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    <title>Last posts on écriture</title>
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    <updated>2012-05-24T05:59:27+02:00</updated>
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        <author>
            <name>Laurence CARON</name>
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        <title>Les nouveaux talents...</title>
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        <updated>2012-05-08T15:51:00+02:00</updated>
        <published>2012-05-08T15:51:00+02:00</published>
        <summary>  Samedi, l'Association des membres de l'ordre des Palmes Académiques (Amopa)...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;color: #444444; line-height: 17px; font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Samedi, l'Association des membres de l'ordre des Palmes Académiques (Amopa) a distingué à Toulouse une dizaine de jeunes élèves du département pour leur talent en français. Des bourses ont également été distribuées pour des projets originaux, montés par des élèves plus âgés de lycées professionnels. De longue date, l'Amopa organise des concours de composition française, de réhabilitation par l'écriture, d'éloquence, concours de jeune nouvelle et de jeune poésie, tout en menant des actions éducatives en faveur de la jeunesse. Cette année, au palmarès, Nadège Carrera, 11 ans, en 6e au collège Jules-Vallès de Portet-sur-Garonne. Une ado qui se dit « très sportive », mais « « ne lisait pas beaucoup jusque-là », a remporté le « prix de la jeune poésie » ex- æquo avec Iris Touat, une élève du même collège. Nadège a rimé sur ce qui rend triste ou heureux. « Nadège a naturellement la fibre poétique. Je ne suis intervenu que pour la partie technique », précise Éric Billottet, son professeur.&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ladepeche.fr/article/2012/05/07/1347457-des-eleves-recompenses-pour-leurs-talents-d-ecriture.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;Lire la suite sur La Depêche.fr.&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
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        <title>Le diable de Tasmanie</title>
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        <updated>2012-04-19T11:32:00+02:00</updated>
        <published>2012-04-19T11:32:00+02:00</published>
        <summary> Ici, les courants tournent en sens inverse pour aller s’enfoncer. Le puits...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Ici, les courants tournent en sens inverse pour aller s’enfoncer. Le puits ne se trouve pas sur le chemin habituel mais il faut détourner la tête de ce qui la fait tourner, regarder dans l’autre sens, pour le trouver. À cela, je dois sans doute que l’activité principale de tourner en rond et de tomber dans mon enfer circulaire, qui est l’activité d’écrire, a trouvé la place centrale à l’hôtel de l’Observatoire, à la table ronde au diamètre le plus grand, au centre du bar.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De l’hôtel de l’Observatoire à Sydney, j’observe l’ensemble de mon activité passée – la matière franchie, la planète traversée – qui se confond avec le puits où je dois tomber, et cela se matérialise par cette table qu’on vient de m’attribuer après mon retour d’explorateur, depuis le pôle de Tasmanie, de l’habitat du diable du même nom.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De tourner en sens inverse ne revient pas à changer le sens au milieu de lignes et de points coordonnés – ce qui aurait consisté à changer le cours du temps et à inverser la course des aiguilles – mais à donner la place centrale à cela qui avait coutume, dans l’autre hémisphère, de se cacher. C’est comme si je m’affichais à Sydney et que le &lt;em&gt;postérieur&lt;/em&gt; de mon écriture devenait le centre du monde – cet endroit d’habitude honteux et réservé. C’est comme si je devenais l’amant de mon écriture et que celle-ci enfin sortait. C’est comme si j’étais venu chercher auprès de Malpas autre chose que l’amitié, une sorte d’affaire entre hommes, et que cela aujourd’hui ressortait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est comme si le genre et les espèces se mélangeaient. Car nous avons eu pour progéniture et pour ronde d’enfants, Malpas et moi, alternativement les deux chiennes du logis et les deux diables de Tasmanie – mi-chiens, mi-cochons – qui se sont battus et engueulés (c’est le mot) sous mes yeux dans leur réduit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, le diable de Tasmanie a pour les hommes le plus grand mépris. On a l’impression qu’il est tombé, et que Dieu l’a oublié, dans une extrémité du monde et de l’espèce. Pas étonnant qu’on le trouve en Tasmanie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le diable de Tasmanie est énervé. Il est préoccupé de problèmes qu’on ne devine pas et qu’on ne comprend pas. Il a une façon de tourner en rond et de détester tout ce qui s’approche de lui – même un diable de son espèce – qui fait penser qu’il a hérité d’un grave problème, du problème le plus &lt;em&gt;bas&lt;/em&gt;, celui du pôle sud du monde ou du coin le plus lourd, le moins jouable et le moins libre du dé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a l’impression qu’on l’a entassé avec les autres espèces au fond du cornet à dés pour le jeter dans le monde mais qu’au moment de lancer, le diable de Tasmanie est resté coincé dans le renfoncement du cornet. Ce qui fait que ce diable a échappé complètement à la répartition du monde et à l’équité. Il a échappé au hasard des espèces. Le coup de dés l’a oublié au fond du cornet, et pour comprendre sa mauvaise humeur, son impatience, son art de tourner en rond et sa façon de clopiner en marchant, pour comprendre jusqu’au mauvais sort qui l’a affublé d’une si mauvaise vue, il faudrait presque inventer un nouveau hasard, le sien, celui qui reste et qui est tombé.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Personne ne peut comprendre le diable de Tasmanie, qui doit maudire, plusieurs fois par jour et à chaque tour sur lui-même qu’il fait, son espèce, et se demander pourquoi on l’a laissé vivre en Tasmanie, pourquoi le hasard et la sélection naturelle, cette pression de l’aléatoire qui fait statistiquement qu’une espèce comme la sienne devait disparaître, l’ont oublié. Le diable de Tasmanie échappe même au hasard, qui l’a laissé au fond du cornet à dés&amp;nbsp;; c’est pourquoi il est plus fort que le hasard et que la contingence chez lui, qui n’est qu’injustice, disgrâce et laideur des traits, s’est éternisée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le diable de Tasmanie signe donc, au nom de cette contingence de l’espèce que l’oubli du hasard a définitivement gravée, un trait que je dois explorer, un sillon où je dois m’enfoncer, un destin qui a été scellé pour moi et que je dois reconnaître – une nouvelle catégorie de la probabilité et, par conséquent, une nouvelle forme de pensée. Car il s’agit là, avec la probabilité que le diable a changée, d’une forme inédite d’espérer et donc de désespérer. Et je réalise que même le désespoir du diable de Tasmanie n’est pas commun, qu’il ne représente pas pour lui ce qui est tombé et ce qui est resté, mais qu’il est extraordinaire et qu’il établit pour cela une nouvelle loi du hasard, une nouvelle façon d’écrire et de marquer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le diable de Tasmanie vient me montrer pourquoi l’enfer ne correspond pas à la logique d’ici et pourquoi il n’en est pas le simple contraire – pourquoi cet enfer est éternel. Car l’enfer est ici l’habitat d’une espèce intégrale, quoique oubliée, et qui doit, pour cette raison, s’y éterniser.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le diable de Tasmanie est un animal &lt;em&gt;impossible&lt;/em&gt; (il a si mauvais caractère) pour la raison que la possibilité même l’a oublié. Je constate que Malpas et moi avons mis la Tasmanie et son diable entre nous, sans compter un groupe entier de kangourous, et que le discours philosophique s’est par conséquent distancié du cours ordinaire qu’il aurait pris si, au lieu d’animaux, nous avions visité des philosophes et encore, parmi les animaux, celui-là même qui a échappé au hasard et qui tient à lui tout seul, pour cette raison, une clé nouvelle du discours – le diable de Tasmanie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faudrait que j’emprunte son diable à la Tasmanie pour opérer une &lt;em&gt;dissociation&lt;/em&gt; cruciale (Lautman), pour faire aller l’idée de la philosophie humaine vers les notions plus simples de la &lt;em&gt;topographie&lt;/em&gt;, qui sera tirée vers le plus bas par la Tasmanie, et de l’&lt;em&gt;animal &lt;/em&gt;qui est resté coincé dans celle-ci, qui habite la place sans en «&amp;nbsp;explorer les possibilités&amp;nbsp;» (comme la devise de la Tasmanie le dit), puisque de vivre et de persister est pour lui un malheur et une irritation éternelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De la Tasmanie, qui devient ainsi l’extrémité de la notion de place, et de son diable, qui est l’extrémité de la notion d’espèce et de son &lt;em&gt;pacte avec l’individu&lt;/em&gt; – car l’homme n’est lui-même une possibilité qu’en vertu d’un certain pacte avec l’espèce, tandis que le diable de Tasmanie, qui est l’extrémité la plus irritable de l’espèce, n’a aucun pacte avec celle-ci&amp;nbsp;; comment le diable pourrait-il avoir un pacte avec lui-même&amp;nbsp;? –, de cela que je suis venu reconnaître dans cette place, avec Malpas, et lui en dire au moment même où je le découvrais et l’apprenais, il faut que je puisse remonter vers la philosophie et que je la renseigne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a quelque chose de trop pointu en Tasmanie – mieux, quelque chose de réellement désespéré et qui échappe trop réellement à la lumière de la pensée – pour ne pas éclairer, d’en bas, toute la philosophie. Je réalise qu’à sa façon, Malpas est un diable de Tasmanie, que lui aussi est irrité par les possibilités (ou plutôt, par leur manque, en philosophie) et que, pour cette raison, il est un animal philosophique complet, capable d’éclairer pour moi le paysage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le diable de Tasmanie, qui a une très mauvaise vue, est atteint aujourd’hui d’un cancer de la face – ce qui confirme que la face de ce dé se rebelle contre celui qui l’a jouée et qu’après la probabilité, elle veuille maintenant éliminer toute l’espèce.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il se passe des choses en Tasmanie, qu’il faut faire remonter vers la pensée, la matière, le sens et l’espèce.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’enfer est éternel, non pas pour la raison que s’y succèdent sans finir les damnés, mais que le diable de Tasmanie y a élu domicile – ou plutôt, on l’y a forcé, on l’y a oublié, on l’y a placé, dans un tour de la partie qui montre que le hasard s’est perdu, parmi les espèces, et ne sait plus compter – et que, en tant qu’espèce, le diable de Tasmanie compte bien vivre et s’éterniser.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On s’imagine l’enfer comme un lieu accidentel, comme un endroit où l’on chute et qui aurait pu ne pas exister, mais que dire quand celui-ci est la résidence d’une espèce, une fatalité plus forte que l’individu&amp;nbsp;? L’enfer pénétrerait ainsi le caractère et le comportement&amp;nbsp;; il dépasserait par derrière le corps et l’esprit. Pour cette raison, il ne se raconterait pas et ne cadrerait dans aucun récit, et encore moins, relation. L’enfer n’est pas un endroit d’où l’on &lt;em&gt;revient&lt;/em&gt;, pour le diable de Tasmanie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’enfer d’une espèce est immanent et on se demande comment le diable de Tasmanie pourrait nous expliquer le sien ou par quelle extraordinaire empathie on pourrait temporairement se mettre à sa place. Comment se mettre à la place du diable qui vit éternellement en enfer, ou plutôt, qui a fait de l’enfer son espèce&amp;nbsp;? L’enfer ne se transmet pas de lui à moi comme un sujet, une idée, ou même une pensée. Déjà que les espèces différentes ont du mal à communiquer et qu’il est légitime de se demander comment une espèce peut en étudier une autre, alors comment pourrais-je me faire une idée de l’enfer que vit&amp;nbsp;le diable de Tasmanie&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plutôt, l’enfer serait à déduire sur le &lt;em&gt;bord du cercle&lt;/em&gt; que le diable de Tasmanie décrit, ou du moins serait-il, encore plus subtilement, simplement à supposer. L’enfer se laisserait &lt;em&gt;deviner&lt;/em&gt; aux soudains arrêts qui irritent la promenade du diable de Tasmanie – à l’interruption de ses pensées, aux intempestives et disgracieuses façons qu’il a de lever la tête, lui qui voit si mal, et de renifler avec impatience et suspicion, avant de crier comme un diable et de continuer à tourner.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi l’enfer du diable de Tasmanie serait-il plus terrible qu’une nouvelle urgente qu’il aurait à me communiquer ou qu’une malédiction positive – car même celle-ci aurait une logique, un certain ordre d’idées, le fait de raconter. Son enfer serait plus négatif que la chute ou le péché, plus inexistant qu’un creux&amp;nbsp;; il serait le &lt;em&gt;défaut de pensée&lt;/em&gt; du diable de Tasmanie, l’endroit où il s’arrête de tourner, tout irrité, en se demandant ce qu’on vient encore lui chercher.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme endroit, l’enfer du diable de Tasmanie jouerait ainsi deux fois en retrait, non seulement en désignant le coin de la répartition de l’espèce où le hasard l’a oublié, mais encore, dans cette partie qui dure éternellement pour lui (depuis que son espèce est née), l’enfer serait le coin où le regard qu’on jette sur lui l’arrête intempestivement. C’est au moment où le regard inquisiteur de l’autre espèce le force à se découvrir et à se demander, que le diable de Tasmanie s’arrête et retombe dans l’enfer. C’est par défaut que le diable de Tasmanie est tombé en enfer – on l’y a oublié – et c’est donc par un double défaut, du plein milieu du cercle de l’enfer où il tourne avec son espèce, qu’on peut l’y rappeler.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le diable de Tasmanie n’est content de personne, et encore moins de lui-même. S’il pouvait apercevoir son espèce et comprendre que l’autre diable est son semblable avant de le percevoir comme une raison supplémentaire de s’irriter, il se détesterait encore plus&amp;nbsp;et il détesterait l’espèce entière. Je parie que son enfer est réflexif comme le mien, qu’il lui donne à tourner et à travailler, et même, je dirais que le diable de Tasmanie est &lt;em&gt;débordé de travail&lt;/em&gt; dans son enfer classifié – tous les jours, il doit se réveiller en pensant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Voici de nouveau mon enfer&amp;nbsp;; je dois encore tourner et travailler&amp;nbsp;» – et qu’à la limite, il vivrait mieux son enfer si on pouvait l’y laisser tranquille et qu’on ne venait pas le regarder.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, j’ai beau me retirer pour travailler, j’ai beau aller en enfer pour donner son entière liberté à mon tour de pensée, il n’empêche qu’on m’aperçoit de loin et qu’on croit, en me voyant, que l’enfer est habité. Que par goût de la société, il faut alors m’y rejoindre.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, il a suffi d’un seul moustique dans cette chambre d’hôtel, la nuit, pour me faire connaître l’enfer et une irritabilité aussi grande que celle du diable de Tasmanie. (Je me demande, réciproquement, comment ce diable dort et s’il connaît, dans le sommeil, au moins le &lt;em&gt;repos de l’espèce&lt;/em&gt;, la transmission passive de la pensée d’appartenir et d’être connecté à un groupe – un seul moment où il s’oublie et se laisse aller, en s’identifiant avec le hasard qui l’a oublié. Ainsi l’idée la plus reposante et la plus nocturne serait-elle celle du hasard&amp;nbsp;et, pour sa revanche, le diable de Tasmanie aurait-il dû dormir éternellement et refuser le travail qu’on lui demandait.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si je persistais dans ma tentative de transformer la matière et de faire passer le monde entier à travers le point qui le pince et qui le définit (le point d’&lt;em&gt;irritation&lt;/em&gt; du tour du monde, celui où il s’arrête de tourner et tombe dans son &lt;em&gt;défaut&lt;/em&gt;, dans la question de ce que le monde et moi faisons ici), je verrais dans ce moustique qui m’a fait vivre l’enfer, cette nuit, la communication entière avec le monde, le rappel exact et précis de ce qui me lie encore aux hommes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce moustique qui est revenu au moins cinq fois à la charge, pensant me donner à chaque fois suffisamment de temps pour m’endormir et ne connaissant pas mon esprit, je lirais ainsi, en premier, le &lt;em&gt;décalage horaire&lt;/em&gt; – l’idée, qui n’arrête pas de bourdonner à mes oreilles, que, pendant que je vis et que j’essaie de dormir en enfer, ceux que j’aime se succèdent ailleurs à des heures que je ne peux pas compter.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon tour du monde s’est aminci&amp;nbsp;; il ne veut plus rien savoir de la grosseur de la planète ou de la richesse qu’elle contient&amp;nbsp;; il ne retient plus que les piqûres d’insectes, les pincements infimes, en un mot, l’irritation. Mon tour du monde se réduit aujourd’hui à des pointes aussi absurdes que nécessaires – car elles sont résiduelles et constituent tout ce qui reste, dans mon enfer, pour mon espèce – l’attaque du moustique, la nuit, le décalage horaire qui lui correspond et les poussées absurdes du diable de Tasmanie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me demande comment révolutionner la logique avec ces infimes pointes et ces petites contrariétés. Car ces pointes ne sont pas isolées. Si je les rapporte, c’est qu’elles hérissent ma pensée et qu’il suffit d’un petit effort supplémentaire pour les transformer en matière et construire entre elles un système entier. Je me demanderais ainsi, pour amorcer ma déduction, ce qui pourrait bien lier, sinon par la pointe et par l’irritation, le moustique de la nuit, le décalage horaire (si pointu et si dur, cette fois-ci, que, même quatre jours après, je n’en suis pas débarrassé) et le diable de Tasmanie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je trouverais ainsi que ces questions définissent la place où je suis et qu’en regardant le monde à travers cette irritation, c’est l’endroit où je suis descendu et me suis déposé qui apparaîtrait. La pointe infime et l’irritation la plus locale marquent, en mon centre, la distance la plus grande à franchir. Car je dois me faire à l’&lt;em&gt;idée de mon espèce &lt;/em&gt;et reconnaître mon monde, accepter ce qui vient à moi et même aller vers lui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ai-je ainsi, malgré mon irritation, la liberté de dessiner et même de planifier&amp;nbsp;? Cela est-il utile au monde, et le dois-je à autre chose qu’un caprice, que Willy vienne me rejoindre en Australie&amp;nbsp;? N’est-ce pas le signe, au contraire, que j’ai rejeté mon système depuis le cœur et qu’il ne me reste plus, en philosophie, que l’extrême, ou alors seulement ce qui tourne en rond avec des pointes qui irritent&amp;nbsp;: le moustique dans la chambre (qui s’y prenait également en sens inverse de l’autre hémisphère pour s’enfoncer dans ma tête), le décalage horaire à deux têtes, et le cri strident du diable de Tasmanie ?&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je dois me rendre à l’évidence et accepter d’être complètement perdu au fond de mon monde (pour ne pas dire, à la &lt;em&gt;surface de mon irritation&lt;/em&gt;). Car la véritable philosophie commencera lorsque je réaliserai qu’il ne survit même pas, de la logique, au fond du trou où je suis tombé, les pièces pour la remonter, mais que je dois pousser au-delà de l’absurde même, non pas avec ma tête ou ma représentation, mais avec mon espèce entière et même une transmutation de mes gènes, un peu comme si, dans une communication enfin établie avec le diable de Tasmanie, j’étais capable de le sauver ou de le domestiquer, de l’emporter au lieu qu’il m’emporte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le monde ou le système que je construirai après cette chute et cette extrémité ne différerait pas seulement du précédent par la combinaison, ou même par la logique. Aucun chemin construit ne m’y mènerait&amp;nbsp;; au contraire, je devrais m’y réveiller directement, en ne mordant pas sur la matière mais sur son interruption même. C’est comme si, pour m’accrocher à ce monde et pour y poser le pied après un premier rétablissement, je devais emprunter au diable de Tasmanie ses moments négatifs et non pas positifs, ses interruptions soudaines, les impatiences et les pauses irritées où il se demande ce qu’il fait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel est, d’ailleurs, le monde que je compte épuiser de mon côté&amp;nbsp;? En venant rendre visite à mon client d’Australie, et même, en doublant cette fois ma visite par celle de Willy, suis-je réellement en train d’aller plus loin dans le problème (sans parler d’atteindre le fond de la question)&amp;nbsp;? Qui sait si tout le problème n’est pas mal posé et si, pas plus que le diable de Tasmanie ne sait ce que son espèce fait encore ici après cette partie conclue et perdue par le hasard, nous ne savons ce qui nous amène ici&amp;nbsp;? Car la banque australienne est enfoncée dans une affaire qui nous échappe et elle doit nous percevoir comme deux moustiques importuns qui simplement l’irritent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est bien possible que je me sois épuisé et que la matière ne compte plus après moi, si je ne suis plus capable de manifester ou de produire autre chose que le discours. C’est par le seul discours que je suis passé à Singapour, et c’est par la seule pliure du discours – car le discours n’est que cela&amp;nbsp;; il n’est pas matériel – que j’ai connu l’extrémité. Si j’ai épuisé la volatilité, notre matière première, que pourrais-je donc raconter à Willy, qui pense me rejoindre en Australie pour travailler&amp;nbsp;? Que pourrait encore signifier le travail et dans quel ordre pourrait-il se faire, si le seul exemple d’activité qui me donne à réfléchir aujourd’hui est le tour irrité, dans son réduit, du diable de Tasmanie&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car l’on travaille, par ailleurs, autour de moi, et même en s’envole vers son travail. Ainsi, par une rigoureuse coïncidence, Malpas est-il allé rejoindre, au Texas, John G, me laissant m’interroger doublement sur l’enfer où je suis. Voici deux élans, deux pensées qui bondissent vers leur sujet&amp;nbsp;: Malpas vers sa suite de conférences, et John G vers son nouveau désert et le nouveau bord de
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        <author>
            <name>Benjamin OPPERT</name>
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        </author>
        <title>LANCEMENT DU CATALOGUE DES ECRIVAINS ASSOCIES DU THEATRE !</title>
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        <updated>2012-04-14T10:36:00+02:00</updated>
        <published>2012-04-14T10:36:00+02:00</published>
        <summary>   Avant-hier soir à la Maison des Auteurs de la&amp;nbsp;SACD a été lancé le...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-661502&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/media/01/02/1669990567.jpg&quot; alt=&quot;Catalogue EAT.jpg&quot; /&gt;Avant-hier soir à la Maison des Auteurs de la&amp;nbsp;SACD a été lancé le Catalogue des Ecrivains Associés du Théâtre (EAT) : &lt;em&gt;&quot;De Gustave A. à Marcel Z.&quot;&lt;/em&gt; qui répertorie les Pièces (dont les miennes) de 102 auteurs (qui ont la particularité d'être vivants !)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Cette soirée a permis la rencontre entre les auteurs et des représentants de l'Association nationale des Professeurs d'art dramatique, du Centre National du Théâtre, du Cours Florent, de la Ville de Paris, du Studio-Théâtre d'Asnières,... issus de mondes à la fois si proches et si éloignés les uns des autres...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-661503&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/media/00/02/2072784532.jpg&quot; alt=&quot;EAT.jpg&quot; /&gt;Pour se procurer le Catalogue (gratuit), il suffit de s'adresser au :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Bureau des Ecrivains Associés du Théâtre&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;24, rue Daviel&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;75013 PARIS&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;01 44 06 62 77&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;mailto:eatinfo@wanadoo.fr&quot;&gt;eatinfo@wanadoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.eatheatre.fr&quot;&gt;www.eatheatre.fr&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
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        <title>L'imposture</title>
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        <updated>2012-04-09T14:02:00+02:00</updated>
        <published>2012-04-09T14:02:00+02:00</published>
        <summary> Le 1 er  avril, jour de l’imposture&amp;nbsp;? Ou jour de la promesse de la...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; avril, jour de l’imposture&amp;nbsp;? Ou jour de la promesse de la pêche miraculeuse&amp;nbsp;? (Jour qui coïncide cette année avec le dimanche des Rameaux, avec la promesse de la semaine sainte et la plus grande imposture.) Imposture, que la résurrection de parmi les morts&amp;nbsp;? Nous qui croyions que le papier était écrit, le testament scellé et toutes les générations suivantes désormais enterrées dans la matière du jour et la succession, à quoi bon nous retourner et nous réveiller à la promesse de la résurrection&amp;nbsp;? Dieu devait être bien philosophe pour venir troubler l’industrie et la masse des hommes avec la pensée de la résurrection, qui est peut-être l’équivalent global de la pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’aurais aimé écouter Lautman sur le réel mathématique et sur la forme exacte de la pensée, sur l’incidence de la pensée dans la matière – cette ouverture, cet angle et cette fissure –, lorsque vient agiter la matière et la forme la pensée de la résurrection. La pensée de la résurrection est-elle matière ou forme, ou est-elle une simple promesse – la simplicité même, l’idée la plus directe concernant le corps et l’esprit&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La résurrection est une imposture parce qu’elle se superpose à deux branches de la pensée qu’elle fait reculer dans le blanc et dans le vide, au lieu de continuer à les plonger dans le noir. (On &lt;em&gt;plonge&lt;/em&gt; dans le noir, tandis qu’on se lève et qu’on se redresse dans le blanc. Ainsi le dimanche de la résurrection est-il blanc.) Je serais ainsi posé au seuil de ma résurrection et au milieu de l’imposture si je considérais plus longtemps les deux branches de ma pensée&amp;nbsp;: celle qui attend la réalité extrême de la philosophie et celle qui prétend la réalité extrême du marché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je n’aurais jamais dû promettre à ma boîte un dimanche de Pâques. Autant profiter de la coïncidence d’aujourd’hui pour crier, au mieux, au poisson d’avril. La criée aux poissons est la seule et première vérité&amp;nbsp;; c’est là où j’ai commencé&amp;nbsp;; là se trouve la place où ce qui est pêché par miracle est par la suite entendu et négocié.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car la profondeur des eaux est propice au miracle. Nul ne sait contrôler au-dessous de la surface le nombre et l’origine. Pas d’arborescence qui se ramifie sous les flots&amp;nbsp;; pas de logique non plus et pas de piège numérique&amp;nbsp;; pas de tournant de la pensée imposé par le nombre. Car la topologie de la multiplication miraculeuse ne reconnaît sous la surface que la forme du filet, lequel allie de la façon la plus appropriée le nœud, le fil, la maille et le réseau – la forme et la structure.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au lieu de la capture par l’arbre et la hiérarchie, le filet a l’effet, pour la pensée, de multiplier miraculeusement la capture, de faire s’épanouir au-delà du nombre ce que le geste miraculeux et la pensée dissimulée ont su soustraire aux profondeurs. Le filet remplace sous l’eau l’arbre qui se dresse sur la terre ferme. À l’inverse du poisson, l’oiseau prend son départ vertical du sommet de l’arbre&amp;nbsp;; l’arbre est le filet de la «&amp;nbsp;profondeur&amp;nbsp;» de l’oiseau, sauf qu’il est l’inverse&amp;nbsp;; l’arbre est visible tandis que le filet ne l’est pas&amp;nbsp;; l’arbre opère une autre sorte de miracle, sans doute celui du ciel entier vers lequel il lance l’oiseau. L’oiseau serait la promesse accoutumée des profondeurs inverses du ciel&amp;nbsp;; il multiplie la pensée, il étend ses ailes, au lieu de multiplier le nombre des poissons.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La pensée joue avec la matière par l’entremise du miracle. Qu’il s’agisse de soustraire aux profondeurs ou de commencer en plein ciel, une matière doit changer de bord par l’opération du miracle ou d’un acte de la pensée. L’arbre appartient à un bord du problème de la pensée et de la matière et le filet appartient à l’autre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le jugement et l’adjudication du poisson se jouent dans le marché à la criée qui est la seule vérité et la seule défense contre l’imposture. Par la coïncidence de la semaine sainte, sans doute pourrai-je m’échapper et diminuer ma charge en criant à tout le monde que mon entreprise n’était qu’un poisson d’avril et non pas la promesse d’une multiplication et d’un miracle. En ce dimanche des Rameaux, la clarté du ciel et la forme visible du moulin (la roue qui est entraînée par le courant, la promesse de mouvement perpétuel et de gain infini) m’imposent de penser à ma boîte comme à une superposition, comme à une perspective multipliée que ne partagent pas les partenaires&amp;nbsp;: l’équivalent de l’imposture.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’imposture est le désaccord des partenaires sur l’origine de la matière et sur le destin de la forme. L’imposture suppose un ensemble de partenaires&amp;nbsp;: un projet commun, un ordre du jour, un plan et un calendrier, un processus qui assure d’une certaine façon l’emprise de la pensée sur la matière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’imposture est l’autre face du miracle. Jésus Christ a pu être accusé d’imposture. La règle que la pensée imposait à la matière était tellement stricte, chez lui, et à la fois tellement inhabituelle – il a multiplié des poissons&amp;nbsp;; il a réveillé des morts –, sa stratégie était tellement contraire à la statistique connue et à l’objet attendu (ce qu’on appelle &lt;em&gt;espérance&lt;/em&gt;, en probabilité), sa finesse était tellement ambiguë que son état, s’il devait être arrêté et &lt;em&gt;jugé&lt;/em&gt;, si on devait en trouver le nom ou l’équivalent, en dessiner la face, dire ce que le Christ, vu de face, était, aurait fait crier au miracle ou à l’imposture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’imposture est l’autre face d’une multiplication promise aux hommes – multiplication des gains ou des poissons. Le miracle est un &lt;em&gt;résultat&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; il compte&amp;nbsp;; la matière doit être classée après le miracle&amp;nbsp;; ce qui a été soustrait à la profondeur doit être rendu visible. Un miracle ne peut pas rester secret, ou sa promesse rester indéfinie. Si le miracle est une stratégie, si le bord que la pensée a choisi pour se pencher sur la matière est celui de l’exceptionnel et du miraculeux, alors la finesse sera telle que, le résultat improbable ne venant pas, la position entière se fixera et s’éternisera dans l’imposture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En restant penché au bord de ma matière sans bouger – ce que j’appelle le lent processus de ma pensée, ou encore, la philosophie –, je passe absolument pour un imposteur aux yeux de ceux qui m’attendent. On n’est pas imposteur tout seul. Si l’on n’est pas attendu par ses contemporains, au moins la génération suivante pourra juger si ce que l’on a fait était miraculeux ou une rigoureuse supercherie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ou alors l’imposture est un miracle qui a mal tourné. On voit bien le créateur de vérité, l’homme de la religion, le multiplicateur du nombre et l’alchimiste de la matière, hésiter entre les deux étendues et les deux couleurs, entre le noir et le blanc. Quoi soustraire à la profondeur et quoi lancer dans le ciel, quel fond propulser vers le sommet du dé, à l’endroit où le nombre ne compte pas mais sa qualité numérique même se décide, quelle matière transformer et même dérober, égarer dans la quête présumée de la forme&amp;nbsp;? On voit bien le geste osciller entre le filet et l’arbre, entre la maille et la branche, entre ce qui tire des profondeurs et ce qui propulse vers l’infini, entre le nœud à cordes et l’arc à flèches, entre la tension de la fibre ou la complication du fil. On sent bien l’esprit miraculeux balancer entre les deux sortes de topologie. Tâche immense, décision infinie&amp;nbsp;! Il suffit alors d’un faux pas, d’une vibration du fil ou de l’air, d’une impatience la plus légère, du passage subreptice d’un nuage devant le projecteur qui éclairait la scène, d’une rumeur vague qui traverse le public, pour que l’hésitation magistrale de l’homme qui est posé entre deux mondes et littéralement penché sur le bord du miracle (ou du puits de vérité, ou de la forge même de la matière, ou de l’origine même du monde, ou de la fenêtre de lancement de toute pensée, ou de la question éternelle de la forme) soit confondue avec la face de l’imposteur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’imposture est l’autre face du miracle. Sachant que l’imposteur et l’homme miraculeux n’ont, l’un et l’autre, qu’une seule face. Ni l’imposteur ni l’homme qui promet un miracle n’ont &lt;em&gt;quelque chose&lt;/em&gt; à cacher. Ils n’ont aucun doute sur leur état. L’imposteur sait qu’il a tout à cacher, et le miraculeux sait qu’il a tout à montrer. Aux yeux de cette totalité, peu importe la couleur, noir ou blanc, ou même la lumière. Sachant la face unique du miraculeux ou de l’imposteur, le résultat qu’on attend – le soulèvement de la foule par la force du miracle ou contre le fini de l’imposture – n’est plus qu’une indétermination sans importance sur l’ordre du monde qui suit, sur le genre de la géométrie.