pommettes à fleur de peau. Je ne supporte pas mon nez. Un nez de musicien qui joue dos au public. Je ne supporte pas mon métier. Déjà je ne le supportais plus quand c'est arrivé. Désormais je ne supporte plus rien&amp;nbsp;: seul le toucher de l'ivoire calme le déchirement des balles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;J'ai cru un moment rêver d'autre chose, quand je marchais avec elle dans les rues en pente autours du collège où nous enseignions, des promenades en cercles concentriques dont l'augmentation du rayon mesurait semaine après semaine mon apprivoisement. Je cessais progressivement d'exister pour me dissoudre dans ses pas. Elle enseignait la dance trois vacations par semaine au collège. Nos disputes au début &amp;nbsp;de notre rencontre un gobelet de méchant robusta à la main, la fesse sur le coin d'une table taguée au cutter, convoquaient Prokofiev et Marius Petitpas le chorégraphe russe. Plus tard nous avons réglé ça à l'Annexe puis dans les rues quand les feuilles des tilleuls imprimaient de leurs losanges les trottoirs. Elle ne supportait pas la pluie dont elle disait qu'elle faisait friser ses cheveux et délavait le caramel de sa peau. Je ne comprenais pas la différence, moi qui croyais sa coiffure afro. Je la trouvais juste belle, la candeur du qualificatif disait ma candeur. J'aurais pu dire à la place que j'aimais les tourbillons qui descendaient vers son front, et l'ombre fugitive sur ses joues, et ses yeux dont l'écartement un rien trop important accordait à son visage la grâce de la sérénité. J'aimais le délié de ses bras, la fluidité de ses jambes, le croissant de ventre qu'elle offrait en été au dessus de la ceinture de son jean. Le ventre, ce centre autours duquel elle dansait.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Elle soutenait tirer une grâce de ces arriérés. Elle prétendait régler leur énergie, les aligner, les faire bondir ou se lover à terre. Je me souviens d'un soir en particulier. Nous étions arrivés sur la placette de la rue Jourdain à deux pas de mes fenêtres. A ce point de la promenade une question muette nous tenaillait tous les deux. Allait-elle monter chez moi. Ou pas. Ce soir là excédée par ce qu'elle appelait ma pudibonderie de concertiste sans que je ne sache si elle parlait au propre, mon incapacité à dire que je la désirais, ou au figuré, mon rejet de tout forme de danse postérieure à Balanchine, elle m'a jeté:&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Regarde ! Danser c'est ça !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …) &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Un conte de Noël, à Noël il y a prescription pour les cons</title>
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        <id>tag:52semainesaucaire.blogspirit.com,2010-12-26:2039175</id>
        <updated>2010-12-26T21:53:00+01:00</updated>
        <published>2010-12-26T21:53:00+01:00</published>
        <summary>   Me venger ?    Bien sur. Je peux lui faire perdre sa flotte de bateaux,...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-541705&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/4169125844.jpg&quot; alt=&quot;Conte-de-noel-fin.jpg&quot; /&gt;Me venger ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Bien sur. Je peux lui faire perdre sa flotte de bateaux, bruler ses conserveries, lui faire perdre la mairie, son siège de député. Tiens je peux rendre sa petite-fille unique accro à l'héro, elle a quinze ans ce serait parfait. Il en prendrait pour dix années de soucis ça vous irait ça ? Je peux rajouter quelques divorces, lui, ses deux filles ainées ou un accident de voiture. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;La femme hausse des épaules. Elle reprend sa déambulation sans même sans apercevoir. Il s'efface et se glisse à son coté, les mains croisées dans le dos comme s'ils étaient de vieux amis devisant du passé. L'idée de la vengeance la tente. TROBERE mérite le pire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Est-ce que vous pourriez me confier une arme par exemple ? A bien réfléchir je préférais quelque chose de plus direct. Je préférerais le faire moi-même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Bien sur. Je peux vous transporter chez lui déguisée en guérilleros avec une arme de guerre. Je vous conseille une Uzi. C'est bien pour les débutantes. C'est fabriqué en Israël.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;La vision de la scène vole un sourire à la femme, elle entrevoit son corps boudiné dans le treillis et les peintures de guerre et en dessous ses rides. TROBERE serait dans son salon Louis XVI, des glaces, des dorures, du Baccarat et des boiseries partout, trois mètres cinquante de plafond, pas assez pour que les balles se perdent. Elle aimerait bien ça, faire gicler TROBERE comme elle faisait avec les tripes poissons. La lame fendait la chair. Les doigts crochetaient le la vessie, des branchies, des intestins puis extrayaient ce magma. Une rigole drainait les&amp;nbsp; glaviots de sang. Elle aimerait bien lui demander &quot;tiens t'aimes ça chéri hein ?&quot; Elle aimerait bien ordonner &quot;Dis-moi que c'est bon sale con ! Dis-moi que t'aime ça !&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;La femme hausse les épaules. Le prince la rejoint. Il l'avait laissée marcher seule durant son abandon à la rêverie. Il décide d'attendre sans la troubler qu'elle prononce le verdict.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;La femme hausse les épaules. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Je veux que vous alliez voir TROBERE, que vous lui racontiez ce que vous m'avez proposé, que lui prouviez tout vos pouvoirs et tout ça.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Et ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Dites lui que vous m'avez rencontrée. Dites lui que je ne lui pardonne pas. Dites lui que je ne me vengerai pas. Dites lui que c'est Noël et qu'il y a prescription pour les cons.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Un conte de Noël, harcèlement</title>
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        <updated>2010-12-20T21:43:00+01:00</updated>
        <published>2010-12-20T21:43:00+01:00</published>
        <summary>   Elle avait imaginé que La Dépêche lui téléphonerait sitôt après avoir...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-541703&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/01/631116091.jpg&quot; alt=&quot;Conte-de-noel-2.jpg&quot; /&gt;Elle avait imaginé que La Dépêche lui téléphonerait sitôt après avoir décacheté la lettre. Elle avait imaginé H TROBERE en travers de la Une et en capitales grasses : &quot;&lt;strong&gt;Harcèlement aux conserveries&lt;/strong&gt;&quot;. Trois jours après l'envoi de sa lettre elle avait appelé La Dépêche. Après quatre transferts une pigiste avait fait:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;On ne publie pas de ragots.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Le lendemain son mari, marin pour TROBERE, disparaissait en mer. Le surlendemain la machine sur laquelle elle équarrissait les morues s'emballait en lui volant deux doigts. Un malheur n'arrive jamais seul avait fait le directeur du personnel en lui donnant son chèque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;Elle ne parvient pas à effacer le reflet des lettres sur le fond de promesses de Noël. Elle croyait avoir rangé TROBERE à l'écart des souvenirs à défaut de l'oubli. Le nom l'obsède. Elle décide de descendre du bus à Paul Langevin pour aller à l'église Saint Dominique où elle se rend quand la vie devient trop difficile. Personne ne lui a jamais appris à prier. Elle n'invoque aucun dieu dans cette nef de béton que la promesse d'une démolition prochaine livre à elle seule et dont l'ancienne affectation préserve les murs des tags. Pas un sdf n'oserait y installer sa tente. Cette matrice bâtie à la hâte après guerre et déjà désertée, lui procure un calme plus profond qu'une saoulerie à coups de série télé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;En remontant les travées, ses pieds dans les taches que laisse l'éclairage de la rue au travers des restes de vitraux, dans cette pénombre où les murs qu'elle devine seulement lui renvoient l'écho de toutes les peurs de l'enfance, elle médite l'impuissance des petits. Tout cela en valait-il la peine ? Empêcher TROBERE de violer ses employées de la conserverie valait-il la peine de tout perdre ? Ça a été son tour il y a longtemps puis elle a lassé TROBERE. Ça l'a même presque déçue. Son mari s'en foutait de toutes façons ! C'est quand TROBERE s'en est pris à la petite Myriam, une gamine de seize ans, qu'elle a réagit. Pour rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Quatrième de couverture</title>
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        <updated>2010-07-21T20:18:55+02:00</updated>
        <published>2010-07-21T20:18:55+02:00</published>
        <summary>     Reste juste à écrire le bouquin !!! </summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lelazor.blogspirit.com/media/00/01/264588156.jpg&quot; alt=&quot;banlieuzart.jpg&quot; id=&quot;media-503554&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;Reste juste à écrire le bouquin !!!&lt;/div&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>10 - Fragmentation</title>
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        <updated>2010-03-07T09:31:00+01:00</updated>
        <published>2010-03-07T09:31:00+01:00</published>
        <summary>            10 - Fragmentation      Vingt ans après l'explosion de la...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-459357&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/00/1961262263.jpg&quot; alt=&quot;Chaganv-10.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-459357&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;10 - Fragmentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;Vingt ans après l'explosion de la dernière tête la plaie nucléaire bée encore. Les moignons d'une nature OGM à l'atome ne suffisent à peupler Chagan, comment s'en étonner quand la géographie de cette prison entre Europe et Asie condamne depuis toujours &amp;nbsp;les confins de la steppe à l'ingratitude. L'occupant a traité les bêtes comme les hommes, il a laissé les vaches paitre au moment de les vitrifier, il a abandonné les lapins à leur sort. L'occupant à fait pire, il inventa Ferme d'état de Berlozka au sein du polygone pour quantifier l'effet des radiations. Certains prétendent qu'après l'holocauste les rongeurs nous survivront. Pour d'autres les cafards resteront les dernières formes vivantes sur pattes, nous regretterions ces créatures de sous les plinthes. Ils se trompaient, les uns les autres ne résistent pas mieux que l'homme aux radiations, les vaches au cuir rose et les moutons bicéphales du bestiaire de Chagan en attestent ; déjà dans un autre élément le caprice Darwino-stalinien a rayé les oiseaux du ciel.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;Cet holocauste accorde une épaisseur au silence que n'allège aucun chant. L'immensité laisse filer les sons, ils ricochent sur la surface sans ride du lac de Chagan.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&amp;nbsp;Sous les genoux et les paumes d'Aigerim la terre crisse, entre deux appuis elle entend jusqu'aux battements de son cœur. Ils l'ont jeté à terre, ont défoncé ses cotes à coups de botte pour faire bonne mesure puis l'un deux a balancé son corps sur son épaule comme un quartier de viande pour l'emmener à distance de la route. Elle se relève, sans guide le corridor entre la grève et la route perd toute limite. Aigerim repère la fraicheur du lac sur son visage avant d'en deviner le murmure. Pas un clapotis dans un monde sans un souffle mais le bruissement de l'eau roulant sur une feuille de papier. Chagan absorbe sans peine cet effleurement. Elle avance vers ce repère, le rempart de ses mains dirigé vers les pièges, ses quatre membres accrochés au sol quand la peur la surmonte. Mains et pieds tâtent le sol pour éviter les mines d'un terrain de jeu qu'elle foule depuis son enfance. Alors la main de Khanat la guidait.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;Le rivage. Le bout de ses doigts confirme le murmure. Une victoire. La route tangente le lac qu'à un seul endroit en venant de Semei puis rebondit vers Dolo avant de devenir une trace pour les contrebandiers en provenance de Chine. Il suffit à Aigerim de tourner le dos à la fraicheur du lac. De là elle trace du pied un sillon dans le sol en hésitant vers son intuition de la route.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;Les indentations du ruban surgissent au bout de son pied. Une heure de tâtonnement. Qu'est ce qu'une heure lorsqu'on mesure le temps à la force avec laquelle le soleil éclabousse votre visage ? Il lui suffit d'attendre qu'un villageois passe.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>8 - Jouvence</title>
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        <updated>2010-03-01T20:25:00+01:00</updated>
        <published>2010-03-01T20:25:00+01:00</published>
        <summary>        8 - Jouvence    La randonnée à moto vers le lac de Chagan offre au...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-459346&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/1374342086.jpg&quot; alt=&quot;Chaganv-8.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-459346&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;8 - Jouvence&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La randonnée à moto vers le lac de Chagan offre au vent le visage de Khanat quand d'ordinaire sa laideur le retranche de l'univers des sens. Dans son monde la griffure de la steppe est une joie, la soie du vent sur les bourrelets de sa chair un contentement : ils ne dépassent pas trente kilomètres heure. La promenade les ramène à l'innocence de leur terre, un territoire identique à eux-mêmes. D'autres s'épuisent à la recherche d'un &lt;i&gt;lost paradise&lt;/i&gt;, leur retour à Chagan sur les traces de leur fugue première leur suffit. L'histoire a pétrifié le destin de cette terre dans leur lymphe, dans leur rate, dans leur cornée vitrifiée, dans la débilité de leurs leucocytes. Une terre défoncée par les bombes nucléaires qui en retour laboure les spirales ADN des enfants de Semeï.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'apocalypse aurait épargné le polygone puisque les seigneurs russes choisirent précisément ce lieu pour sa déshérence afin de préparer leur défense contre l'impérialisme. Cette qualité -un désert humain aux confins du monde connu- désigna hommes femmes chevaux moutons comme centre d'expérimentation de 1946 à 1989 pour l'explosion d'un demi-millier de bombes A et H dont un tiers à ciel ouvert tandis que le reste vitrifiait les galeries à flanc de montagne. En 1965 la fission du mépris et de la soumission façonnèrent le lac de Chagan. 140 kilotonnes au fond d'un puits de schistes suffirent à creuser un cratère de cent mètres de profondeur par un demi-kilomètre de diamètre. Khanat et Aigerim naquirent des retombées de cette arrogance dont les ondes continuent à déformer corps et âmes trois générations après. Les gènes des poissons que Khanat et Aigerim vont pécher dans le lac nagent déjà dans le noyau de leur cellules mitées par les becquerels.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'écrin aux bords abrupts accueille la commémoration de leur rébellion première. Leur rituel inclut après le piquenique de crever le disque parfait des eaux vertes d'un plongeon même si la froideur des eaux réduit la durée de ce bain au symbole. Qu'importe ! Dans le réacteur à ciel ouvert lorsque l'alphabet de la terreur transperce la nudité de leurs corps, ces gammas, ces mus, ces ektas, le bombardement atomique fusionne un amour que les charcutages pour conjurer le sort des mutations génétiques force à la chasteté.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd'hui ils n'auront pas le temps de mimer une union impossible : une Zil noire suit chaque étape de leur pèlerinage.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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        <title>7 - Moignons</title>
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        <updated>2010-02-26T09:38:00+01:00</updated>
        <published>2010-02-26T09:38:00+01:00</published>
        <summary>        7 - Moignons    &amp;nbsp;La cécité d'Aigerim protégea son enfance quand...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-457670&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/00/742761449.jpg&quot; alt=&quot;Chaganv-7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-457670&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;7 - Moignons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;La cécité d'Aigerim protégea son enfance quand celle de Khanat cautérisée aux néons du bloc B l'a confronté à la hiérarchie des exclus. Dans la nuit d'Aigerim la nécessité du contact des pairs forçait l'entraide. Au second étage du bloc B, l'unijambiste valait plus que le cul de jatte tandis que les hydrocéphales paissaient à jamais dans la douceur des langes. Des enfants-trompe et des jumeaux-jumelées peuplaient les cours de récréation de Khanat, il a joué à la marelle avec le I majuscule des femmes troncs et à cochon vole avec des enfants groins mais tout au long des années d'orphelinat l'impassibilité de son visage de cuir l'a désigné comme victime. Comment justifier de déguiser sa tare quand les autres arboraient les pétales des moignons de leurs premières phalanges au bout de leur biceps&amp;nbsp;? Dans l'enceinte de ce cirque sa force et son agilité ne servaient à rien face au garçon caoutchouc et à la fille pit-bull. Khanat a appris l'humilité à coups de béquille dans les cotes et de morsure de bec de lièvre mais un matin d'avril juste avant le millénaire les enfants du blocs C se liguèrent lors de la promenade de dix heures pour le mettre à terre, lui arracher son masque et approcher de ses yeux qu'emplissaient la terreur, un miroir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La protection du cuir lui épargne l'interrogation de son propre regard. Celle des autres. Leur compassion. Leur peur devant la masse de chairs au dessus de son torse. La forme de cette chose questionne son appartenance au genre. Il ne renoue avec l'humanité que lorsque ses yeux percent la gangue du cuir pour rencontrer autrui.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Notre colère, notre peine notre joie rebondissent chez l'autre lorsqu'il fronce des sourcils pour signifier sa gène, étire sa bouche pour marquer sa joie, s'empourpre. Ces mimiques serinées par les mères à coups de ble-ble-ble-mon-bébé anticipent la parole, pondèrent notre discours au fur et à mesure que l'autre révèle sa perception. Nulle mère pour Khanat.&amp;nbsp;Qui blamerait pourtant les parents de ce monstre&amp;nbsp;? Qui blâmerait les géniteurs des autres orphelins de Semeï ? L'incapacité de Khanat d'exprimer ses émotions autrement que par les mots ou l'intimité du toucher, la main sur l'avant bras ou l'épaule, l'accolade, condamne l'autre à appartenir à l'un ou l'autre cercle: celui des étrangers, celui des intimes. Incapable dès la naissance de mesurer sur le visage d'autrui l'effet de sa singerie, condamnée comme Khanat dans le commerce avec l'autre, au royaume de l'orphelinat de Semeï Aigerim trouva dès l'enfance son complément.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>6 - Monstres</title>
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        <updated>2010-02-23T09:09:00+01:00</updated>
        <published>2010-02-23T09:09:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;          6 - Monstres    &amp;nbsp;Khanat a ôté son masque.   Il a passé...</summary>
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          &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-456575&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/00/287672921.jpg&quot; alt=&quot;Chaganv-6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-456575&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;6 - Monstres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Khanat a ôté son masque.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il a passé des lunettes d'aviateur sur le luminion de sa face, les cercles des verres trouent sa figure et font loupe sur son âme. Il n'accorde à son visage la caresse de la lumière que lorsqu'il traverse la steppe de Chagan Aigerim en amazone. Ce rite commémore une fugue lors de leurs douze ans. Hormis ces parenthèses il ne quitte le piège de cuir qu'une fois toutes lumières éteintes dans leur appartement de Semeï. Le galbe d'une bouteille, l'inox d'un montant, l'innocent verre d'une montre menacent sa laideur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Le bout des doigts d'Aigerim connaît la différence de son visage mais sa cécité l'empêche d'en mesurer l'horreur. Le bout de ses doigts ne connaît que la vérité des tronches de la barre K à Semeï. Ils n'explorent que des peaux battues par le gel et la vodka bon marché, la nervure des couperoses sur la fleur de la peau, les cratères de la misère sur les truffes, le roncier des sourcils, la retombée des plis aux commissures des lèvres, l'onde de l'âge sous la paupière et la marque radiale des défaites au coin des yeux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;A Semeï la laideur s'installe à partir de vingt ans mais elle frappe certains avant même la naissance. Le bout des doigts d'Aigerim anticipe cette laideur avant tous les miroirs. Ses doigts ne jugent pas pourtant, &amp;nbsp;les boursoufflures des orphelins de Semeï, cet hôpital où la folie des uns banalise la difformité des autres, ont à jamais stérilisé toute prétention à juger.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Dans la nuit d'Aigerim le grain d'une peau importe autant que la forme d'un trait. La peau de son amant de cœur à la douceur d'une muqueuse, l'intérieur de ses lèvres empourpre son visage. Khanat n'a confronté son visage qu'une seule fois. Il avait dix ans et sa laideur n'avait pas atteint sa maturité. Nul endroit mieux que les orphelinats ne laisse exprimer la cruauté qu'installe le darwinisme dans le ventre des enfants. Nul endroit mieux que Semeï ne vérifie cette loi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>4 - Black-out</title>
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        <updated>2010-02-18T10:45:00+01:00</updated>
        <published>2010-02-18T10:45:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;         4 - Black-out   Khanat risque un nouveau &quot;good night&quot; avant...</summary>
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          &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-453672&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/00/17290228.jpg&quot; alt=&quot;Chagan-4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-453672&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;4 - Black-out&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Khanat risque un nouveau &quot;good night&quot; avant de plaquer ses trois premiers accords. Le Do Ré Si de &quot;Je suis né dans un champ de lave&quot; sonde l'impatiente du public. Accrochée au micro Aigerim &amp;nbsp;échoue à percer le noir de ses légions de capteurs. Sentinelle aux portes de la scène elle défie la horde sans savoir dénombrer si le public du club se dénombre en dizaines ou centaines.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle chante.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sa voix décime les derniers sifflements, l'impératif des appels- Chagan Come on ! Now !-, les raclements des &lt;i&gt;boots&lt;/i&gt; sur le &lt;i&gt;floor&lt;/i&gt;, les quolibets, les toux. Elle vitrifie les derniers rires, fragmente l'éclat des voix des filles, la salacité des &lt;i&gt;jokes&lt;/i&gt;. La nuit souffle toutes les inhibitions des mômes. Au bord de la fosse, le fonctionnaire de l'UE organisateur du concert risque un dernier applaudissement politique. Il est plutôt concerto mais espère que la fille à son bras mesurera l'étendue de sa puissance et finira dans son lit. A coté d'eux un adolescent ramène à ses &lt;i&gt;buddies&lt;/i&gt; restés aux avants postes &lt;i&gt;a round&lt;/i&gt;. L'impassibilité d'un spectateur de l'autre coté de la bande stérilise un cercle de deux mètres autour de lui. La prévisibilité des ses cheveux ras et de sa veste de cuir provoquerait des sourires s'il n'irradiait le mal. Lui aussi est fonctionnaire mais il vient de Russie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme à chacun de leur concert, le double écran derrière Khanat et Aigerim déroule l'histoire de Chagan. Demain le NME titrera &quot;Freaks, Semeï 's rock'n roll circus&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Sans reddition</title>
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        <updated>2010-02-16T09:20:00+01:00</updated>
        <published>2010-02-16T09:20:00+01:00</published>
        <summary>        Sans reddition    Le club fait le noir. Venu du coté gauche de la...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-453205&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/00/1289285660.jpg&quot; alt=&quot;Chagan-3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-453205&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sans reddition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le club fait le noir. Venu du coté gauche de la scène Khanat avance vers le micro planté à deux mètres du public. La poursuite capture la timidité de son salut, la guitare suspendue à son cou, sa dégaine de &lt;i&gt;wanabee&lt;/i&gt; rock star. Il tient sa compagne de la main gauche, Aigerim. Ils sont chorégraphe et étoile au devant de la scène venu confronter la rampe autant que se laisser irradier aux hommages. Un ovale jumeau retient prisonnière la chanteuse. Eux seuls et Vassiliev leur manager au premier rang du public savent qu'il la guide autant qu'il la promeut.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Good night London. We are Chagan from Chagan, Kazakhstan !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le public applaudit. Une politesse. Un applaudissement de salle froide. La bière que Tony-le-Barmen sert dans des pintes de plastique les empêche de manifester une émotion. Les premières parties ne les intéressent pas, ils sont venus entendre Sticky Toys. Elle porte un survêtement vert, un vert que force la pauvreté plutôt qu'une reddition à la religion. Un survêtement à trois bandes, une copie Adidas passée presque légalement au poste frontière à Khorgos, les produits chinois cernent aussi le pays au nord et à l'ouest avec la Russie ; au sud l'Ouzbékistan et le Kirghizistan achèvent l'encerclement. Parvenue au micro elle agrippe le pied à deux mains et brave la foule. Elle a balayé l'espace du revers de la main avant de saisir le pied d'inox, un geste invisible dans le halo du projo si lové dans la spirale de ses gènes que pas un spectateur ne l'a remarqué. Cette ancre l'arrime au centre de l'immensité de cette scène. Elle ignore l'éloignement des coulisses et la menace de la fosse. Aigerim est aveugle de naissance et ignore le noir de la scène.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Khanat rase son crane depuis l'âge de douze ans. Cette cicatrice d'une enfance transpercée par les ions atteste son histoire quand la queue de cheval des autres fils de la steppe prouve leur virilité. Lui aussi porte un survêtement copie Adidas. La contrainte économique prévaut sur leur choix esthétique ; la fatuité des tenues de scène leur demeure étrangère. Pour ce concert à Londres ils gagneront 100 livres comme les groupes de la banlieue nord venus confronter la vérité d'un public.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'UE a payé le billet d'avion et une nuit d'hôtel au titre du partenariat culturel UE-Kazakhstan. Un fonctionnaire de Bruxelles a songé que transporter le duo et leur manager depuis Astana jusque Londres pour un unique concert en première partie d'un groupe confidentiel dans un club obscur participerait à la promotion des valeurs culturelles de l'Europe au sein des masses de la steppe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ou le contraire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sous son crane rasé Khanat porte un masque de cuir que deux courroies maintiennent en place sur sa nuque. Le monde ne l'atteint qu'au travers de l'ovale de deux meurtrières. Aucune coquetterie de rock star derrière cet appareil : nul n'a jamais vu son visage que les médecins de l'orphelinat de Semeï.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Réponse graduée</title>