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai rassemblé mes partenaires en silence dans l’ordre du marché, dans la profondeur de la boîte où je me suis enterré pour transformer la matière depuis l’atome et depuis le cœur – ce que j’appelle la philosophie –, alors que j’avais commencé, à l’époque où je n’avais pas la face interchangeable du miraculeux ou de l’imposteur, par crier dans le cylindre du marché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au lieu du miracle, j’ai par la suite crié au livre. Quelle multiplication ou quelle soustraction que celui-là&amp;nbsp;! Quelle manipulation de la matière et du nombre&amp;nbsp;! Quelle forgerie, quelle imposture&amp;nbsp;! Comment expliquer ma stratégie à mes partenaires&amp;nbsp;? Comment leur dire que j’attends, dans la matière &lt;em&gt;miraculeuse&lt;/em&gt; de ma boîte – laquelle ne me presse pas et ne s’écoule pas, qui m’embaume au contraire comme le corps d’un saint ou d’un bienheureux –, depuis le début, seulement d’écrire un livre&amp;nbsp;? Sans doute s’agit-il d’un livre particulier. Car il n’est question ni plus ni moins que du &lt;em&gt;livre du marché&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De mettre le marché dans un livre – dans l’ordre duquel je tenais mes partenaires rassemblés&amp;nbsp;; car il n’y a rien de plus mystérieux que le marché, et Dieu sait si celui qui y est rassemblé et qui s’y est damné ne se destine pas tout seul à la pire indétermination, à la pire indécision de son sort et au pire déchirement de sa matière, entre miracle et imposture – sans doute m’a dispensé de les tenir au fait de l’entreprise et de leur communiquer le journal de ma pensée. Or, la finesse de ma stratégie et la minceur de ma position deviennent telles que mes faces ne vont pas tarder à se confondre en une seule, qui sera indifféremment celle du miraculeux ou de l’imposteur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À l’éternité de mon attente et de mon passage sous terre, à l’éternité de ma damnation dans la propre &lt;em&gt;terre&lt;/em&gt; de mon château – car je suis le prince des ténèbres, le mort-vivant qui est né et qui s’est enterré dans une seule pensée et dans une seule matière –, je voudrais ainsi substituer l’éternité de l’indécision de ma face. Pourquoi ma finesse et mon ambiguïté ne seraient-elles pas telles que l’on ne puisse plus dire si je vais multiplier les pains ou soustraire la vérité, faire un miracle ou avouer que je les ai tous trompés&amp;nbsp;? Ma force et ma matière consistent à traiter avec le temps&amp;nbsp;: voilà mon éternité ou ma damnation, voilà le &lt;em&gt;prix&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, le temps me joue, ce matin, le tour du moulin. Je suis au pied du moulin à paroles et à pensées. (Le &lt;em&gt;moulin&lt;/em&gt;, ou la façon, si je me souviens bien, de transformer le fil de l’eau en bobine et en énergie. Car Dieu sait ce que le moulin va pêcher sous la surface de l’autre domaine, à la limite de la topologie, pour ramener jusqu’ici et montrer tous&amp;nbsp;! Dieu sait la lumière que le moulin est capable de faire dans le monde&amp;nbsp;! Le moulin hésite-t-il entre le bord de l’eau et le bord du puits&amp;nbsp;? Offre-t-il au monde l’opportunité de décider entre la face de l’imposteur et la face du miraculeux&amp;nbsp;? Peut-on laisser aller indéfiniment la parole ou la pensée au pied du moulin, sous prétexte que l’eau coule, que le temps passe et que la position où l’on est ainsi rassemblé dispense éternellement de se prononcer sur le sort de la matière ou le titre du livre&amp;nbsp;?)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je suis au pied du mur, à la veille de rompre le pacte avec mes partenaires et de laisser aller chacun vers sa profondeur ou sa multiplication préférée. J’ai peur que celle-ci ne soit purement et simplement la multiplication des gains, à moins qu’elle ne soit la division infinie du travail, la dispersion la plus totale, mon partenaire n’étant pas un imposteur parce qu’il compte gagner sur tous les tableaux, mais au contraire par manque de consistance, par l’extrême malléabilité de la pensée, par le désir de tout faire pourvu que cela naisse et meure dans le temps, que le projet soit délimité, que les noms se succèdent. Quitte à ce que l’inspirateur et l’hypnotiseur de mon partenaire soit invariable et sa face la plus vulgaire, toujours la même. Non pas tournée vers la profondeur ou éclairée par le ciel, non pas défaite ou reconnue par l’imposture, mais simplement absorbée par la &lt;em&gt;masse&lt;/em&gt; – pour cette raison, indistincte.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il me semble, au pied du moulin, par entraînement mécanique ou simplement par &lt;em&gt;destination&lt;/em&gt; philosophique, par la coïncidence du calendrier qui fait que le poisson d’avril se confond aujourd’hui avec le début de la semaine miraculeuse et de la multiplication, que j’ai trouvé le moyen d’écrire indéfiniment, et d’écrire le plus vite possible.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la roue du moulin – son mouvement continu, son &lt;em&gt;passage&lt;/em&gt; du temps, et toute l’idée, qui en est toute proche, que le moulin veille au grain, que l’histoire du pain commence là, elle aussi à côté du pain&amp;nbsp;; et la multiplication du gain et du pain, cela qu’on appelle le miracle chez les Chrétiens, n’est peut-être que l’autre nom du moulin, du moteur, de l’énergie et de l’industrie&amp;nbsp;: autre histoire, autre matière, autre finalité – ne résiste aucun partenariat et, devant son mouvement éternel et continu, ne peut se dresser aucun angle ou aucun partage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La transformation de mon monde (ma nouvelle topologie) doit sans doute passer en entier par la roue du moulin. J’ai mis mon monde en boîte, et celle-ci à son tour dans un livre&amp;nbsp;; mais cette géométrie se destinait à la &lt;em&gt;mécanique du moulin&lt;/em&gt;, dont je suis venu reconnaître le site aujourd’hui, à la faveur d’une coïncidence. Entre le puits du marché et la roue du moulin, je préfère, comme industrie, sans doute la deuxième.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le moulin au mouvement perpétuel m’arrête aujourd’hui dans l’idée d’un nouveau pacte. Imaginons un instant que je propose à mes partenaires, non pas un marché, mais le &lt;em&gt;pacte du moulin&lt;/em&gt;, ce nouveau miracle, cette nouvelle promesse du gain infini et de la multiplication des pains. Imaginons que je dise à mon partenaire de devenir meunier, de laisser le moulin tourner. L’imposture s’élargit à l’ensemble du site du moulin&amp;nbsp;; c’est un miracle qui m’a mené ici, ou c’est au contraire la dernière imposture. Je ne quitterai le site du moulin qu’après avoir décidé du sort de mon industrie et de la forme que je ferai suivre à ma matière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je suis ingénieur et statisticien, et me voici confondu par la simplicité d’un moulin, par les problèmes fondamentaux de la genèse et de la matière – par l’&lt;em&gt;angle&lt;/em&gt; exact du miracle&amp;nbsp;: le mouvement est-il perpétuel, le gain est-il infini&amp;nbsp;? La probabilité a-t-elle un sens à être suivie, ou la chose la plus sensée consiste-t-elle au contraire à compter sur le miracle&amp;nbsp;? Sans doute l’imposture est-elle le prix à payer en attendant la résurrection et le jour de la multiplication infinie. L’imposture serait ainsi la monnaie courante du miracle, ce qui permet de vivre et de gagner sa vie en attendant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’imposture est en fin de compte la face la plus &lt;em&gt;franche&lt;/em&gt; et la demeure la plus solide que je peux offrir à mes partenaires. Sur la carte géographique, je la ferai camper sur le site du moulin. Cela revient au même de dire que je vais me réveiller au pied du moulin et séparer à partir de là mon projet et mon destin et de dire que le mouvement perpétuel du moulin est devenu l’équivalent de ma face et même de mon état. Arrêter le projet du monde et arrêter de compter par le nombre, cela revient ainsi, pour moi, par équivalence, à laisser couler l’eau sous mon moulin. La transformation qui m’attend consiste peut-être simplement à ne plus savoir qu’écrire des livres&amp;nbsp;: faire couler cette matière-là, opérer sur le grain cette règle-là de la multiplication, ce chemin inverse de la probabilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’industrie n’est qu’une masse sans nom, qu’elle soit promise par le pétrolier russe, dont la face ne distingue rien et ne reconnaît même pas la mienne, ou qu’elle soit jetée dans le trou de la banque américaine, dans un cristal noir qui a été soustrait au temps. L’industrie n’est que la démultiplication du mouvement. Il n’y a pas de miracle industriel mais seulement une révolution possible. L’industrie n’a pas la face de l’imposteur&amp;nbsp;; l’industrie est une chaîne innocente&amp;nbsp;; elle multiplie les masses et non pas le grain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’y a de miracle que technologique. Entre la DS miraculeuse et le moulin à eau, je dois décider du nom de mon miracle. Le génie est-il miraculeux&amp;nbsp;? L’ingénieur peut-il convertir des hommes&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
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        <author>
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        <title>La loi du livre</title>
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        <updated>2012-03-28T23:27:00+02:00</updated>
        <published>2012-03-28T23:27:00+02:00</published>
        <summary> Le vide et le blanc m’angoissent et il faudrait donc les peupler, simplement...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Le vide et le blanc m’angoissent et il faudrait donc les peupler, simplement y étendre mon corps et mon domaine, y promener mes yeux. La mécanique du vélo devrait m’inspirer de tirer dans toutes les directions et sur tous les trajets le fil de cette même bobine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il me semble que l’espace seul arrête ma pensée et qu’il existe une distance entre ma tête posée et le monde qu’elle pourrait soudain inverser. Inverser le monde, pour ma tête, devrait consister à en remplacer le centre. Car si ma pensée était capable d’opérer au centre du monde l’explosion contraire à la matière qui en remplace le centre par la pensée et le point de densité la plus grande par l’événement accumulé, alors je n’aurais plus à &lt;em&gt;aller&lt;/em&gt; vers le monde, alors je l’aurais fait et je l’aurais habité, j’aurais trouvé la stratégie gagnante pour l’infiltrer absolument et pour me dérouler continuellement en son centre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’habiterai le monde et le remplacerai lorsque chacun des regards que j’y plongerai sera une occasion d’écrire et de produire la matière, là où je pense que n’existe que le vide ou la phrase désarticulée. C’est lorsque ma tête trouvera sa place complète, qui ne dit pas seulement qu’elle est jetée et qu’elle est posée comme un dé mais qu’elle est avant tout tombée de la forme vers la matière, que le monde ne sera plus distant de moi et ne sera plus un objet mais deviendra lui-même mon passage continuel, le lieu de ma pensée, le centre même de ma tête.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je connaîtrai enfin la &lt;em&gt;loi du livre&lt;/em&gt; lorsque je saurai lever la tête et relever la face sur laquelle elle est posée vers la forme dont elle provient, lorsque je comprendrai le passage à la réalité et instituerai, à l’endroit où je suis – la demeure de Yarzé, la table claire où je travaille ce matin –, le centre même du déroulement de l’histoire et de ma vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je refuse de jouer le dîner d’Oxford et la table d’écriture de Yarzé comme des coups séparés. Je recherche encore la stratégie continuelle, la matière liquide dont je serai rempli – et sans doute celle-ci devra-t-elle remplacer le temps et simuler ainsi le rôle de l’argent – pour pouvoir, à chacun des mouvements de ma main, entraîner une dépression dans le monde, un déplacement de masses d’air, un changement de climat qui s’expliquera comme l’épaississement du trait de l’écriture et la continuation de cette stratégie-là de pénétration du monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je devrai abattre le régime de la narration, lutter au nom de la densité, trouver la matière qui comble les intervalles entre les événements, comprendre la succession de ceux-ci comme la confirmation de la fréquence et non pas de la chronologie, c’est-à-dire du passage réussi entre la forme et la matière. Puis la difficulté et cette matière inimitable que je trouverai consisteront à faire un livre de cette maîtrise, à me saisir du cœur de cette nouvelle matière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je n’ai pas encore tout dit sur Oxford, et je me demande si je le pourrai jamais. J’ai beau dire et j’ai beau me disperser, j’ai beau me distraire avec le commun des personnes dans les endroits les plus fréquentés, tout cela restera une perte de temps et de matière tant que n’aura pas triomphé le coup de dés qui fera remonter la succession infinie de toutes les faces dans le passage inverse de la forme. Tout un monde qui était prêt à se dérouler se trouverait ainsi reconquis. Ma tête, qui ne roule plus, en occuperait alors proprement la place, et la partie majeure commencerait, qui ne connaîtrait aucune pause.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La transmutation sera complète lorsque je trouverai l’argument de l’écriture continuelle. J’ai déjà dit que le sentiment d’éternité pouvait provenir simplement de ma propre pensée qui s’épuise dans son propre argument pendant que je reste jeune et posé dans le monde,&amp;nbsp;encore capable de le bouleverser. La mort de la pensée serait ainsi équivalente à l’extrémité de son activité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que ma tête occupe le centre du monde ou que le monde occupe le centre de ma tête, la stratégie au gain infini respectera, dans les deux cas, l’impératif du débordement. Penser en continu ou penser toujours en surplus, laisser déborder ou couler la pensée au lieu de faire rouler le dé.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour savoir si on compte et où va ce que l’on fait, il faut savoir ce qu’on peut exactement diriger. Je dirige une boîte, je dirige la manœuvre d’un deuxième livre (dont je veux jouer encore avec la proportion et la densité relative de la matière ; en effet mon livre suivant me semble être pour l’instant un immense jeu plastique ; si ma pensée était assez transparente, je pourrais dire ce que je vois, de loin, pour l’instant, de mon futur livre à travers elle ; le livre se laisserait ainsi présager par le mouvement de sa matière et la variation de son volume, par ses déformations et ses difformités mêmes, avant de se décider à se produire sous la lumière du jour, un peu comme si la tempête se formait derrière la vitre ou que le pilote, ou le capitaine du navire, voyait très bien qu’il s’y destinait), et je dirige, malgré tout, mon regard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ce jeu d’attraction et de gravité relative accordée aux faces et aux choses se décide ce qui vient à moi, et même ce qui m’occupe. J’ai l’air ainsi de vivre parmi les choses. Dans une heure ou deux, je m’habillerai pour aller faire du vélo, parmi d’autres choses ou au milieu de la tempête. Et même les choses viennent à moi de façon aléatoire, pour me heurter et pour me renverser.&amp;nbsp;Mais ce jeu fortuit de la rencontre des choses n’est qu’une illusion. Je ne peux être là, posé au milieu des choses et attendant que l’heure de chacune vienne ainsi après l’autre, si je suis en réalité posé au centre même de commande depuis lequel je dirige le monde et je dirige mon regard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nul ne sait encore le secret de ce livre central, nul ne sait côtoyer la loi qui l’habite. Une fois que j’atteindrai le cœur de ce livre, le monde s’articulera et se mettra en marche d’une façon qui sera enfin ordonnée et dirigée&amp;nbsp;; enfin le passage sera assuré et deviendra &lt;em&gt;continuel&lt;/em&gt; entre la forme et la matière&amp;nbsp;; enfin je pourrai me soustraire à la question incrédule du monde : «&amp;nbsp;Qu’est donc le monde et que s’y passe-t-il ?&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; enfin je pourrai faire ce qui me plaît et rapporter à mon sens les accidents de pensée que je vois avoir lieu dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans l’extrémité de ma position centrale, dans le paradoxe de ma place qui ne sait dire si je dois y rester ou m’en aller, si je suis un artiste, un despote, quelqu’un qu’on attend ou un simple invité, je remarque ainsi que la dernière nouveauté est ce que Brassier trouve à dire sur Harman – l’extrémité de la difficulté de la pensée qui se trouve opposée à l’extrémité de la communication.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est vrai qu’il y a un relâchement de la difficulté aux mains de Harman ; c’est vrai que l’époque de la philosophie doit quelque part toujours exister, où il faut se préoccuper de la resserrer et de la soustraire à la communication grandissante. C’est vrai que l’opposition entre Brassier et Harman peut être rendue théâtrale et le regard se diriger vers la succession des arguments. C’est vrai que Meillassoux a simplifié d’un coup la philosophie pour redonner à la pensée toute sa puissance de pénétration et que le résultat en a été que Harman s’est senti la légitimité d’oublier l’édifice sur lequel tout cela tenait. C’est vrai qu’il y a là une histoire à raconter et que, de l’endroit où je suis, parmi les multiples choses que je dirige, je pourrais élire d’y diriger mon regard et mon intérêt. Mais il faut garder à l’esprit que je ne le ferais qu’en tant qu’artiste et résident de la demeure centrale, d’où tout peut se diriger et s’observer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La &lt;em&gt;loi du livre&lt;/em&gt; n’est pas lointaine ; elle est juste très difficile à capturer. Car je ne demande rien de moins que de pétrifier le moindre souffle de vent. Dans le moindre souffle, dans le moindre mouvement de branche, je détecte un jeu que je dois maîtriser et donc une matière concrète, un ciment, que je dois couler, afin d’affirmer ma place et mon poste de commandement.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma résidence, mon poste de commandement, le centre de ma tête et de ma demeure, cette position fugitive et privilégiée que je semble avoir atteinte au cœur de l’événement, la cuisine que j’ai réduite au silence après qu’on m’y a préparé ma tartine et le chant du coq de l’autre côté de la vitre, bête et insistant, qui a joué avec les limites de mon pouvoir car je sentais que ce coq ne me laissait, de l’autre côté de la vitre et du versant où je ne le voyais pas, de l’autre côté de ma volonté, donc, et comme un précipice immense, que le choix de l’égorger afin de le faire taire, ma résidence, donc, dans cette salle à manger dont la lumière électrique donne elle-même l’impression de faiblir à mesure que devient plus fort le vent de la tempête et que le ciel, à l’extérieur, noircit, sans oublier la lutte potentielle avec le vent et la pluie – car à mesure que j’écris et que je creuse le passage du temps à la force de la matière, l’idée ne me quitte pas de profiter du moindre répit de la tempête pour faire ma sortie à vélo, pour aller confirmer ma résidence (et mon commandement) par ce qui la renverse absolument, par l’impossibilité de rouler à vélo par ce temps et même par la chute à vélo assurée –, ma résidence appelle à moi le reste du monde, ou la limite où j’ai laissé posées les choses du monde qui ne font pas partie de ma résidence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma résidence rapporte tout à moi et à la difficulté pressentie du passage entre la forme et la matière. Elle me dit d’ignorer tous les détails et jusqu’aux arguments de la philosophie tant que je n’ai pas apporté de réponse à ce problème dont j’ai fini par me saisir. Que m’importent le monde, la succession des arguments de Brassier et de Harman, quand la seule chose qui compte est que je sois &lt;em&gt;posé&lt;/em&gt; (que je sois tombé dans la matière) et qu’à partir de cette seule position, je dirige mon regard et je dirige le monde ? Tout s’évanouit comme un mystère à côté de cette certitude-là, qui ne se fait pas encore mais qui me laisse saisir, avant elle, une matière qui est aussi ferme qu’elle. Une certitude impossible, qui se presse contre moi tellement elle est proche – elle est aussi proche que ma résidence – mais dont le pas pour la rejoindre contient une fréquence infinie, la densité la plus grande de matière qui laisse penser que mon chemin vers elle doit se dérouler dans le temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le sentiment de l’extrême difficulté ne vient que de l’interférence du temps avec ce qui ne le regarde pas. D’occuper ma position et de rechercher l’écriture continuelle, cela devrait être aussi difficile pour moi que de me débarrasser définitivement du temps et du déroulement ; le paradoxe étant que c’est le temps, lequel est impropre, qui crée l’impression de la difficulté. Ma résidence forcée (par l’âge et par la matière) m’impose la &lt;em&gt;loi du livre&lt;/em&gt; et me dit de rechercher ailleurs que dans le temps ou dans les manières que les faces du monde ont de se succéder d’ordinaire le nouveau ciment et le nouveau roman.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Seule la &lt;em&gt;loi du livre&lt;/em&gt; pourrait faire que la limite de la résidence et les choses du monde qui en sont rejetées se superposent avec la résidence. J’aurai conquis la face du monde lorsque je saurai, de mon poste de direction, comment remplacer l’ordre de la succession de ses faces, comment rapporter à ma résidence et à ma loi ce jour parmi d’autres où il m’a semblé que j’ai dîné à Oxford. De tout ce dîner, j’aurais aimé ne rapporter à ma résidence, et comme le code qui déchiffre son secret, que sa frontière – je veux dire la ligne à laquelle tout le dîner s’est réduit.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que faut-il pour écrire le plus rapidement possible et sortir, pour finir, de la limite de la résidence ? Que la tempête, qui est retombée, se lève de nouveau comme une lame et égorge le coq, qui insiste contre la vitre de ma résidence comme une bête, à ma place ? Que je mette dans le point compressé de mon écriture, afin de la faire exploser tantôt et gagner de la vitesse par le seul effet de la décharge, tout ce qui s’est déroulé aux portes de ma résidence et s’est succédé comme les faces qu’elle posait alors dans le monde, tout ce qui annonce, dans ma résidence, son inscription dans le temps, en un mot, tout ce qui s’est animé à mes portes et qui m’a dérangé : le chant du coq et bientôt le caquètement de la poule, le bruit du vent et de la pluie et, pour couronner le tout, la sonnerie inexplicable du téléphone ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car si ma résidence doit se poser avec moi et assurer son propre passage continuel entre la forme et la matière, si cette pièce bordée par la tempête et pénétrée à intervalles par le chant du coq doit réellement devenir ma dernière demeure et mon poste de commandement permanent, il faut qu’elle s’approche elle-même de la &lt;em&gt;loi du livre&lt;/em&gt;, il faut que je sache rassembler ses propres faces dans la même fréquence infinie qui rendra matérielle la forme et remplacera l’espérance.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut que je trouve, &lt;em&gt;de par la limite même de ma résidence&lt;/em&gt;, le principe pour la pénétrer et pour l’envahir, pour y multiplier l’écriture et pour ne plus observer à la surface des choses que la matière qui les contracte vers l’écriture. Il faut imaginer que le problème de l’écriture se pose pour la première fois avec moi, que ma résidence est unique en son genre et que toute l’histoire qui s’y est déroulée, toutes les faces qui s’y sont succédé, n’étaient qu’annonciatrices de ma prise de pouvoir et de mes fonctions de dirigeant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le pouvoir absolu est celui de la &lt;em&gt;contraction&lt;/em&gt;. Je trouverai la place où se contracte le trait des choses, et je pourrai enfin habiter cette place, lorsque je parviendrai à faire le récit de ma prise de pouvoir de cette résidence comme une manœuvre suprême par l’écriture et comme le chemin de la technologie même qui est censée la produire. On ne vit pas et on ne grandit pas, enfant, pour finir par vivre dans le temps. Au contraire, il faut se développer dans la place et, une fois acquises les limites de celle-ci – la loi même qui fait plier le monde, contracte les choses et ne garde ouvert, au centre, que le seul livre –, il faut conclure qu’un dîner à Oxford n’a pas été moins considérable qu’une scolarité entière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La place confère l’immobilité à la pensée, et de tous ceux qui argumentent et qui construisent, de tous ceux qui vont et qui viennent, je peux affirmer que nul n’a atteint une immobilité de pensée comme la mienne. De la fréquence avec laquelle j’écris, de la vibration qui se propage même dans mes phrases, de l’incidence que mes lignes, qui ne contiennent pas d’objet particulier, ont sur le monde et sur l’ordre de ses choses, il faudrait que l’on puisse déduire ma matière, ma contraction particulière et, partant, ma pétrification et bientôt ma ruine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a là un nouveau sens de la place à explorer, une autre topologie que l’espace où sont séparés les états ou le temps où se succèdent les instants. J’ai par exemple envie de réduire toute la topologie, toute la problématique du domaine et de la limite, à ce que j’ai dû endurer aujourd’hui pour faire se passer le &lt;em&gt;contrat&lt;/em&gt; de l’écriture à l’intérieur de la place, à tout le combat qui s’est joué de part et d’autre de la vitre, au chant du coq, vers lequel ma pensée a dû allonger à maintes reprises ma main pour l’étrangler, à la tempête qui a martelé la vitre et qui a pétrifié dans l’élément le moment privilégié de l’écriture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce que j’écris n’a d’autre sens que celui de se contracter de nouveau vers le cœur de l’écriture. À ceux qui ne verront pas ce qui se déroule dans la pièce présente, je signalerai que le mouvement n’a été prévu que pour remplir mon temps et affirmer ma propre résidence. Ce que j’ai capturé dans ces passages, à l’abri de la tempête, dans mon parallélépipède et à la merci du chant du coq, n’est que la pièce chantée et orchestrée de mon propre temps : un seul moment, un seul intervalle, que j’habite et que j’ai marqué ici pour savoir y retourner.&lt;/p&gt;
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        <title>Les faces d'Oxford</title>
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        <updated>2012-03-22T10:36:00+01:00</updated>
        <published>2012-03-22T10:36:00+01:00</published>
        <summary> Je songe au dé à l’arrêt&amp;nbsp;; la vision du monde qui l’arrête comme...</summary>
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          &lt;p&gt;Je songe au dé à l’arrêt&amp;nbsp;; la vision du monde qui l’arrête comme &lt;em&gt;matière&lt;/em&gt; ne s’y jette qu’au prix d’une infinie répétition. Le dé ne peut obéir à la matière et laisser se présenter sa face unique avant la &lt;em&gt;forme&lt;/em&gt; qui le rassemble et multiplie les possibilités qu’au prix d’une séquence infinie où toutes les faces se sont produites suivant la distribution de masse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est l’infini de la loi des grands nombres qui devrait rendre suspect que le déroulement de cette loi se passe dans le temps. Le temps et la répétition du mouvement de lancer le dé ne sont, au mieux, que des simulations, des images de la loi infinie qui est contenue à l’intérieur du dé et dont la fonction est de nous &lt;em&gt;faire aller de la forme à la matière&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La loi des grands nombres est insaisissable empiriquement ; on ne peut pas dire ce qu’elle est, la montrer comme le mouvement des planètes, parce qu’elle est infinie. D’un autre côté, la démonstration formelle qui fait intervenir une séquence infinie de variables aléatoires ne sait plus les attacher à la même matière et au même dé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La démonstration me semble plus compliquée et plus artificielle (plus fabriquée) que ce que l’on veut montrer. J’en déduis qu’il n’y a rien à démontrer et que la loi des grands nombres n’est que la traduction du &lt;em&gt;passage de la forme à la matière&lt;/em&gt;, qu’elle se montre toute seule une fois que la pensée abandonne l’idée formelle du dé qui est suspendu en l’air avec toutes les faces à égalité et se plonge dans l’image matérielle du dé posé sur une face et jeté dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La répétition est infinie dans la loi des grands nombres, et c’est pourquoi elle n’est ni formelle ni matérielle. L’infini lui vient de l’&lt;em&gt;impossibilité&lt;/em&gt; du passage entre forme et matière. Qu’elle soit infinie ne peut vouloir dire qu’une seule chose : qu’elle est parfaitement contenue dans le dé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a trouvé deux façons d’exprimer la relation entre l’un et le multiple, l’une formelle, l’autre matérielle. La multiplicité formelle des faces du dé (qui reste non lancé) ne trouve à s’intégrer que dans l’espérance ou dans la probabilité – la manière de dire que chaque face a formellement « intégré » toutes les autres ou que le dé, qui les rassemble dans l’état présent, a intégré dans cet état tout ce qui peut suivre et qui est indifférent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quant à la multiplicité matérielle, elle dit que la face, sur laquelle est forcément posé le dé matériel, aurait pu être différente pour la raison que c’est un dé qui est posé et non pas une face, que le dé, dans son unité, possède plusieurs faces et donc qu’il aurait pu, en tirant vers son unité, rappeler la face présente et aussi bien en produire une autre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(La multiplicité matérielle a une étrange façon de s’exprimer à travers l’unité, ou plutôt la composition de deux unités. La matière nous impose de penser à la &lt;em&gt;face unique&lt;/em&gt; sur laquelle le dé est posé, et l’unité du dé – car il s’agit de lui et non pas de la face – nous impose de considérer que la face en question n’est pas l’&lt;em&gt;unique face&lt;/em&gt; et qu’elle aurait pu être différente.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette relation matérielle entre l’un et le multiple n’a trouvé à s’intégrer que dans la &lt;em&gt;fréquence&lt;/em&gt;. La fréquence fait illusoirement songer à la succession temporelle, alors qu’elle est infinie en réalité et ne se déroule pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’image matérielle du dé appelle toute seule toute la séquence infinie. Une fois qu’on inverse l’ordre de présentation et qu’on songe à la matière avant la forme qui va la rappeler, à la face posée avant l’univers des possibilités, à la chose avant l’objet, la fréquence remplace l’espérance. On n’espère plus puisque la face est réalisée, mais on répète alors, parce que les autres faces complètent la réalité de celle qui est posée au nom de la contingence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La séquence infinie de variables aléatoires ne dit pas l’infinité de façons dont le dé serait s’il était lancé répétitivement, mais l’infinité de façons dont le dé aurait pu être. L’infini est trop grand pour ne pas être contenu dans la seule image du dé. La statistique entière ne serait ainsi que faussement associée à l’idée de succession temporelle. Le temps ne ferait que simuler et illustrer ce qu’on obtient déjà, infiniment, une fois qu’on pense à l’image matérielle du dé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La statistique ou la fréquence est la forme de la matière qui correspond à cette forme-là de possibilité, en attendant une matière à la forme différente, celle de l’écriture, dont la sortie dans le temps sera le marché.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je déteste la narration et je perds tous mes moyens – et jusqu’à l’envie d’écrire – dès lors que ce que je retiens doit se passer dans le temps. Quelle serait la substitution correspondante dans ma vie, la déclaration qui ferait de la chronologie une illusion, et seulement une illustration d’un passage équivalent entre la forme et la matière ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’aimerais me poser et ne plus avoir à me dérouler, reconnaître mon domaine et le maîtriser et, à partir de cette seule immobilité, en partant dans l’exploration infinie de cette matière-là, nouvelle, replier la succession des images, envisager toute la séquence des faces et des figures présentées, dire, en effet, que ce que j’ai vu se dérouler à Oxford ne m’a jamais emporté et rendu étranger à mon domaine ou à ma matière, mais qu’il n’est que l’effet de la propre &lt;em&gt;entrée&lt;/em&gt; dans mon domaine et dans ma matière ; que le passage de la forme de ma pensée à la matière qu’elle occupe (cette façon d’atteindre finalement ma place) impose tout seul l’infini où ont l’air de se succéder les tirages et de se croiser dans ma vie ces personnages.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est pourquoi j’ai un grand mal à tirer, à l’inverse, de ce qui m’arrive, ce qui m’intéresse. De dire le sens de ce qui m’arrive et de revenir à ma matière après le déroulement des événements, cela me coûte un immense effort d’abstraction et bientôt un temps infini, certainement plus long que celui où se produisent extérieurement les événements. C’est bien pour cette raison que le temps extérieur l’emporte le plus souvent et que la plupart de ceux qui vivent ou qui racontent lui abandonnent le passage le plus difficile, celui entre la forme et la matière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je dois continuellement passer de ce qu’il m’est possible d’être et de penser à ce que je réalise effectivement et à la face sur laquelle j’en arrive à être posé. Je dois continuellement comprendre, non pas ma réalité, mais cela qui me &lt;em&gt;réalise&lt;/em&gt;, cela qui me fait passer de l’espérance à la fréquence, de la généralité à la répétition – comprendre le passage et non pas la destination. C’est ma façon d’absorber et de déduire&amp;nbsp;; car on absorbe toujours à l’arrêt et ce qu’on déduit se destine à occuper la place centrale et à ne plus bouger.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est tout juste si la difficulté extrême de la déduction ne devait pas aussitôt se transformer en la difficulté d’une reconstitution et que, au lieu que je passe un temps infini à tirer jusqu’à l’arrêt de ma pensée et jusqu’à l’accumulation des traits ce qui s’est déroulé à Oxford, la solution ne devait pas plutôt consister à passer vite au roman, à éviter à tout prix le point d’accumulation central dont la densité est infinie et l’approche, pour cette raison, rendue impossible.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une alternative au geste stérile de jeter au fond de moi ce qui s’est passé à Oxford serait ainsi de le jeter ailleurs, et au lieu de remonter de la face éclairée du dé vers son profond mystère, vers le cœur de sa matière dont l’accès est infini et se prolonge très vite dans le noir total, l’idée serait d’inventer un autre dé, qui entrerait en correspondance avec le premier. La combinaison des objets ou des faces illuminées d’Oxford serait ainsi à recréer dans un roman, ; car il est clair que cette séquence se prête à l’écriture et qu’il ne reste plus qu’à dire l’écriture de quoi, exactement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui m’arrive ne peut m’arriver par hasard, c’est pourquoi je le tire sans cesse vers la &lt;em&gt;loi du livre&lt;/em&gt;. Or, je n’ai fréquenté pour l’instant que des livres de métaphysique ; et les seuls passages du livre que je connaisse sont ceux qui veulent échanger des blocs de pensée et dire de grands mystères – des passages entre la forme et la matière qui se pétrifient alors dans la difficulté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans doute le temps est-il venu de donner à cette succession de faces un autre sens que la métaphysique et sa dureté. L’écriture du roman, ou la nouvelle forme que je lui donnerai, peut devenir une loi, un sens, une nouvelle accumulation contraire au hasard.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui s’est passé à Oxford ne me serait pas ainsi plus étranger ou moins attendu que ce qui se passe ici, au club de Yarzé, lorsqu’il pleut et que, derrière le rideau de la pluie, je me reconnais. J’ai bien résolu de faire passer ma pensée, par petits bouts, à travers les bandes de Facebook, celles où l’on vous demande soudain : « &lt;em&gt;What’s on your mind?&lt;/em&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; alors je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas subir à cette même pensée, ainsi qu’à sa difficulté, la &lt;em&gt;décomposition d’Oxford&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans doute la loi du&lt;em&gt; livre&lt;/em&gt; à laquelle il faut faire remonter le hasard de la &lt;em&gt;face&lt;/em&gt; a-t-elle depuis le début convenu que la meilleure façon de faire s’exprimer une pensée difficile et pétrifiée, comme la mienne, dans le passage entre forme et matière était l’interrogation directe ; des foules entières d’utilisateurs s’étant ainsi senties interpelées, avant moi, par cette question si simple et déjà exprimées sur leur « statut », sur ce qui leur passait par la tête ou ce sur quoi leur pensée posait le pied ou piétinait, restant incapable de s’envoler&amp;nbsp;; si bien que, de sollicitation en sollicitation, de provocation en provocation et par petits morceaux ainsi soutirés à la pensée avare ou pétrifiée, une matière à développer s’est vu créer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je rejoins ainsi une &lt;em&gt;loi du livre&lt;/em&gt; qui rend la pensée séquentielle comme une partie de dés, qui la réalise en fréquence et la rend donc &lt;em&gt;fréquentable&lt;/em&gt;. Il est clair que ce que j’exprime dans ces meurtrières peut être différent et même peut changer – &lt;em&gt;one always changes one’s mind&lt;/em&gt; – mais au moins la réalité est là, qu’il suffit alors de mélanger et de permuter. Après le livre qui est soustrait au hasard, l’aventure m’apprend celui qu’il faut recomposer avec toutes les faces du dé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce dîner d’Oxford, à la fois historique dans ma vie et significatif pour la raison que je m’y destinais et qu’une alternative très précoce à mon aventure dans le marché et au livre que j’ai par suite composé à ma guise aurait été que j’intègre Oxford comme je l’avais souhaité en 1994, me livre, autour de la table, les figures et les faces avec lesquelles je devrais recomposer un livre et donc une pensée, un futur monde et une future vie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourquoi, au lieu de vieillir, ne pas croire que tout peut recommencer et se recomposer ? Je dispose de toutes les figures et de toutes les faces qui pourraient compter dans mon futur livre, pourvu que je sache les composer. Je suis resté trop longtemps prisonnier de mon héritage et des anciennes images ; car ce n’est ni plus ni moins que la nouvelle conception du couple, de la demeure, du livre et de l’ami qui s’offrait à moi, à ce dîner d’Oxford. Me manque-t-il le nom de l’événement pour reconnaître celui-ci ? Le nom d’Oxford n’est-il pas assez pour moi ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai donc été à Oxford après avoir été à Polytechnique. Il ne tient qu’à moi de bouleverser la durée, ou du moins, d’en changer la fréquence ou la proportion, et de déclarer que ce dîner d’Oxford est l’équivalent d’une entière scolarité. Mon livre suivant devra profiter de la même durée. Y entrera ce que j’ai appris à Oxford durant toute ma vie.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai bien fait de laisser Oxford se presser en moi et s’exprimer en moi. Comme souvent, c’est l’événement qui ne me laisse pas le choix et qui donc me &lt;em&gt;décompose&lt;/em&gt;. De ma face ici posée au club de Yarzé (ce domaine éternel pour moi, cette étendue qui recule, ce lieu que je pourrais seulement composer si j’avais le temps, c’est-à-dire si j’approchais enfin de la fin de ma vie) et de la face qui s’y substitue au dîner d’Oxford, il faut maintenant que je parvienne à extraire la séquence infinie, la fréquence qui remplace l’espérance dans la réalité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment d’ailleurs ne pas conclure que je trouve ici, au club de Yarzé, le couronnement de la lutte que j’aurais fini par mener si j’étais resté au Liban, comme le voulait ma mère, et n’avais pas connu Polytechnique ou Oxford ? Ici, j’ai fini par m’affronter, l’âge venant, à ceux qui n’ont pas écrit de livre et qui n’ont pas connu le monde, qui sont restés bloqués dans le passage ridicule du Liban.&amp;nbsp;Comment dire au vieux docteur, qui vient allumer la télévision pendant que j’écris, la signification de mon dîner d’Oxford, la composition qui m’attend, le domaine que je maîtrise et le coup de dés, c’est-à-dire le bouleversement de la durée dont je deviens seulement le maître ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je dois écrire et marquer infiniment, je dois embrasser cette statistique, parce que je ne suis plus enfant et que je n’espère plus. Ma vie est déjà passée et ma matière a durci. Je ne peux la bouleverser qu’au nom de la répétition infinie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne peux plus penser formellement, mais seulement écrire ce qui me fait. Le passage de la forme à la matière fait soudain que &lt;em&gt;je dîne à Oxford&lt;/em&gt;, pendant que je récapitule cela dans mon domaine de Yarzé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La &lt;em&gt;déduction d’Oxford&lt;/em&gt; est celle de ma réalité et de mon livre enfin composé. Ce n’est que par ce biais et par ce passage accéléré comme un cours de rattrapage que je serai capable de m’introduire dans cette pensée anglo-saxonne qui s’était posée au fondement même de la probabilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faudrait donner un sens au mélange de ma matière, qui est celui de l’exil et d’une superposition inédite des faces de l’histoire. Car il me reste à écrire le livre difficile qui ne connaît pas le déroulement extérieur de l’histoire mais veut au contraire la compresser dans un seul point de recul, dans un moment, non pas passager, mais qui est celui du passage même. Oxford s’exprime en moi, parce que c’est à partir de ce dîner qui m’a matériellement rassemblé avec toutes ces faces que le décompte des jours jusqu’à la matière du livre suivant a commencé. À l’époque du premier, je ne connaissais pas les faces d’Oxford ; je me demandais encore comment sortir de ma boîte et défaire cette technologie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, voici qu’un autre événement a lieu à l’autre bout du monde, également sorti de mon premier livre et allant plus loin, cette fois, que Sydney, puisqu’il me met face à face avec Jeff Malpas, dont l’idée, je le conçois à présent, est qu’il me transmette son travail. C’est avec regret qu’il considère que j’aie consacré la partie la plus grande de mon étude à Meillassoux, quand l’appendice II de mon livre m’avait déjà ouvert une voie grandiose vers l’œuvre de lui, Jeff Malpas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’hésite seulement à imprimer à ma vie le mouvement qui rendra concret le dîner d’Oxford et tout à fait réaliste l’offre de Jeff Malpas qui me dit d’écrire après lui. J’ai l’impression de requérir une nouvelle jeunesse pour accomplir cette décomposition-là et me reformuler dans cette nouvelle direction.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce genre de rencontre ne se produit pas tout le temps. Ce n’est pas continuellement que je dîne à Oxford et que je m’entretiens avec Jeff Malpas. Toute la difficulté consiste à inventer une stratégie à partir de ces événements discrets, à créer la matière continue qui fera que ces événements &lt;em&gt;comptent&lt;/em&gt;. Sans doute faut-il la force de l’âge pour le faire ; car la jeunesse est incompatible, après tout, avec les intervalles vides qui les séparent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est parce qu’il ne se passe plus rien, dans ma vie, le plus clair du temps, que j’ai besoin d’être vieux et de rester sur place pour faire passer ce vide. Ma matière ne tient sa place que par ce désir de reconstitution.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Regis</name>
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        <title>Bonjour !</title>
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        <updated>2012-03-21T08:25:00+01:00</updated>
        <published>2012-03-21T08:25:00+01:00</published>
        <summary> Les articles de ce site sont classés du plus récent au plus ancien, mais...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://regis-pnl-coaching.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Les articles de ce site sont classés du plus récent au plus ancien, mais aussi par Catégories (voir colonne de droite ci-contre).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;N'hésitez pas en particulier à consulter la catégorie &quot;Bonnes recettes&quot;&amp;nbsp;où sont conservées&amp;nbsp;de nombreuses informations utiles, pour qu'elles restent à portée de main.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vous remercie de votre confiance, et bonnes lectures !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Régis, &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.psycho-ressources.com/regis-fagot-barraly.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;background-color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffff99;&quot;&gt;Site principal&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffff99;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;background-color: #ff00ff;&quot;&gt;,&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&quot;http://formation-anti-stress.wifeo.com/index.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;background-color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffff99;&quot;&gt;formations anti-stress&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;email :&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-519357&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://regis-pnl-coaching.blogspirit.com/media/00/02/26204157.jpg&quot; alt=&quot;mail-regis-fagot.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Regis</name>
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        <title>Message de l'eau</title>
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        <updated>2012-03-07T09:55:00+01:00</updated>
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        <summary> Vous aimez la poésie ? Vous avez envie de vous relaxer quelques minutes ? Ou...</summary>
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          &lt;p&gt;Vous aimez la poésie ? Vous avez envie de vous relaxer quelques minutes ? Ou bien, vous êtes sujet à l'insomnie et vous aimeriez pouvoir vous laisser bercer par le rythme régulier d'une voix légèrement hypnotique, afin de glisser agréablement vers le sommeil ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans tous les cas, profitez de cette vidéo de 20 minutes, à voir ou à écouter les yeux fermés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Message de l'eau à l'homme qu'elle aime, de &lt;a href=&quot;http://www.clairesavenca.com/articles/livres-eau.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Claire Savenca&lt;/a&gt; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/zsF_iuS0Vjo&amp;amp;rel=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/zsF_iuS0Vjo&amp;amp;rel=1&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Ma fine stratégie</title>
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        <updated>2012-03-06T18:44:00+01:00</updated>
        <published>2012-03-06T18:44:00+01:00</published>
        <summary> Il faut écrire à la vitesse de l’éclair et arracher, à ce prix seulement, la...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Il faut écrire à la vitesse de l’éclair et arracher, à ce prix seulement, la victoire sur le domaine et la barrière qui en défend l’entrée. Jusqu’à la moindre miette de pain tombée sur la surface de l’écriture je poursuivrai le mouvement d’écarter le détail importun et celui de frayer mon chemin sans règle et sans point focal, sans concentration ou asservissement autre que celui de réduire ma machine à un point, mon domaine à un retournement et le monde qui suit à une inversion de la matière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je déclare la probabilité la représentante du problème du lien entre le formalisme et la réalité et le guide du passage entre la forme et la matière. Mon deuxième livre sur la probabilité sera donc le guide du voyage au-delà du problème du premier livre et de la fin de la première version de la probabilité. Se presse contre mon deuxième livre la pensée de mon domaine et de ses trajets projetés. Mon deuxième livre s’assoit à table avec moi pendant que je contemple &lt;a href=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2012/02/29/mon-domaine-d-hiver.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;mon domaine d’hiver&lt;/a&gt; et que la sensation d’exister malgré l’évanouissement de la pensée me montre, après le livre, le secret de l’&lt;em&gt;intérieur&lt;/em&gt; du livre – d’une matière qui pourra durer éternellement et qu’on n’enfermera pas nécessairement dans un volume.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le guide du chemin de la probabilité n’est qu’un éclair et il faut bien, après le marché et le mur de l’histoire que j’aurai retournée, que je m’aventure au sein de la matière suivante où la probabilité trouvera son deuxième livre. L’idée ne m’est pas encore tout à fait venue de faire ce livre avec la matière de l’histoire, non pas avec le sens du guide ou du chemin, mais avec la contemplation du nœud et du secret, à la limite de l’évanouissement de la pensée comme celui que j’ai connu hier en contemplant de loin les trajets de mon domaine d’hiver.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je répète que le point d’entrée de ce livre (le commencement de cette histoire et le substitut exact de la pensée qui s’évanouit, la marque de la transformation de toute matière du livre et de tout accès à son volume, c’est-à-dire ma propre façon de fabriquer un livre) est la forme de mon destin actuel, ce qui m’arrive maintenant et ce qui explique mon point présent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car si j’ai longtemps mené, dans ma boîte, la critique de l’outil d’écriture du marché en même temps que l’invention de ce dernier et l’expression directe de sa matière au nom de la contingence qui vient avant et non pas du résultat d’un calcul qui vient après, si la critique de la probabilité m’a mené à cette sortie &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; la matière, où je devais continuer le mouvement au sein de la densité tandis que le monde s’était retourné et que la forme s’était trouvée réduite à la seule concentration d’un événement et à la seule profondeur d’un puits, alors je ne pourrai pas fabriquer un livre comme les autres, alors mon prochain livre de la sortie derrière le mur de l’histoire et de la transformation de la probabilité ne sera plus un recueil, un récit ou une théorie, mais devra reprendre le rôle de guide et de compagnon ; il devra être le témoin et même le représentant du personnage que je deviens en nouant ensemble la ligne du marché et la galerie de l’art.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne ferai ce livre qu’avec la matière de la nouvelle histoire qui aura dépassé le livre, la matière qui me prolonge continûment jusqu’au monde du marché et jusqu’au monde de l’art contemporain. Il y a une ou deux révolutions qui m’attendent, c’est-à-dire deux nouveaux processus industriels, deux nouvelles compréhensions du sens du marché et du sens de l’art. Ce qui indique ce retournement est l’étroitesse du canal du forum, où je ne discute plus la probabilité ou sa fin, mais surprends tout le monde avec de nouvelles images de ma pensée, avec la discussion de mon sujet en Australie (Melbourne) et avec l’incidence de l’œil de l’artiste sur moi et du monde de l’art sur mon domaine. La répétition de ma pensée doit surgir comme la &lt;em&gt;forme&lt;/em&gt; même de la matière nouvelle.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le livre provient de ce qu’il doit rassembler, et si l’ensemble ou la collection est le premier degré de l’abstraction, si celle-ci vient comme elle veut, cela ne voudra-t-il pas dire que le livre à venir vient également de son propre cœur, de son propre gré et de son propre caprice – de son hasard propre ? On n’a pas fini de capturer les angles où la pensée, dans un livre, s’accroche à la matière ; on n’a pas encore conclu si le livre était entièrement fait de pensée ou de matière ou de quel mélange ou dosage exact des deux. Quelle que soit la réponse à cette question, ne puis-je pas imaginer d’ores et déjà le livre d’après l’épuisement de la matière et l’évanouissement de la pensée ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Est-ce une question d’étendue ou de durée ? Mon domaine ne s’étend-il pas à perte de vue (et justement de pensée) et ne dure-t-il pas éternellement, si justement je le contemple en m’évanouissant, si je me repose à sa simple idée et me libère intérieurement, si je tombe lentement à l’intérieur de moi comme une ruine, si la &lt;em&gt;stratégie de mon domaine d’hiver&lt;/em&gt;,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;- c’est-à-dire la combinaison exacte des trajets que j’ai employés, des sommets que j’ai reliés, et jusqu’à l’alternance, sur la route même, du vain et du concret, du canal qui guide encore la roue du vélo et de la perte subite d’adhérence qui envoie cette roue tourner en toute liberté vers sa fortune de travers, vers le pivotement entier du sens du chemin, vers le mouvement inédit de la selle qu’on envoie promener en travers du chemin,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;- c’est-à-dire la construction d’une pensée qui n’a plus rien du volume et de la série de conditions qui organisent d’habitude les livres en hiérarchies emboîtées et qui ne connaît plus que le processus matériel d’avancer – le fil matériel de la stratégie qui se reposera bientôt dans la pensée du seul nœud et de la seule bobine, laquelle me contemplera alors depuis le cœur du domaine de même que je contemplerai, de mon siège, l’idée du prochain livre,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;si la stratégie, donc, devenue la plus fine et la plus évanouie, se substitue progressivement à l’étendue et à la &lt;em&gt;mesure conventionnelle des ensembles&lt;/em&gt; – ce qu’on appelle encore la probabilité et qui restera un secret, ou la moitié de la réalité, tant que ne sera pas venue la compléter la loi des grands nombres, dont je réalise aujourd’hui qu’elle est l’effet de la matière qui est pressée dans le cœur même du formalisme, la répétition infinie de la contingence de la face du dé qui n’a de toute façon, lorsqu’elle est confrontée à la réflexion infinie des faces de miroir du formalisme, que l’infini de la répétition comme seule expression et seule sortie ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a une alchimie. Pour régler mon expression définitive et ma sortie finale, pour m’étendre finalement dans la seule matière qui reste – car rien n’est aussi inimitable que la matière, et j’aurai trouvé mon art et maîtrisé mon domaine, j’aurai fini de laisser s’évanouir ma pensée dans son dernier argument, lorsque je trouverai la matière propre où je pourrai, pour finir, me reposer et m’étendre –, il faut que je réorganise l’&lt;em&gt;introduction à la probabilité&lt;/em&gt;, il faut que je me saisisse d’abord de la loi des grands nombres et que je m’aperçoive que celle-ci ne vient pas de l’extérieur ou de la population, qu’elle ne vient pas de la succession ou de la chronologie, mais bien du seul cœur de la matière, une fois qu’on a réalisé que celle-ci n’avait qu’un seul sens et qu’un seul trait, ceux de la contingence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La loi des grands nombres ne fait qu’exprimer l’infini qui est contenu dans l’intervalle de pensée qu’on pense la plus courte et la plus directe possible. On pense qu’il n’y a qu’un pas entre la variable aléatoire qui représente la possibilité des six faces du dé et le dé lui-même, constitué en matière réelle, que l’on va jeter. On oublie que le regard qui se jette sur le dé n’y parvient qu’en comprimant dans le regard un infini combat et un conflit incessant entre le cœur de matière du dé qui rassemble les six faces à égalité (ou selon le biais indiqué par la masse) et l’&lt;em&gt;image &lt;/em&gt;du dé, qui est la seule façon réelle de le penser, je dirais même l’expression, la sortie, du dé, qui est qu’il est toujours envisagé, quoi qu’on fasse, comme une partie du monde où il entre et qui donc l’arrête sur une face, et non pas comme une partie de soi-même, compacte et refermée. Le dé matériel est une chose et non pas un objet.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’objet du dé appartient à l’&lt;em&gt;univers des possibilités&lt;/em&gt; (ce n’est pas pour rien que la théorie des probabilités admet ce vocable), tandis que la chose du dé, qui a donc une chance et un prix (et non pas une valeur ou une probabilité), appartient au monde et ne peut ainsi que s’arrêter sur une face. Le dé que l’on jette appartient au monde et constitue une même continuité avec sa matière contingente, c’est pourquoi le dé est en réalité toujours envisagé au repos, posé sur une face, et quand bien même la pensée, perdue ou trop réfléchie, ne le réaliserait pas, la pensée du dé-dans-le-monde est qu’il soit ainsi &lt;em&gt;jeté&lt;/em&gt; et ainsi posé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La pensée du dé n’est pas complète tant qu’elle se laisse tirer (et ralentir et enfermer) par l’idée de l’objet et des multiples possibilités. (Je ne sais pas qui, le premier, a pensé le dé comme suspendu dans ses possibilités, exilé dans son univers d’objets, et l’a retiré du monde où il n’admet, comme trait contingent, comme matière réelle, qu’une seule face.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’univers d’objets et de possibilités ne connaît pas de conflit. Il ne connaît pas le dé matériel. C’est dans la &lt;em&gt;vision du monde&lt;/em&gt;, lorsque celle-ci plonge jusqu’au dé, que se superposent la pensée que le dé, en tant que chose dans le monde, n’a qu’une seule face sur laquelle il est posé et qu’il n’est pas pensable autrement en réalité – et ne l’a, d’ailleurs, jamais été – et la pensée que cette face en est une parmi d’autres et donc qu’elle aurait pu être différente. Cette superposition qui est plus que la combinaison de deux pensées, qui est leur fusion et même leur chimie propre, ne peut alors &lt;em&gt;réellement&lt;/em&gt; s’exprimer que dans l’infini de la répétition.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car la face, que le dé présente au monde en tant que chose du monde, veut sortir et veut se distinguer ; elle veut se présenter. Elle ne pourra ainsi briser le cercle du dé et passer &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; les multiples possibilités que rassemble l’&lt;em&gt;unicité&lt;/em&gt; du dé, elle ne pourra &lt;em&gt;réaliser&lt;/em&gt; le dé, c’est-à-dire devenir l’&lt;em&gt;unique&lt;/em&gt; face qui aurait pu être différente (cet &lt;em&gt;un&lt;/em&gt; qui n’est pas multiple, comme peut l’être la possibilité, ou alors qui est multiple d’une façon qui reste entièrement à soupeser et qui ne se grave, à mon sens, que dans le seul médium susceptible d’accueillir la &lt;em&gt;gravité&lt;/em&gt; particulière de la contingence et qui est l’écriture, dont l’autre face, qui revient à la même, est l’échange), qu’au prix de la décomposition de l’unité du dé en tant qu’objet (l’ensemble de possibilités) par l’&lt;em&gt;unité&lt;/em&gt; du dé en tant que chose (l’unité de sa face), qu’au prix de la décomposition de la formule chimique infinie du dé qui a rassemblé les six faces dans l’unité de la probabilité et dans une unique distribution de masse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le prix de cette décomposition est la séquence infinie où l’infinie fermeture du dé (le dé infini car non lancé) se traduit en la trace infinie de toutes les faces qui sont sorties dans les proportions qui y étaient enfermées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dès lors que le dé réel est envisagé, sa réalité nous impose la probabilité égale à 1. Il faut rechercher une probabilité égale à 1 et tendre vers elle. La réalité du dé est qu’il est posé sur une seule face, mais de dire que cette face est la seule n’est pas toute la réalité ; la réalité est qu’elle aurait pu être différente. Ce qui complète le compte de la probabilité jusqu’à la réalité, jusqu’à 1, c’est donc la séquence entière, où les faces se seront réalisées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, la loi des grands nombres ne précise pas l’ordre particulier de présentation des différentes faces. Seule la fréquence globale compte. La réalité matérielle du dé ne s’exprime qu’au prix de la non identification de la face ou de la séquence particulière (cette totale symétrie entre les diverses séquences est d’ailleurs la traduction naturelle de la symétrie du dé enfermé dans son infini et dans le non lancer) ; et c’est bien parce que la séquence particulière n’est pas identifiée que la chronologie est en réalité une illusion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il ne faut pas imaginer la séquence comme une série temporelle de coups de dés, mais comme une &lt;em&gt;expression&lt;/em&gt; &lt;em&gt;logique&lt;/em&gt;, le résultat du passage de l’un-contingent de la face avant l’un-possible du dé, le passage de la chose avant l’objet. La séquence infinie est la seule manière de &lt;em&gt;réaliser&lt;/em&gt; le dé et de trouver une probabilité égale à 1. Ainsi faut-il dire : « Le dé est bien réel et la probabilité est donc égale à 1.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La fin de la probabilité est donc équivalente à la fin de la chronologie et une fois que j’aurai établi la loi des grands nombres comme la seule expression de la matière contingente, une fois que j’aurai établi le contact avec cette matière-là, je pourrai passer d’un pas à la mienne, à mon propre dé qui n’aura jamais qu’une seule face – non pas qu’il serait posé, mais c’est que le nombre de ses faces est proprement illimité (non délimité).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je n’ai pas besoin de la séquence et je n’ai pas besoin de me répéter. Le seul fait que je me concentre en un point et que ma pensée s’évanouit dans son argument, le seul fait que la&lt;em&gt; stratégie de mon domaine d’hiver&lt;/em&gt; m’enlève toute prétention à l’ordre du chapitre et à la taille du volume, cela seul suffit à faire de la matière présente, que j’ai rejointe, une répétition unique. Il y a une alchimie, et je devrais trouver cette fois la nouvelle matière dont les livres sont faits.&lt;/p&gt;
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            <name>Ariane</name>
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        <title>Vive le slow (food et autres), le blog ralentit un peu !</title>
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        <updated>2012-01-29T16:03:21+01:00</updated>
        <published>2012-01-29T16:03:21+01:00</published>
        <summary>  Merci&amp;nbsp;à vous tous et toutes&amp;nbsp;qui me faites le grand bonheur de me...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://ariane.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-642908&quot; style=&quot;margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; float: right;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ariane.blogspirit.com/media/01/00/2251260959.jpg&quot; alt=&quot;Fotolia_©Natalia Pavlova.jpg&quot; width=&quot;343&quot; height=&quot;257&quot; /&gt;Merci&amp;nbsp;à vous tous et toutes&amp;nbsp;qui me faites le grand bonheur de me lire régulièrement (et vous êtes de plus en plus nombreux comme disait un animateur télé). J'espère que le contenu varié, tournant à peu près toujours autour de l'alimentation, vous satisfait toujours.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce blog a été créé en 2008, au moment où je démarrais mon activité. En 2009-2010, je vous livrais un &quot;&lt;a href=&quot;http://ariane.blogspirit.com/archive/2009/10/19/un-plaisir-gourmand-par-jour.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;plaisir gourmand quotidien&lt;/a&gt;&quot; pour vous inciter à vous faire plaisir en mangeant le plus souvent possible et pour me donner un élan d'écriture. Depuis &lt;a href=&quot;http://ariane.blogspirit.com/archive/2010/11/07/les-plaisirs-gourmands-ont-un-an.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;fin 2010&lt;/a&gt;, j'ai (un peu) ralenti le rythme et vous propose en général 4 à 6 billets par semaine, plus ou moins fournis. Ce ne sont pas les idée qui manquent mais sachez que mon &lt;a href=&quot;http://www.arianegrumbach.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;activité&lt;/a&gt; s'est (heureusement pour moi) largement développée depuis son démarrage et me laisse moins de temps libre. Il est donc probable que les billets de ce blog seront un tout petit peu moins réguliers à l'avenir. Merci d'avance de le comprendre et j'espère que vous lui resterez fidèle quand même !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Photo © Natalia Pavlova - Fotolia.com&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>BlueGrey</name>