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        <updated>2010-02-13T09:44:00+01:00</updated>
        <published>2010-02-13T09:44:00+01:00</published>
        <summary>        Réponse graduée    Ils ont fini leur set et leur troisième rappel....</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/01/1907939756.jpg&quot; alt=&quot;Chagan-2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-452866&quot; name=&quot;media-452866&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;Réponse graduée&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils ont fini leur set et leur troisième rappel. Aucune bagarre ce soir. Aucun coup de feu au travers du plafond. Devant eux les fans clappent des mains. Eux savent dire la mort de l'instant. Leur troisième concert seulement. A coté d'elle, il a rejeté sa guitare dans son dos, le baudrier barre sa poitrine comme le ruban des dignitaires d'avant la Chute. Elle s'agrippe au micro de la main gauche, de l'autre elle brasse l'air de saluts. Lui mouline l'éclat des projecteurs des deux bras pour partager sa joie puis se glisse derrière elle. Il fusionne la chaleur de son ventre à celle du bas de son dos. Elle creuse les reins et livre sa réponse graduée. Il colle son menton à son encolure, elle agrippe ses derniers mots au micro, la chaleur du male ajoute des octaves et des croches à sa voix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Qayirly kesh ! Bonsoir !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Derrière le duo, Vassiliev leur manager a tendu l'étendard de leur drame. Entre deux baffles les images d'archives tracent sur l'écran en noir et en blanc 25 ans de leur vie mais leur histoire débuta soixante ans auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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        <title>Une tasse séparée de son anse</title>
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        <updated>2010-01-28T09:04:00+01:00</updated>
        <published>2010-01-28T09:04:00+01:00</published>
        <summary>        Une tasse séparée de son anse    Le conducteur répond en tendant un...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-445440&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/00/89804155.jpg&quot; alt=&quot;Proximo-5.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-445440&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une tasse séparée de son anse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le conducteur répond en tendant un porte carte de Triple S semblable à celui des policiers américains, carte avec photo d'identité, bandeau tricolore, écusson brillant, des symboles républicains, un hologramme pour démontrer &quot;l'ancrage de Triple S dans ce siècle&quot;. Il la laisse regarder le badge à loisir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bonjour Madame, nous travaillons pour Pr€xim€, votre fille Sylvia vient d'avoir un accident.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La femme libère le champ aux vigiles. Ils pénètrent dans l'appartement. Les questions question de la femme les bloquent dans le vestibule.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Qu'est ce qui est arrivé ? Elle est où ? Quel accident ? Elle va comment ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp; Votre fille a quitté son lieu de travail cet après midi en emportant le contenu de son tiroir-caisse. Nous n'avons pas eu de nouvelle d'elle depuis et nous n'avons pas été en mesure de la localiser.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Vous avez parlé d'un accident ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- C'est cela l'accident Madame, votre fille est partie avec la caisse. Ne me dites pas que c'est quelque chose de normal pour vous. Alors si ce n'est pas normal c'est un accident&quot; précise Junior.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Vous a-t-elle contacté madame ? Avez-vous une idée de l'endroit ou nous pouvons la trouver ? Nous pensons qu'elle est en détresse et a besoin d'aide.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Dégagez !&quot; se ressaisit la femme. Un sursaut de dignité et de sang froid après sa peur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Madame votre fille vient de commettre un délit et nous sommes là pour l'aider.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Envoyez les flics. Sortez ou je les appelle. Dégagez. On ne veut pas de vigiles à la noix ici. Vous travaillez pour qui ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Vous permettez que l'on fasse le tour de votre appartement. Aucune plainte n'a été déposée. Votre fille a eu un moment d'égarement. Il est préférable pour elle que vous coopériez.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Durant la tirade Junior a contourné la femme et se dirige vers le séjour. Un couloir central coupe la barre en deux et condamne les appartements à une mono exposition. D'un coté de l'immeuble les habitants ne bénéficient du soleil que le matin, de l'autre seulement l'après midi. Tous se félicitent de ne pas habiter le Neuf, perpendiculaire aux quatre premiers car le Neuf, orienté Est Ouest divise ses locataires en deux : ceux des numéros pairs, amateurs de grillades sur le balcon au grand dam des voisins et ceux des numéros impairs, habitués de l'éclairage artificiel dès quinze heure en hivers et déficients en vitamine D.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Trop de meubles. Ils obligent Junior à louvoyer son passage vers la chambre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Derrière lui la femme hurle qu'il n'a pas le droit de fouiller sa maison comme cela, qu'il y a des lois en France, qu'il lui faut revenir avec les autorités, qu'elle va appeler le commissariat sur le champ. Elle a la peau grise des femmes dont l'objectif quotidien est de produire plus que de séduire et ses cheveux s'affaissent vers son épaule plutôt qu'ils ne tombent. Elle porte un jean sans marque et un sweat-shirt contre la seconde guerre d'Irak, il proclame dans la fonte de la marque : Coca-Collabo.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle a rejoint Junior dans le séjour et l'attrape par la manche de son blazer :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Vous avez&amp;nbsp; entendu ce que je vous ai dit ? Dégagez ! Vous m'avez menti et maintenant vous tentez de m'intimider.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Junior se dégage d'un geste. Dans l'élan de son mouvement il gifle la femme du revers de la main. Il la touche à la pommette.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il pèse quatre vingt dix kilos, elle à peine cinquante. Le coup la propulse à reculons vers un fauteuil. Elle ne l'atteindra pas. L'élan fléchit ses jambes, élance ses bras vers le lustre au plafond. Elle jure et s'écroule à la Harold Lloyd.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avant même que Junior ne réalise son geste elle git sur le sol et un filet de sang se répand sur le carrelage : dans sa chute le coin renforcé de métal d'une table basse a défoncé sa tempe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il lâche : &quot;Gros ennuis, gros ennuis, gros ennuis&quot; comme lorsque sa maman trouvait dans la poubelle une tasse séparée de son anse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(Fin)&lt;/p&gt;
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        <title>Comment vous êtes entrés dans l'immeuble ?</title>
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        <updated>2010-01-26T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2010-01-26T09:00:00+01:00</published>
        <summary>       Comment vous êtes entrés dans l'immeuble ?   &amp;nbsp;   Il n'y a pas de...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-445437&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/02/943350987.jpg&quot; alt=&quot;Proximo-4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-445437&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Comment vous êtes entrés dans l'immeuble ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'y a pas de comité au 2B. Il y en a un au 2C et ils sont obligés de se garer devant le 2D. Un dizaine de gars au 2C. Ils attendent et discutent, ils discutent et attendent, ils attendent et discutent. Ils se provoquent, se poussent contre les murs, miment des combats, s'insultent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les deux malabars descendent dans le même mouvement de la voiture et s'appliquent à refermer les portes simultanément sans les claquer. Ils comptent sur &quot;l'affirmation de leur sérénité&quot;, une formule de Guy. Ils comptent sur leur carrure. Du même pas d'affranchis ils gagnent l'entrée B, attentifs à ne pas provoquer la bande ni à montrer leur crainte. Le groupe au pied du C attend dans un silence goguenard que les intrus les dépassent. Ils tirent leur assurance de la certitude du nombre et de l'orgueil du territoire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un instant plus tard les deux groupes se frôlent et se toisent. Nul n'ose échanger un regard. La bande a évalué ses chances et renoncé à faire valoir son droit. Juste après les vigiles s'engouffrent dans le hall. Nul n'aurait pu prévoir l'issue du combat.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;OPHLM a installé un sas et un système d'interphone. Le conducteur s'apprête à sonner aux interphones au hasard mais Junior prend la main :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- J'ai un passe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- T'a trouvé ça où ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'autre ne répond pas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils grimpent les deux étages à la hâte encore pleins de leur peur. L'OPHLM a rénové la cage d'escalier, ils ne relèvent qu'un seul tag au cours de leur montée. La fille habite chez sa mère au 18A. Sur le palier ils s'engagent à droite et se lancent entre les deux rangées de portes. Un œilleton troue celle du 18A. Ils sonnent. Un bruit de chaise franchit la porte. Puis ils devinent le feulement de chaussons sur le sol. Junior commente :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Chez moi c'est pareil. On ne peut pas se plaindre des murs ou des plafonds ou des planchers. Le problème ce sont les portes. On entend respirer au travers.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tait toi. On bosse. J'écoute là.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le temps s'arrête. Le point lumineux de l'œilleton s'efface. Le verrou cliquète. La porte s'entrouvre. Une bande constituée par le nez la bouche et la moitié des yeux demande au travers de la chainette de sécurité :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Qu'est ce que vous voulez ? Comment vous êtes entrés dans l'immeuble ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Faites confiance à l'OPHLM</title>
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        <updated>2010-01-24T18:55:00+01:00</updated>
        <published>2010-01-24T18:55:00+01:00</published>
        <summary>       Faites confiance à l'OPHLM   &amp;nbsp;   Marcel Sembat, Quatre Chemins,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://52semainesaucaire.blogspirit.com/">
          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/01/1977960229.jpg&quot; alt=&quot;Proximo-3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-445436&quot; name=&quot;media-445436&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Faites confiance à l'OPHLM&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Marcel Sembat, Quatre Chemins, Fougères. Les murs se ressemblent mais appartenir à l'une c'est être ennemi de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après que la radio ait soufflé l'adresse de la fille et intimé l'ordre d'y obtenir des informations, les deux malabars ont récupéré leur voiture personnelle. Un ordre complexe dont l'enchevêtrement des tiroirs dépassait l'intelligence des vigiles, en cas d'incident Guy pourra dénier avoir donné une instruction contraire à la loi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils foncent maintenant peur au ventre cité Marcel Sembat au Bourget. Ils espèrent que la fille a bêtement regagné son domicile, ça s'est déjà vu, l'employé modèle en rupture. Il pique dans la caisse, casse la gueule à son chef de service, crève les pneus de sa voiture, puis retourne tranquillement chez lui attendre les autorités.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Marcel Sembat. Pas la pire des cités. Neuf barres de huit étages, assez bas pour que la loi Immeuble de Grande Hauteur les épargne. Trop grands pour que le soleil parvienne à éclairer les pelouses au Nord : l'année suivant l'inauguration elles retournaient à la poussière. L'architecte a disposé les immeubles en deux rangées de quatre barres face à face sans chercher à urbaniser ce qui ne pouvait pas l'être. Le hasard a disposé le neuvième bâtiment à distance des autres. En bas parkings et rues s'emmêlent tandis que les rez-de-chaussée murés témoignent des tentatives d'implanter des commerces. Au milieu de chaque barre des colonnes soutiennent un passage pour autoriser les traversées, autant que les caves ils accueillent toutes les transgressions, les habitants font le tour de leur bâtiment plutôt que d'emprunter ce tunnel.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les vigiles ont pris le temps de passer au vestiaire. S'ils ne peuvent rien à leur condition d'étrangers à la cité, leur blazer d'agent de sécurité les dévoileraient doublement. Leur voiture -une BMW noire de sept ans, que pourraient-il conduire d'autre ?- les désigne comme cible même si elle porte le numéro de département correct - l'un habite au bord d'une route en escargot sous les pistes de l'aéroport, l'autre juste au nord dans une cité identique à celle-ci. Ils appréhendent leur arrivé au ralenti dans la cité, la recherche des numéros sur les bâtiments, le défilé devant les gardiens des murs. Ils comptent sur pour parvenir au bâtiment 2 entrée B, 2ème étage, porte 18A, la fille habite là.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ici devant le 1A, devant le 1D, devant le 2A des grappes de gars, cinq, six, dix, se tiennent près des entrées.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tu connais les tuniques bleues dans Lucky Luke, ils doivent traverser le canyon mais en haut les indiens se tiennent prêts à leur lancer des rochers. Je n'ai jamais compris pourquoi les bleus ne contournaient pas le canyon et toi ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Pas envie de rire&quot; répond l'autre. &quot;Trouves moi le 2B Junior&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Prochaine porte à droite. On vient de passer le 2A.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- On se gare et on rentre direct.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- J'espère qu'il n'y a pas de digicode.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Fait confiance à l'OPHLM.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Lâchez vos chiens</title>
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        <updated>2010-01-21T19:55:00+01:00</updated>
        <published>2010-01-21T19:55:00+01:00</published>
        <summary>        Lâchez vos chiens    La poursuite les a promenés du supermarché au...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-444634&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/1216704149.jpg&quot; alt=&quot;Proximo-2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-444634&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;Lâchez vos chiens&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La poursuite les a promenés du supermarché au parvis du Stade de France. La fille aurait pu se cacher n'importe où en chemin, ils le savent. Elle aurait pu attraper la première rame à Saint Denis-Basilique, prendre le tram ou le train sans compter le RER et la litanie des bus de la gare routière, 255, 153, 168 et une dizaine d'autre, ils s'enfoncent depuis l'orifice de Porte de Paris vers les territoires du Nord. Une véritable bouchure de présentation de la RATP cette ville.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les deux colosses se sont rejoints. Ils détonnent sur le parvis du stade parmi les promeneurs, les ados et les jeunes adultes en roller, en skate ou en monocycle, parmi les jeunes mères accouplées à des landaus, les clients des grandes surfaces et les provinciaux venus admirer la soucoupe en travers de la plaine. Un vestige de l'été 98 quand le pays s'inventait multicolore et se croyait vainqueur. Ils discutent et argumentent ensembles de la suite à donner. A leurs hanches les radios crachotent maintenant des ordres. Ces appareils autant que les plis de muscle aux biceps et au torse empêchent leurs bras de coller à leur buste. Sur le glacis du parvis engoncés dans leur blazer noir ils sont deux pingouins échoués. Le plus ancien dans le métier tranche :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- A quoi&amp;nbsp; bon attendre ! Qu'on appelle maintenant ou plus tard c'est pareil&quot;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'autre ne répond rien. Il connaît la suite, mais savoir ne l'empêche pas d'appréhender. Il regarde son collègue attraper la radio et lancer :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- PC ici Oscar 1.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'inventeur des noms d'opération est Guy, quinze ans de gendarmerie avant de monter sa propre boite de surveillance et de sécurité [et de sauvegarde].&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Ici PC. Vous êtes où ? Vous avez la fille ? Vous savez où elle est ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Non patron, elle nous a semé. On est sur le parvis du stade. Elle pourrait se cacher n'importe ou dans un des magasins autours, ou elle a pu prendre le métro ou le RER. Ou le tram.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Pas la peine de me réciter la plaquette de Saint Denis. Vous l'avez paumée. Ne bougez pas, j'informe le directeur et je vous rappelle.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Guy se retourne vers l'adjoint et le patron :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Vous avez entendu, elle les a distancés et ils n'ont pas pu retrouver sa trace.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Qu'est ce que vous proposez ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Vous pouvez informer les autorités. Dans ce cas nous sommes dans l'obligation d'arrêter toute action et de leur laisser le champ libre. La police retrouvera sa trace car elle ne peut pas tenir dans le maquis très longtemps dans sa position par contre les chances de récupérer les sommes qu'elle a volées sont quasi nulles.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- L'autre solution ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- On entame des recherches par nos propres moyens. On commence par son adresse, sa famille, ses amies du travail, on fait pression ici et là. La police s'en tient aux procédures. Nous pas. Votre argent et votre réputation de dirigeant sont les cadets de leurs soucis, il leur faut des gaves c'est tout.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- ... ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Des gardes à vues.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-Vous avez les moyens pour ça ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- La plupart de mes gars vivent dans les cités. Ils peuvent se fondre dans la masse autrement plus facilement que les fonctionnaires de police.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Votre tarif ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Je peux mettre deux gars sur le coup pour commencer. Une fois et demie le tarif des vigiles. Pas d'obligation de résultat. Je vous communique un rapport biquotidien de leur activité. Si au bout de trois jours, quatre maximum, ils n'ont rien trouvé vous portez plainte. Il vous sera encore possible d'affirmer que vous pensiez que la fille allait revenir, bon élément, &amp;nbsp;coup de folie, bla bla bla. Les autorités gobent tout du moment que cela diminue le nombre de plaintes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Si je calcule correctement votre proposition nous revient plus cher que si on laissait filer la fille&quot; interrompt l'adjoint.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Ce que je vous offre c'est une solution discrète pour que votre enseigne sauve la face.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Allez-y tranche le directeur. Je ne veux pas que les caissières prennent l'habitude de sillonner les parkings avec leur tiroir caisse sous le bras, ça fait désordre. ça démarre maintenant, lâchez vos chiens.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>L'arrogance des postures</title>
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        <updated>2010-01-19T19:40:00+01:00</updated>
        <published>2010-01-19T19:40:00+01:00</published>
        <summary>       L'arrogance des postures   &amp;nbsp;   Le Malabar de tête s'arrête le...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/254088261.jpg&quot; alt=&quot;Proximo-1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-443991&quot; name=&quot;media-443991&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;L'arrogance des postures&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le Malabar de tête s'arrête le premier.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Poings aux hanches, des hanches de quadra quand il n'a que trente ans. Gueule ouverte.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La course a écorché ses poumons, l'air à chaque goulée brule son sang à fleur d'alvéoles. Il y a aussi ce foutu kris entre deux cotes à gauche juste au dessus du ventre. Depuis combien de temps a-t-il oublié cette douleur ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le souvenir fugitif de poursuites dans la cité quand il était gamin le rattrape, il avait sept ou huit ans, juste avant que l'ambition ne le prenne et qu'il cesse de sourire. Il voulait être un méchant comme les autres un de ces bad boys à capuche dont les voisins se méfient et auxquels les keufs réfèrent par leur nom de guerre. [Réfère ta gueule j'tenculetoi] Cent euros volés à sa mère payèrent sa première tenue. Un lot tombé d'une série de camions, du training Umbro au collier plaqué or, il possédait sa propre casquette depuis le CP. Son frère a morflé la punition à sa place. Il se demande encore comment il n'a pas fini comme les autres. Un haussement d'épaule range ses souvenirs, ils ne l'aideront pas à améliorer sa condition ni à retrouver la fille. Il connaît la politique de SSS et la façon dont Guy leur patron la décline. Guy et son Hollywood, ses &quot;pas de place pour l'échec&quot;, ses &quot;pas de seconde chance&quot;. La queue des demandeurs à l'embauche de triple S &amp;nbsp;autorise tous ses abus ; prononcez &quot;&lt;i&gt;Tripeul esse&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deux cents mètres en arrière son collègue l'imite.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils ont perdu la fille depuis le parc de la Légion d'Honneur. Depuis ils ne courent plus qu'au hasard. Ils démontrent leur motivation et préparent l'aveu de leur échec. Ils retardent le moment d'informer le PC de leur déconfiture. La radio crachote des questions mais ni l'un ni l'autre ne veulent risquer une réponse. Répondre quoi d'abord ? Qu'à trente ans ils sont trop vieux pour rattraper une gamine ? Que leur valeur basée sur leur carrure, une force placide que pas un môme ne voudrait défier, est antinomique de rapidité ? Que la peur d'être rattrapée et balancée en prison pour six mois propulse la fille tandis que leur unique moteur est leur peur de Guy ? Et celle de perdre leur travail. Qu'ils se sentent solidaires de la fille et haïssent Guy ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre...)&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Service Sécurité Sauvegarde&quot;, proclament les papiers à en tête et les écussons des tenues d'hiver. Les mômes lorsqu'ils préfèrent l'humour à l'affrontement les apostrophent d'un : &quot;Triple S, ça fait au moins un S de trop&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les vigiles détestent aussi le patron de Pr€xim€ et le sourire de l'adjoint mais écrire qu'ils ont la rage rendrait mieux compte du ton de leurs échanges. La Raison. Cette obligation d'un travail. Cette responsabilité de loger une famille. De la nourrir. Le devoir d'éduquer leurs enfants. La Raison a vaincu leur rébellion et remplacé leur orgueil, un orgueil qu'aucun accomplissement ne justifiait, une revendication de laisser la moins exigeante de leurs inclinaisons gouverner leur existence plutôt qu'une rébellion. Quand ils paradent dans les allées de Pr€xim€ ils ne mesurent pas la part de cette abdication dans l'arrogance de leurs postures.&lt;/p&gt;
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        <title>Des jerricans dans l'Audi</title>
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        <updated>2010-01-08T10:55:00+01:00</updated>
        <published>2010-01-08T10:55:00+01:00</published>
        <summary>        Des jerricans dans l'Audi    Le 22 novembre je venu travailler avec...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://52semainesaucaire.blogspirit.com/">
          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/672160731.jpg&quot; alt=&quot;Carnage-12.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-434388&quot; name=&quot;media-434388&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;Des jerricans dans l'Audi&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le 22 novembre je venu travailler avec vingt litres d'essence dans le coffre de l'Audi. Je voulais m'immoler dans le hall, coller un peu de suie, coller un peu de moi sur les murs. Dans le parking de AT Frock j'ai sorti mes deux jerricans et suis parti vers l'ascenseur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Arrivé au lobby j'ai fait demi-tour. Personne ne m'a vu mais vous trouverez des images sur le circuit de télévision intérieur. Tout est filmé chez PJ Frok. Dans le miroir de la cabine mon reflet m'arrêté. Regardez-moi ! Ai-je l'air d'un herbivore ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans la glace tout mon passé ma rattrapé. J'ai été programmé. Je me suis programmé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;De la Défense à Nanterre c'est cinq minutes d'Audi. J'ai retiré 10 000 euros en écumant les DABS de la Défense. Remonter une filière pour trouver l'arme m'a pris trois heures et m'a couté la moitié de la somme. Les journalistes et les flics mentent, les caves de Nanterre ne sont pas des supermarchés de la terreur. Il a fallu que je reprenne encore 5 000€ mais à 11heures j'étais à nouveau dans l'Atrium.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le gardien n'était pas la liste mais il me barrait la route&amp;nbsp;; il m'a vu arriver sur son pupitre écran, ces gens là voient la vie en noir et blanc, grâce à moi il en a vu de toute les couleurs. Désolé, je me fous de tout maintenant et j'ai gagné le droit de faire les jeux de mot les plus nases. Et même de dire nase ! Nase ! Nase ! Nase ! Le 22 novembre j'ai fait de l'abatage sélectif pour le bien du troupeau, le 22 novembre je suis redevenu prédateur. Je commence par la liste du 22&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; si vous voulez :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Le coach des Frockies</title>
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        <updated>2009-12-30T10:41:00+01:00</updated>
        <published>2009-12-30T10:41:00+01:00</published>