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        <title>Misery – Stephen King [1987]</title>
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        <updated>2012-01-17T09:54:00+01:00</updated>
        <published>2012-01-17T09:54:00+01:00</published>
        <summary>  Misery Chastain est morte. Tuée par Paul Sheldon. Qui ne la supportait...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-640341&quot; style=&quot;float: left; margin: 1em 0.3em 0em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/media/01/01/753670647.gif&quot; alt=&quot;Misery, Stephen Kin&quot; /&gt;Misery Chastain est morte. Tuée par Paul Sheldon. Qui ne la supportait plus. Fini les best-sellers romantiques dont elle était l'héroïne ! Enfin libéré de son personnage, l'écrivain Paul Sheldon va pouvoir se consacrer à des romans plus &quot;sérieux&quot;, de la &quot;vrai&quot; littérature !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais pris dans une tempête de neige, Paul est victime d'un grave accident de voiture. Les deux jambes brisées, il est secouru par Annie Wilkes, une ancienne infirmière qui, plutôt que de l'amener à l'hôpital, décide de le soigner chez elle. Car Annie a reconnu Paul, le créateur de son personnage favori, Misery Chastain. Elle se définit même comme &quot;son admiratrice numéro 1&quot; ! Et elle est bien décidée à le pousser à ressusciter Misery, quitte à employer des moyens extrêmes pour l'en convaincre, si nécessaire. Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n'a pas le choix...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je trouve que Stephen King n'est jamais aussi efficace dans l'épouvante que quand il ne recourt pas à l'artifice du fantastique. Ni montres, ni fantômes dans &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Misery&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, juste de la tension qui va crescendo, de l'angoisse qui petit à petit vire à la paranoïa, à la terreur pure ! Car malgré un début un peu lent, &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Misery&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est un huis-clos particulièrement efficace et effrayant, parfois même dérangeant et presque insoutenable lors de certaines scènes généreuses en hémoglobine. Le récit de cet homme immobilisé qui se retrouve livré à la merci d'une femme que l'on soupçonne à tout moment sur le point de basculer dans la folie absolue est vraiment terrifiant ! A la fois horrifié et fasciné, on assiste, impuissant, à cette descente aux enfers démente où la torture psychologique imposée à Paul devient presque plus insupportable que sa souffrance physique, le menant lui-même au bord de la folie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La caractérisation des deux personnages principaux est remarquable, autant celle d'Annie qui révèle petit à petit une personnalité noire et complexe, que celle de Paul Sheldon et son dilemme ; souffrir atrocement mais rester maître de son œuvre ou voir sa souffrance apaisée mais abdiquer sa liberté de créateur ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ainsi Stephen King entrecoupe les moments terrifiants de son récit d'intéressantes observations sur la l'écrivain et son public, et sur le processus créatif : sa force d'attraction, ses défis, ses satisfactions et ses déceptions, l'angoisse de la page blanche, la crainte de décevoir son lectorat, la peur d'être &quot;dépassé&quot; par son héros...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Misery&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; est donc à la fois un très bon roman d'horreur, vraiment terrifiant (et doté d'une touche appréciable d'humour noir), et une intéressante réflexion sur l'écriture.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;______________________________&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; margin: 0em 0em 0em 0;&quot; src=&quot;http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/images/etoiles/e%2040.gif&quot; alt=&quot;e%2040.gif&quot; /&gt; Stephen King, &lt;em&gt;Misery&lt;/em&gt;, traduit de l'anglais par William Desmond, éd. Le Livre de Poche, coll. fantastique, 2002 (1987), 391 pages, 6,50 €.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;Du même auteur : &lt;a href=&quot;http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2007/08/01/marche-ou-creve-stephen-king-1979.html&quot; target=&quot;_self&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Marche ou crève&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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            <name>BX</name>
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        <title>PUBLISHROOM lance son 1er concours d'écriture ”Les Chroniques Urbaines”</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.bernardxavierspokojny.fr/archive/2012/01/11/publishroom-lance-son-premier-concours-d-ecriture-et-de-crea.html" />
        <id>tag:www.bernardxavierspokojny.fr,2012-01-11:2520957</id>
        <updated>2012-01-11T11:01:00+01:00</updated>
        <published>2012-01-11T11:01:00+01:00</published>
        <summary>  Sous des genres aussi différents que sont le roman, le journal, la poésie,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://www.bernardxavierspokojny.fr/">
          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 90%; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 90%; font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Sous des genres aussi différents que sont le roman, le journal, la poésie, le carnet de voyage, la bande-dessinée,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 90%; font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;le reportage photo, l’illustration, le témoignage, la nouvelle,... Les auteurs-candidats au concours doiven&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 90%; font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;t présenter une œuvre sur le thème des chroniques urbaines, exprimant un rapport fort avec la ville (une ville natale, une ville visitée ou tout simplement aimée).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Date de lancement du concours : &lt;strong&gt;lundi 16 janvier 2012.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Date limite de dépôt des œuvres auprès de PUBLISHROOM :&lt;strong&gt; jeudi 15 mars 2012.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Date de publication des résultats : à partir du &lt;strong&gt;lundi 16 avril 2012.&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;1er prix : 1 billet d’avion aller et retour Paris-San Francisco sur la compagnie &lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;XL Airways France pour deux personnes, &lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;en classe économique, entre le 26 mai et le 26 juin 2012 -&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;et - un contrat d’édition LE TEXTE VIVANT.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;2ème au 5ème prix : un contrat d’édition LE TEXTE VIVANT.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;La participation au concours est gratuite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Age minimum pour participer : 15 ans, les mineurs devront fournir une autorisation parentale de participation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Nationalité des participants : Internationale - Langue : Francophone&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Qualité requise pour participer : aucune, ouvert à tous les auteurs ayant déjà été édités ou non.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Envoi de l’œuvre : L’œuvre, d’un minimum de 75 000 caractères (espaces non compris) ou 50 pages A4, sera envoyée par mail à &lt;a href=&quot;mailto:concours@publishroom.com&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0a0a0a;&quot;&gt;concours@publishroom.com&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, sous format Word, PDF, jpeg, ou sur support vidéo pour œuvres multimédia, avant le 15 mars 2012.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;Standard&quot; style=&quot;text-align: justify; tab-stops: 35.45pt 70.9pt 106.35pt 141.8pt 177.25pt 212.7pt 248.15pt 283.6pt 319.05pt 354.5pt 389.95pt 407.0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;Règlement du concours disponible sur : &lt;a href=&quot;http://www.blog.publishroom.com&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Lienhypertexte1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black;&quot;&gt;www.blog.publishroom.com&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;FormatlibreB&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times; font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;FormatlibreB&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: 'times new roman', times;&quot;&gt;PUBLISHROOM est un éditeur 100 % numérique qui promeut, et diffuse les auteurs qu'il choisit, par sa Maison d’édition «Le Texte Vivant».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;FormatlibreB&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: 'times new roman', times;&quot;&gt;PUBLISHROOM lance au 1er trimestre 2012 une plateforme communautaire de création et de distribution de livres numériques :&lt;a href=&quot;http://www.publishroom.com&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Lienhypertexte1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #110c0c;&quot;&gt;www.publishroom.com&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 6.0pt; text-align: justify; line-height: normal; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: 'times new roman', times;&quot;&gt;PUBLISHROOM offre aux auteurs un nouvel espace de liberté, ouvert sur toutes les formes&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;d’écriture multimédia, et, donne accès aux lecteurs au processus de création des œuvres numériques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: 'times new roman', times;&quot;&gt;Par sa Maison d’Edition, &lt;span style=&quot;color: #110c0c;&quot;&gt;LE TEXTE VIVANT&lt;/span&gt;, PUBLISHROOM édite (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;à compte d’éditeur&lt;/span&gt;) des œuvres choisies, issues de la plateforme de création PUBLISHROOM, mais aussi des collections originales de livres numériques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: .0001pt; text-align: justify; line-height: normal; tab-stops: 35.4pt 70.8pt 106.2pt 141.6pt 177.0pt 212.4pt 247.8pt 283.2pt 318.6pt 354.0pt 389.4pt 424.8pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: 'times new roman', times;&quot;&gt;Depuis décembre 2011, le blog &lt;a href=&quot;http://www.blog.publishroom.com&quot;&gt;&lt;span class=&quot;Lienhypertexte1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-ansi-font-size: 11.0pt; color: black;&quot;&gt;www.blog.publishroom.com&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; en lien étroit avec les réseaux sociaux, réunit la communauté des PUBLISHROOMERS autour de concours d’écriture et de création, et, de focus sur l’actualité du livre...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
            <uri>http://apreslemarche.blogspirit.com/about.html</uri>
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        <title>Le forum de Rome</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2011/10/04/le-forum-de-rome.html" />
        <id>tag:apreslemarche.blogspirit.com,2011-10-04:2405904</id>
        <updated>2011-10-04T16:32:00+02:00</updated>
        <published>2011-10-04T16:32:00+02:00</published>
        <summary> J’ai été ravi d’apprendre que le forum romain était d’abord envahi, à Rome,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;J’ai été ravi d’apprendre que le forum romain était d’abord envahi, à Rome, par la place de l’échange et par le marché, avant que la république n’y érigeât ses monuments et que les empereurs n’y alignassent leurs défilés et leurs triomphes, et seulement après que le créateur de la ville de Rome eut jugé bon d’assécher le marais qui remplissait la vallée entre les sept collines.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est la seule pensée élémentaire qui me vient ce matin, sachant que je suis descendu sur le pavé de Rome afin de m’isoler et d’expérimenter sur moi la &lt;em&gt;pression de Rome&lt;/em&gt;, le poids de son âge et la densité de sa pierre – ce que, par réaction organique ou par un phénomène de rejet, l’époque romaine et l’histoire éternelle de cette ville allaient me faire cracher.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne supporte plus Rome et je me demande, dans ces espaces qui sont envahis par la population et par la statistique (par la foule de touristes) et qui ont perdu toute forme et qui ont perdu le sens, à quoi cela sert encore d’apprendre la ruine ou quels maîtres se sont succédé là à l’époque romaine. À moins qu’on me montre que la ruine fait encore office de livre et qu’en l’ouvrant – en pénétrant par exemple dans l’enceinte du Sénat de Rome – on visite encore l’événement de la république et on rejoint le &lt;em&gt;processus géographique&lt;/em&gt;, on s’associe à l’idée de Rome avec un nouveau volume et un nouveau livre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment expliquer, autrement, que je perde, à Rome, tout le sens de ma vie et même celui de l’écriture, qui est justement une ruine ? J’avais envisagé l’arrêt de l’écriture sous la forme d’un obstacle soudain ou d’une invalidité qui la frapperait – car tout accident qui laisserait passer l’écriture ne sera, au contraire, qu’un prétexte pour la redoubler d’intensité, sachant que la question n’est pas encore réglée du démembrement du &lt;em&gt;corps&lt;/em&gt; de l’écriture :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;à savoir que si je devais perdre l’usage de mes mains, à l’image des statues du forum de Rome auxquelles on a parfois ôté la tête ou les mains pour les faire servir, ailleurs, de trophées ou d’objets décoratifs, ou pour les empêcher de servir le symbole auquel elles étaient attachées, mais garder ma tête cependant, la question serait si je continuerais d’écrire ou si l’écriture ne serait pas justement, en tant que ruine, un processus historique et matériel qui devra passer par la main&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;puis j’avais imaginé que j’arrêterais d’écrire en tombant dans le vide, ce que j’avais redouté qu’il m’arrivât cet été au Liban, quand c’est le contraire qui s’est produit en réalité et que j’ai trouvé dans le vide mille occasions de continuer d’écrire et mille extrémités – ce que j’avais appelé la &lt;em&gt;convergence de l’intégrale stochastique&lt;/em&gt;, ou un croisement de la &lt;em&gt;trace&lt;/em&gt; et du &lt;em&gt;projet&lt;/em&gt; qui n’aurait pas lieu conceptuellement (comme est seulement capable de l’imaginer la théorie de la probabilité), mais en plein cœur de la matière, et donnerait même l’accès, après l’infini du croisement, à la matière nouvelle du marché dont la géométrie serait propre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’étais même allé jusqu’à décrire ma station à l’hôtel &lt;em&gt;Palmyra&lt;/em&gt; de Baalbek comme la signature même de l’été et comme la pointe de ma nouvelle technologie d’écriture, puisque, de l’arrangement particulier entre la matière soustraite des colonnes en ruines et la matière soustraite du service de l’hôtel, allait justement se produire la surface où je me glisserais pour écrire et pour apposer, en ce lieu, ma ruine particulière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;(Or, je ne découvris pas là une mine ordinaire, et le minerai de l’écriture que j’ai pu extraire au balcon du &lt;em&gt;Palmyra&lt;/em&gt; ne fut pas transportable ou reproductible ailleurs. J’en veux pour preuve que je m’arrête enfin d’écrire à Rome, à l’endroit où l’on aurait pu penser que la multiplication de l’histoire et la ligne éternelle au contraire favoriseraient les miennes.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après la crainte de l’obstacle net et l’horreur du vide, c’est ainsi par la dissolution dans une foule d’écritures, par une indistinction de mon trait dans un surplus de traits, par un problème ontologique que je finirai par avoir avec la ruine et que je n’avais pas prévu avant d’arriver à Rome, que l’époque de l’écriture se retournera contre moi et que la ruine se vengera en m’étouffant dans l’écriture.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans aller jusqu’au fond du problème et sans toucher le sujet (car il faut bien s’appuyer sur le sujet pour écrire&amp;nbsp;: sur ce que Barthes appelle la &lt;em&gt;matière subjective&lt;/em&gt;), je pourrais, dans le sens courant de l’écriture, je veux dire, celui qui court et qui s’affole, me demander, comme l’a déjà fait ma fille, si je pourrais vivre à Rome et où je pourrais alors courir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car l’écriture, pour surnager ici sur un océan de traces, et si une convergence merveilleuse comme celle d’hier n’en produit pas le sujet une deuxième fois à partir de rien, comme elle l’a fait la première fois, hier, par la circonstance exceptionnelle de mon &lt;a href=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2011/09/26/marcher-a-rome.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;premier réveil à Rome&lt;/a&gt;, à partir du simple croisement de deux attitudes, l’une passée et l’autre future, au fond d’un intervalle dont l’étroitesse constituait à la fois la continuité et toute l’improbabilité, n’aura d’autre choix, aujourd’hui, à Rome, que de courir dans tous les sens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et ainsi l’éternité de la ville de Rome aura joué contre moi dans le sens qui n’était pas prévu, celui qui retourne le sens de la ruine et s’oppose même à ce qui s’opposait, dans la ruine, à la logique même, et au lieu que l’éternité m’arrête en arrêtant le temps, au contraire, à Rome, elle l’a multiplié. Car ce n’est pas une place pour écrire que je trouve aujourd’hui à Rome, mais mille, et non pas un axe d’écriture que j’extrais aujourd’hui de l’histoire (de l’alignement d’un site en ruines avec le retirement dans un hôtel qui a la face des ruines), mais mille&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;la description de Rome étant, si je devais reconstruire Rome dans mon monde au nom de ma seule logique, que mon inversion des lignes et des frontières au nom de la seule &lt;a href=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2011/03/01/la-visite-du-sens.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;visite du sens&lt;/a&gt; et du seul attardement en face des ruines ne pouvait pas ne pas admettre une singularité et un point de multiplication infinie – à moins que ce ne fût une perversion infinie – et que ce gouffre de ma logique, ce trou absolu où je devais absolument éviter de tomber, étant constitué comme je le suis et détaché comme je le suis, justement était Rome.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est par le plus grand désespoir de l’écriture, qui passe par Rome pour en signaler l’affolement, que ma prochaine vie ainsi s’annonce, et si je devais la changer en en modifiant absolument les blocs, si je devais refaire les villes à ma manière et ne retenir de chacune que le degré d’affolement de l’écriture que j’érigerais alors en première unité de la reconstruction envisagée, alors Rome serait la première épreuve&amp;nbsp;; Rome serait pour mon écriture les jeux absolus du cirque, le cercle qui n’a pas d’âge et où tout peut arriver&amp;nbsp;: la mort, le combat ou la bête sauvage, et où le public est avant tout invité pour rencontrer, à travers l’événement, son empereur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans doute, si je poursuivais jusqu’au bout ma logique de l’improbabilité et de l’imprévision, celle qui me fait &lt;em&gt;marcher&lt;/em&gt; et dont j’ai réalisé, hier, en circulant sur le forum de Rome, que le mot de «&amp;nbsp;marché&amp;nbsp;» n’était pas la moindre invention (la logique qui relit le marché comme une catégorie de la pensée et dont le seul témoin est la multiplication du mot «&amp;nbsp;marché&amp;nbsp;» dans mon écrit ainsi que la multiplication de sons sens), l’histoire et les villes ne s’enchaîneraient plus de la même manière (en tout cas les touristes en seraient définitivement éliminés) et quelque chose comme la &lt;em&gt;reconstruction de Rome&lt;/em&gt;, que j’envisage au seul nom de l’affolement de l’écriture et de sa multiplication par sa propre trace (merveilleuse, un jour, et absolument catastrophique, le lendemain), en émergerait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le temps et la probabilité n’ont pas le même sens, dans ma logique, que celui de la logique ordinaire, et la ruine y est, par conséquent, la plus vivante, c’est-à-dire la plus &lt;em&gt;brisée&lt;/em&gt;, la plus &lt;em&gt;creusée&lt;/em&gt;, des places. Au nom de cette logique qui fait &lt;em&gt;rester&lt;/em&gt; au lieu de partir ou demeurer, qui fait tomber comme une ruine au lieu de bouger, qu’imaginer que Rome serait alors&amp;nbsp;? J’imagine qu’à travers la &lt;em&gt;ligne romaine&lt;/em&gt;, une communication s’établirait entre mon site de Baalbek et ma «&amp;nbsp;fuite&amp;nbsp;» (ma course affolée) de Rome, à ceci près que Rome serait l’affolement absolu de la ligne.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai connu l’autre sens du nom «&amp;nbsp;forum&amp;nbsp;», celui qui est le plus étroit et qui m’a aidé, cet été, à perdre toute raison que je pouvais avoir de bouger et d’avancer dans mon travail. J’ai perdu un temps infini, et peut-être même une vie (pour un peu, je perdrais l’éternité, c’est-à-dire le sort absolument multiplié que je réserve à la ville de Rome), à expliquer ce que mon livre n’était pas et à continuer ce discours vide sur la probabilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me suis entêté, sur ce &lt;a href=&quot;http://www.nuclearphynance.com/Show%20Post.aspx?PostIDKey=144145&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;forum &lt;/a&gt;qui usurpait le nom et ne correspondait décidément pas à ma technologie profonde – et qui a même éclipsé, pour un temps, le sens profond et absolument affolé du forum de Rome –, dans la poursuite de la raison&amp;nbsp;; je me suis acharné à y rendre mon livre rationnel ; et de même que j’avais gravi la montagne à vélo dans l’obscurité la plus totale, pour découvrir qu’il n’y avait plus rien au bout de l’ascension et même plus la peine d’expliquer, j’ai trouvé qu’il n’y avait plus personne, ni ami ni ennemi, au sommet de la raison que je m’étais mis en tête de gravir sur le forum de discussion de mon livre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai ainsi négligé ce que mon livre était vraiment&amp;nbsp;: la reconstitution du chemin merveilleux de l’écriture à travers la ruine et la trace et en dehors de la probabilité. Dans ce livre, j’ai décrit des territoires non familiers, que j’ai illuminés d’une seule et même lumière&amp;nbsp;; et aucun de ceux qui m’ont entraîné dans l’ombre, en espérant que je m’expliquerais dans l’ancienne logique et que je cèderais sous la gravité, n’a été sensible à mon étrange lumière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai illuminé tout chemin que laissait tomber la probabilité, et après la chute absolue de l’argument et même de la raison qu’a représentée &lt;em&gt;The Black Swan&lt;/em&gt;, je peux dire que j’ai illuminé un pays entier, une terre inconnue. Si je pouvais, et sans m’expliquer plus avant sur la raison de ce transfert que je ne m’étais expliqué, à l’époque, sur la raison qui m’avait amené à répondre sur ces forums, sans même me redresser d’abord de tout le long de mon livre et de mon argument infini, je m’écarterais d’un seul pas ou d’un seul saut (ce qui signifierait pour moi la plus grande volatilité, de loin la plus méritée), rien que par l’identité des termes, du &lt;em&gt;forum&lt;/em&gt; de discussion où je sombre dans l’obscurité, vers le &lt;em&gt;forum de Rome&lt;/em&gt; où je sombre pour d’autres raisons qui seraient, si je les mesurais, que je sombre dans la folie de l’écriture multipliée (ce que j’ai appelé m’étouffer dans l’écriture).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au seuil absolu de ce jour où je ne trouve plus rien à écrire, je déclarerais ainsi ouverte l’époque où &lt;em&gt;je vais enfin pénétrer dans mon livre et l’expliquer&lt;/em&gt;. C’est-à-dire que je l’expliquerai à la lumière de Rome, qui est à la fois le contraire de l’obscurité et de la raison pour la raison que là, au seuil du forum de Rome, l’écriture s’est arrêtée par l’excès plutôt que par le manque et que la question de la ruine plonge ici tellement dans son propre fond que, du fond de la question qui n’est rien et qui ne fait rien d’autre qu’entraîner la raison, et par la seule force de l’accélération, se créera toute seule une nouvelle matière et le moment de décider d’écrire succèdera au moment du rêve – lequel aura fait, tout seul, comme une sorte d’entonnoir, que je me suis réveillé dans la densité et non pas dans le vide, avec l’impression que ma matière m’avait précédé, que mon sujet de l’écriture était déjà &lt;em&gt;resté&lt;/em&gt; (reposé, tombé déjà comme une ruine éternelle) et que, sur lui, je pouvais parfaitement m’appuyer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ne pas pouvoir &lt;em&gt;vivre&lt;/em&gt; à Rome, cela voudrait dire que la visite de l’événement et du sens serait pour moi, dans cette ville éternelle, infiniment multipliée ; et ne pas pouvoir &lt;em&gt;écrire&lt;/em&gt; à Rome à cause de l’infinité des axes de l’écriture, cela voudrait dire que je recommencerais d’écrire et que je trouverais enfin la clé pour entrer dans l’histoire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais y entrer de ma manière métamorphosée, avec ma façon de relire l’histoire et de réinterpréter le monument et la ruine, avec ma poursuite de l’argument de l’imprévision et de l’improbabilité qui ne trouve pas, à la sortie de mon livre et à mon entrée dans le forum de Rome, son épuisement comme je le craignais, mais au contraire, sa chute infinie, c’est-à-dire son commencement absolu.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je devrais ainsi, dans un approfondissement du point où j’ai découvert, sur le forum de Rome, que le marché était venu là en premier – ce qui voudrait dire&amp;nbsp;: avant l’histoire, avant la république, avant la représentation et avant l’alignement, avant le défilé et la succession des monuments, avant que le public ne&amp;nbsp;se range d’un seul côté de l’histoire et ne soit convié au spectacle de son déroulement que le cirque parfois contribuera à rendre circulaire c’est-à-dire sans fin (où, me dit-on, la vision de l’empereur sera donnée à la foule de mortels en même temps que sera donnée la mort ou la vision des bêtes sauvages), avant l’avènement de la probabilité, qui vient avec la délimitation des états et l’imagination d’une transition ordonnée (car la probabilité n’est que cette image superficielle de la pensée où l’extérieur ne fait que réfléchir l’extérieur) et certainement avant l’arrivée des touristes –, c’est-à-dire dans un approfondissement de l’&lt;em&gt;étude &lt;/em&gt;de l’histoire et de la création de cette ville éternelle mais relue à ma manière, je devrais ainsi, en replaçant le marché et le livre dans un ordre qui n’est pas forcément celui de la chronologie et&amp;nbsp;en profitant de l’infini de l’écriture de Rome qui ne me servira en l’occurrence qu’à &lt;em&gt;rendre infini le point&lt;/em&gt;, justement faire surgir mon monument, ma prochaine ville, mon prochain livre et ma prochaine construction à partir de ce seul point&amp;nbsp;; l’infinité du plan historique de Rome n’étant pas assez impressionnante devant l’étroitesse de la voie et de l’intervalle qui n’appelle que moi pour m’empêcher d’écrire ici l’histoire d’une découverte et un récit dont je serais le conducteur principal.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rome serait ainsi mon avènement d’empereur, ma montée aux origines de l’empire qui m’a fait écrire à Baalbek&amp;nbsp;; car rien ne dit – et l’histoire de Rome elle-même ne l’interdit pas – qu’un empereur ne marchera pas dans le forum de Rome et dans le défilé de la victoire, qui ne soit pas né à Rome&amp;nbsp;; un empereur originaire de Syrie comme Héliogabale, dont j’ai dû matérialiser l’image pour F. V. au moment où j’avais posé le pied en Europe et peu après qu’il eut rêvé cette succession des noms et des origines, ce cinématographe de la pensée&amp;nbsp;; la &lt;em&gt;volatilité infinie&lt;/em&gt; que je connais à Rome, cette succession du saut dans l’infini du point et de l’arrêt sous l’infini de l’écriture, étant ainsi la meilleure preuve de mon commencement absolu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le premier trait passe ainsi par Rome&amp;nbsp;; c’est juste qu’il me faut la force de l’âge et un discernement infini pour isoler, dans sa densité infinie, la ligne que je pourrais saisir. Dans ma logique intensive, non probabiliste, non historique, qui plonge dans l’histoire comme un seul et unique puits (une infinie négociation) et où la ruine ne tombe et ne se fracture que pour ouvrir le champ à une ruine plus grande en attendant la ruine infinie, mon accession à la ruine de Baalbek serait ainsi le fil conducteur de mon accession à la ruine et au &lt;em&gt;forum&lt;/em&gt; de Rome&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;et si j’ai été l’empereur des colonnes de Jupiter et régné absolument sur ce balcon distingué du &lt;em&gt;Palmyra&lt;/em&gt; que la matière creuse du service labyrinthique avait su arranger pour moi et même laissé à m’attendre en face des ruines de Baalbek, alors, par un prolongement du fil qui ne sera pas une extension mais un &lt;em&gt;forcing&lt;/em&gt; de la logique, je serai &lt;em&gt;a fortiori&lt;/em&gt; l’empereur de Rome, et même la matière que je recherche et la transformation de l’époque que j’attends devraient-elles consister à &lt;em&gt;écrire le livre&lt;/em&gt;,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;c’est-à-dire à créer la république, à réarranger le monument, l’histoire, la succession de victoires et d’événements qui feront que je serai l’empereur du &lt;em&gt;forum de Rome&lt;/em&gt; et que je rejoindrai le point de commencement où les lignes infinies sont nouées en un seul point, en dehors de la probabilité et de la façon classique de raconter.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>Marcher à Rome</title>
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        <updated>2011-09-26T11:39:00+02:00</updated>
        <published>2011-09-26T11:39:00+02:00</published>