        <summary>        Le coach des Frockies    Dix nationalités hantent La rue Lafayette du...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-434376&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/01/1312548143.jpg&quot; alt=&quot;Carnage-8.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-434376&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;Le coach des Frockies&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dix nationalités hantent La rue Lafayette du dixième arrondissement de Paris, minoritaires dans leur propre pays l'oralité du bon temps jadis et leur repère au fond de salle des restaurants de quartier nourrissent ces réfugiés, ici on sert des fallafel, des pitas, des pizza, des bagels, des nans, du lavache arménien et des croque-monsieur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Gwenfloch débarque à Poissonnière face au numéro 100. Dix ans qu'il n'a pas conduit une voiture, quand une enquête le traine en banlieue, pour interroger la belle sœur du type par exemple ou le périple à Chatou il se laisse transporter mais lorsqu'il travaille dans ses murs il prend le métro ou le bus. Le bus autorise les façades à renvoyer l'écho d'un sourire ou l'interrogation d'un rictus. Quarante années à accoucher les turpitudes des hommes n'ont pas défait son questionnement : que pensent les autres, comment arrangent-ils leur vie, qui aiment-ils ? L'épidémie complique son jeu de devinette, dans les wagons deux passagers sur dix portent des masques, une petite armée de chirurgiens en route vers le bloc. Des braqueurs en route vers une banque interprète Gwenfloch. Dans les rames au dessus de la lisière du masque les yeux cherchent dans la masse la menace de vecteurs, la larme au coin de cet œil mouillé, le luminion de ce nez, la mèche sur ce front au dessus d'une sueur, la fébrilité de cet assassin. Au centre de ce drame les barres d'inox entre plancher et plafond stérilisent un cercle dont le rayon figure un baromètre de la maladie. Aux heures de pointe l'empreinte d'une paume d'homme menace un wagon entier.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Son cabinet est au second étage. L'esclave-secrétaire-réceptionniste-comptable se cache derrière son masque. Elle l'amène directement dans le bureau de Sylvie Gertrant, la gérante.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bonjour commissaire. Voulez-vous vous laver les mains ? J'ai du gel. Ma sœur travaille dans un hôpital, vous pouvez avoir confiance.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Merci. C'est inspecteur, pas commissaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Désolée. Quand mes stagiaires m'appellent coach je leur demande où ils ont caché leur ballon de basket. Votre type a bien été un de mes stagiaires il y a une semaine. Non je n'ai rien remarqué. Vous avez d'autres questions ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Je n'en ai pas encore posé. Comment se déroulent vos stages ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Une planque à la cave</title>
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        <updated>2009-12-26T10:34:00+01:00</updated>
        <published>2009-12-26T10:34:00+01:00</published>
        <summary>      Une planque à la cave    Gwenfloch laisse l'adjoint conduire la voiture...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/00/250913970.jpg&quot; alt=&quot;Carnage-6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-434373&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une planque à la cave&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Gwenfloch laisse l'adjoint conduire la voiture du service, ils vont rejoindre Chatou par la Nationale 13. Sitôt passé Nanterre ce tag sur la géographie du département, la promesse des forêts de l'ouest embourgeoisent les immeubles. Des signes, des portes vitrées aux immeubles, des balcons, des entrées de marbre puis des arbres apparaissent aux carrefours, plus loin ils colonisent les trottoirs, des façades de pierre, en ligne de mire Saint Germain en Laye le château fort du conservatisme. L'architecture des années 70 marque cette banlieue, elles inventèrent le verre fumé comme rambarde de balcon, le miroir dans l'entrée des &lt;i&gt;résidences&lt;/i&gt;, le surmenage et le cadre moyen. 40 années les ont contraints à l'exile, ne restent que les vieux et des cadres très supérieurs comme le type. Des villes sans enfants, des villes sans voile, sans môme à capuche, sans scooter, sans bris de verre au pieds des abris-bus, sans vol de GPS, sans cet autre si mal élevé si peu éduqué si louche si différent, sans ce barbare. Sans gloire non plus.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le type habite un pavillon au 15 de la rue Bertaux près de l'ile. Une petite maison d'un étage bâtie sur une cave dont on aperçoit deux vasistas de part et d'autre du perron. D'un geste il intime à l'adjoint de laisser la radio allumée le temps d'entendre la fin du débat sur France Inter Matin&amp;nbsp;: doit-on parler d'épidémie ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;L'adjoint en laisse il file vers la cave de la maison, brise les scellés au passage sur autorisation du juge. Il sait où trouver la chose, le type l'a cachée dans une valise rouge et l'a entreposée parmi les autres valises du foyer sur une étagère à droite de l'établi. Un mécanicien-menuisier-maçon jalouserait la panoplie de ce type. Gwenfloch pose la valise sur l'établi et vérifie en appuyant ses majeurs sur les fermoirs qu'Ana, la belle sœur, avait vu juste.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ana ne lui a pas menti.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>La présomption de Dieu</title>
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        <updated>2009-12-18T09:30:00+01:00</updated>
        <published>2009-12-18T09:30:00+01:00</published>
        <summary>            La présomption de Dieu    La nef des églises accueille.   Du...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-433238&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/00/76283278.jpg&quot; alt=&quot;Carnage-2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-433238&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;La présomption de Dieu&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;La nef des églises accueille.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Du porche jusqu'au chœur l'encens épaissit l'air au point de conférer aux traits de lumière du soleil lorsqu'ils tombent des vitraux matière et épaisseur. L'automne, ces soirs de semaine quand dilemme et solitude questionnent l'existence de l'aube à venir, le soleil couché avant cinq, jamais levé avant huit, l'humidité de novembre efface du transept jusqu'au souvenir de la liesse des messes, l'odeur de remise des missels, de rot de cul béni, l'odeur du grésillement des cierges à l'extinction des vœux, de moiteur de dévot ; leur cul sur le pieu, leurs paumes sur celui de devant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'odeur de la présomption de Dieu, de matines en complies l'espérance autant que l'habitude lui accorde consistance, l'œuf pourris des veuves, celle de leur cachous, celle du fond de leur chicots et du reste de tarte aux pommes de la semaine dernière que l'impératif d'une sieste relégua dans un des replis de leur châle. Dans l'air immobile des églises le mélange d'exotisme -celui de l'encens- et de valeurs deux fois millénaires -celle du pet de croyant- condense, quand le froid de novembre descend sur les pores de la pierre, toutes les interrogations. Une sueur froide. Seule la foi permet aux charbonniers de prétendre que l'immensité du ciel n'évapore pas leurs prières quand celle des nefs, pour sur, dissous le souffle des pets des croyants. Les autres ne pètent pas à la messe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'odeur du cœur de la tour AT Frock en comparaison crucifie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le terrain de football, &quot;L'Atrium&quot;, pue la mort lorsque Gwenfloch enfile sa diagonale. Son élan cache sa claudication. Une crampe au creux du dos, au sommet de la hanche, en bas de son rein droit. La déformation de sa silhouette par cette torture permanente nourrit sa rage, elle se déplace en fonction de l'enquête. Aujourd'hui le carnage broie son coté gauche. Les efforts de l'esclave de CARTEL-nettoie-tout ne déferont pas le souvenir du lieu&amp;nbsp;: si les parfums ressuscitent notre histoire, les murs de marbre garderont assez de l'odeur du 22 novembre 2009 pour hanter trois générations de Frockies lorsqu'ils traverseront leur champ d'honneur.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Cartel nettoie tout</title>
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        <updated>2009-12-16T10:42:00+01:00</updated>
        <published>2009-12-16T10:42:00+01:00</published>
        <summary>        Cartel nettoie tout    Dans le dos de l'esclave on lit &quot;CARTEL&quot;. A la...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-432459&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/02/1126926174.jpg&quot; alt=&quot;Carnage-1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-432459&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cartel nettoie tout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le dos de l'esclave on lit &quot;CARTEL&quot;. A la ligne d'en dessous &quot;Nettoie Tout&quot;. Il porte une paire de gants de vaisselle, des mappa jaunes et un masque de chirurgien cache la partie basse de son visage, sa bouche, ses narines ; deux élastiques relient ce bandeau à ses oreilles et barrent le noir de sa peau de deux parallèles bleues comme sa combinaison. Au bout du bras de l'ectoplasme un pulvérisateur, à force de l'actionner une ampoule boursoufle son index.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsqu'il force le barrage des vigiles et déboule dans le hall de la tour AT Frock, Gwenfloch, Van Gogh de Zadkine au galop, tout en Z et en V, tout en K, sans la structure des H sans le moelleux des e, sans le confort des a, des fils d'argent dans sa crinière par dessus la patine de son bronze, ne remarque pas le dos du fantôme, le nuage d'alcool et de désinfectant n'attire pas plus son attention. Qui remarque encore ces bouffées de la peur ? Les poignées de chrome, l'inox des ascenseurs, le comptoir de verre des réceptionnistes, la table basse des visiteurs, les canapés où ne pas s'affaler dispensent après le passage de l'exorciste l'odeur de la propreté. La propreté sent la céramique et l'image de rouleaux d'océan à l'écran. La propreté sent la tristesse de ne pas appartenir à ce monde de problèmes et de solutions bleues, d'épouse en robe à fleur au dessus du genou, d'enfants que protègent à jamais l'amour et les détergents.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aucun visiteur ne viendra aujourd'hui. Les réceptionnistes non plus. Si on avait écouté Gwenfloch la PJ aurait posé des scellés sur la tour Frock pour l'éternité.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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        <title>Vlad - L'ambulance des pompiers</title>
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        <updated>2009-11-20T09:50:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-20T09:50:00+01:00</published>
        <summary>        L'ambulance des pompiers    Henri observe son voisin, ami, cousin,...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/159696235.jpg&quot; alt=&quot;Vlad6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-423728&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'ambulance des pompiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Henri observe son voisin, ami, cousin, récipiendaire de confidences muettes, victime, il ignore comment achever ce qu'il a commencé. Il n'a pas prévu de devoir tirer plusieurs fois sur Rémi-Jean.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Je dors. Je vais me réveiller, la vieille va hurler que je la torture dans son sommeil parce qu'en me retournant dans mon lit j'aurais fait grincer un ressort, quand elle me sentira glisser de nouveau vers le sommeil elle me demandera un verre d'eau. Je vais me réveiller en me disant que la vie est merveilleuse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un sifflement liquéfie son oreille.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il pue la poudre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le recul a labouré son épaule.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Henri pulvérise le carreau de verre de la crosse de son fusil, une pose de JT quand le cul des armes des &amp;nbsp;vainqueurs viole des demeures, s'enfonce dans des ventres, défonce des crânes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rémi-Jean reçoit les éclats de verre sur le ventre et tente de fuir sur les coudes. Il a perdu depuis longtemps le compte de mourants et cadavres croisés en Afrique et partout ailleurs où le hasard des tremblements de terre, des guerres ethniques, des famines autant que leur ambition entraînent les jeunes journalistes. Les visages des morts accompagnent sa fuite immobile et forment une haie d'honneur. Il se sent solidaire et enfin pleure pour eux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ses talons raclent le carrelage, le tissu de son pantalon chuinte, ces bruits couvrent son souffle et signalent que ces jambes ne lui appartiennent plus. D'autres visages le rejoignent. Il n'a pas parcouru vingt centimètres. L'odeur acre des pétards et des fumées des fusées du quatorze juillet se superpose à celle de la poudre et à celle du sang, cette trainée étrangère et collante née de son coté.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'année de ses huit ans il est tombé sur un éclat de verre fiché dans le sol juste avant le début du spectacle du 14 juillet. Parce qu'il savait que sa mère le forcerait à renoncer aux fusées, à la foule, au bruit, à la promesse de glace aux éclats de noisette, au serment d'un fragment du bal, il avait lapé le sang au creux de sa main. Juste avant le bouquet il s'était évanoui dans l'herbe de la prairie sans avoir la force d'appeler au secours pour ne se réveiller qu'au hurlement des sirènes. Longtemps il a considéré ce voyage, l'évanouissement, le transport à toute allure dans l'ambulance des pompiers comme le plus beau de tous.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Vingt centimètres plus loin une enfant Burkinaise dont il avait refusé de tenir la main le rejoint.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre...)&lt;/p&gt;