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          &lt;p&gt;Rome est tellement vieille (on dit quâelle est Ã©ternelle) que dans mon sommeil jâavais lâimpression de tomber dans un intervalle sans fond qui devenait de plus en plus Ã©troit et que jâaurais pu appeler le &lt;em&gt;fond de lâÃ¢ge&lt;/em&gt;, mais qui sâinterprÃ¨te aujourdâhui, Ã  cette pÃ©riode que jâai atteinte de lâÃ¢ge de mon Ã©criture et que jâappelle celle de la&lt;em&gt; rentrÃ©e&lt;/em&gt;, comme une course entre la pointe de ma technologie et son Ã©poque, entre la pointe de mon Ã©criture et le jour qui ne tarderait pas Ã  poindre et Ã  me prÃ©cipiter en dehors de la chambre dâhÃ´tel, dans la ville Ã©ternelle, Ã  la recherche de la place oÃ¹ mâinstaller pour Ã©crire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon rÃªve nâavait pas de fond, et ce nâÃ©tait pas en rencontrant la matiÃ¨re que jâallais franchir le pas vers lâobjet et vers la rÃ©alitÃ©, sauter de lâautre cÃ´tÃ© de la nuit (qui devenait aussi courte quâun intervalle de pensÃ©e) en dÃ©clarant trouvÃ© lâobjet qui allait me faire Ã©crire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La sortie ne pouvait se faire que dans lâ&lt;em&gt;extrÃ©mitÃ© de lâabstraction mÃªme du rÃªve&lt;/em&gt; qui emportait mon corps. Car le rÃªve, si on lâinterprÃ¨te comme un intervalle et comme un processus, peut trÃ¨s bien passer pour lâeffort de la pensÃ©e de sortir du corps, câest-Ã -dire essentiellement pour un effort dâabstraction, le rÃªve sâinterprÃ©tant ainsi comme la premiÃ¨re pensÃ©e et la premiÃ¨re pression interne, comme la direction premiÃ¨re de lâabstraction ou lâ&lt;em&gt;origine&lt;/em&gt; mÃªme de la pensÃ©e que lâon aura plantÃ©e dans le corps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il fallait ainsi, dans lâaccÃ©lÃ©ration de ma chute qui nâexplorait plus, dans le principe dâÃ©quivalence, que le cÃ´tÃ© de la gÃ©omÃ©trie et non plus de la matiÃ¨re, que je dÃ©passe mÃªme le temps et que je trouve la sortie avant que vienne lâinstant oÃ¹ je devrais me rÃ©veiller Ã  lâheure programmÃ©e&amp;nbsp;; ce qui fait que le processus de sortie, essentiellement constituÃ© de lâabsence de matiÃ¨re et de lâaccÃ©lÃ©ration qui la remplaÃ§ait et qui nâÃ©tait due quâÃ  la forme en entonnoir du rÃªve, câest-Ã -dire Ã  la pure gÃ©omÃ©trie et Ã  la pure abstraction&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;â et lâidÃ©e Ã  suivre ici serait dâÃ©tudier la mesure dans laquelle ce voyage Ã  Rome avec ma fille dont lâÃ¢ge me rattrape, dans ce train Ã©ternel qui reformulait lâidÃ©e de voyage et mÃªme de processus, nâÃ©tait pas lui-mÃªme lâ&lt;em&gt;abstraction&lt;/em&gt; mÃªme de lâidÃ©e de voyager en famille, ou encore, par extrapolation, lâabstraction de la famille et par suite de mon propre corps&amp;nbsp;; ce voyage devenant, par transitivitÃ©, lâÃ©quivalent du rÃªve pour moi et la sortie de lâintervalle enfin atteinte oÃ¹ lâattitude &lt;em&gt;ex-post&lt;/em&gt;, cette rÃ©sultante de la sÃ©rie de lâÃ©criture, cette veille au chevet de la trace, ce recueil et ce recueillement, doublerait et dÃ©passerait enfin lâattitude &lt;em&gt;ex-ante&lt;/em&gt; et lâensemble du projet â,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;sâest assez vite traduit, dans mon rÃªve, en oscillation entre la pointe de lâÃ©criture et le point du jour (cette rÃ©alitÃ© qui allait sâouvrir Ã  moi, dans la ville Ã©ternelle), la certitude se faisant ainsi en moi, pendant que je dormais et par intervalles de plus en plus Ã©troits dont la convergence allait constituer la matiÃ¨re de mon rÃ©veil et me prÃ©cipiter au-dehors Ã  sa recherche, que la tÃ¢che dâÃ©criture Ã©tait depuis longtemps achevÃ©e, que mon texte du lendemain Ã©tait dÃ©jÃ  Ã©crit â en intensitÃ© sinon en extensitÃ© â et que la pointe qui me poussait Ã  lâextÃ©rieur nâÃ©tait pas celle de cette substitution subite qui se produit au milieu de la pensÃ©e et quâon appelle le Â«&amp;nbsp;devoir&amp;nbsp;Â», mais bien la sensation prÃ©cise dâavoir terminÃ© et dâavoir franchi un sommet, dâavoir accompli en un seul point, auquel se rÃ©duisait mon rÃªve avant ma sortie, ce que je passerai lâÃ©tendue de la journÃ©e suivante Ã  dÃ©velopper en lignes et Ã  tisser en carrÃ© et dont la question sera seulement de savoir oÃ¹ exactement le situer dans la ville Ã©ternelle.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rome est tellement vieille quâon nây imagine pas le processus de sortie, qui sâappelle la pensÃ©e, autrement que comme une plongÃ©e au fond de son Ã¢ge et une association de plus en plus serrÃ©e avec sa matiÃ¨re. Si elle est Ã©ternelle, câest que son Ã¢ge nâa pas de fin et que, en tout point oÃ¹ on la considÃ¨re et Ã  tout instant oÃ¹ on y arrÃªte la pensÃ©e, Rome peut aussi bien recommencer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car le processus de pensÃ©e est &lt;em&gt;matÃ©riel&lt;/em&gt; et cette affirmation nâest elle-mÃªme quâun rÃ©sultat de gÃ©omÃ©trie. Câest-Ã -dire que la matiÃ¨re ne se &lt;em&gt;trouve&lt;/em&gt; pas mais se &lt;em&gt;dÃ©duit&lt;/em&gt; et quâavant la matiÃ¨re, qui ne saurait se rÃ©duire Ã  un &lt;em&gt;point de matiÃ¨re&lt;/em&gt; et ne saurait Ãªtre cette abstraction-lÃ , il faut trouver lâ&lt;em&gt;intervalle&lt;/em&gt; (le mÃ¨tre et la gÃ©omÃ©trie) dont la convergence seule donnera la matiÃ¨re. Il faut, pour penser matÃ©riellement, dâabord trouver la pierre et les murs, dâabord trouver la ville oÃ¹ la pensÃ©e sâattache et repousse la matiÃ¨re Ã  lâextÃ©rieur de lâintervalle en se retournant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Câest pourquoi, dÃ¨s ma premiÃ¨re sortie et dÃ¨s mes premiers pas, jâai eu lâimpression, Ã  mon Ã¢ge qui ne se retourne pas et qui ne recommence pas, que cette ville rivalisait avec ma pensÃ©e et que je ne pourrais pas lâoublier&amp;nbsp;; quâil fallait alors, pour la franchir et trouver la matiÃ¨re suivante, soit dÃ©truire tout Rome et imaginer de reconstruire un Ã¢ge nouveau â car si Rome est une abstraction et quâelle est la pensÃ©e ou le rÃªve du corps de lâhomme, alors, en la remplaÃ§ant par une nouvelle ville ou par un nouveau plan qui aurait la dimension dâune ville Ã©ternelle, toute la pensÃ©e de lâhomme pourrait recommencer, une Ã¨re inimaginable pourrait dÃ©buter et un livre entier trouver lÃ  sa genÃ¨se â soit en pÃ©nÃ©trer le secret et parvenir, au cÅur de ma propre pensÃ©e, Ã  un Ã¢ge Ã©quivalent au sien,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;parvenir Ã  lâÃ©ternitÃ© qui me ferait enfin confondre le commencement et la fin, parvenir Ã  la pointe qui me ferait enfin relier la sortie du texte (cette extrÃ©mitÃ© matÃ©rielle que jâatteins aprÃ¨s avoir fini dâÃ©crire, cet instant qui sâapprÃªte Ã  me faire passer au suivant et qui peut sâinterprÃ©ter comme lâabstraction derniÃ¨re de mon corps et comme le principe du rÃªve enfin maÃ®trisÃ©) avec son entrÃ©e&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;lâÃ©ternitÃ© de mon Ã©criture Ã©tant ainsi assurÃ©e (ou encore, lâÃ©quivalence entre ma gÃ©omÃ©trie et la matiÃ¨re de Rome, lâÃ©galitÃ© entre son Ã¢ge et le mien) lorsque je parviendrai, avant dâÃ©crire, Ã  considÃ©rer que jâai dÃ©jÃ  fini et que le texte, aussi Ã©tendu et Ã©laborÃ© soit-il, quâil me reste Ã  extraire du point, nâest, en somme, pas plus dense que le point.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rome est tellement vieille quâon a envie de lui faire jouer, dans le processus de la pensÃ©e, un rÃ´le virtuel qui pourrait passer, Ã  la limite, pour lâabsolu depuis lequel la pensÃ©e dÃ©coule. Si la technologie visuelle devait enfin reprÃ©senter, comme un film dâimages, cela Ã  quoi pourrait ressembler de commencer Ã  penser â cette &lt;em&gt;inception&lt;/em&gt;, Ã  lâimage du film qui porte le mÃªme nom â, câest sans doute Rome qui devrait prÃªter le dÃ©tail de son image.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rome pourrait tellement rÃ©sumer ma pensÃ©e Ã  un seul dÃ©tail de son image quâen la voyant et surtout en y parvenant par ce processus dâabstraction du voyage et de moi-mÃªme qui sâappelle le Â«&amp;nbsp;voyage en train jusquâÃ  Rome&amp;nbsp;Â», je pourrais enfin penser que je recule, je pourrais enfin mâarrÃªter et laisser passer lâimage de ma fille devant la mienne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si Rome est Ã©ternelle, je devrais profiter de lâoccasion de ce voyage Ã  Rome â ce voyage de ma Â« rentrÃ©e en pensÃ©e Â» â et de cette ultime abstraction pour sÃ©lectionner, en pensÃ©e, un ou deux processus qui comptent, pour trouver la matiÃ¨re oÃ¹ commencer Ã  graver &lt;em&gt;pour finir&lt;/em&gt; : une ou deux directions auxquelles me vouer dÃ©sormais.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce nâest pas par un dÃ©faut de ma pensÃ©e que ceux qui me lisent ne rÃ©alisent pas lâimportance de ma dÃ©couverte ou de mon orientation, mais par la simple inadÃ©quation du dÃ©cor : par le thÃ©Ã¢tre inadaptÃ© et les pierres (ou les blocs) que je devrais dâabord arranger pour dÃ©clarer commencÃ© lâÃ¢ge de ma pensÃ©e.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il ne me reste plus, pour finir mes jours, quâun ou deux processus de pensÃ©e&amp;nbsp;; mais ce qui manque, câest le dÃ©cor oÃ¹ les planter. Je devrais reculer devant la ville. Jâai pensÃ© tellement vite que je me suis perdu ; il est temps que je laisse passer la pierre devant moi pour situer ma pensÃ©e.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rome est tellement vieille et la matiÃ¨re sâassocie, en elle, tellement Ã  lâinfini de lâÃ¢ge (une Ã©ternitÃ©) et Ã  lâÃ©troitesse de lâintervalle â car il nây a pas de vide, Ã  Rome, qui ne soit peuplÃ© par les extrÃ©mitÃ©s&amp;nbsp;; il nây a pas de passage, Ã  Rome, oÃ¹ la pensÃ©e nâhÃ©site pas soudain entre sa fin et son commencement, entre la description dâun monde entier ou lâinscription dâun seul trait â quâelle est un &lt;em&gt;mouvement brownien&lt;/em&gt; et quâelle est la &lt;em&gt;marche&lt;/em&gt; de la pensÃ©e, dans un changement de structure du monde oÃ¹ lâapparence de lâalÃ©atoire deviendrait la seule rÃ©alitÃ© et le seul vÃ©ritable principe. Si bien quâau lieu de finir Ã  Rome et de laisser la pensÃ©e aller jusquâÃ  son extinction, je pourrais penser dÃ©jÃ  Ã  la &lt;em&gt;matiÃ¨re suivante&lt;/em&gt;, Ã  la rÃ©alitÃ© inÃ©dite que je dÃ©duirai de lâ&lt;em&gt;infini du processus de Rome&lt;/em&gt;, cet infini fÃ»t-il celui de la convergence de la pensÃ©e vers sa fin et de son intervalle vers lâextrÃ©mitÃ© de lâÃ¢ge, qui est ici celui de lâÃ©ternitÃ© de Rome et de la pierre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les &lt;em&gt;sÃ©ries historiques&lt;/em&gt; ne sâhÃ©ritent de toute faÃ§on que dâune mauvaise origine (une mauvaise source) et dâune mauvaise interprÃ©tation de lâhistoire. Et mon intuition historique de Rome, lâorigine concrÃ¨te de mon voyage en train avant quâil ne soit devenu abstrait, remonte sans doute Ã  la &lt;em&gt;statistique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;de Rome et Ã  la population des touristes. Car il est vrai que câest lâhistoire qui sâaccumule en premier lieu Ã  Rome et que lâÃ©ternitÃ© est avant toute chose celle de ce cycle-lÃ .&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sâil y avait un sens statistique Ã  donner au mouvement de mon Ã©criture Ã  Rome ainsi quâÃ  lâintervalle Ã©troit oÃ¹ je me suis dâabord enfermÃ© pour tenter de dÃ©passer avec lâÃ©criture la somme de matiÃ¨re qui se dÃ©pose ici dans la pierre, il est vrai que la logique de la sÃ©rie et son unitÃ© de compte dÃ©couleraient directement de lâhistoire concrÃ¨te de Rome, celle oÃ¹ nâest pas encore venue percer ma technologie. Mais ce serait compter sans lâ&lt;em&gt;intÃ©grale stochastique&lt;/em&gt; et sans le principe de localitÃ© qui me permet dâÃ©changer les attitudes &lt;em&gt;ex-post&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;ex-ante&lt;/em&gt; et qui fait que je me suis rÃ©veillÃ©, Ã  Rome, comme si ma journÃ©e Ã©tait dÃ©jÃ  finie et que le texte Ã  venir Ã©tait dÃ©jÃ  Ã©crit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Rome est tellement vieille et lâÃ©ternitÃ© de lâÃ¢ge et la densitÃ© de la matiÃ¨re se rencontrent tellement indÃ©finiment en elle, aussi Ã©troit quâon rende lâintervalle, que de cette extrÃªme concentration de la sÃ©rie historique et de la ville concrÃ¨te, il finit par naÃ®tre une &lt;em&gt;abstraction&lt;/em&gt; qui sera conductrice Ã  la nouvelle rÃ©alitÃ©. Je me suis ainsi rÃ©veillÃ© Ã  lâenvers, avec lâimpression dâavoir fini dâÃ©crire â quand je ne faisais quâÃ©merger du vide â et que le gÃ©nÃ©rateur alÃ©atoire nâÃ©tait pas, par consÃ©quent, Ã  infÃ©rer de lâhistoire et de la sÃ©rie statistique mais, Ã  lâinverse, de ma propre Ã©criture et de mon propre &lt;em&gt;prix&lt;/em&gt; de Rome.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le dÃ©tail historique est tellement riche Ã  Rome, et lâintervalle tellement serrÃ©, quâune rÃ©alitÃ© autre que lâhistoire finit par intervenir, un principe moteur qui ne semble dâabord jailli que du seul point et, pour cela, provenir dâune extrÃªme abstraction â comme si le corps sâÃ©tait retournÃ© en pensÃ©e, la matiÃ¨re en gÃ©omÃ©trie et que le voyage en train Ã  Rome Ã©tait un voyage au centre de ma propre tÃªte, Ã  la recherche dâune nouvelle origine pour la pensÃ©e.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lâhistoire est tellement dense, ici, et sâaccumule tellement dans le seul point, quâil nây a plus matiÃ¨re Ã  la &lt;em&gt;suivre&lt;/em&gt; mais quâon peut &lt;em&gt;se lever&lt;/em&gt; dans ce point et marcher dÃ©sormais dans une nouvelle direction&amp;nbsp;; lâextrÃªme densitÃ© du point devenant ainsi une sorte dâÃ©vÃ©nement, et lâextrÃªme localitÃ©, pour celui qui aura su trouver lâinfiniment petit oÃ¹ la somme de lâÃ©criture parvient toujours Ã  rattraper la somme de lâhistoire, une nouvelle surface oÃ¹ la matiÃ¨re historique de Rome le cÃ¨dera, par Ã©quivalence, Ã  la seule future gÃ©omÃ©trie, Ã  un ensemble de feuillets reliÃ©s, de lignes et de trajectoires que jâappellerai, Ã  dÃ©faut dâutiliser pour Rome le nom du &lt;em&gt;marchÃ©&lt;/em&gt;, du nom du &lt;em&gt;livre&lt;/em&gt;&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;la pierre, qui pÃ¨se sur moi, Ã©tant devenue trop lourde Ã  mon Ã¢ge pour que je sache, sans rencontrer dâabord une immense difficultÃ©, comment arranger le dÃ©cor du livre pour annoncer cette nouvelle pensÃ©e et commencer Ã  marcher Ã  Rome.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, le seul livre digne dâintÃ©rÃªt et digne de Rome, Ã  mon Ã¢ge, serait celui oÃ¹ je prolongerais lâimpression de mon voyage en train ou du moins la pensÃ©e de son abstraction â le nouveau retournement de lâÃ©poque que ce voyage signifierait. Car qui a dit que les intervalles du voyage ne seraient pas la nouvelle matiÃ¨re du temps et de lâespace, la nouvelle &lt;em&gt;convergence&lt;/em&gt; que dissimule a priori lâÃ©troitesse de lâintervalle mais qui fera que, de la rÃ©plication parfaite entre lâhistoire et lâÃ©criture, justement due au secret de lâintervalle et Ã  lâinfini de ce processus, justement due au mouvement du train et Ã  lâabstraction de sa ligne au sein du paysage, naÃ®tra la nouvelle rÃ©alitÃ© qui viendra coloniser lâancienne et fera dÃ©sormais rÃ©gner, non plus le volume dâespace ou lâÃ©tendue de temps, mais tout simplement la densitÃ©&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce nâest plus, ainsi, par le rÃ©cit ou le roman que je couvrirai lâespace suivant ou la pÃ©riode qui mâattend&amp;nbsp;; ce nâest plus dâattente, dâespÃ©rance ou de probabilitÃ© que sera constituÃ© mon futur projet mais par le &lt;em&gt;principe dâÃ©troitesse de lâintervalle &lt;/em&gt;qui aura trouvÃ© dans le voyage sa meilleure expression.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;(Car la pensÃ©e mâest venue, Ã  Rome, que la probabilitÃ© suivait toujours lâhistoire et ne parviendrait jamais Ã  la dÃ©passer et la retourner, de la mÃªme maniÃ¨re que les touristes Ã  Rome suivaient les guides et les lignes tracÃ©es sans parvenir Ã  retourner lâÃ©ternitÃ© de Rome en un seul et unique &lt;em&gt;principe de nouvelle rÃ©alitÃ©&lt;/em&gt;, en une nouvelle faÃ§on de penser et de marcher Ã  Rome&amp;nbsp;; et quâainsi la probabilitÃ© et les touristes auraient ceci en commun quâils visiteraient toujours lâÃ©vÃ©nement sans lâinventer ou en pÃ©nÃ©trer le secret.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qui a dit que les voyages, quâon assimile instinctivement Ã  dâÃ©troits passages, ne devaient pas, en vertu du croisement de la pensÃ©e et de la matiÃ¨re qui se produit justement au fond de lâÃ¢ge et de lâintervalle, devenir le tissu de la future rÃ©alitÃ© et couvrir entiÃ¨rement la nouvelle surface&amp;nbsp;? Je trouverai ainsi, en chacune de ces percÃ©es et en chacun de ces voyages en train, le principe de convergence qui me fera continuer, la force de repartir â quand il apparaÃ®t, sur lâancien plan et selon lâancienne comptabilitÃ©, que je nâai rien construit et que je nâai rien fait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je subordonnerai ainsi la gÃ©ographie et le dÃ©tail de toute ville Ã  ma seule place en train. Câest Ã  lâendroit oÃ¹ je me trouverai assis en train, lequel serait en mouvement dans le paysage, que rÃ©sidera le secret&amp;nbsp;; et le sens du voyage en train, ma maniÃ¨re si fine dây penser et de mây associer avec la matiÃ¨re, ce mystÃ¨re du &lt;em&gt;compartiment du train&lt;/em&gt; qui a lâair de se passer au revers du compartiment du monde et dâÃ©noncer la gÃ©omÃ©trie et le mouvement dans un autre sens que la banale rÃ©ciprocitÃ© dâavant, ne sera pas moins profond que le sens de lâhistoire ou du monde entier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ferai jaillir ainsi ma matiÃ¨re du cÅur de lâintervalle dont la mesure semblera nulle dans la statistique ordinaire, et Ã  celui qui me demandera des comptes ou la superficie de mon territoire, je ne ferai quâaligner, comme projets et comme rÃ©alisations, que ces Ã©troits passages.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car je fais tourner la rÃ©alitÃ© comme je veux, et la premiÃ¨re &lt;em&gt;matiÃ¨re&lt;/em&gt;, ou la question de premiÃ¨re importance et de premier intÃ©rÃªt, serait ainsi que la rÃ©alitÃ© que je trouve soit justement sans substance et sans intÃ©rÃªt.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne trouverai sans doute rien dâimportant en allant faire du vÃ©lo dans le Vercors, rien qui constitue un projet, mais il y a longtemps que je vis en avance sur le temps et que la matiÃ¨re que je produis se dÃ©duit par avance Ã  partir dâune seule et mÃªme fatalitÃ©&amp;nbsp;: celle oÃ¹ je me suis positionnÃ© a priori en pensÃ©e et qui fait, par le seul &lt;em&gt;principe dâÃ©troitesse de mon intervalle&lt;/em&gt;, que lâextrÃ©mitÃ© ponctuera le vide Ã  lâinfini et que, mÃªme sâil nây a rien Ã  trouver, mÃªme si la ville est trop vieille et que toute lâhistoire y est dÃ©jÃ  passÃ©e, mÃªme si le relief est si vide quâaucun effort physique ne le remplira jamais, par la simple direction de ma pensÃ©e et par la seule pression de mon Ã©criture, le fond du vide se matÃ©rialisera en fond de pensÃ©e et lâabstraction ultime deviendra la rÃ©alitÃ© oÃ¹ je poserai les pieds, et mÃªme, oÃ¹ je voyagerai.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le voyage Ã  Rome est ainsi une nouvelle gÃ©omÃ©trie quâil faut explorer avant de trouver la matiÃ¨re et avant que les lignes ne sâen concrÃ©tisent en histoire. Dans cette &lt;em&gt;gÃ©omÃ©trie&lt;/em&gt; de Rome, lâhistoire ancienne et toute lâÃ©ternitÃ©, ainsi que les monuments historiques de Rome qui ne laissent dans le vide et dans le passage que la seule place Ã  lâextrÃ©mitÃ© et qui sont lâoccasion perpÃ©tuelle pour la pensÃ©e de se comparer Ã  la pierre et de &lt;em&gt;traverser son Ã¢ge&lt;/em&gt; (câest-Ã -dire de se retourner contre lâhistoire et de se demander si le voyage ne vaut pas la peine, Ã  Rome, justement de recommencer lâhistoire, quitte Ã  trouver une nouvelle gÃ©omÃ©trie et une nouvelle loi de la pensÃ©e) sont tels quâil devient tentant de sâen abstraire et de reculer, afin de laisser passer la pierre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Câest-Ã -dire que je me dÃ©tache en pensÃ©e et que je mâassocie dÃ©sormais Ã  la &lt;em&gt;place&lt;/em&gt; de Rome et Ã  son monument selon une perspective inÃ©dite, par une insistance de la pensÃ©e pour ne plus voyager sur la carte mais pour tomber sur le &lt;em&gt;seul&lt;/em&gt; endroit, Ã  travers la seule et mÃªme ouverture dans la pierre, Ã  lâimage de lâidÃ©e magnifique qui rappelle quâÃ  Rome, lâouverture du dÃ´me du PanthÃ©on nâa pas nÃ©gociÃ© dans le dÃ©tail avec le jour et nâa pas hÃ©sitÃ©, afin de faire passer la lumiÃ¨re, Ã  faire passer lâespace entier et sa texture naturelle, qui pourrait Ãªtre faite de pluie ou de vent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et je ne vois pas pourquoi, placÃ© Ã  ma terrasse et non encore relÃ¢chÃ© par la gÃ©omÃ©trie convergente de Rome, non encore revenu de mon voyage en train qui a lâair dâÃªtre provenu Ã  Rome dâun souterrain â car câest ainsi que circule la pensÃ©e, surtout Ã  destination de la ville Ã©ternelle â, non encore rÃ©veillÃ© Ã
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        <title>Le Coin Vert</title>
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        <updated>2011-09-18T23:37:00+02:00</updated>
        <published>2011-09-18T23:37:00+02:00</published>
        <summary> Pourquoi ne pas poursuivre le dÃ©coupage de lâespace et du temps...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Pourquoi ne pas poursuivre le dÃ©coupage de lâespace et du temps jusquâÃ  lâ&lt;em&gt;image ancienne&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(celle oÃ¹ je me plonge aujourdâhui a la couleur dâune mer profonde oÃ¹ se croisent perpendiculairement des lignes blanches et des bandes rouges ou vertes&amp;nbsp;: une nappe Ã©cossaise comme je nâen ai jamais vu utiliser au Liban pour couvrir des tables&amp;nbsp;; ce qui me laisse penser que le restaurant oÃ¹ je me suis arrÃªtÃ©, qui est dÃ©rivÃ© de lâhÃ´tel des neiges sans doute le plus remarquable du village de Faraya mais le moins frÃ©quentÃ© pour la raison que le vÃ©hicule de lâhistoire semble Ãªtre sorti Ã  toute allure du virage cÃ©lÃ¨bre oÃ¹ cet hÃ´tel est situÃ© et avoir stoppÃ© net ce dernier dans lâimage ancienne, &lt;em&gt;est comme fracassÃ© dans lâhistoire&lt;/em&gt; â Ã  supposer que le fracas de lâaccident de lâhistoire dans lâimage ancienne de cet hÃ´tel puisse se produire sans aucun bruit et la destruction de lâhÃ´tel, ou du moins sa dÃ©formation indescriptible sous le choc, se faire sans quâaucune de ses lignes perpendiculaires ne bouge),&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-613540&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/media/02/02/1473031060.jpg&quot; alt=&quot;Ã©criture&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;sachant que, depuis que je vis Ã  lâair libre dans ce relief de montage, avec pour seule contrainte la &lt;em&gt;ligne de lâÃ©criture&lt;/em&gt; (terre, ciel ou enfer&amp;nbsp;?), câest la lumiÃ¨re du soleil qui dÃ©coupe pour moi les espaces en plates-bandes oÃ¹ je peux alternativement Ã©crire ou ajourner lâÃ©criture, câest-Ã -dire la conduire jusquâau carrÃ© suivant dans un jeu dâÃ©checs ou de cache-cache avec la lumiÃ¨re (un combat entre les blancs et les noirs, entre le vide et le signe), et câest la vitesse de mon Ã©criture qui dÃ©coupe le temps et qui mesure celui qui me reste avant que le soleil nâenvahisse mon carrÃ© ou que le bruit de la foule ne me dÃ©range&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car je suis Ã©quipÃ© pour cette contre-aventure et ce contretemps et je maÃ®trise, avec ma pointe, la faÃ§on de dÃ©tourner la &lt;em&gt;flÃ¨che du temps.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Celui qui est devenu, comme moi, tellement &lt;em&gt;natif&lt;/em&gt; dans lâÃ©criture quâil parvient Ã  se glisser entre les bandes et les rideaux oÃ¹ lâon ne soupÃ§onne mÃªme plus le temps et la poussiÃ¨re de pouvoir pÃ©nÃ©trer, Ã  la faÃ§on dont je me suis glissÃ© dans ce plan de lâimage ancienne de lâhÃ´tel &lt;em&gt;Le Coin Vert&lt;/em&gt;, ne sachant pas qui je dÃ©rangeais en premier ou ce que je dÃ©tournais le plus, le plan reconnu de lâimage contemporaine quâil a fallu faire pivoter pour sauter dans lâancienne ou le contenu de lâ&lt;em&gt;image ancienne&lt;/em&gt; que voici rejointe&amp;nbsp;: cela qui y vit et qui sây anime encore marginalement, par exemple le serviteur qui est venu jusquâÃ  moi, dont le visage Ã©tait dÃ©formÃ© plutÃ´t quâil ne prÃ©sentait une face et qui faisait prÃ©lude aux figures qui mâattendaient Ã  lâhÃ´tel &lt;em&gt;Palmyra&lt;/em&gt;, ou les clients installÃ©s comme des images moisies Ã  la terrasse, dont on se demande ce quâils font encore lÃ  et comment ils y sont arrivÃ©s et encore sâils sont exactement clients ou si, parmi les choses qui se sont pÃ©trifiÃ©es dans lâimage ancienne et qui se sont glissÃ©es sous la poussiÃ¨re et sous le temps, ces figures immobiles ne sont pas le vestige dâune ancienne activitÃ© qui ne sâest pas arrÃªtÃ©e mais qui est seulement dormante, Ã  savoir que les deux dames qui mâont vu entrer sans lever les yeux vers moi et sans discontinuer de fumer leur cigarette seraient deux prostituÃ©es assignÃ©es en rÃ©sidence Ã  lâhÃ´tel depuis les temps plus glorieux, et les deux messieurs qui sont venus les rejoindre, leur visiteurs attitrÃ©s, leurs amants officiels ou simplement leurs partenaires dans lâhistoire et dans lâimage ancienne, ce quâil est convenu dâappeler leurs maquereaux&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;celui qui parvient Ã  se glisser, comme moi, avec sa pointe, au revers de lâimage de lâhistoire, jusquâaux lignes dont le croisement seul prÃ©suppose un grain diffÃ©rent de lâespace et un intervalle diffÃ©rent du temps, Ã  la maniÃ¨re des lignes perpendiculaires de cet hÃ´tel (nappe Ã©cossaise, chaises et tables toutes droites, menuiseries en bois et en aluminium sans fioritures et surtout, dans ce cadre rigide qui nâattend quâÃ  sâeffriter, une absence totale de courbe et de sinuositÃ©, je veux dire, une absence de bruit et mÃªme un Ã©touffement des sons qui font penser que le palais est dormant dans sa totalitÃ© et quâil attend on ne sait quel rattrapage&amp;nbsp;; Ã  moins que lâinsonorisation du lieu oÃ¹ je me suis retirÃ© pour Ã©crire â ce coin de la terrasse du restaurant du &lt;em&gt;Coin Vert&lt;/em&gt; â ne soit causÃ©e par le bruit de lâeau qui se verse en cascade au pied du mur de lâhÃ´tel),&lt;/p&gt;&lt;p&gt;celui-lÃ  aura su dÃ©tourner la masse et lâentropie&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(il aura su diverger de lâendroit oÃ¹ le feu nuclÃ©aire dâune image qui sâest prise elle-mÃªme pour cible confond les dÃ©tails et mÃªme fusionne le cadre, le dÃ©tail et le mouvement dans un seul magma et oÃ¹ la fureur du jour et de la mode a rassemblÃ© si indistinctement la foule en ses noms les plus fracassants quâun anonyme comme moi â je veux dire, un Ã©crivain dont le nom se coule dans la plume et disparaÃ®t avant dâapparaÃ®tre â nây trouve plus sa place)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;pour trouver ou retrouver, contre toute probabilitÃ©, cette fissure dans le dÃ©cor de montagnes, cette dÃ©faillance dans le relief oÃ¹ lâon sent que le temps, qui avance ailleurs, ici recule afin dâÃ©quilibrer dans le monde un principe plus vieux que la genÃ¨se et de prÃ©server la chose qui veille Ã  lâÃ©quilibre des images avant lâÃ©quilibre des Ãªtres et de lâÃ©cosphÃ¨re â&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car câest par lâ&lt;em&gt;image ancienne&lt;/em&gt; oÃ¹ je me trouve introduit que le mouvement de lâimage globale fuit et sâÃ©chappe&amp;nbsp;; lâimage oÃ¹ je suis est lâ&lt;em&gt;Ã©chappement&lt;/em&gt; de lâautre image, la partie insoupÃ§onnable du mÃ©canisme qui assure Ã  lâhorloge la rÃ©gulation de son mouvement ou au moteur Ã  explosion lâÃ©vacuation de son principe explosif&amp;nbsp;; elle est le vide qui est nÃ©cessaire Ã  lâextrÃ©mitÃ© afin de crÃ©er un intervalle et dâinstituer un mÃ¨tre, afin que lâespace et le temps puissent simplement possÃ©der une &lt;em&gt;structure&lt;/em&gt; â,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;pour trouver cette longue ligne qui a lâair aussi interminable quâelle est fine et dont je suis sÃ»r quâelle est un &lt;em&gt;axe dâÃ©criture&lt;/em&gt; et que celui qui sâen saisit, comme moi, Ã  cette terrasse latÃ©rale, sera assurÃ© dâun labeur infini dans lâÃ©criture et de la satisfaction infinie de ce besoin â une ligne improbable que jâhÃ©site mÃªme dÃ©sormais Ã  assimiler Ã  lâenvers de lâimage, puisquâelle ne fait dÃ©cidÃ©ment partie ni de la face pleine ni de la pure contingence, ni de lâendroit ni de lâenvers&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;dâautant plus improbable dans le temps et lâespace, cette ligne, quâen ce jour du 14 aoÃ»t oÃ¹ je lâai trouvÃ©e et oÃ¹ je mâen suis saisi, elle semble se confondre exactement avec lâaxe du mouvement du soleil,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;moi qui Ã©tais paniquÃ© Ã  lâidÃ©e que le soleil, qui partageait exactement la bande latÃ©rale de la terrasse oÃ¹ je me suis installÃ©, au moment oÃ¹ je mây suis installÃ©, en deux parties Ã©gales dâombre et de lumiÃ¨re, nâavanÃ§Ã¢t petit Ã  petit vers ma table et ne mâobligeÃ¢t bientÃ´t Ã  la quitter, nâen revenant pas de constater, une bonne heure aprÃ¨s mon installation et le dÃ©but de ce texte, que le partage de lâombre et de la lumiÃ¨re nâa pas variÃ© dâun seul doigt,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;et osant Ã  peine conclure que lâaxe de ma terrasse longiligne est orientÃ© dâune telle faÃ§on que le lever progressif du soleil, en ce matin du 14 aoÃ»t, et la suite de sa trajectoire dans le ciel seraient absolument indiffÃ©rents Ã  celui qui aura su, comme moi, trouver instinctivement la bonne table â lâune parmi celles dont le carrÃ© est minimal et qui ponctuent, comme de simples encoches le long de la rÃ¨gle qui va dÃ©sormais mesurer lâÃ©criture, cet axe longitudinal de la bande latÃ©rale de la terrasse du &lt;em&gt;Coin Vert&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car je suis dÃ©sormais certain que lâimprobabilitÃ© de lâÃ©criture se conjugue avec lâimprobabilitÃ© du dÃ©cor ou du relief et que, en cherchant un peu ou en se laissant guider, comme moi, par son instinct&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(quâÃ©tait venue aiguiser, en ce qui me concerne, la colÃ¨re de me voir refuser lâaccÃ¨s Ã  lâÃ©criture, Ã  la terrasse de &lt;em&gt;LâAuberge de Faqra&lt;/em&gt; ce matin-lÃ , par le vÃ©hicule grossier du service qui sâanimait encore une fois en connivence avec les hÃ©ritiers de la place, Ã  cela prÃ¨s que &lt;em&gt;LâAuberge de Faqra&lt;/em&gt; nâest la demeure de personne et quâelle est lâexemple dâun &lt;em&gt;endroit sans lieu&lt;/em&gt;, quâelle est le noyau en fusion du relief de ces montagnes et que je doute, pour cette raison, que le sens de lâhistoire, ou mÃªme le sens du langage, puissent encore y procÃ©der et sây succÃ©der â ce qui me fait penser que &lt;em&gt;LâAuberge de Faqra&lt;/em&gt; a, elle aussi, connu lâaccident de lâhistoire, laquelle a dÃ» entrer en collision avec elle Ã  lâautre extrÃ©mitÃ©),&lt;/p&gt;&lt;p&gt;on est assurÃ© de trouver, en tout lieu et en tout relief, ce que jâai appelÃ© lâ&lt;em&gt;axe de lâÃ©criture&lt;/em&gt;, ou la direction qui fait Ã©crire, cet axe devant conjuguer, cela va sans dire, quelque chose dâimprobable dans lâespace et dans le temps, en lâoccurrence, une indiffÃ©rence totale au mouvement du soleil comme câest le cas sur ma terrasse, ou une plongÃ©e directe dans lâ&lt;em&gt;image ancienne&lt;/em&gt;, câest-Ã -dire une indiffÃ©rence au temps sans laquelle lâimage et la matiÃ¨re mÃªme de cet hÃ´tel resteraient inexpliquÃ©es.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je rÃ©pÃ¨te quâen cette bande latÃ©rale de la terrasse du &lt;em&gt;Coin Vert&lt;/em&gt;, dont la situation Ã©tait aussi prÃ©cise, en ce virage cÃ©lÃ¨bre de la route principale du village de Faraya, que ne sera improbable lâidÃ©e que tant de prÃ©cision puisse continuer dâengendrer, aprÃ¨s lâaccident de lâhistoire, une animation plus grande que mon Ã©criture prÃ©sente (qui a lâavantage, justement, dâÃªtre la plus improbable), la bande-son Ã©tait exactement fournie par le bruit de la riviÃ¨re ; et je dÃ©clare que tient Ã  cela ma plus grande dÃ©couverte de lâÃ©tÃ© ou de la saison mÃ»re de lâÃ©criture, Ã  savoir que le bruit de lâeau, si on a su trouver, comme moi, la disposition quâil faut pour Ã©crire tout le long de lui, est le meilleur Ã©touffoir des bruits inopportuns qui viendraient contrecarrer le silence de lâÃ©criture, car alors, dans cette superposition magique des axes, il semblera se jeter Ã  flots contre le monde en compagnie de mon Ã©criture et empÃªcher, par la seule force de son courant, que remonte vers moi lâagression sonore.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au repli et Ã  la dÃ©fense passive de lâÃ©criture â car pour Ã©crire, il faut se dissimuler et mÃªme se camoufler, se fondre au dÃ©cor â, jâaurai ainsi trouvÃ© le meilleur alliÃ©, bruyant et actif autant que peut lâÃªtre le monde mais harmonisÃ© au rythme de mon Ã©criture, mettant Ã  contribution une harmonie ou une complicitÃ© encore plus grande pour crÃ©er les conditions favorables Ã  mon carrÃ© dâÃ©criture, Ã  savoir que le tampon sonore ne serait constituÃ© dâaucun centimÃ¨tre de mousse jaune que je mâenfoncerais dans les oreilles mais de la pure et simple mÃ©trique de lâespace, les quelques mÃ¨tres qui me sÃ©paraient, Ã  ma bande de terrasse longiligne, du cÅur de la terrasse principale oÃ¹ avait lieu le rassemblement rÃ©siduel et oÃ¹ les rares Ãªtres animÃ©s de lâhÃ´tel (clients, propriÃ©taires, serviteurs, prostituÃ©es ou proxÃ©nÃ¨tes) avaient pris place pour converser (sans Ã©clats de voix, il faut dire, eux aussi parlant comme sâils reculaient dans lâimage et dans le temps), ces quelques mÃ¨tres de distance Ã©tant suffisants, lorsquâils se conjuguaient avec le bruit de lâeau, pour dÃ©fendre mon carrÃ© de toute interfÃ©rence sonore.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans parler que lâinimaginable sâest produit pour mon Ã¢me en peine de ce matin (qui sâÃ©tait trouvÃ©e prise au cÅur dâun faisceau Ã  la fois lumineux et sonore, si intense, en ce dimanche 14 aoÃ»t Ã  la terrasse de &lt;em&gt;LâAuberge de Faqra&lt;/em&gt;, que lâÃ©criture, pour lutter, nâaurait pu sâaventurer Ã  lâextÃ©rieur de son point de prÃ©cision et que ma page serait restÃ©e blanche) et que, voulant fiÃ©vreusement poser, dÃ¨s la minute de mon installation, la question dont lâissue allait dÃ©terminer tout le trajet de mon Ã©criture, celle de la direction quâallait prendre le flot de lumiÃ¨re par rapport Ã  ma tentative encore timide et incertaine dâÃ©criture â sâil allait sâen Ã©loigner ou sâen approcher â, jâai bÃ©nÃ©ficiÃ©, au contraire, dâune circonstance exceptionnelle, comme si le soleil, le relief et le milieu de lâÃ©tÃ© rÃ©unis avaient de concert soulevÃ© leur aile afin de me permettre de trouver, ce matin-lÃ , le coin idÃ©al pour Ã©crire, et lâaxe de la terrasse latÃ©rale du &lt;em&gt;Coin Vert&lt;/em&gt; sâest rÃ©vÃ©lÃ© complÃ¨tement immun du mouvement du soleil.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;AprÃ¨s quoi il ne me reste quâÃ  mÃ©diter lâexception et ce qui peut lui faire suite (ainsi lâÃ©criture serait-elle idÃ©alement cette suite), Ã  moins que cette rÃ©orientation exceptionnelle de lâimage â&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car il a fallu, pour dÃ©couvrir ma grotte magique, que je dÃ©tourne lâaxe routier qui passe, en virant, devant &lt;em&gt;Le Coin Vert&lt;/em&gt; et que je prenne mon courage Ã  deux mains pour aller vÃ©rifier lâexacte ramification de lâarriÃ¨re-terrasse et ce qui semblait, depuis la rue, comme le coin le plus inhospitalier oÃ¹ mâattendaient, sans bouger, des figures en plastique sale que lâon aurait dites confondues depuis longtemps avec le dÃ©cor surannÃ© comme des bibelots kitsch â&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ne soit due Ã  lâÃ©chelle particuliÃ¨re avec laquelle je me suis penchÃ© pour examiner ce coin-lÃ , lâespace offrant ainsi la structure dâaccueil idoine pour celui qui a su sâarmer du bon pouvoir de rÃ©solution pour Ã©crire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et lâexception se formulerait en remarquant que &lt;em&gt;LâAuberge de Faqra&lt;/em&gt; est pleine Ã  craquer et que la matiÃ¨re de lâimage y est en fusion, tandis que cette terrasse exceptionnelle du &lt;em&gt;Coin Vert&lt;/em&gt; est restÃ©e vide et que câest lâhÃ´tel &lt;em&gt;Palmyra&lt;/em&gt; qui me fait signe Ã  travers cette coÃ¯ncidence et cette exception, puisque je retrouve lÃ  le mÃªme style de petit-dÃ©jeuner qui caractÃ©rise les hÃ´tels qui ne sont plus Ã  la page et qui ne sont plus frÃ©quentÃ©s, Ã  savoir les tasses blanches et les pots dâaluminium oÃ¹ on sert le lait et lâeau chaude pour le NescafÃ©, ainsi que le labneh et les olives â un petit-dÃ©jeuner si vieux quâil nâa pas besoin dâÃªtre frais.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;AprÃ¨s laquelle exception il ne me reste plus quâÃ  me durcir et quâÃ  pÃ©nÃ©trer lâimage ou sa rÃ©flexion dans la vitre â ou simplement sa courbe, que semble reprÃ©senter, en ce coin perdu, la courbe du virage de la route â par la force de la ligne&amp;nbsp;; il ne me reste plus quâÃ  Ã©riger lâexception en ordre de marche et en univers total et quâÃ  prÃ©tendre que câest le temps lui-mÃªme qui sâest arrÃªtÃ©, en ce matin oÃ¹ jâÃ©tais rejetÃ© et oÃ¹ ma chance de finir dâÃ©crire Ã©tait aussi petite quâÃ©tait grande lâexplosion de lâactivitÃ© qui mâavait exclu de Faqra, comme si jâavais trouvÃ© la clÃ© pour pÃ©nÃ©trer dans le mouvement de celui-lÃ  et le Â«&amp;nbsp;piÃ©ger&amp;nbsp;Â» avec mon colis dâÃ©criture&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;car ce serait lÃ , pour tout dire, une explication plus probable Ã  la circonstance exceptionnelle qui mâa permis dâÃ©crire tout ceci, ce matin, &lt;em&gt;against all odds&lt;/em&gt;, que celle qui consisterait Ã  rapporter Ã  mes proches, qui ne voudraient pas la croire, lâextrÃªme improbabilitÃ© de lâ&lt;em&gt;axe dâÃ©criture&lt;/em&gt;, lâextrÃªme exception de lâespace qui sâest ouvert une fois que jâai su faire tourner le virage du &lt;em&gt;Coin Vert&lt;/em&gt; dans le bon sens (lÃ  se trouvait la combinaison du coffre, ou la minuterie du colis piÃ©gÃ©), Ã  savoir que ma sÃ©ance indÃ©finie dâÃ©criture nâaura demandÃ© rien de moins que la superposition de deux phÃ©nomÃ¨nes qui Ã©taient, chacun, en soi exceptionnels,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;le premier, quâil pÃ»t se trouver, Ã  une terrasse oÃ¹ lâon me servirait le petit-dÃ©jeuner tÃ´t le matin â celui-ci fÃ»t-il aussi pauvre et Ã©culÃ© que le petit-dÃ©jeuner du &lt;em&gt;Palmyra&lt;/em&gt; â un axe oÃ¹ lâombre serait indiffÃ©rente au mouvement du soleil et persisterait toute la journÃ©e, malgrÃ© les tentatives de ce dernier, pour la simple raison que lâaxe en question serait le point aveugle de son mouvement, et le second, que cet axe fÃ»t matÃ©rialisÃ©, non pas par une orientation ou par une ligne abstraite â car alors mon Ã©criture nâaurait pas trouvÃ© la &lt;a href=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2011/08/09/la-petite-realite.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;petite rÃ©alitÃ©&lt;/a&gt;, si nÃ©cessaire Ã  son confort et si indissociable, parfois, de son incommoditÃ© â, mais par cette bande de terrasse absolument latÃ©rale et absolument longiligne,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;combinaison bÃ©nie qui expliquait Ã  la fois que cette partie-lÃ  ne fÃ»t pas frÃ©quentÃ©e par la foule rÃ©siduelle qui prÃ©fÃ©rait dÃ©cidÃ©ment le front de la terrasse et quâon mây laissÃ¢t une paix royale, et Ã  la fois que cette bande, dans lâhypothÃ¨se oÃ¹ un changement extraordinaire de lâÃ©poque ou de la technologie ferait que &lt;em&gt;Le Coin Vert&lt;/em&gt; serait envahi par une foule comme celle de &lt;em&gt;LâAuberge de Faqra&lt;/em&gt;, me laisserait alors dans un isolement relatif, puisque son Ã©troitesse Ã©tait telle que quiconque serait venu lâoccuper en mÃªme temps que moi (couple, client, employÃ©, ou mÃªme Ã©crivain) nâaurait trouvÃ© quâune table qui ponctuerait comme la mienne la droite infinie, laissant ainsi mes deux cÃ´tÃ©s, Ã  la fois le cÃ´tÃ© droit sur lequel je me penche pour Ã©crire et le cÃ´tÃ© gauche oÃ¹ le bruit de la riviÃ¨re me fournissait le rÃ©confort et la protection, absolument dÃ©gagÃ©s.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-613541&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/media/01/02/3857479556.jpg&quot; alt=&quot;Ã©criture&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En un mot, la disposition de lâimage Ã©tait telle que mon Ã©criture y resterait absolument la seule chose animÃ©e et que tout ajout qui y surviendrait, aussi prÃ¨s sâaventurÃ¢t-il de moi, gagnerait trÃ¨s vite le fond de lâimage et sây rangerait aussi inoffensivement et stÃ©rilement que les lignes de ma nappe Ã©cossaise, ou que celles qui supportaient encore dans le temps â on ne sait si ce lâÃ©tait Â«&amp;nbsp;Ã  force de fragilitÃ©&amp;nbsp;Â» ou parce que lâimage, plus gÃ©nÃ©ralement, ne connaissait pas la gravitÃ© â toute la structure de lâhÃ´tel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ã quoi jâajouterai quâil y avait, au cÅur de lâimage, comme un intervalle &lt;em&gt;incongru&lt;/em&gt; qui me sÃ©parait des autres Ãªtres de lâhÃ´tel en mÃªme temps quâil mây reliait, et qui expliquait de surcroÃ®t le phÃ©nomÃ¨ne le plus incroyable, Ã  savoir que ces gens-lÃ  restaient fixes comme une image sur leur terrasse, quâÃ  aucun moment ils ne mâont lancÃ© un regard ou mÃªme Ã©mis vers moi le moindre questionnement â ne fÃ»t-ce que la visite du serviteur quâils enverraient me demander si je ne manquais de rien&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;et cet intervalle oÃ¹ se tient tout le secret de lâhÃ´tel câest-Ã -dire son Ã©poque entiÃ¨re, cet intervalle, ce secret qui me reÃ§oit en mÃ
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        <title>Le rocher de Faqra</title>
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        <updated>2011-09-09T13:58:00+02:00</updated>
        <published>2011-09-09T13:58:00+02:00</published>
        <summary> J’ai tellement écrit sur l’écriture que je n’en rattrape plus l’idée et que,...</summary>
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          &lt;p&gt;J’ai tellement écrit sur l’écriture que je n’en rattrape plus l’idée et que, rattrapé moi-même en ce tournant de l’été par l’obligation de m’exprimer sur son compte et de dire ce qu’elle est, je m’affole et je ne trouve plus mes mots, je considère des déserts entiers où je crois devoir jeter ma pensée avant que ne se cristallise sous le soleil, dans la blancheur de l’été et parmi le sable innombrable, le premier mot qui m’ouvrirait de nouveau l’accès vers l’archéologie de ma pensée, vers la jeunesse de mon œuvre, vers le début des phrases anciennes où je disais ce qu’était l’écriture sans m’arrêter et sans qu’on me l’ait demandé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me souviens seulement que l’écriture me venait en un tournemain, que c’était ma main qui décidait, de son côté, ce qu’il fallait continuer de dire – et que j’appelais écriture – après que la pensée s’était arrêtée&amp;nbsp;; et les arrêts que je connaissais alors, et même, que j’expérimentais, sans doute animés de l’élan de la pensée et différents de l’arrêt prolongé qui me capture aujourd’hui, étaient ceux qui se produisaient après l’interprétation définitive de la mécanique quantique de Bitbol ou après le retournement spéculatif de Meillassoux, lequel me rappelait, en bien des points, celui d’Alberto Coffa et était promis à me faire longtemps écrire à ce sujet, à l’instar de son illustre prédécesseur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En résumé, je retiendrai que l’écriture est le dernier «&amp;nbsp;prochain petit pas&amp;nbsp;», l’intervalle qui reste une fois que tout s’est épuisé&amp;nbsp;; elle est l’&lt;em&gt;après&lt;/em&gt; absolu, celui qu’il faut considérer après la finitude et après l’immobilité, l’espace qui ne se rattache à aucun mouvement précédent et dont la matière est elle-même comme retournée. Elle est la &lt;em&gt;force&lt;/em&gt; de l’épuisement, la seule possibilité qui reste après que toutes se sont épuisées et qu’il ne reste plus, dans la possibilité, qu’à considérer le sens qui s’est détaché de la matière et de la possibilité, si bien qu’il ne s’agit plus d’un reste de matière ou d’une possibilité restante, mais du &lt;em&gt;reste en tant que tel&lt;/em&gt;, cette chose à la fois dérivée de la division et de la différence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il me paraît évident, alors, que l’écriture est matérielle et qu’elle est ce processus-là en raison de son équivalence avec la contingence absolue&amp;nbsp;; que dans le vide de possibilités, c’est l’écriture qui reste et la seule qui peut continuer, et qu’il ne faut pas chercher bien loin pour la fonder ou pour l’inventer&amp;nbsp;; car son processus même est celui de l’histoire ou de cette version quantitative de l’histoire qui s’appelle le marché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’écriture est le &lt;em&gt;processus adapté&lt;/em&gt; à l’histoire et au marché (on parle en effet d’écrire l’histoire et non pas de la concevoir comme une possibilité, ou de la projeter). On glisse, avec l’écriture, tellement bien à la surface où ne surnage aucune possibilité que, non seulement on comprend comment correspond à l’histoire, dans l’écriture, ce qui change le contexte et toute la gamme des possibilités, mais on conçoit que lorsqu’il ne reste aucune possibilité (dans une nullité de celle-ci où une répétition comme le &lt;em&gt;Quichotte&lt;/em&gt; de Pierre Ménard devient équivalente à l’événement entier – je veux dire, à l’événement total, absolu, que ne supporte et n’annonce aucune possibilité), on trouve matériellement encore le moyen d’écrire et de continuer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lorsqu’on a dépassé la possibilité et qu’on a perdu l’espoir, lorsque la contingence a perdu son côté animé et qu’elle ne surprend plus, lorsqu’elle n’est plus un drame, un événement où ce qui est excitant est l’opération d’un choix insensé ou la voie impénétrable de la destinée dont le «&amp;nbsp;manque de raison&amp;nbsp;» n’est pas le moindre avantage ou la moindre excitation, lorsque la contingence est justement ce qui reste sans complément et sans variation (sans aucune animation) – ce qui reste au sens fort de la &lt;em&gt;ruine&lt;/em&gt; de l’événement –, lorsque, en un mot, la contingence elle-même est désespérée et qu’il ne lui reste plus que son trait, alors la géométrie qui correspond à cette ruine (à cette masse qui tombe et à cette pierre qui roule) et qui n’a plus l’&lt;em&gt;enceinte&lt;/em&gt; des possibilités où se réfléchir et se représenter, cette géométrie à une seule face, c’est le processus qui &lt;em&gt;ne revient pas&lt;/em&gt;, c’est la négociation sans fin, c’est l’écriture.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’écriture, ou cette &lt;em&gt;translation&lt;/em&gt; de la contingence, devrait tellement se déployer dans son espace propre (que j’avais alors appelé une &lt;em&gt;place&lt;/em&gt; ou une localité, l’endroit où l’on creuse le sillon et l’on négocie – car la négociation est un intervalle, un vide bordé par des extrémités) qu’elle serait indifférente au passage du temps et même à cette chose, la plus dure et la plus matérielle dans la direction du temps, qui dit qu’une chose existe déjà et qui l’identifie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce que produit Pierre Ménard est tellement propre et tellement «&amp;nbsp;préoccupé&amp;nbsp;», cela est tellement implanté, plongé dans la surface et nourri de son seul trait, que c’est de manière incidente et comme une interprétation accessoire de son œuvre, simplement parce qu’on aura compté les possibilités et constaté &lt;em&gt;par après&lt;/em&gt; qu’il n’y en a jamais qu’une dans la direction où &lt;em&gt;travaille&lt;/em&gt; Pierre Ménard (c’est-à-dire que le travail précède chez lui l’état et la possibilité&amp;nbsp;; que l’état est un arrangement subséquent au travail et à lui subordonné&amp;nbsp;; que le travail est un processus de transformation d’un genre particulier, qui ne traverse pas une succession d’états), que l’on dira que le travail de Pierre Ménard, cela qu’il fait, &lt;em&gt;revient&lt;/em&gt; à écrire un texte déjà existant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut &lt;em&gt;revenir&lt;/em&gt; à cette idée, parce qu’elle n’est pas le constat premier. La contingence est tellement indépendante du temps et du changement, son trait est tellement définitif (si définitif qu’il n’en finit pas de passer), que si le résultat du changement est qu’un texte a existé, alors cela ne dérangera en rien le trait de la contingence, cela ne le &lt;em&gt;croisera&lt;/em&gt; même pas lorsqu’il s’agira de le refaire passer, et même la répétition de ce trait devra se comprendre en dehors du temps&amp;nbsp;; ce qui ne peut vouloir dire qu’une seule chose, à savoir que le trait se creuse et qu’il se négocie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et d’ailleurs, sur toutes ces questions, sur le texte de Pierre Ménard qui &lt;em&gt;revient&lt;/em&gt;, sur le marché des produits dérivés dont je me demande qui en comprendra jamais le processus, et même, qui s’en souciera jamais&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(à tel point que, dans une &lt;a href=&quot;http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/books/reviews/the-beginning-of-infinity-explanations-that-transform-the-world-by-david-deutsch-2258470.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;proposition &lt;/a&gt;comme celle de David Deutsch, où l’explication scientifique – ce que Deutsch appelle le &lt;em&gt;savoir à la portée infinie&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;/em&gt; – et même l’existence de personnes qui possèdent ce savoir sont élevées au rang de lois de la nature et de l’inévitable transformation de la matière dans l’univers, je me demande quelle place donner au marché et à l’histoire des événements contingents, quelle place donner à la monnaie et comment celle-ci s’inscrit dans les processus de transformation que Deutsch décrit, et même si la seule véritable raison du marché ne devrait pas être la branche qui échappe précisément à la destinée que souligne Deutsch, à savoir le &lt;em&gt;marché de l’art&amp;nbsp;&lt;/em&gt;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;il n’y aurait ainsi d’autre nécessité, à cette échelle-là d’observation, que l’échappatoire et que le processus sans fin et sans finalité&amp;nbsp;; l’art, ou le domaine de la contingence par excellence, serait ainsi le bout par où tout s’échappe et où tout prend forme,&amp;nbsp;et c’est au niveau statistique ultime que figure Deutsch, celui où quelque chose finira toujours par se passer dans le coin le plus isolé et le plus vide de l’univers et où importera peu que le progrès réussisse dans ce monde-ci, le nôtre, ou dans un monde quelconque, que je devrais inscrire la nécessité du marché en le subordonnant à l’écriture, en faisant du marché un avatar de l’écriture et un cas particulier du livre, et non pas l’inverse&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car ce sont plus la monnaie, l’économie ou l’échange qui comptent à l’échelle que décrit Deutsch&amp;nbsp;; je me demande même si la pensée subsiste à une échelle comme celle-là&amp;nbsp;et si enfin le processus qu’il décrit n’est pas à ce point ultime qu’il en perd toute échelle&amp;nbsp;; ce qui comptera c’est l’histoire en tant qu’elle &lt;em&gt;échappe&lt;/em&gt; au processus inexorable de transformation de l’univers – le processus cosmologique&amp;nbsp;; or, si l’histoire n’est plus celle de la technologie pour la raison que la technologie fait elle-même partie du processus «&amp;nbsp;naturel&amp;nbsp;» cosmologique à grande échelle, elle ne pourra plus être que celle de l’art&amp;nbsp;; la contingence sera celle de l’art&amp;nbsp;; et ainsi le marché, la monnaie, l’échange et toute l’écriture ne seront-ils plus subordonnés qu’à l’art, comme seule branche alternative),&lt;/p&gt;&lt;p&gt;sur toutes ces questions, je sens que je m’épuise assez vite, et si mes «&amp;nbsp;explications&amp;nbsp;» sur le &lt;a href=&quot;http://www.nuclearphynance.com/Show%20Post.aspx?PostIDKey=144145&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;forum de discussion&lt;/a&gt; m’auront servi à une chose, c’est à comprendre le mal (et en même temps, la mauvaise idée, la mauvaise «&amp;nbsp;venue&amp;nbsp;») que j’ai à m’expliquer scientifiquement sur une idée qui n’a jamais été, au début, et ne sera jamais, pour finir, que strictement personnelle.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vu de loin, de la manière que j’aurai un jour d’écrire un testament, c’est-à-dire seulement dans les grandes lignes et en laissant à la progéniture le soin du détail, je dirai ainsi que l’écriture (ou le marché, pour ceux qui se sont donnés à cette branche quantitative) est un processus voisin de l’histoire et même &lt;em&gt;adjacent&lt;/em&gt; à elle&amp;nbsp;; que pour celui qui aura su trouver le lieu (la géométrie) et la matière de l’écriture, il y aura moyen de suivre l’histoire d’assez près pour la suivre sans la copier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il existe ainsi un processus qui est continuellement «&amp;nbsp;happé&amp;nbsp;» et comme appelé par le vide des possibilités et qui trouve son énergie en brûlant une matière insoupçonnée, un résidu, ou peut-être même une ruine&amp;nbsp;; c’est le processus qui avance en se glissant à l’arrière de l’événement, ou dans son creux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quelle difficulté se cache dans la communication de cette seule idée&amp;nbsp;! Je n’en aurai pas moins fini dans le vide et dans l’intervalle sans issue, lequel m’oblige à m’interroger sur l’incidence et sur l’intérêt de toute mon idée. À quoi cela m’a-t-il servi que je rassemble toutes ces écritures sur le marché et que je fasse converger toutes ces pensées&amp;nbsp;? Si j’ambitionne la plus grande précision, alors le moment où je vis et qui est rempli par ma famille peut-il me rester longtemps étranger&amp;nbsp;? Pourrai-je longtemps penser et me situer, et même répondre à mes opposants, sans ouvrir l’œil à partir du point où j’en suis, sans me déclarer rempli de vie avant d’être envahi par la pensée&amp;nbsp;? Au lieu de quoi je continue mon exploration du creux de l’événement&amp;nbsp;et les images me rappellent comme le vide, ou plutôt, elles me reviennent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour évaluer la «&amp;nbsp;distance&amp;nbsp;», ou définir la «&amp;nbsp;métrique&amp;nbsp;» de ces processus de pensée qui se passent en dehors du temps et qui se creusent sur place, il suffit de mesurer celle entre les deux images de ma rencontre avec Naïm. Au vu de ma propre flèche et de ma propre pensée, au vu de ma propre force de compression, en quoi le Naïm que j’ai rencontré hier à vélo et qui m’a ouvert l’image de sa maison de Faqra, laquelle n’en finissait pas de tomber de l’autre côté de la vie et de se creuser dans le rocher (d’ouvrir le ciel et de le dégager et même de donner un nouveau sens à toute cette aventure et cette histoire de Faqra – à toute cette société de Faqra), était-il différent du Naïm que j’avais jadis rencontré sur le &lt;em&gt;pit&amp;nbsp;&lt;/em&gt;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Toujours la même foule qui nous sépare, ou plutôt, qui remplit le vide entre nous et entre nos deux images&amp;nbsp;; toujours le même nombre de suiveurs et l’horizon indistinct ou insignifiant sur lequel Naïm et moi voulons marquer le trait, marquer le coup, ou simplement le tirer. C’était, alors, à celui qui ferait le meilleur deal et saurait ouvrir l’intervalle où son trait serait marqué et l’histoire l’aurait accepté, et c’est, aujourd’hui, à celui qui aura la plus belle maison – dont toute l’opportunité&amp;nbsp;et tout le &lt;em&gt;deal&lt;/em&gt;&amp;nbsp;se réduisent au geste de l’ouvrir ou même de la nommer, de la désigner, de la &lt;em&gt;booker&lt;/em&gt; (comme on dit) à la vitesse avec laquelle les deals se faisaient et se &lt;em&gt;bookaient&lt;/em&gt; alors sur le &lt;em&gt;pit&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La maison de Naïm, aussi grande soit-elle et aussi large et «&amp;nbsp;historique&amp;nbsp;» que soit le geste de l’ouvrir, n’est peut-être rien d’autre finalement qu’une manière locale, aussi contingente à l’instant qu’une transaction de marché, de s’inscrire dans l’histoire et de s’en faire accepter&amp;nbsp;; et je trouverais presque séduisante l’idée, au vu de mon épuisement présent et de tout le &lt;em&gt;revers&lt;/em&gt; que signifie pour moi Naïm (à la fois de fortune et de l’image) et qui le marie d’autant mieux à moi aujourd’hui que je suis justement épuisé et que ne me manque plus que mon revers, que Naïm soit mon alter ego et que, mis à part les directions incidentes, il n’y ait, finalement, pas si grande différence entre sa maison et la mienne, entre sa «&amp;nbsp;construction&amp;nbsp;» et la mienne&amp;nbsp;; ce qui voudrait dire que l’horizon où lui et moi voulons nous inscrire est également insignifiant.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et même il faudrait, dans ce Faqra qui me définit et qui signifie un sommet pour l’histoire de ce pays, que je tire le trait de l’œuvre et que je construise la ligne à suivre. Car l’âge et l’été me paraissent désormais trop avancés pour que je ne profite pas, parmi les traits de Faqra, également de ceux qui n’ont rien dessiné et qui n’ont rien donné, et dont je ne me plairai à suivre de nouveau la ligne qu’à la seule fin d’indiquer exactement &lt;em&gt;ce qui ne s’est pas passé&lt;/em&gt; – non pas le désir ou ce qui, dans mon souvenir du moins, serait encore capable de le remplir, mais son creux, ou son ombre, sa trace même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La pensée suit d’assez près l’image mais n’y correspond plus&amp;nbsp;et ne l’anime plus. Ainsi, c’est dans une logique historique, c’est-à-dire &lt;em&gt;écrite&lt;/em&gt; et qui n’anime plus l’image que pour les seuls besoins de la trace et de la ligne d’écriture, que je me remémorerai la succession d’images qu’a provoquée la contemplation du corps absolument plastique de Nicole.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je l’ai pensé au moment même – mais je ne faisais alors que vivre une image – et je le réécrirai aujourd’hui simplement pour la nécessité de la trace, mais, depuis l’instant où j’ai abordé Nicole, après qu’elle s’était produite sous mes yeux en trois tenues de bain différentes, la suite de la &lt;em&gt;ligne de Faqra&lt;/em&gt; n’a été qu’une succession d’événements et d’ouvertures d’album d’images digne d’un conte de fées, ou du moins comparable à la succession de plans du film &lt;a href=&quot;http://www.imdb.com/title/tt0063663/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;The Swimmer&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je postulerai ainsi que, de même qu’on suit un fil d’images ou une succession &lt;em&gt;postérieure à l’histoire&lt;/em&gt;, c’est-à-dire correspondante à l’été, je suis, à Faqra, tout simplement ce que &lt;em&gt;je ne suis plus&lt;/em&gt; et que je ne puis plus vivre. Je suis cela qu’il m’est donné simplement d’observer de loin, ou du moins à une distance dont la nature seule et la géométrie seule devraient me renseigner sur la structure de la matière qui m’attend, qui est celle de l’âge.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, à Faqra qui est la structure en creux, c’est-à-dire la &lt;em&gt;structure de mon âge&lt;/em&gt;, la «&amp;nbsp;structure d’accueil&amp;nbsp;» où je me sens le mieux en compagnie de mes enfants, j’ai observé de loin et j’ai suivi des yeux l’évolution du corps de Nicole mais je n’ai pas fait suivre son image de la pression de mon désir (car l’image lointaine, pour être animée, ne l’était pas de l’intérieur&amp;nbsp;; elle occupait bien un volume ou un plan mais ne subissait aucune pression). Et si je l’ai, le soir même, accompagnée à vélo et suivie à travers une succession d’images dont la moindre (et qui n’allait pas le moins me rappeler comme j’étais séparé désormais de ce «&amp;nbsp;plan&amp;nbsp;» – de cette machination et succession – de l’image) n’était pas celle de la maison renversante de Naïm, cela ne reprenait en rien les éléments de l’image de Souraya, avec qui j’avais fait du vélo, justement, dans un relief très proche avant de l’étreindre, mais cela criait le &lt;em&gt;son&lt;/em&gt; de cette image ancienne, cela la rappelait dans l’univers bruyant où la vie est dérangée par l’âge et où l’âge ne fait plus que &lt;em&gt;hurler&lt;/em&gt; le souvenir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y aurait ainsi, à Faqra, un rocher où s’inscrivent l’envers de l’âge et le revers de la fortune – le livre qui est le plus intéressant à écrire à mon âge. C’est dans les moindres détails, et non pas en les ignorant ou en rapportant l’image à une sorte de globalité indistincte de la vie ou à une quelconque perspective télescopique, qu’il faut suivre celle de la maison ouverte de Naïm (sa façon de se jeter de l’autre bord de ma vie) ou de Nicole qui m’accompagne à vélo à travers tout le détail du corps et de la route.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est en réalisant que les deux images se correspondent (ces deux images que je suivrai désormais à distance pour marquer la distance et remarquer, &lt;em&gt;observer&lt;/em&gt;, ce que je ne suis pas) et, même, que la première m’a littéralement introduit au cœur de la seconde, celle du corps plastique de Nicole et celle de la maison qui s’abîme de Naïm, que je pourrai déduire la &lt;em&gt;structure de l’intervalle&lt;/em&gt; et découvrir de quelle matière est fait mon rocher, mon terrain, et sera donc écrit mon livre.&lt;/p&gt;
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        <author>
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        <title>Le chat Lune</title>
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        <updated>2011-08-31T21:08:00+02:00</updated>
        <published>2011-08-31T21:08:00+02:00</published>
        <summary> Une foule de détails et de sons s’est introduite dans mon intervalle et je...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Une foule de détails et de sons s’est introduite dans mon intervalle et je sors épuisé du sommeil, ce matin, comme si la foule avait occupé la place qui m’était réservée et où je comptais me reposer, l’espace d’une nuit, entre deux extrémités. En suivant le guide du &lt;em&gt;mouvement brownien&lt;/em&gt;, assez vite je réaliserai que cette résolution dernière, où l’attitude ex-ante s’échange enfin à la limite fractale avec l’attitude ex-post, contient la clé de la surface où l’on peut s’échapper de la possibilité et &lt;em&gt;négocier&lt;/em&gt; son chemin, c’est-à-dire l’écrire indéfiniment.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est plus dans le temps que je progresse vers l’événement de l’écriture mais, comme prévu, absolument &lt;em&gt;dans la place&lt;/em&gt;, et l’on eût pensé que la nuit, que sont censés peupler les rêves et les images, était à la fois faite, physiquement, pour m’introduire à l’extrémité de l’écriture et au commencement de la journée et, métaphoriquement, à travers le rêve qui est un souvenir paradoxal ou une mémoire que l’on remplit avant l’événement, pour creuser à l’avance le lit de l’écriture, l’intervalle sans fin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette nuit, que je ne vis plus désormais que dans l’angoisse du réveil et de la décision d’écrire, ne s’est donc pas passée dans le temps tellement elle s’est creusée à la verticale de mon lit, mais elle m’a retenu dans l’intervalle paradoxal qui signifiait que le sommeil ne venait pas et que la veille n’arrêtait pas de s’enfoncer et de descendre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une foule de personnages et leurs appels ont ponctué ma nuit et ont &lt;em&gt;creusé&lt;/em&gt; mon intervalle, c’est-à-dire qu’ils l’ont multiplié et qu’au lieu que je sois relâché, par l’une des extrémités, enfin dans le vide et que je tombe de sommeil, au contraire, chaque extrémité m’a adressé aussitôt à la suivante, dans une succession de pics sonores et d’appels qui déchiraient la nuit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi le tintamarre de la fête qui avait lieu au club, sous mon balcon, s’est-il à peine arrêté, après que j’ai attendu sa fin avec patience et même avec sagesse en me jetant dans ma propre salle d’attente privée, dans l’intervalle qui se creuse dans ma tête et que remplissent les hurlements silencieux de ceux qui veulent faire taire ma pensée et me combattent avec férocité sur les forums de discussion, que le chant du coq s’est élevé, lequel avait sans doute supposé que la fête allait durer toute la nuit et qu’il fallait ainsi crier à son tour le terme de celle-ci aussitôt que celle-là se finirait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai eu beau raisonner, alors, dans la structure de mes intervalles emboîtés, que nous étions les seuls à blâmer et que c’était nous, les premiers, qui faisions notre propre malheur en rajoutant à la cause de nos complaintes (le bruit infernal de la fête du club sous le balcon de la chambre à coucher) une raison supplémentaire pour raccourcir davantage nos nuits, à savoir que, sitôt la fête finie et l’intervalle nous séparant du petit matin devenu, par voie de conséquence, théoriquement le plus court, il fallait désormais compléter la théorie par l’expérience et ne pas nous contenter de juger aux premiers rayons de soleil combien peu nous avions dormi, mais durcir encore le trait par le chant du coq, être sûrs que l’intervalle de la nuit se transformerait en course de relais et en succession d’extrémités sonores&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;j’ai eu beau réaliser l’ironie qui consiste à placer sous ses fenêtres de chambre à coucher les deux extrémités qui s’étaient juré de rendre l’intervalle de sommeil le plus court, à savoir la fête au club, dont le boucan se prolongerait tard la nuit, et le chant du coq, que la fête avait visiblement perturbé et qui se rattrapait en recherchant le matin là où il ne se trouvait pas, dès la première minute qui a suivi la conclusion de la fête, sous prétexte que ce n’était déjà plus le beau milieu de la nuit&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;il a fallu que je me rappelle l’ironie plus grande qui était que j’avais dit à ma cousine qu’elle pouvait m’appeler en pleine nuit, au moment, disais-je, où j’aurais éteint ma chandelle et allumé l’autre, et que celle-là justement m’appelle et me réveille en sursaut, à peine mes yeux fermés, à peine le coq s’était tu et que le dernier haut-parleur de la fête, que l’on rangeait maintenant, s’était arrêté de trépider.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À l’appel de ma cousine en pleine nuit, assez urgent pour me redresser sur mon lit mais trop brutal pour me remettre complètement d’aplomb et me faire oublier que j’étais, dans cette courte nuit de sommeil, avant tout assommé (si bien que je n’ai pas réussi la combinaison qui aurait couronné la fusion de mes extrémités et qui m’aurait permis de me détendre et de sauter à l’intérieur de moi, à savoir que je me serais volontiers secoué en parlant au téléphone avec ma cousine en pleine nuit, et ne l’aurais laissé raccrocher, maintenant qu’elle m’avait réveillé, qu’au moment où j’aurais moi-même reposé le couvercle sur mon propre bocal, une fois que je l’aurais vidé de son contenu et laissé déborder à la surface de mon sommeil la pression, devenue liquide, du muscle du corps et du volume de la tête), a encore succédé, à deux ou trois reprises, le chant du coq qui devait s’étonner que le jour ne vînt pas et pensait le sonner de nouveau, avec insistance&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;mais ce qui allait achever de me mettre sur pied, puisqu’alors on criait à l’aide ou au moins à manger, c’était le miaulement improbable du chat, dont l’incidence sur ma chambre méritait à elle seule qu’on se creusât la tête puis qu’on allât vérifier d’où ce cri pouvait bien tomber.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car j’ai eu beau regarder dans le jardin, sur le balcon ou derrière le volet, l’insistance du miaulement et l’invisibilité du chat restaient telles que, pour un peu, j’eusse cru à un mauvais perdant du jeu de massacre de la nuit, à une partie de moi qui se serait faite chat dans la nuit pour mieux jouir de l’obscurité sans le bruit et qui ne parvenait plus à me rejoindre au réveil, ayant été surprise par la brièveté de mon sommeil et ayant manqué mon saut du lit, ce qui fait qu’elle serait restée enfermée dans un lieu où je ne pouvais forcément pas la trouver maintenant que j’étais réveillé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, le volume du jour où je m’étais précipité pour trouver le chat était tel – car, sorti de ma chambre et de mon balcon, c’est sur la terrasse du salon que je me trouvais maintenant, laquelle restait vide et ouverte et ne laissait apercevoir que la lumière qui la remplissait, et ne sentir que la brise légère du matin où, pour persistant qu’y soit le miaulement du chat, celui-ci décidément ne parvenait pas à se matérialiser ou du moins à me livrer le premier signe matériel, le moindre petit bout de moustache ou de queue qui m’aurait permis de le tirer jusqu’à moi et de le sommer à la clarté de ma veille –, augmenté désormais de l’ouverture du ciel qui se produisait, sur cette terrasse, à travers une pergola constituée de poutres de béton, que, pour trouver le chat – et chez les chats, cette extrémité est sans doute une faculté logique –, il fallait regarder, dans cet espace-là, ouvert et augmenté du matin, dans l’endroit le plus improbable et à la fois qui s’imposait, dans l’endroit de la nouveauté où me guidait absolument la séquence du réveil, puisqu’après le lever, le volume de la pièce et l’ouverture de la terrasse, il ne me restait plus alors qu’à vérifier le coin absolu, ou l’incidence absolue, par laquelle l’espace prenait justement le jour, à savoir les poutres mêmes de la pergola, les rubans mêmes de ce plafond suspendu entre le vide et la matière – je veux dire qu’il était constitué de hachures et d’intervalles comme tout ce qui me laissait désormais négocier entre le sommeil et la veille, entre la passivité du rêve et l’activité de la pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car c’était bien là, venu du ciel et ne parvenant pas tout à fait, en raison de la matière hachurée qui le supportait, à atterrir et à se matérialiser, c’est-à-dire arrêté à mi-chemin entre le vide et la terre, entre le sommeil et le lever, que se trouvait suspendu le chat, coulé le long d’une des poutres de la pergola comme une figure de construction ancienne, comme un détail de maçonnerie dont on se demande comment il a pu se produire là – à croire qu’un ouvrier avait perdu sa tête ou avait oublié, suspendue à cette poutre, toute la technique de construction sous la forme d’un chat.