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        <title>Vlad - L'air afféré des guerriers</title>
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        <id>tag:52semainesaucaire.blogspirit.com,2009-11-18:1854693</id>
        <updated>2009-11-18T13:55:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-18T13:55:00+01:00</published>
        <summary>        L'air afféré des guerriers    Henri termine son appel avec la...</summary>
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          &lt;p align=&quot;left&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-423109&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/1311031227.jpg&quot; alt=&quot;Vlad5.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px;&quot; id=&quot;media-423109&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;L'air afféré des guerriers&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Henri termine son appel avec la gendarmerie de Tulle, le planton ne l'a pas cru.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Henri remonte dans sa chambre, dépasse le corps de la vieille. Ses empreintes marqueront son parcours jusqu'à l'aube. Dans sa chambre il va droit à sa table de chevet, tire le tiroir à lui avec tant de force qu'il sort de son rail. Dans le fracas le contenu se répand sur le sol. Billes confisquées à Paul qui roulent et se perdent sous le lit, mouchoirs oubliés, un roman policier à couverture jaune et à plume, un calepin et un crayon papier dont il se servait pour noter ses dépenses quand il économisait dans l'espoir de fonder une famille, une épingle à nourrice et une boite de balles de guerre emballées dans du papier carton parcheminé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De l'adhésif isolant renforce la boite. Dans sa précipitation Henri érafle son index sur la pointe de son Opinel. Au cul des douilles brille une étoile à cinq branches, symbole des usines de Milwaukee et du New Jersey qui de 1943 à 1945 produisirent pour les troupes US et la résistance française des balles de guerre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il sait maintenant ce qu'il doit faire, le futur lui apparaît aussi clairement que s'il était avéré.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il glisse les balles dans une poche de son pantalon, le reste de la boite dans une autre avec l'air afféré des guerriers. Il file chez Rémi-Jean et tambourine à la porte vitrée : évidement Rémi-Jean ne ferme jamais le panneau du volet.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Henri connaît la lourdeur du sommeil du journaliste. Doit-il l'appeler cousin se demande-t-il en donnant de grands coups de botte dans l'ouvrant. Si Vladimir est son père alors l'adultère révélé ce soir et vieux de soixante ans fait du neveu du pirate son cousin. Un frère pourtant, un frère de trente ans son cadet. Le reflet de la lumière de l'escalier éclaire la pièce, Henri se redresse, sourit, respire, resserre son emprise sur le fusil, se demande ce que Rémi-Jean peut deviner de son coté de la porte vitrée, fixe la silhouette de son ami. La plénitude de sa nouvelle liberté gonfle sa poitrine.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout est si facile ! Il lui suffit de se laisser guider par le flot. Une énergie dont il n'a jamais eu conscience. Il ne pense pas : il agit. Quand Rémi-Jean remplace de l'autre coté de la vitre son propre reflet il tire au travers de la planche de bois. La balle perfore le battant et trouve Rémi-Jean quelque part entre l'aine et le nombril sans avoir la puissance de ressortir dans son dos. Au sol Rémi-Jean se tord.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Henri a fait deux pas en arrière le canon pointé vers le ciel. A nouveau il a sous estimé le recul et trop novice pour maintenir son arme a manqué de basculer dans le chemin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il apprendra.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Vlad - Crime de sang</title>
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        <updated>2009-11-16T10:46:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-16T10:46:00+01:00</published>
        <summary>        Crime de sang    &amp;nbsp;Aucun appel n'aurait pu sauver la vieille.   -...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-422266&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/02/1933874699.jpg&quot; alt=&quot;Vlad4.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-422266&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Crime de sang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&amp;nbsp;Aucun appel n'aurait pu sauver la vieille.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Brigade de gendarmerie de Tulle, j'écoute.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bonsoir, bonjour Monsieur. Il vient d'y avoir un accident.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-Accident, quel genre ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Un accident.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bien. Vous êtes où ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Je suis aux Aisies, je suis Henri Guillaumin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Je ne connais pas les Aisies. &amp;nbsp;Vous êtes à la gendarmerie de Tulle. Quel accident ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La question ulcère Henri. Il jette le combiné sur sa fourche. A Tulle le gendarme de vingt cinq ans bougonne et remplit trois lignes sur la main courante.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ensuite il effectue quelques vérifications et décide d'appeler Buffat. Le gradé d'astreinte achève de préparer son café. Il est debout dans la cuisine de son appartement de fonction, juste au dessus de la gendarmerie. Les lettres noires GENDARMERIE barrent l'enseigne bleue, blanche, rouge sur laquelle elles s'appuient, son reflet trace au plafond au drapeau national. Il est en chaussette et en slip, il a simplement revêtu la robe de chambre de sa femme. Quand elle se lèvera, il faudra la rendre. Il sait à l'avance qu'il n'aimera pas la façon dont elle va demander. Il va avoir froid. Il faudra qu'il retourne dans leur chambre enfiler pantalon et T-shirt. L'idée le déprime. Il décide de terminer de verser cinq petites cuillères de café moulu dans le filtre de papier avant de décrocher.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Peloton de Buffat, Adjudant Vuillard.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Peloton de Tulle, Caporal Marlinot mon adjudant, mes respects mon Adjudant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Bonjour Caporal, qu'est ce qui vous amène ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Je rapporte l'appel d'un Monsieur Guillaumin Henri sis aux Aisies. L'individu a rapporté un accident. L'individu a refusé d'expliciter cet accident. L'individu a ensuite raccroché.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Noté Caporal. Ne vous inquiétez pas ce Guillaumin c'est une brebis doublée d'une mère poule : il s'occupe de son demi-frère Paul, un débile léger et de sa mère quasi grabataire. S'il n'y avait que des citoyens de ce genre !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En raccrochant il contemple ses cuillères de café au fond du filtre. La vision le déprime aussi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A Tulle le planton reprend sa routine. Quand le téléphone sonne il ne sait jamais quel sera la nature de l'appel. A chaque fois l'adrénaline palpite dans ses veines et le catapulte vers l'appareil : il espère toujours qu'il s'agira d'un meurtre dont il pourra raconter les détails à sa p'tiote restée à Cambrai. Ou pire. Il formule &quot;pire&quot; mais il pense &quot;mieux&quot; mais en cinq ans de service il n'a pas encore été confronté à un crime de sang. Il ne sait pas qu'il vient d'en frôler un et qu'il ne s'agit que du début.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Vlad - Deux centimètres de la détente</title>
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        <updated>2009-11-14T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-14T09:00:00+01:00</published>
        <summary>       Deux centimètres de la détente   &amp;nbsp;   Il aurait pu se glisser dans...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/01/1050392037.jpg&quot; alt=&quot;Vlad3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-421629&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Deux centimètres de la détente&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il aurait pu se glisser dans la nuit, diriger le canon vers sa bouche et tirer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il aurait pu renoncer ou bien se pendre à une poutre dans une grange. Combien de journaliers ont-ils fini ainsi ? Dans les années soixante certains propriétaires ne signalaient même plus les décès à la gendarmerie, ils enterraient les corps et versaient par-dessus quarante litres de chaux vive pour éviter la paperasse.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au moment de se jeter depuis son tabouret à traire, avant d'avaler l'embout du canon il aurait relu en trois fractions de seconde sa vie en se demandant trivialement combien de temps mettrait sa mère pour s'apercevoir de son absence.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Et combien de temps les gendarmes pour découvrir mon corps ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En ressortant de sa chambre après y avoir raflé le fusil Henri manque de percuter la mère, sa mère. Cette nuit elle l'a passée comme les autres les yeux braqués vers le plafond invisible à attendre que le jour la délivre. Elle campe en travers du couloir. Mains sur ses hanches. Sa robe de chambre flotte autours de son corps de vieillarde. Trop usé pour pouvoir la remplir. Cette histoire et ce lieu ne laisseront pas à Henri la chance de se disculper ou de revendiquer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ailleurs Henri aurait profité d'un public. Au sommet des ponts, sur la corniche à l'extérieur de leur appartement la rumeur des badauds les emplit, les suppliques des pompiers leur servent de garde fou. Ceux là parfois renoncent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand Henri bute sur sa mère il tient son arme en travers de la poitrine, une main sur le canon, l'autre sur la crosse. Un doigt repose sur le dessous de la culasse à deux centimètres de la détente. Sans le savoir Henri singe le combattant de ses rêves d'enfance et les figures glorieuses des contes de Vladimir, ce voisin, cet ainé et depuis ce soir des secrets révélés ce père putatif. Il est son père inconnu et son père naturel cote à cote et en route vers la gloire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le coup part. Un accident. Les cloisons vibrent une seconde. Le recul renverse Henri. Il part quatre fers en l'air, atterrit sur le cul puis son dos s'enroule jusqu'à ce que ses genoux repliés manquent de percuter sa mâchoire. Il tient toujours le fusil à deux mains et vous jurerait qu'il ne l'a pas fait exprès. Ses yeux pleurent. Sa mère s'écroule juste après lui. Il l'aperçoit au centre du triangle que forment ses cuisses et la brulure de l'arme, la balle l'a ravagée de la mâchoire à l'orbite. Elle semble hurler mais aucun son ne sort de sa bouche. Cette bouche n'existe plus.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Henri se relève. Il tient encore son fusil à deux mains. Ce bout de métal et de bois patiné sorte de témoin dont il s'est fait passeur relie à quarante ans de distance son père inconnu, sa mère adultère et ce père naturel héro de guerre lui aussi et meurtrier du premier. Il ne saurait seulement répondre son nom. Il descend dans la cuisine, gagne le téléphone compose le 18, réalise qu'il s'agit des pompiers, raccroche, compose le 17. A Buffat la gendarmerie dort encore. Un automate détourne l'appel vers Tulle où un planton auquel la nuit a écorché les yeux tarde à prendre en charge la communication mais rien n'aurait pu sauver la vieille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Vlad - Se glisser dans la nuit et tirer</title>
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        <updated>2009-11-11T10:07:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-11T10:07:00+01:00</published>
        <summary>        Il aurait pu se glisser dans la nuit et tirer    Aujourd'hui Henri...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://52semainesaucaire.blogspirit.com/">
          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-420500&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/00/00/66821205.jpg&quot; alt=&quot;Vlad2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-420500&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt; &lt;b&gt;Il aurait pu se glisser dans la nuit et tirer&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd'hui Henri sait la provenance de l'arme entre ses mains. Une huile vieille de quarante ans imprègne les spires du chiffon autour de ses parties métalliques, canon, chambre, gâchette, pontet. Lorsqu'il détoure cet oripeau, il prend le même soin que s'il défaisait le bandage souillé de son père blessé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Son bras englue l'air d'arabesques lorsqu'il libère le canon. Sa poitrine peine à se soulever. Des hoquets la bloquent. Il se dit qu'il s'applique, que c'est normal de retenir son souffle&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Une arme de quarante ans ! Pensez donc ! &quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il respire. L'affairement de ses mains suspend sa respiration, la goulée d'air emprisonné dans ses bronches menace d'exploser, déjà il suffoque de nouveau. Il enchaîne les gestes. Des voix l'assaillent. Henri n'a qu'une vague idée de ce qu'il compte faire. A peine sait-il ce qu'il ne veut pas faire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Il faut que quelque chose change !&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il se répète qu'il n'a que trop attendu, que cette fois ci est la dernière. Après avoir remis le fusil en état il enfile une veste. Il marmonne :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Ça suffit comme ça maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- ... ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tout ! Rien !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- C'est tout&amp;nbsp;! C'est comme ça !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;Sa tenue indique qu'il va sortir mais lui ne le sait pas. Il quitte sa chambre et entreprend de descendre. Parvenu à la porte d'entrée, Henri réalise qu'il a oublié son arme. Il retourne la chercher.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il aurait pu se glisser dans la nuit son arme à la main, gagner les bois et quelque part vers la Croix de Disart au pied de la plaque de marbre où l'histoire a gravé le nom de son père, diriger le canon vers sa bouche et tirer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Vlad - La provenance de l'arme</title>
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        <updated>2009-11-09T12:30:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-09T12:30:00+01:00</published>
        <summary>        La provenance de l'arme    Couché à une heure Henri s'est levé à...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/1146873477.jpg&quot; alt=&quot;Vlad1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-419810&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La provenance de l'arme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;Couché à une heure Henri s'est levé à quatre. Il ne sait s'il a dormi deux heures ou aucune.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dès son réveil il a enfilé un pantalon de chasse et un pull à grosse côte. Il a acheté l'un et l'autre sur le catalogue par correspondance de la maison Vert Baudet glissé en encart dans son programme de télévision. Il ne chasse jamais mais a toujours cru qu'un jour quand la ferme marcherait mieux, quand il n'aurait plus la mère, quand il n'aurait plus le Paul, il pourrait courir bois et clairières, observer les oiseaux et les reconnaître à leur chant, à leur toupet, à leur vol. A lui aussi Vladimir a légué une passion.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;C'est en prévision de ces moments qu'il imaginait comme la récompense pour une vie au cours de laquelle il ne s'en sera accordé aucune qu'il a commandé ces vêtements. Leur apprêt empeste la chambre. La glace de l'armoire lui renvoie l'image d'un de ces notables dont les tirs ratés gâchent les dimanches en forêt. Il n'est que paysan pourtant, un paysan auquel le miroir ne pardonne aucun des traits du dé de son visage, ni la broussaille des sourcils, ni la double barre au front, ni ces capillaires à fleur de nez, une ombre violette, soixante années de vents et d'hivers la provoquent mais aussi cette autre mesure de l'usure : deux verres de château neuf entre huit et neuf heures devant le JT.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il possède une arme rangée dans le buffet du séjour. Il l'avait acheté par correspondance chez Manufrance un jour de cafard avant qu'ils ne ferment mais préfère attraper l'arme que Vladimir lui légua.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En cette fin d'automne 85, dans cette Corrèze où les armes de guerre vieilles de quarante ans ne manquent pas, Henri n'avait pas questionné sa provenance. L'attachement du vieux justifiait que lui-même l'entrepose et une fois par an brique chaque partie métallique. C'est naturellement qu'Henri l'avait remisée dans son armoire. Il l'avait placée debout dans un angle derrière ses vêtements pendus à des cintres confiant dans l'incapacité de Paul à la dénicher là.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd'hui Henri sait l'histoire de cette arme et comprend l'insistance du pirate.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre...)&lt;/p&gt;
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        <title>Midi sonne à Kaboul</title>
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        <updated>2009-11-07T10:48:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-07T10:48:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;          Midi sonne à Kabou    Ils sont partis en colonne le long de...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-411993&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/01/350889556.jpg&quot; alt=&quot;Alassai-9.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-411993&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Midi sonne à Kabou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils sont partis en colonne le long de la route, le VABe à deux cent mètres derrière eux. Cinq mètres entre chaque homme, tous les dix hommes un espace de trente mètres en accord la procédure. Quand il est passé près de la bombe douze hommes étaient déjà passés sans encombre. L'artificier était caché dans un trou quand il l'a amorcée. Une simple bonbonne de gaz quand lui même porte sur lui de quoi acheter une maison, nourrir une famille une année et a envoyer les enfants à l'école durant dix ans. S'il y avait des écoles.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'artificier -ce môme- se vide dans un trou à vingt mètres, le détendeur de la bouteille de gaz la rattrapé. Une fois sur deux les types sautent en même temps que leur engin ou bien y laissent une main. Aujourd'hui on lit à la grande marque de la paix :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;Talebs : 1 - Réguliers : 1&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le colonel Reclain a fait le déplacement lui même, Un principe il visite les épouses de chacun des soldats de son régiment quand arrive ce qu'il nomme un problème : un blessé, un mort au combat, un malade. Vous appelleriez ça comment vous ? Elle savait avant même d'ouvrir la porte, personne ne sonne un mardi à huit heures et demi du matin. Midi sonne à Kaboul.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est entré dans la maison recroquevillée autour de son séjour, il lui a épargné le moindre bavardage avant de se poster au centre de la pièce les mains dans son dos, les pieds à un mètre l'un de l'autre dans cette posture que les militaires appellent le repos. Il lui a demandé de s'asseoir. Elle l'a fait avec la fierté d'une reine celte mais toutes les femmes enceintes ne sont-elles pas des reines ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sa main se pose machinalement sur son ventre sans savoir si elle cherche par ce geste à protéger son enfant ou bien à vérifier que son futur ne s'est pas soudain dégonflé.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-... , combat ... devoir ... nation...soutien... &quot; et puis cette phrase magique &quot;il est mort instantanément. Il était juste à coté de la bombe artisanale lorsqu'elle a explosé. Je peux vous assurer qu'il n'a pas souffert.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle, déjà veuve d'officier jusqu'au dernier millimètre de son carré, sa main gelée sur son ventre de future mère, une pupille de la nation sur ses genoux, l'autre debout devant elle et pétrifiée avant l'âge :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- D'autres de ses camarades ont été blessés ou tués mon colonel ?&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Schnouky</name>
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        <title>troisième et dernière citation !</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://legranddeblocage.blogspirit.com/archive/2009/11/01/troisieme-et-derniere-citation.html" />
        <id>tag:legranddeblocage.blogspirit.com,2009-11-03:1846740</id>
        <updated>2009-11-03T11:00:52+01:00</updated>
        <published>2009-11-03T11:00:52+01:00</published>
        <summary> J'avais écrit cette, la troisième annoncée le 1er novembre et avais oublié...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://legranddeblocage.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;J'avais écrit cette, la troisième annoncée le 1er novembre et avais oublié de la publier....&amp;nbsp; Il faut la relier aux précédentes sur le même sujet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(Echanges/dialogues à propos de l'approche narrative... thérapie...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toujours de Nancy Huston dans l'Espèce Fabulatrice.... (mais non je connais pas le livre par coeur... &amp;nbsp; je le regrette !)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Aucun groupement humain n'a jamais été découvert circulant tranquillement dans le réel à la manière des autres animaux : sans religion, sans tabou, sans rituel, sans généalogie, sans contes, sans magie, sans histoires, sans recours à l'imaginaire, c'est-à-dire sans fictions.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vous fais grâce des réponses reçues qui, en fait, ne m'appartiennent pas. De quel droit alors les publier...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A propos du ressenti qui serait, me dit on, plutôt négatif, synonyme de tristesse... je réponds :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'animal ressent... c'est son instinct qui parle !&lt;br /&gt; L'humain sait !&amp;nbsp; doit savoir... doute ou certitude dans le même panier.&lt;br /&gt; Il nous arrive pourtant de ressentir... est-ce l'animal qui sommeille&amp;nbsp; en chacun de nous&amp;nbsp; qui nous envoie&amp;nbsp; un signe ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est paradoxal peut être, mais c'est comme ça !&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ici j'avoue que j'ai balancé ce truc... d'instinct... :-)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, je réponds à cette éternelle et foutue question, devenir, être soi ? c'est quoi, comment on le sait/fait etc.....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devenir soi, c'est se trouver, se découvrir. Rien de plus... simple non ?&lt;br /&gt; Etre vrai, authentique ! ne pas se changer... comme on se teint les cheveux, être sans le moindre fard, surtout ne pas &amp;nbsp; mentir, surtout pas à soi... encore moins aux autres !&lt;br /&gt; Aucun artifice ou trucage... Pas d'apparence... que du vrai, pas de copier/coller !&lt;br /&gt; Vivre en version originale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors.....on me demande si je connais le &quot;re-birth&quot;... dois je traduire par re-naissance ? J'ai retenu ces deux petites phrases..... :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;ce qui te guériras profondément&lt;br /&gt; à mon sens plus efficace selon le passé à nettoyer.....&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai forcément répondu que je ne pouvais pas guérir puisque je n'étais pas malade, ni dans mon corps physique, ni dans le psychique ! Avoir des problèmes n'est pas synonyme de maladie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant au passé à nettoyer, aucune envie d'effacer la moindre parcelle de mon passé. Je me suis construite dessus, avec..; c'est une part de moi. Il me fallait le voir, l'intégrer, le comprendre, le raconter...&amp;nbsp; le &quot;fabuler&quot;....:-)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le raconter... réalité ou fiction ? peu importe c'est mon passé, bien à moi... nous nous sommes rencontrés et c'est en se connaissant bien qu'on peut s'estimer... s'aimer.&amp;nbsp; Si je me plante, pas grave !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne voulais plus survivre, mais vivre... c'est ce cadeau que je me suis fait... Impossible de faire ce chemin en solitaire... une aide est indispensable ! j'en ai déjà parlé ici...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Merci Françoise... merci aux autres que je&amp;nbsp; n'oublie pas !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Un khâgneux pour aviateur</title>
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        <updated>2009-11-03T10:39:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-03T10:39:00+01:00</published>