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une foule de personnages et de cris se sont donc penchés sur l’intervalle (le creux, le puits) de mon sommeil comme pour m’en tirer, ou alors c’est qu’ils m’en ont éjecté, qu’ils se sont pressés à ma place de façon à me faire &lt;em&gt;déduire&lt;/em&gt; le lever du volume même et de la pression même du sommeil, comme un creux supplémentaire dans lequel je serais tombé en tombant plus bas encore que le sommeil, comme si le sommeil avait abandonné le vide de l’intervalle (la détente, le repos) aux extrémités toutes hérissées et que, pour me reposer du repos et du sommeil, pour trouver enfin la paix ou simplement un endroit où aller, c’était, après le sommeil impossible, dans le lever que j’allais tomber.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et la figure du chat lunaire (et lunatique), justement appelé &lt;em&gt;Lune&lt;/em&gt; par mes filles, ne faisait que confirmer cette incidence, puisque le chat, depuis la lucarne du ciel où il occupait à peu près la position de la lune, s’était justement penché sur moi pour me réveiller, et même on eût cru que, dans le vide de la maison et dans l’improbabilité de mon propre séjour, le chat avait trouvé l’angle parfait pour me pointer et pour m’assassiner, l’incidence parfaite suivant laquelle il pouvait couler jusqu’à moi depuis le ciel, à travers la hachure de la matière, l’angle de ma fenêtre et jusqu’à l’intervalle impénétrable de mon sommeil, et pénétrer jusqu’à ma pensée, comme la figure intermédiaire entre le sommeil et la veille qu’il était devenu, comme une image que je n’oserai appeler ni du rêve ni de la pensée mais qui se situait entre les deux et me donnait à penser à la fois en me poussant et en me tirant, en me propulsant et me traînant, à la fois passivement et activement,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;comme si, à la faveur de ce coin de ciel pressé par mon intervalle, du sommeil qui ne pouvait pas s’y dégager et de la figure lunaire de ce chat, il me serait donné désormais, en même temps que la pensée, son creux et son rappel, non pas cela qui s’appelle penser mais cela même qui, en toute circonstance, me le rappelle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tous les jours, le corps accomplit des prouesses avec la matière, ne fût-ce que celle de se couler, sans tomber, entre le sommeil et la veille, ou tout simplement celle de supporter la hachure de la matière, à savoir qu’avec son plein et sa densité puisse alterner le vide ou le rêve, ou pour le moins la figure du chat lunaire, qui ne faisait rien d’autre que pointer l’impossibilité de la lune et rappeler l’orientation de la pensée, ce mélange de dissimulation et d’agilité – et parfois même d’impossibilité de revenir sur ses pas – dont sont faits les chats et dont on soupçonne qu’est faite la pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je devais ainsi, afin d’achever de me réveiller et d’attraper ma pensée, ou du moins me saisir de l’endroit où elle tombait – ce point d’intersection entre le rayon de la lune et le plan de la journée –, sauter par-dessus le bord du toit, précipiter mon corps en travers de la hachure, accomplir au-dessus de mon lit la cabriole qui consistait à attraper le chat et à l’ôter de sa poutre (et de son état indécis entre le vide et la matière, ou peut-être seulement superposé), puis à le ramener à la terre ferme, non sans lui avoir d’abord fait faire un tour dans le vide à sa mesure, décrire un large arc de cercle dont la peau du cou, par laquelle je l’avais pêché, occupait le centre – une confusion passagère des sens, et de la matière du chat avec le vide, où lui ne réalisait pas ce qui lui arrivait et avait par réflexe sorti ses griffes dans le vide, ne trouvant, à l’endroit de la hachure, que le vide redoublé, et où moi-même je n’étais pas sûr de ne pas tomber.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tel est le récit de ce réveil solitaire, de l’improbabilité de la grande maison où se décide ma pensée et de la perfection de l’image qui est venue la représenter et même l’orienter, cette figure du chat venu se suspendre au dessus de mon lit, à l’exact endroit où mes yeux auraient rencontré le ciel, et ma pensée retrouvé sa liberté, si c’était vers le ciel que je m’étais tourné au moment de me réveiller.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et je me demande à quelle transformation je pourrais me destiner tout seul depuis mon coin, à cet angle de la terrasse de la grande maison, où la figure suspendue du chat n’est plus là pour me désigner et pour me rappeler de regarder à l’endroit où je pourrais penser, où se jouent une infinité de plans lumineux et de coupes de l’ombre, sur un arrière-fond sonore qui est fait du souffle entrecoupé du vent, du son des cloches qui sonnent la messe et qui font un tour dans cette image circulaire du dimanche matin (le tour de l’heure, et peut-être même celui du vent qui le transmet jusqu’à moi) et du sifflet du maître-nageur dont la piscine s’est de nouveau transformée, de boîte de nuit qu’elle était pendant la nuit et de bassin où le bruit m’obligeait de plonger afin de ne pas trouver le sommeil, en centre d’activité&amp;nbsp;sportive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je découvre à l’espace, maintenant que je suis levé et que je peux le considérer dans toutes ses dimensions, une infinité d’occasions où se rencontrent les plans et se découpent l’ombre et la lumière. Non seulement la table en verre sur laquelle je travaillais m’a-t-elle permis, grâce à sa dimension notable, de jouer l’alternance avec le carré de soleil et de me placer, par rapport à lui qui évoluait sur la terrasse et, par extension, sur le plan de la table, systématiquement du côté de l’ombre, mais le phénomène de la réflexion de la lumière du soleil sur la surface du verre m’a offert, contre le plafond, une étrange conséquence et l’occasion de me demander, pendant de longues minutes, de quoi elle résultait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tous les objets posés sur le plan de la table&amp;nbsp;: mon cahier, le bouchon de mon stylo, mon téléphone portable, s’encadraient en effet à leur place dans le trapèze de lumière que la surface polie projetait sur le plafond par réflexion, et je trouvais ainsi, dans le plan de table ainsi illuminée la tête en bas, sous forme de polygones sombres, les ombres projetées de mon cahier, de mon stylo, etc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par ailleurs, le plan de verre illuminé était lui-même devenu une source lumineuse qui émettait vers le haut, et la lumière réfléchie rencontrait sur son trajet ma main dont elle projetait alors l’ombre sur le plafond. Or, l’ombre naturelle de ma main se trouvait également sur le plan de la table en verre, comme l’un parmi les objets quelconques qui y traînaient, et cet objet parmi d’autres devait ainsi avoir lui-même son ombre transportée au plafond, dans le même flot de lumière qui se contentait d’imprimer là-haut l’image conforme du plan de la table, si bien que l’ombre de cette ombre de ma main rivalisait avec celle qu’avait découpée au plafond la première réflexion de la lumière du soleil sur la table (ou, dit autrement, la table devenue source de lumière), le phénomène qui avait attiré mon attention étant ainsi que, lorsque je soulevais ma main du plan de la table, je voyais aussitôt son ombre au plafond se dédoubler selon deux orientations différentes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une autre façon de dire est que la table de verre remplaçait le ciel qui s’y mirait et contenait ainsi le soleil (ou son image) qui s’y trouvait. C’est ce soleil-là qui faisait de l’ombre sur le plafond de tout objet dont ses rayons rencontraient la masse. Or, le soleil d’en bas trouvait dans sa course vers le haut désormais deux obstacles qui avaient la forme de ma main&amp;nbsp;: à la fois la main qui appartenait à l’image réfléchie du monde et la main initiale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ajoute que les lignes de cette terrasse de la grande maison sont vieilles et abandonnées, car il y a longtemps qu’on ne les a visitées, c’est-à-dire qu’on ne s’est posté, comme moi, longtemps immobile, à leur croisement – suffisamment longtemps pour apercevoir l’épaisseur dans la ligne et la profondeur du temps, je veux dire, l’âge même de cet espace de la terrasse dont la ligne forçait le trait. Quant à l’autre chemin de la pensée, le &lt;a href=&quot;http://www.nuclearphynance.com/Show%20Post.aspx?PostIDKey=144145&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;forum &lt;/a&gt;que je fais tourner petit à petit vers moi comme un soleil, je sens que je pourrais bientôt en obtenir la transformation qui consiste à faire écrire tout le monde, même des poèmes, ou à se prononcer sur l’écriture.&lt;/p&gt;
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        <title>Le boulanger syrien</title>
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        <updated>2011-08-25T16:44:00+02:00</updated>
        <published>2011-08-25T16:44:00+02:00</published>
        <summary> Parmi les trajets essentiels dont se constitue aujourd’hui, en plein milieu...</summary>
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          &lt;p&gt;Parmi les trajets essentiels dont se constitue aujourd’hui, en plein milieu de l’été, ma pensée, pourquoi ne pas inclure ce retour matinal au four à pain de Souk-el-Gharb (&lt;em&gt;Furn Souk-el-Gharb&lt;/em&gt;) – la boulangerie où l’on ne trouve aucun autre client à sept heures du matin et où le chef boulanger et ses deux aides ont à peine commencé à étendre la pâte et n’ont pas encore exposé, comme c’est coutume, quelques mankouchés déjà faites que le client pressé pourrait demander qu’on lui réchauffe afin d’éviter qu’on lui refasse garnir (de fromage, de thym ou de &lt;em&gt;kichk&lt;/em&gt;) et cuire une mankouché toute neuve ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je réalise aujourd’hui la rareté de ce four à briques, à la fois parfaitement ajusté et de grande capacité, et le caractère exceptionnel de ses opérateurs&amp;nbsp;: des Syriens chrétiens de Maaloula, chez qui se passe aujourd’hui l’événement de la région et peut-être même du monde entier (puisqu’on soupçonne l’Angleterre d’en avoir été touchée), mais avec qui on n’ose pas encore véritablement en parler &lt;em&gt;afin que l’ironie ne soit pas complète&lt;/em&gt; – car une ironie aussi extrême ne serait plus crédible et n’encouragerait plus à jouer son jeu – et que l’histoire, dans la région comme dans ce four à pain, ne se retourne pas soudain, avec une évidence tellement grosse qu’elle serait embarrassante, sous la forme du &lt;em&gt;récit inversé&lt;/em&gt; où l’ouvrier ou le travailleur syrien, resté longtemps silencieux en face de l’employeur libanais pendant qu’explosait l’histoire chez ce dernier, à la fois dans son pays et entre ses mains –&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;c’est-à-dire que le Libanais construirait, détruirait et reconstruirait, en mettant à contribution cet ouvrier syrien dont le pays ne serait pas étranger, loin de là, à ce qui se passerait au Liban et expliquerait seul, par cette logique infernale du &lt;em&gt;transfert&lt;/em&gt; entre les deux pays&amp;nbsp;(transfert du «&amp;nbsp;silence&amp;nbsp;», de l’explosion ou de la parole, ce qui est peut-être justement le «&amp;nbsp;code de travail&amp;nbsp;» des deux pays), que le Syrien fût silencieux et même passif, se contentant seulement de travailler, en face de l’employeur libanais dont le pays se dégraderait ou se métamorphoserait à vue d’œil en se réfléchissant seulement dans la face du travailleur syrien –,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;tout d’un coup se mettrait à parler de l’explosion de son propre pays à la fin du transfert&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;comme si l’image de l’explosion du Liban, longtemps reflétée sur la face de l’ouvrier syrien avec toute la variété, l’ambigüité et la richesse de cette «&amp;nbsp;réflexion&amp;nbsp;» – avec sa perversité et son danger aussi&amp;nbsp;: je veux dire que le Syrien serait là pour «&amp;nbsp;réfléchir&amp;nbsp;» le Libanais, pour en être la cause de la destruction du pays quand le &lt;em&gt;sens du passage de la frontière&lt;/em&gt; entre les deux pays voudrait cela, et le moyen de sa reconstruction quand le sens voudrait le passage contraire – mais surtout avec toute sa passivité, soudain s’animait à son tour, dans un tour complet de la réflexion, ou plutôt, dans une &lt;em&gt;extrémité de l’histoire&lt;/em&gt; (à moins que ce ne soit sa conclusion), où &lt;em&gt;la réflexion apprendrait enfin à l’image ce qu’est la réalité&lt;/em&gt; et où la Syrie, plus passive et plus massive que le Liban, c’est-à-dire plus réfléchie, plus définitive et plus réelle, jouant pour l’image le rôle de l’arrière-fond quand ce n’est pas celui de la réflexion et de l’absorption, apprendrait enfin au Liban ce que cela veut dire de changer un pays et d’écrire l’histoire de la région, ou plutôt son fond.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je réalise la rareté de ce four à pain de mon village natal, où l’on me fait cuire la mankouché entre deux images d’explosion, l’une réfléchissant l’autre et lui apprenant enfin le sens de l’histoire, l’une &lt;em&gt;écrivant&lt;/em&gt; l’autre, plutôt –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;car je ne sais comment décrire la corrélation entre les «&amp;nbsp;guerres&amp;nbsp;» des deux pays, le lien étant à mon avis des plus indirects&amp;nbsp;; je veux dire que ni la guerre civile du Liban n’aura inspiré celle de Syrie, ni le soulèvement contre le régime syrien n’aura inspiré aux Libanais une quelconque envie de changer leur propre «&amp;nbsp;régime&amp;nbsp;»&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;le rôle de l’écriture n’étant pas de fournir à deux pays, à deux écritures, un cadre probabiliste commun – ce que serait la corrélation – mais de changer les contextes et de montrer combien ils sont incompatibles&amp;nbsp;; le Liban &lt;em&gt;s’écrivant&lt;/em&gt; aujourd’hui contre la Syrie.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui cuit dans ce four à pain est trop essentiel et trop «&amp;nbsp;nucléaire&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(car je pourrais absolument, si je trouvais la bonne transformation, faire partir tout le récit du transfert d’énergie entre les deux pays, toute la réflexion de la lumière et de la masse, toute l’information contenue dans l’image et dans son interprétation qui pourrait s’appeler l’&lt;em&gt;intelligence&lt;/em&gt; de l’image, sa réflexion, ou plus simplement l’&lt;em&gt;histoire&lt;/em&gt;&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;car c’est ce style-là d’écriture qui m’attend&amp;nbsp;: si l’histoire a été «&amp;nbsp;moyenne&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;probabiliste&amp;nbsp;» dans l’œuvre de Musil, dans la mienne elle passera justement par l’écriture et par le &lt;em&gt;marché&lt;/em&gt;, par le dehors de la probabilité et un autre genre d’enchaînement&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;si je trouvais la bonne transformation, c’est-à-dire la façon de «&amp;nbsp;remonter&amp;nbsp;» l’histoire en différant de son plan initial, je pourrais absolument faire partir l’histoire de la &lt;em&gt;réflexion&lt;/em&gt; entre les deux pays, qui pourrait s’appeler leur intelligence, de ce four à pain, du va-et-vient de l’image entre la réflexion du feu par la brique et la réflexion du &lt;em&gt;pain libanais&lt;/em&gt; (ce qui fait vivre ce pays, son économie, sa politique et son histoire) par la face du boulanger syrien&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;je pourrais partir du pain qui cuit dans ce four et remonter tous les processus historiques qui y sont pétris et qui «&amp;nbsp;cuisent&amp;nbsp;» ensemble&amp;nbsp;: ce qui a guidé la main du boulanger de Maaloula, ce qu’elle remue comme images et comme traditions, là-bas, dans le rocher de Maaloula et dans l’histoire entière de la Syrie où elle s’inscrit et où elle est même gravée, lorsqu’elle s’anime ici)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;pour que je n’y revienne pas et ne le refasse pas inscrire dans ma pensée, non pas comme une image ou comme un passage, mais comme un véritable &lt;em&gt;gène&lt;/em&gt; susceptible de recréer l’histoire ou d’en créer de nouvelles et dont il n’est pas nécessaire qu’il se prêtât physiquement à ces développements mais dont il suffit qu’il les contînt virtuellement, de manière intensive et non pas extensive, pour faire toute la différence dans mon récit et dans ma pensée, c’est-à-dire pour en faire &lt;em&gt;partie&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai alors plaisir à pénétrer dans ce four à pain le premier au matin, et à surprendre les boulangers syriens au plus profond de leur réflexion (et au fond de leur image), au plus près de la pâte et de la main qui la pétrit et qui l’étend, c’est-à-dire qu’ils sont «&amp;nbsp;frais&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;innocents&amp;nbsp;» pour moi et peuvent être emportés par ma pensée à l’état natif. J’ai déjà pensé que je pourrais passer des heures entières en compagnie de leur travail, c’est-à-dire que je travaillerais à côté d’eux et je ferais cuire mes galettes pendant qu’ils s’occuperaient des leurs.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je suis partisan aujourd’hui de cette réécriture de l’histoire qui peut s’appeler une &lt;em&gt;virtualisation&amp;nbsp;&lt;/em&gt;; c’est-à-dire que je me promènerais, sans d’autre préoccupation ou poursuite que ce qui se passe strictement à l’intérieur de moi – car je suis nomade et ne transporte plus, à ce stade de l’histoire et à ce jour évolué de l’été, que ma propre pensée –, sur toutes les lignes où mon histoire personnelle, ma &lt;em&gt;petite réalité&lt;/em&gt; ou mon instinct non éduqué me diraient d’aller, et je relèverais ces &lt;em&gt;noyaux&lt;/em&gt; de l’image, cette agglomération de particules élémentaires où cuisent la réflexion et l’histoire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ferais surgir l’&lt;em&gt;image entière&lt;/em&gt; de ma pensée (j’étendrais sa pâte, je ferais lever son pain), celle-là même qui s’inscrit dans l’histoire et que j’ai voulu graver dans la &lt;em&gt;table statistique&lt;/em&gt; en un seul trait et un seul passage afin de marquer la frontière et de trouver dans la frontière de quoi &lt;em&gt;vivre&lt;/em&gt; désormais – assez de vide et d’extrémité, ce qui s’appelle l’espace ou l’&lt;em&gt;intervalle&lt;/em&gt; –, de ce four de mon village natal, où je serai entré le premier avec un premier rayon de pensée et avec la question de l’&lt;em&gt;œuvre qui suit&lt;/em&gt; – celle de la réflexion, de l’été et de la maturité – et peut-être même avec le début d’une révolution et d’un retournement de l’histoire.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’abandonnerais un pays et un royaume entiers (sans parler de la demeure, ou de la grande maison) pour faire surgir une telle pensée et pour la &lt;em&gt;transporter&lt;/em&gt;. C’est en la transportant que je transformerai l’histoire et bouleverserai le temps. Ma révolution scientifique et ma façon révolutionnaire d’écrire tiennent dans cette compression de l’image de la pensée et dans la façon de la transférer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avant de transmettre la pensée comme un gène, il faut la &lt;em&gt;porter&lt;/em&gt; comme un gène&amp;nbsp;; or, je n’ai pas encore terminé la première phase, celle de mon propre héritage, celle où je me nourris moi-même d’images que je compresse et que je réduis à l’état de pensée&amp;nbsp;; je me charge encore d’images, ou plutôt de leur pollen, de leurs noyaux, ce qui veut dire que j’en suis encore au stade où je me charge de ma propre pensée et où je la porte, le stade où je la &lt;em&gt;supporte&lt;/em&gt; et où j’en deviens responsable et qui est le stade de la maturité et de l’été.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma façon de m’immobiliser et de me situer, dans ce pays qui m’abandonne et où je finirai par perdre ma trace, n’aurait pas de sens autrement : si mon degré d’immobilité et d’intensité, cette masse dont je veux être nouvellement constitué, n’avait comme équivalent cette image nucléaire dont je vais me charger dès le matin – il suffit d’une seule fois et d’un seul matin – dans ce four à pain où se transfèrent l’image et la réflexion avec intensité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne pourrais pas supporter l’été et la galette brûlante qui sort de ce four nucléaire, je ne pourrais pas regarder en face la blancheur où je me suis retiré et aventuré, je veux dire, cette immobilité et cette extrémité, le vide et les intervalles blancs que j’ai laissés à ma place dans les endroits, les lieux, ou les demeures où l’on m’attend, si je ne combinais pas à mon élément premier le noyau de la pensée et de l’histoire qui m’a fait, je veux dire, cette explosion de l’image de ce four où l’information est la plus dense et où l’histoire, une fois qu’elle est transformée, commence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’en suis au stade où l’on rassemble ce qu’on a fait et où l’on pèse cette matière. Celle que j’ai faite est d’une nature insoupçonnée, proprement archéologique, constitutive de la structure du monde et de l’histoire, c’est-à-dire qu’elle s’obtient &lt;em&gt;par équivalence&lt;/em&gt; et qu’elle ne s’impose pas directement aux sens. Il suffit de constater que la matière et la géométrie sont, chez moi aussi, les deux termes d’une même équation et que le tour présent de l’histoire, où les banques visées par moi finissent par s’effondrer et où le forum de discussion qui est, corrélativement, le plus hostile à ma pensée finit par se tourner vers moi, et bientôt, par abonder dans mon sens qui est celui de l’écriture, n’est pas étranger à ma façon de me retirer dans mon intervalle et de me pétrifier&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;c’est-à-dire qu’il s’agit, ici et là, du même rocher et de la même inscription gravée&amp;nbsp;; l’archéologie de la pensée devient équivalente à sa révolution&amp;nbsp;; et c’est lorsqu’on aura percé, dans les couches de mon écriture, le secret et la façon dont le passage dans le four à pain peut se conjuguer avec le marché et avec la sortie de la probabilité, ou la façon dont l’écriture de mon livre – ce mur de l’histoire – puis sa traversée sont également équivalentes à ma situation immobile d’aujourd’hui et à cette matière de l’été, c’est à ce moment que la pensée deviendra révolutionnaire et que ma manière alternative d’écrire l’histoire pourra enfin trouver son cours.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, l’image de la pensée, son archéologie ou sa révolution, en tout cas ce qui fait l’histoire des deux pays et leur face à face, ce qui peut s’appeler leur réflexion et leur intelligence, ce qui pourrait s’écrire par eux ou d’après eux, ne semble pas pouvoir se passer de &lt;em&gt;l’ouvrier syrien&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Celui-ci pénètre l’image par la statistique avant de la pénétrer par l’accident. Il faut le compter comme une population et le laisser engendrer «&amp;nbsp;par le bas&amp;nbsp;» et par le «&amp;nbsp;trait&amp;nbsp;», sans que soit reconnu là un principe d’identité ou un principe générateur, la future histoire de ce pays et même son événement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’ouvrier syrien a tellement été passif et silencieux – il s’est tellement «&amp;nbsp;exécuté&amp;nbsp;» dans notre pays, en se faisant simplement doubler, comme par un chœur fantastique, comme par un écho ou une réflexion maléfique, par l’image du &lt;em&gt;soldat syrien&lt;/em&gt; qui détruit quand le premier construit, gardien de la paix et alternativement de la guerre, sombre et mystérieux, n’offrant pas la face et le bras comme l’ouvrier syrien, mais tourné de trois-quarts dans l’image et monté jusqu’à nous ou contre nous par le «&amp;nbsp;régime syrien&amp;nbsp;», cette deuxième profondeur de l’image dont on ne sait en suivant quelle structure ou quelle matière de ce monde-ci elle pourrait devenir équivalente à l’image de l’ouvrier –, l’ouvrier syrien nous a tellement présenté sa face passive mais non moins présente, tellement présente qu’elle fait partie de toutes nos images –&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;et il n’y a pas jusqu’à celles de mon enfance, qui datent d’avant guerre ou tout juste à son moment (1974), qui ne présentent dans leur fond, introduite comme un noyau ou comme un grain, l’image de l’ouvrier syrien, sous les traits de notre bonne Jouheina, qui avait fait la révolution chez nous le jour où elle avait voulu changer de tête et qu’elle s’était servie dans le tiroir de ma mère, pour se maquiller et même, ce jour-là, pour fuguer&amp;nbsp;; son rendez-vous amoureux étant, en l’occurrence, le premier, et la pression sur elle tellement forte de se faire belle pour sortir cette première fois que le régime disciplinaire de notre maison n’avait pas su y résister et que la bonne n’avait même pas eu le temps de calculer les conséquences de son geste et de comprendre pourquoi celui de se maquiller, qui n’allait laisser de traces que sur son propre visage et à peine entamer les rouges à lèvres, les fonds de teint et le mascara de la maîtresse de maison – car là n’était certainement pas la question – allait lui valoir tous ces reproches et même créer dans notre maison, dans notre pays, un événement si grave qu’il serait révolutionnaire ou alors prophétique, c’est-à-dire qu’il serait à lire à la lumière du bouleversement récent, où l’ouvrier syrien change de visage, ou en tout cas épaissit son image et donne plus de corps à sa face qu’il transforme alors, sans la détourner de nous et en la gardant sérieuse et grave comme un noyau en face de nous, de passive en active et même révolutionnaire –,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;que j’imagine mon prochain accident, dans une fatalité qu’expliqueraient seules la statistique et la table d’écriture qui crée l’événement, comme celui où je faucherais sur le bord de la route, en Porsche jaune vif, un ou deux ouvriers syriens qui n’auraient pas eu le temps de se retirer de l’image de ma pensée et de la «&amp;nbsp;trajectoire de ma course&amp;nbsp;» ou de m’offrir la face du «&amp;nbsp;régime suivant&amp;nbsp;»,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ma façon de m’arrêter de penser et de commencer à purger une peine absurde et non causée, qui ne serait générée que par le &lt;em&gt;simple fond statistique&lt;/em&gt; de l’image, c’est-à-dire son absurdité même (cela qui occupe son fond, la graine que l’on rencontre fatalement au fond de l’image, qui est différente mais qui complète l’image du boulanger syrien comme &lt;em&gt;noyau&lt;/em&gt; de la mienne),&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ma mise aux arrêts dans ce pays où je veux m’immobiliser dans l’intervalle de l’été, entre l’image et sa réflexion syrienne, ou cuire enfin comme une poterie dans un four intense, s’obtenant, pour finir, par un retournement du fond de l’image et de la révolution syrienne, par cet ouvrier syrien qui sera remonté de sa face passive et indistincte pour me présenter celle de l’accident.&lt;/p&gt;
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        <author>
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        <title>La petite réalité</title>
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        <updated>2011-08-09T10:10:00+02:00</updated>
        <published>2011-08-09T10:10:00+02:00</published>