        <summary>        Un khâgneux pour aviateur    &amp;nbsp;Farehd, José, Sylvain, Mourad, ont...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-411988&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/1411737549.jpg&quot; alt=&quot;Alassai-7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-411988&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un khâgneux pour aviateur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&amp;nbsp;Farehd, José, Sylvain, Mourad, ont depuis rejoint longtemps Lis'beth dans les souvenirs de Dom.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A Coêt le capitaine Cervint -cervint comme la montagne avec un t en plus clamait-il à chaque nouvelle rencontre- leur donnait des cours de médecine appliquée. Comment réaliser un garrot, une piqure de morphine, un shot d'atropine. Les effets de la dopamine et du datura. L'adrénaline, des cours de psychologie et de programmation neurolinguistique appliquée aux milieux hostiles, gestion du stress, endurance, amélioration des performances humaines -human abilities enhancement. La gueule dans le sable. Il voudrait bouger mais ses jambes se refusent. Salopes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Seule sa joue violée contre le sol lui appartient encore, il a perdu le souvenir du reste de son corps.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l'avant de son champ de vison la terre brune boit une larme d'un sang rosâtre et étranger. Des bulles d'air donnent à la modeste trainée un relief comique. Depuis sa position la tête penchée sur le coté ces bulles sont des ballons de Vosges. Elles éclatent au soleil et lui rappellent les bulles de savon après lesquelles il courait tout gosse. Il se souvient d'une mère, de cris, lui bondissant comme un diable dans un slip à rayures, plein de la joie éphémère des perles de savon dans ... Où ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tu ressembles à une grenouille maman quand tu gonfles les joues comme ça !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Attention si je souffle assez fort tu t'envoleras et tu ne reviendras plus jamais.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Contrairement à la plupart de ses condisciples des sections scientifiques du lycée militaire de la Flèche il n'a jamais voulu devenir aviateur : Qui voudrait d'un khâgneux pour aviateur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une évidence. A seize ans il avait lu tous les récits des capitaines que la nation envoyait préserver les bornes de l'empire. Un trait barrait leur carte d'état major déplié sur la méchante table de leur fortin de paille et de sable. Au-delà de cette marque commençait le territoire des autres. Rester en poste dans ces marches obligeait à repenser le monde tandis que l'envers et l'endroit de la démarcation fatalement s'interpénétraient dans la littéralité du mot.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avant la lecture des mémoires des capitaines de l'empire, les combats des semi-hommes contre les légions trolls, ceux des guerriers romantiques du début du siècle, les récits des combattants républicains avaient façonné ses rêves de préadolescent. Le bac à dix sept ans, puis khâgne puis Coët à dix-neuf ans, promotion Lieutenant Brumbrok, aspirant avec quarante hommes sous ses ordres, lieutenant à vingt et un ans le plus jeune de sa promotion évidement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les croches pieds de ses cousins lui enseignèrent l'humilité face aux forts et la rage qui s'ensuit. D'avoir été toute sa vie le plus petit de son groupe, au cathé, au collège sainte Marie-Jérémie, au lycée, au judo, au solfège lui a donné l'arrogance des faux faibles et le gout d'être à la fois le souffre douleur, le confident, la mascotte et finalement le centre du monde.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tu resteras tout petit pour moi toute ta vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tu crois ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Tu resteras mon plus petit en tout cas tout ta vie.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il a continué de tenter de fabriquer sa destinée. Après six mois à Brazza, il s'est porté volontaire pour combattre les Talebs. Un pari fou. Une obligation s'il veut devenir général. Le colonel Reclain a été clair lors qu'il a formulé sa demande.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Adieu les malek, les shara et les drones de Bagram</title>
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        <updated>2009-11-01T09:35:00+01:00</updated>
        <published>2009-11-01T09:35:00+01:00</published>
        <summary>        Adieu les malek, les shara et les drones de Bagram.    Le souffle a...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-411986&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/02/1766149757.jpg&quot; alt=&quot;Alassai-6.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-411986&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Adieu les malek, les shara et les drones de Bagram.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le souffle a tué jusqu'au vent. Il a éteint le raclement des rangers sur la croute de la piste battue, le grondement viril du VABe à l'arrière de la colonne, le cliquetis des mousquetons contre les baudriers, le frottement l'une contre l'autre des cuisses des marsouins infatués de leur treillis de combat, le crissement des armures de kevlar. La fausse discrétion de la somme des silences de vingt hommes bardés d'armes terroriserait n'importe quel civil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le silence des abysses a remplacé ces bruits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'immobilité de la tige de la plante plonge Dom dans la plus grande perplexité. Un minuscule insecte gravit ce mat géant. A peine une tête d'épingle. S'il respirait encore une seule exhalaison du Lieutenant Dominique de Perreisac soufflerait ce point rouge au loin. Il aimait l'odeur de graisse des fusils au sortir de l'armurerie et celle doucereuse des préservatifs avec lesquels les hommes de troupes protègent l'orifice du canon de leur arme, une métaphore de soldat sans femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Sa tête repose sur la terre, une joue complète. Dans cette position les quelques variations du sol, des montagnes à l'échelle à laquelle il les observe obturent sa vison de l'œil gauche. Il reconnaît le gout dans sa bouche. Il va mourir sans qu'ils ne puissent rien tenter. Adieu les malek, les shara et les drones de Bagram.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux minutes pour contacter le pc par radio, cinq autres pour relayer jusqu'à Bagram. Deux minutes d'inaction encore, un peu de temps perdu, on prévient l'équipage, ils enfilent leurs tenues les mécanos sont sur l'appareil, un Puma vieux de trente ans, 5 minutes pour la séquence de préchauffage, les types en combinaison de vol courent sur le tarmac la visière de leur casque aux yeux de mouche encore relevée, des poches partout sur le corps et des sangles et des baudriers ; un tarmac pas même, le vent de trois vallées bat la piste de sable. Les autres s'acharnent sur l'endroit à cause de ce carrefour, foutus talebs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Préchauffage des turbines, des Turboméca&amp;nbsp; IVC révisées en 2001, l'équipage embarque le pilote le copilote un mécano, deux hommes de troupe, un médecin. A coté un autre équipage embarque abord d'une guêpe d'acier, la protection du premier chopper. Un Caracal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les pales entament leur ronde. Le sable pénètre son nez. Pas du sable, la poussière d'une terre en guerre depuis trente ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans un mot les hommes organisent le périmètre autours de Dom, des mois d'entrainement dans les landes de Bretagne. Ils s'appellent Farehd, José, Sylvain, Mourad, soldats par défaut faute d'une autre ambition puis prisonniers volontaires de la solidarité du corps des marsouins, leurs formes invisibles rampent vers des points connus d'eux seuls, une chorégraphie vaine mais ils ne le savent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour Dom ils sont déjà un souvenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Un geste prémonitoire</title>
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        <updated>2009-10-30T09:30:00+01:00</updated>
        <published>2009-10-30T09:30:00+01:00</published>
        <summary>       Un geste prémonitoire   &amp;nbsp;   La meute le désignait dès le premier...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img name=&quot;media-411985&quot; src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/02/01/786773165.jpg&quot; alt=&quot;Alassai-5.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-411985&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Un geste prémonitoire&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La meute le désignait dès le premier juillet. Il passait le reste des deux mois pourchassé par la horde, pincé, frappé, humilié, sans compter les chiffonnades d'oreilles et les ébouriffages. L'école le retrouvait en septembre radieux d'avoir deux mois durant été le centre d'attention des jeux de ses cousins plus grands, plus forts, plus délurés, presque virils parfois et d'avoir partagé leurs jeux même les plus cruels.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces étés là, douze étés à partir de ses quatre ans la horde se déplaçait en hurlant et courant, une petite troupe désordonnée et braillarde, soudée comme un essaim d'abeilles et comme elles faussement désorganisée, farouche, avide et dégoutante comme une bande de marcassins. Plus léger que les autres il valdinguait dans les virages ou lorsqu'un autre coureur écrasait son lacet, fauchait son élan ou le balançait d'un coup d'épaule. Agile il se relevait aussitôt prêt à rire le premier, fier de sa cabriole, avide de l'admiration que suscitaient chez les grands ses roulés boulés sans connaître la justesse de ce geste prémonitoire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par orgueil il attendait le soir pour noyer sous le mercurochrome les dents serrées dans le silence de la salle de bains aux faïences ébréchées ses écorchures aux paumes et aux genoux. Sitôt relevé de son étreinte avec la terre, sur de l'attention de la petite troupe, le même orgueil propulsait des crachats d'anthologie à dix mètres de sa chute, des crachats pleins de terre, de morve, de larmes et de morgue refoulées.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Les mecs il en faudra plus que ça pour que je ne me relève pas !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il tente de cracher mais sa bouche reste sèche. Il joue de la glotte, elle colle au fond de sa gorge.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les grains sur ses lèvres le démangent. A dix huit ans il avait déjà ces lèvres épaisses comme des promesses. Il l'a séduite comme ça.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- J'aime bien tes lèvres Dom.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- C'est pour mieux t'embrasser mon enfant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Elles sont comme de petits animaux tièdes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- C'est pour mieux te sucer mon enfant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Salop. Troupier. Soudard. Spadassin. ..... Affreux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le sable. Il aimerait brosser ses lèvres du revers de sa mitaine de combat mais n'y parvient pas. Il a aussi de la terre accrochée aux sourcils et dans les cheveux. Sous ses yeux à vingt centimètres une plante, un ... Un quoi ? Un peu de liquide sourd enfin dans sa bouche mais il peine à mouvoir sa langue, il faudrait qu'il l'humecte pour nettoyer ses lèvres. Non, il faudrait qu'il crache. La poussière sous sa joue râpe et brule. Une poussière sans mémoire, l'odeur de la terre un luxe de pays riche, ailleurs dans ces pays arides où les pluies sont des larmes de joie, la densité de la terre jamais lavée retient chaque parcelle d'odeur, seul l'érosion par le vent enrobe quelques grains de l'odeur fade de la poussière.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le souffle a tué le vent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre ...)&lt;/p&gt;
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            <name>52 semaines au caire</name>
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        <title>Un chasseur en veste de tweed épaule une Remington</title>
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        <updated>2009-10-26T10:19:00+01:00</updated>
        <published>2009-10-26T10:19:00+01:00</published>
        <summary>        Un chasseur en veste de tweed épaule une Remington    Les enfants...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://52semainesaucaire.blogspirit.com/">
          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://52semainesaucaire.blogspirit.com/media/01/01/1582972659.jpg&quot; alt=&quot;Alassai-3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-411980&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un chasseur en veste de tweed épaule une Remington&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Les enfants sont couchés. Elle déteste ces murs. Elle déteste leur couleur, elle déteste leur texture, elle déteste leur odeur, elle déteste le sédiment des trois années passées ici. Elle déteste la maison depuis le premier jour. Elle a grandit à Versailles, rue Jouvencel à deux pas du château et du lycée Hoche. Ses parents possédaient un six pièces aux parquets de chênes dans un de ces immeubles bourgeois où la largueur de l'escalier autant que le tapis grenat, les barres de laiton à chaque marche discrètement proclament le statut des habitants de l'immeuble. Il faut ajouter à cet inventaire la loge du concierge en bas de l'escalier A, son rideau de cretonne, les pavés sous le porche et la lourdeur de la porte cochère dont le poids rappelle matin et soir les habitants à leurs responsabilités lorsqu'ils partent dans le monde.&amp;nbsp; Une métaphore de chêne et de métal doré.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;12 ans d'âge ce whisky. Dom serait furieux. Elle pose une main sur son ventre. Bien sur c'est mal mais à cette heure de la nuit elle emmerde Dolto et trinque à la santé du ministre Morin. Les enfants dorment depuis une demi-heure, ces petits salopards ne dorment jamais. Que faire ? Elle ne va pas regarder la télé quand même ! Elle a déjà téléphoné à sa mère trois fois cette semaine pour ne pas dire grand-chose, pour ne rien entendre que l'invitation au courage et à l'oubli de soi, à l'importance de la mission de son mari, au rappel des sacrifices endurés par sa grand-mère et elle même et puis cette phrase :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;- Fallait pas tomber enceinte à dix-sept ans. Tu aurais pu avoir Fenèréque. Il vient de finir son MBA à Havard. Après avoir fait HEC. C'est tout ma fille. Il travaille à Lazard, une banque je crois. La nation, le devoir c'est pour les ratés, les autres font X, l'ENA ou HEC.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;- Papa était un raté ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;- Ne soit pas insolente Elisabeth !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;L'aumônier est plus charitable.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;Sur l'étiquette de la bouteille de verre à l'orée d'une lande, le coup arrête un&amp;nbsp; cerf, l'animal saisi dans sa cavalcade plonge la tête en avant sous l'impact et l'extrémité de ses cors frôle les limites de la gravure. Les buveurs réguliers imaginent l'animal bouler sur l'étiquette de la bouteille suivante. Deux verres ne sont rien. Que sont deux verres ? Elle ne peut pas aller se coucher. Comment le pourrait-elle ? Pas encore. La recherche du sommeil élargit le plafond minuscule aux dimensions du globe. Là bas 4 heures du matin sonnent, ils ne sont même pas capables d'avoir des heures normales ! Batards ! Bougnouls! Talibans !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;(à suivre …)&lt;/p&gt;
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