        <summary> Difficile de réussir la transformation du temps quand on manie un instrument...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Difficile de réussir la transformation du temps quand on manie un instrument de précision comme le mien, qui recherche le mouvement dans le fond de l’immobilité et l’infinie fracture de la ligne. Je voudrais changer et me projeter (ce que j’ai appelé «&amp;nbsp;sauter à l’intérieur de moi&amp;nbsp;») mais c’est curieusement l’écriture qui me rattache à ce que je suis et qui me fournit l’articulation du mouvement. Ce ne serait pas, ainsi, une autre réalité que j’envisagerais, une étendue déserte qui me libérerait, mais la réalité même de l’écriture dans laquelle je m’enfoncerais, laquelle deviendrait de plus en plus étroite à mesure que je m’y enfonce, et me séparerait de plus en plus de la compagnie des autres. Elle me ferait même apparaître, à leurs yeux, de plus en plus comme un fantôme, comme l’habitant d’une réalité dégénérée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je recherche l’intensité et le regroupement de tous les détails du monde et de tous les événements dans une seule méditation qui me rendrait différent, dans une ligne où tout s’éclairerait et où, pour passer, le temps n’aurait plus besoin de se succéder&amp;nbsp;; comme si ce qui le ponctuait était soudain devenu le même et se superposait, comme si les événements du monde étaient devenus un seul et même événement dont j’explorerais indéfiniment le déroulement non temporel, la dimension qui fait sa différence et qui n’a lieu ni dans l’espace ni dans le temps – une copie de la réalité qui en retiendrait l’infini déclenchement, une œuvre comme celle de Pierre Ménard. Mais comme j’ai choisi l’écriture comme l’instrument de cette méditation – là où d’autres seraient vraiment immobilisés –, je reste dépendant d’une toute petite réalité, qui me nourrit et doit me fournir la matière d’écriture et jusqu’au support sur lequel m’appuyer, mais qui me dérange avant tout et que je veux fuir au lieu de m’y arrêter.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il doit en être du mouvement de l’écriture comme de tous les autres mouvements du corps, c’est-à-dire que l’on croit sa ligne infiniment fine et l’on idéalise l’espace où il a lieu&amp;nbsp;; on le sépare du muscle qui l’articule dans une inversion similaire à celle du mouvement du bras, où l’on croit que le cerveau commande à celui-ci de se replier et d’entraîner à sa suite la contraction du muscle (et même, on va jusqu’à penser que l’objet ultime du mouvement du bras, celui qui demande le plus d’effort, est de contracter le biceps, la preuve visible de cette contraction apparaissant comme le couronnement du mouvement et justifiant que des culturistes passent leur vie à accomplir des mouvements qui ne reviennent qu’à contracter et faire saillir les muscles), quand la réalité est que le cerveau commande le muscle et que c’est cette masse aveugle, qui n’a ni orientation ni hauteur ni perspective, qui entraîne à son tour le mouvement, enchaînant à celui du bras le mouvement de détail des doigts et produisant comme sa conséquence dernière, c’est-à-dire la moins précise, la plus incertaine et la moins active (la moins concentrée), le mouvement de l’écriture, lequel apparaît tout d’un coup, dans un renversement caractéristique, véritablement original, lui-même le véritable lieu de la pensée et premier même au cerveau dans la chaîne de mouvements.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De la même façon, la réalité qui produit l’écriture ne doit-elle pas être celle du monde idéal où je la projette – à supposer même que ce monde existe et soit plus qu’une image – mais tout simplement celle du monde premier, et même primitif, qui la suscite au moment où elle commence. Je veux dire qu’il n’y a sans doute pas plus au monde qui me fait écrire et qui se développe en écriture que la très petite réalité avec laquelle je commence matériellement, celle-là même qui me dérange&amp;nbsp;: la hauteur et l’inclinaison de la table, la densité de l’air et du bruit, la nature du mouvement qui m’entoure&amp;nbsp;: celui de la rue, de la maison ou du plein air, où il arrive que je sois pour écrire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ajouterai également au mouvement de la petite réalité, qui est le seul à avoir lieu et dont tous les autres mouvements doivent se développer, le mouvement de la lumière et de l’ombre, tellement lent qu’il est imperceptible, et qui m’aide à découper les plans, c’est-à-dire à trouver mon refuge et la continuité du mouvement, à savoir me soustraire au mouvement du monde tout en faisant mine de trouver le mien.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, jusqu’à ce que mon mouvement ici-bas se réduise à suivre celui de l’ombre et que ma concentration me rende aussi petit, dans le monde, que la graine de lumière, jusqu’à ce que se produise en moi une accumulation telle que je n’aurai plus besoin de rien prouver et de rien échanger et que ne m’attende plus que l’épreuve ultime, l’examen de passage après lequel je ne saurai plus rien, je devrais me contenter d’une articulation encore imparfaite, d’une situation moyenne où tous mes liens ne sont pas encore resserrés et le nœud de mon écriture n’est pas encore réduit à un seul point de précision. Je devrais encore supporter de loger à l’ombre de choses faites par les hommes, c’est-à-dire faites de compromis, et accepter l’idée que le monde que je veux réduire à la pointe de mon écriture ne soit pas encore si facilement réductible et qu’il m’offre, proportionnellement, beaucoup plus encore de vides et d’intervalles que des points d’enchaînement parfaits et des extrémités&amp;nbsp;; en un mot, que ce monde parfois m’échappe et même qu’il me délaisse et que la majeure partie de mon processus d’écriture se perde encore dans l’aléatoire de l’intervalle et l’impondérable de l’articulation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je veux dire que l’écriture est une négociation indéfinie avec les imperfections du monde et le manque de rigueur et de justesse de ses calendriers, et que, ne pouvant être, ce matin, à la fois à deux endroits différents, à vélo sur la route de montagne avec Badih et Nabil et assis devant ma table d’écriture dont le relief n’est pas le moins accidenté, j’ai dû négocier avec le monde et choisir, des deux places, la deuxième, acceptant seulement, comme matière pour remplir mon attente et l’intervalle à la résolution finie où j’étais momentanément placé, l’effort impossible de la pensée qui consiste à ramener le mouvement de Badih et Nabil au mien – encore une fois une inversion et une idéalisation, ou plutôt l’illusion de leur chemin possible&amp;nbsp;: un monde possible, un idéal accessible de l’écriture qui est qu’en écrivant je réussirais à placer Nabil et Badih au centre de mon point, quand la réalité est celle de l’intervalle irréductible, du mouvement de Badih et Nabil qui n’a rien à voir avec le mien et seulement, accessoirement, de l’effort de la pensée, qui ne parviendra pas à son point de précision mais qui définira mon entière position par l’effort même que j’aurai fourni pour atteindre le point.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En un mot, la modestie de mon effort est telle que je recherche à créer une situation d’écriture rien qu’en utilisant les faits les plus rectilignes et les plus secs de ce matin, à savoir que Badih et Nabil sont partis et sont séparés de moi et qu’il ne m’est resté que la place vide de l’écriture&amp;nbsp;; la petitesse de ma réalité est telle que, de l’intervalle qui me sépare de Badih et Nabil, je veux créer un monde et même une logique, pourquoi pas faire renaître tous les détails du monde ancien où Badih, Nabil et moi étions en équipe ou en formation&amp;nbsp;; en un mot, je cherche à m’épuiser à la recherche de la chose supplémentaire qu’il y aurait à dire sur le compte de notre amitié et de notre monde ancien, si, en ce matin qui est le plus important parce qu’il est le dernier en date, nous avons été séparés plutôt que réunis&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;quand le vrai mérite de ma position tient dans l’inversion du but et du moyen, l’effort ayant été louable, non pas en raison du monde infini qu’il aurait été de toute façon impossible de reconstituer sur la base d’un fait aussi sec et anodin que ma séparation de ce matin avec Badih et Nabil, mais en raison de l’&lt;em&gt;intervalle même &lt;/em&gt;de ce matin, des trois heures que j’aurai passées à écrire en pensant à Badih, à Nabil et à ce monde impossible&amp;nbsp;; le plus grand monde et la plus grande réussite revenant, à mon âge et à ce stade évolué de l’été, à savoir tenir une position et à passer le temps, même s’il s’agit d’une position insignifiante et d’un rien de temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car le mystère de la transformation du temps tient tout entier à cette inversion de la machine de l’âge et du processus de vieillissement. Le temps ne coulera pas autrement&amp;nbsp;; c’est juste qu’il faut savoir placer, dans l’intervalle de temps, les mots qui ont le sens adapté à l’âge et à l’été – et l’effort mesuré.&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma transformation serait réussie si je parvenais à arrêter l’été dans une image que j’emporterais, si un certain mot, qui a un certain sens, pouvait soudain trouver sa place dans l’intervalle et soudain, par cette justesse, tout le sens de l’été s’illuminer. Il y a une révolution constante qui a lieu au fond de moi et qui me rappelle que je suis fait de la même matière que le monde qui m’entoure et que l’univers dans son expansion, les étoiles les plus lointaines dans leur mécanique inconcevable, ne sont pas étrangers à mon moindre petit battement et à ma moindre petite pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette équation a l’air statique et comme postérieure à un constat&amp;nbsp;; elle a l’air d’un résultat qui nous est imposé par la pression du monde sur nous, par une logique qui nous a depuis longtemps dépassés&amp;nbsp;; quand je dis qu’elle peut être ramenée au moindre petit instant qui succède au précédent et que le monde peut recommencer dans le moindre petit intervalle. En un mot, les formes et les mouvements qui m’entourent, dont la familiarité me fait oublier le commencement, peuvent tout d’un coup se remettre à naître&amp;nbsp;et c’est à la genèse du moindre instant et de la moindre petite forme qui l’occupe que je pourrais de nouveau assister, depuis mon siège, lorsque j’accomplirais, par la pensée, l’effort dont je ne suis que le pivot et l’articulation, le passage entre la complication de l’instant et l’immensité de l’univers dont je ne suis que le moyen.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À l’heure où mes filles remplissent des cahiers de vacances pour capturer l’été et remplir le temps, je pars, à l’inverse, dans une opération de compression de l’image et de l’intervalle. C’est à rebours que j’accumule, et tout l’été se sera idéalement déroulé pour moi lorsque, pour finir, j’aurai saisi le commencement et transformé le temps en mettant dans la tête de celui que j’ai été au début de l’été toute la richesse et tout le détail du film qui aura suivi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai une telle liberté, après l’examen de passage, qu’il suffit de regarder autour de moi pour décider du jour et de la direction où tirer le premier trait et commencer la ligne de séparation entre le futur monde et la future œuvre. Sans doute l’intervalle de l’été se «&amp;nbsp;réduit-il&amp;nbsp;», pour commencer, à l’espace de cette liberté. Sans doute garderai-je la possibilité de l’œuvre comme une sonnerie de rappel intime, comme un ordre secret qui ne servirait qu’à moi et qu’à me faire avancer, comme le déclic ou le culbuteur qui me ferait migrer entre les échelles et traverser de grandes distances, combler de larges fossés, me rapprocher des autres ou m’en éloigner, chaque fois que j’aurais rempli en moi le prochain intervalle de pensée, franchi le pas suivant, accompli le saut infime.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas un récit ou le déroulement de l’histoire qui me lient à ceux qui m’entourent et donc au monde qui suit, mais désormais cette seule logique intense, cette seule possibilité de l’œuvre intime, cette possibilité de repli qui est doublée de la plus ambitieuse conquête et qui me fera interpréter le ballet du monde et ses insignifiances, l’effort que fournissent les autres pour trouver eux-mêmes la voie et eux-mêmes se rapprocher du cœur de l’été, comme la référence renouvelée à ma compression, comme la preuve de ma propre accumulation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je commencerai petit à petit à construire la distance qui me sépare des plus proches comme la variation de cet intervalle intime. Le roman statique que j’écrirai, où rien ne semblera bouger et ne se dérouler que l’été dont je cherche à fixer l’image, sera en réalité dynamique, mais complètement situé et complètement creusé. Plutôt que mon œuvre ne se déroule extérieurement, comme le récit d’un lien impossible et inintéressant entre des choses qui bougent sans raison et sans aucun point, mon œuvre sera que je remonterai à l’instant premier et que sans cesse je m’interrogerai sur le sens qui vient de ce que les autres existent et s’approchent et s’éloignent de moi et même me rencontrent, quand je ne fais, à mon tour, que rester à ma place, occupé seulement par le prochain passage intime, perdu dans mes pensées et cherchant, au-delà d’elles, à me situer.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Freibach</name>
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        <title>Les mots à la bouche - Café philo du 25 juin 2011 à Contes animé par Raphaël Monticelli sur ”Peinture et écriture”</title>
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        <updated>2011-06-15T11:49:52+02:00</updated>
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        <summary> Le samedi 25 juin entre 17h et 19h au café La picada, place Jean Allardi, à...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lesvoixdubasilic.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Le samedi 25 juin entre 17h et 19h au café La picada, place Jean Allardi, à Contes, &lt;strong&gt;Raphaël Monticelli&lt;/strong&gt; parlera des rapports entre &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Peinture et Ecriture.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sa proposition: &quot;Le sujet que je compte aborder avec vous concerne le rapport texte/image. On peut aborder cette question de mille façons à travers l'histoire et les pratiques. Je me limiterai à la période contemporaine et aux champs artistique et littéraire.&lt;br /&gt;On voit en effet surgir de plus en plus d'objets de la collaboration entre peintres et écrivains. On&lt;br /&gt;dit &quot;beaux livres&quot;, &quot;bilbiophilie&quot;, &quot;livres d'artiste&quot;, &quot;livres singuliers&quot;, &quot;livre objet&quot;, &quot;oeuvres croisées&quot;, &quot;livres illustrés&quot;. À partir de quelques exemples concrets, notre discussion portera sur les formes et les enjeux de&lt;br /&gt;cette relation. Je choisirai mes exemples dans mon propre travail et dans celui de quelques autres écrivains.&quot;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Coordonnées: Les Mots à la bouche, Association de lecture à haute voix&lt;/p&gt;&lt;p&gt;site : lesmotsalabouche.com courriel : lesmotsalabouche06@gmail.com&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Benjamin OPPERT</name>
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        <title>ECRITURE de 2 à 4 MAINS</title>
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        <updated>2011-06-12T16:25:00+02:00</updated>
        <published>2011-06-12T16:25:00+02:00</published>
        <summary>   Une nouvelle Pièce terminée. C'est différent de ce que j'ai écrit jusque...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #0000ff; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-593155&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/media/02/01/2158963337.jpg&quot; alt=&quot;J'accuse.jpg&quot; /&gt;Une nouvelle Pièce terminée. C'est différent de ce que j'ai écrit jusque là. Un autre monde, d'autres sujets, un autre ton. Mais&amp;nbsp;le personnage récurrent dans mes écrits est à nouveau là.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #0000ff; font-size: medium;&quot;&gt;De bons retours de la part des professionnels et des amateurs de Théâtre qui l'ont lue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #0000ff; font-size: medium;&quot;&gt;A cela s'ajoute une nouvelle expérience très interessante, celle d'une écriture à 4 mains pour répondre à un appel à textes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Source :&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Benjamin OPPERT</name>
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        <title>LES DISCOURS DE ROIS !</title>
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        <id>tag:benjamin-oppert.blogspirit.com,2011-04-16:2314009</id>
        <updated>2011-04-16T13:55:00+02:00</updated>
        <published>2011-04-16T13:55:00+02:00</published>
        <summary>    Les Editions TERRITORIAL viennent à nouveau de mettre à jour l'ouvrage...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://benjamin-oppert.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-579762&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/media/00/00/2919104799.jpg&quot; alt=&quot;Discours.jpg&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Les Editions TERRITORIAL viennent à nouveau de mettre à jour l'ouvrage collectif &quot;&lt;em&gt;Les Discours de l'élu local&lt;/em&gt;&quot; auquel j'ai collaboré.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #0000ff; font-size: medium;&quot;&gt;Enrichi par de nouveaux modèles,&amp;nbsp;ce recueil&amp;nbsp;porte désormais à plus de 200 le nombre de sujets traités et classés par thématiques : commémorations, cérémonies, réceptions, fêtes, journées de solidarité, inaugurations et lancements, vie locale et action politique, situations sensibles, religion et communautés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #0000ff; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.territorial.fr/TPL_CODE/TPL_OUVR_AUT_FICHE/PAR_TPL_IDENTIFIANT/694/PAG_TITLE/M+Benjamin+Oppert/1007-fiche-auteur.htm&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Plus d'infos sur le site de l'éditeur en cliquant là !&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #0000ff; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.modeles-experts.com/1733-communication-modeles-de-documents.htm&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Ces discours mais aussi des Editoriaux et des Chartes sont également en téléchargement ici !&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #ff0000; font-size: medium;&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/&quot;&gt;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Maryse WOLINSKI</name>
            <uri>http://marysewolinski.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Rendez-vous à Limoges</title>
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        <updated>2011-03-30T15:53:00+02:00</updated>
        <published>2011-03-30T15:53:00+02:00</published>
        <summary>    Les 1er, 2 et 3 avril, rendez-vous sur l'esplanade du champ de juillet...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://marysewolinski.blogspirit.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-574886&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/01/02/1888683895.jpg&quot; alt=&quot;lal2011.jpg&quot; width=&quot;169&quot; height=&quot;84&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Les 1er, 2 et 3 avril, rendez-vous sur l'esplanade du champ de juillet pour des moments de partage, des séances de dédicaces et des rencontres sur des sujets d'actualité et de société. &lt;strong&gt;L’écrivain et académicien Jean-Marie Rouart sera l’invité d’honneur de cette nouvelle édition. Amoureux des mots et héritier d’une famille de peintres impressionnistes, il rencontrera le public lors d’un grand entretien.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le fil rouge de « Lire à Limoges » sera consacré aux utopies partagées &lt;/strong&gt;permettant ainsi de décliner plusieurs thèmes comme &lt;strong&gt;nos grandes conquêtes humanistes, les utopies du XXème siècle ou la création artistique&lt;/strong&gt; en écho à l’ouverture du musée des Beaux-arts en décembre dernier.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Comme disait Aimé Césaire &lt;/strong&gt;: « Ce ne sont pas des paysages, ce sont des pays, ce ne sont pas des populations, ce sont des peuples ». &lt;strong&gt;Afin d’aborder l’abolition de l’esclavage sur nos territoires et dans le monde, à l’occasion de l’année des Outre-mer en France, une table ronde intitulée « A partir d’Aimé Césaire, du singulier à l’universel » réunira Michèle Césaire&lt;/strong&gt;, fille d’Aimé Césaire, les auteurs Louis-Philippe Dalembert,&amp;nbsp; dont le fonds a récemment été accueilli par la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges, &lt;strong&gt;Daniel Maximin, nommé commissaire pour l’année des Outre-mer en France, et Serge Letchimy,&lt;/strong&gt; député de la Martinique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Rendez-vous, samedi 2 avril dès 16h pour la table ronde sur le thème : &quot;Maisons closes, prison ou liberté pour les femmes ?&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Ce débat sera animé par Éric Portais, journaliste, avec Irène Frain, Maryse Wolinski, Natacha Henry, Dominique Labarrière, Xavier Milan et Emmanuel Pierrat.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Je serai également présente pour signer mon récit &quot;Georges, si tu savais...&quot;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a id=&quot;media-574891&quot; href=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/01/00/2210977671.pdf&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Téléchargez ici le programme complet !&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>lelazor</name>
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        </author>
        <title>L'angiographie</title>
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        <updated>2011-03-10T20:36:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-10T20:36:00+01:00</published>
        <summary>     Dans l’ascenseur, ma mère dit à ses voisines, avec un air catastrophé,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lelazor.blogspirit.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-568703&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lelazor.blogspirit.com/media/00/00/4190295591.jpg&quot; alt=&quot;dmla.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Calibri; font-size: small;&quot;&gt;Dans l’ascenseur, ma mère dit à ses voisines, avec un air catastrophé, &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;qu’elle part à l’hôpital…je rectifie, nous allons en consultation ophtalmo à l’hôpital…ne paniquons pas toute la résidence….surtout que c'est le troisième spécialiste qu'elle va voir....pour voir....après tout, dit elle, c'est la collectivité qui paie....&lt;br /&gt;Dans la salle d’attente, il y a beaucoup de monde…une cinquantaine de personnes….il y a toujours beaucoup de monde à l’hôpital….Madame Lucette Delmas, box 11….Monsieur Mohamed Sissé, box 23…un rapide calcul me permet de me préparer à me résigner…. on est là pour quelque temps….deux heures plus tard, on appelle ma mère au micro…je fuis…je fuis mettre de l’argent dans le parcmètre…je te retrouve ici…panique de ma mère….nouvelle trahison de son fils, doit elle penser….je reviens dix minutes plus tard, ma mère est à nouveau à sa place….ils m’ont mis des gouttes, faut attendre un quart d’heure….trois quart d’heures plus tard, la porte s’ouvre…Messieurs dames….je reste debout au fond de la salle d’examen …la jeune spécialiste analyse le dossier et les images réalisées dans une observation précédente…les images sont superbes, lance la jeune femme à la cantonade, comme si elle voulait rompre la glace d'un diner un peu coincé…….je me penche par-dessus son épaule….c’est une dégénérescence maculaire, me souffle la toubib….c’est du à la vieillesse, on ne peut rien faire….je vais vous examiner quand même, Madame….appuyez bien le front contre cet appareil…ma mère a des allures de folle…elle a l’air d’une petite fille….je revois mon enfance…. les crises d ‘angoisse des visites au docteur…. la névrose de ma mère que je percevais déjà, tout jeune, sans savoir, me revient ….des souvenirs sombres m’envahissent la tête…on va essayer de sauvegarder l’autre œil, je vais vous prescrire un traitement….le médecin me sort de mes douloureuses pensées &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;…on ne vous a jamais dit que vous souffriez de DMLA....non, jamais....gros mensonge.....on quitte le box….ma mère s’appuie sur moi, comme une enfant, sortant de l’école….puis elle se redresse et me dit avec un certaine condescendance….au fond, c’est comme d’habitude, &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;ils ne savent pas me soigner….&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Chrissie, alias Kissa</name>
            <uri>http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Certification Voltaire</title>
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        <updated>2011-03-01T17:52:00+01:00</updated>
        <published>2011-03-01T17:52:00+01:00</published>
        <summary>  À tous ceux, en France et en Suisse, qui souhaiteraient se présenter à la...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;À tous ceux, en France et en Suisse, qui souhaiteraient se présenter à la &lt;a href=&quot;http://www.certification-voltaire.fr/&quot;&gt;Certification Voltaire&lt;/a&gt; : je vous&lt;img id=&quot;media-565910&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; src=&quot;http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/media/01/02/2499825235.jpg&quot; alt=&quot;ortho.jpg&quot; /&gt; rappelle (cf. &lt;a href=&quot;http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/archive/2011/02/08/certification-voltaire.html&quot;&gt;ma note&lt;/a&gt; du 8 février) que vous pouvez, grâce à mon code parrain &lt;strong&gt;V4V8MQH4&lt;/strong&gt; (à mentionner lors de votre inscription), bénéficier d'un &lt;strong&gt;prix préférentiel&lt;/strong&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Voici l'&lt;a href=&quot;http://www.projet-voltaire.fr/blog/actualite/certification-voltaire-meilleur-score-suisse-correctrice-professionnelle&quot;&gt;interview&lt;/a&gt; dont j'ai été honorée. &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Maryse WOLINSKI</name>
            <uri>http://marysewolinski.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Drôle d'histoire : ma main crispée (2ème partie)</title>
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        <updated>2011-02-23T11:51:00+01:00</updated>
        <published>2011-02-23T11:51:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;     &amp;nbsp;  @font-face {   font-family: &quot;ＭＳ 明朝&quot;; }@font-face {...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://marysewolinski.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-559549&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/02/01/1143603804.jpeg&quot; alt=&quot;maryse wolinski,main,écriture,médecin&quot; width=&quot;335&quot; height=&quot;251&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;@font-face {   font-family: &quot;ＭＳ 明朝&quot;; }@font-face {   font-family: &quot;Cambria Math&quot;; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; }.MsoChpDefault { font-size: 10pt; }div.WordSection1 { page: WordSection1; }&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Une semaine plus tard, nouvelle consultation. Rien n’a changé. Le crabe s’est installé et la rétraction est de plus en plus horrible. Le spécialiste des traumatismes hésite, regarde, tourne autour de ma main, l’examine sous toutes les coutures.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;Il faut continuer la cortisone&amp;nbsp;», insiste-t-il. «&amp;nbsp;Personne ne doit toucher votre main, ni kiné, ni autre personnel médical. Vous la trempez dans de l’eau chaude et de l’eau froide, trois ou quatre fois dans la journée.&amp;nbsp;Elle va réagir.&amp;nbsp;Attention au froid. Et surtout tenez bien votre main en l’air pour que le sang circule.»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Impossible de rédiger le chèque. Mes doigts tiennent à peine le stylo et je dessine des lettres minuscules et de travers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Je signe, le médecin remplit le chèque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;J’angoisse pour tout et notamment pour la météo qui n’annonce que du grand froid. J’achète des moufles fourrées de mouton mais bien sûr, je ne peux en enfiler qu’une et à la main gauche&amp;nbsp;! Pour la main droite, au lieu de prendre du 7, il faut une moufle du 10. Ensuite, je me procure&amp;nbsp; deux petites bassines dans lesquelles je baigne ma main. En effet, le crabe commence à se réveiller, commence seulement. Les doigts restent rigides, collés les uns aux autres, bizarrement toujours poisseux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Quand je rencontre des amis, ils regardent ma main, toujours tenue à la verticale, et entourée du foulard de soie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;Quel joli foulard&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», remarquent-ils.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Personne n’ose me parler de ce qu’il y a sous le foulard. Bien sûr, à table, je continue à ne pas pouvoir tenir un couvert. Je manie la fourchette de la main gauche, mais inutile encore de chercher à couper une entrecôte ou même un morceau de cabillaud. Il faut avoir recours à qui se trouve en face de soi. J’hésite donc à prendre des déjeuners professionnels. Et il m’arrive souvent, quand je suis seule, de manger sans fourchette, tellement ma main gauche est inopérante. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Comment j’écris&amp;nbsp;? Je joue du clavier d’ordinateur avec ma seule main gauche qui ne parvient pas à diriger la souris. Je tape à côté de la lettre visée et je perds un temps fou. Je suis exaspérée. Je fais quelques tentatives avec mon stylo. Mes doigts refusent de le tenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;La trêve de Noël est passée, nous entrons dans une nouvelle année et ma main résiste toujours, crispée, bandée, inutile au bout de mon bras.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Cependant, je n’en veux pas à ma main que je protège comme je le ferai de mon nourrisson. Elle est toujours serrée sous le foulard selon les conseils du médecin. Et toujours sur ses conseils, je fais faire une échographie. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Extrait des résultats&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Concernant le canal carpien, je ne note pas d’anomalie. Il n’existe pas de syndrome de Dupuytren décelable… Par ailleurs, je note un épaississement de la poulie A1 du troisième doigt avec un peu de liquide dans la gaine des tendons fléchisseurs de ce troisième doigt. On note une minime tendinopathie du tendon fléchisseur superficiel… S’agit-il d’une forme de doigt à ressaut débutant&amp;nbsp;?...Cet équivalent du doigt à ressaut débutant n’explique toutefois pas la rétraction de tous les doigts…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Troisième consultation&amp;nbsp;: j’enlève le bandage de soie, la main est un peu moins figée qu’à la première consultation mais toujours rétractée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Le spécialiste s’en empare&amp;nbsp; et prend un air désespéré. Je lui tends les résultats de l’échographie, il jette un œil furtif et range la feuille dans son enveloppe. Puis, silence, il réfléchit. Soudain, il lève les yeux vers moi et m’interroge.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;Comment vivez-vous en ce moment&amp;nbsp;? Tout va bien&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;Oui,&amp;nbsp;» lui dis-je, «&amp;nbsp;tout va bien.&amp;nbsp;» Mais, je rajoute&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’ai bien quelques problèmes familiaux…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;C’est cela&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» s’exclame-t-il. «&amp;nbsp;Votre problème est psychologique et tant que vous n’aurez pas réglé vos problèmes familiaux, votre main ne se guérira pas.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Je l’écoute, un peu étonnée, car tout de même, il y a un fait certain&amp;nbsp;: en crochetant des paquets trop lourds, mes deux doigts, index et majeur, ont souffert et c’est alors que ma main s’est rétractée. Mais il s’entête à penser que je souffre d’algodistrophie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je vais vous conseiller une très bonne psycho-thérapeute. Elle fait des miracles à l’hôpital.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Il prend son téléphone et demande un rendez-vous.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-559550&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/01/00/746550881.jpeg&quot; alt=&quot;maryse wolinski,main,écriture,médecin&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;À SUIVRE...&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Chrissie, alias Kissa</name>
            <uri>http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Certification Voltaire*</title>
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        <updated>2011-02-08T16:16:00+01:00</updated>
        <published>2011-02-08T16:16:00+01:00</published>
        <summary>   Niveau expert       &amp;nbsp;  &amp;nbsp;        J'ai le plaisir de vous annoncer...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;Niveau expert&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-559562&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/media/02/02/901515464.jpg&quot; alt=&quot;orthographe,certification voltaire,expert,score,langue française&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-559553&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/media/00/00/3679518655.gif&quot; alt=&quot;orthographe,certification voltaire,expert,score,langue française&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai obtenu, lors de la &lt;strong&gt;Certification Voltaire&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;img id=&quot;media-559760&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/media/02/02/1658854445.JPG&quot; alt=&quot;écriture,orthographe,certification voltaire,expert,score,langue française&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;du 31 janvier 2011, &lt;strong&gt;964 points&lt;/strong&gt;. Dès &lt;strong&gt;900&lt;/strong&gt; points, le niveau &lt;strong&gt;expert&lt;/strong&gt; (le meilleur) est atteint. Pour vérifier mon score, veuillez entrer ce code : &lt;strong&gt;LZEOPU&lt;/strong&gt; sur &lt;a href=&quot;http://www.certification-voltaire.fr/verifier-certificat.html&quot;&gt;ce site&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-559554&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/media/02/01/3908205598.gif&quot; alt=&quot;orthographe,certification voltaire,expert,score,langue française&quot; width=&quot;579&quot; height=&quot;413&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;h3 style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;* &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;La &lt;a href=&quot;http://www.certification-voltaire.fr/&quot;&gt;Certification Voltaire&lt;/a&gt; mesure le niveau de maîtrise des difficultés de la langue française à l'écrit.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-559559&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; src=&quot;http://amourdelalanguefrancaise.blogspirit.com/media/00/01/4147077429.jpg&quot; alt=&quot;orthographe,certification voltaire,expert,score,langue française&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Avis important&lt;/strong&gt; à tous ceux, en France et en Suisse, qui souhaiteraient se présenter à la &lt;a href=&quot;http://www.certification-voltaire.fr/&quot;&gt;Certification Voltaire&lt;/a&gt; : grâce à mon code parrain &lt;strong&gt;V4V8MQH4&lt;/strong&gt; (à mentionner lors de votre inscription), vous bénéficiez d'un &lt;strong&gt;prix préférentiel&lt;/strong&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Schnouky</name>
            <uri>http://legranddeblocage.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>déjà neuf heures</title>
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        <updated>2011-01-20T21:17:01+01:00</updated>
        <published>2011-01-20T21:17:01+01:00</published>
        <summary> et je n'ai pas écrit trois mots ! pardon blog chéri... mais tu as bien vu...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://legranddeblocage.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;et je n'ai pas écrit trois mots ! pardon blog chéri... mais tu as bien vu que j'ai &amp;nbsp;bossé toute la journée... J'ai enfin terminé la rédaction de ce fameux truc ! mais tu sais de quoi je parle... ce texte que je propose pour publication dans un ouvrage collectif dont le sujet est &quot;la thérapie narrative&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je raconte un &quot;cas&quot;. Oui, parfaitement ! et je vais même te dire un truc... enfin, non je me tais, ça ne regarde que nous, c'est une réussite... chuttttt&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bref, j'ai eu du mal à accoucher et en plus je suis à peu près certaine que ce que je propose ne sera pas retenu. Que veux tu, il y avait un cadre, des impératifs... bof, je crois que je n'ai pas respecté tout cela. Quand on est rebelle, c'est pour la vie hein !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me demande même si je ne serai pas contente qu'on me dise d'aller me faire voir ailleurs... c'est une autre histoire...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bonne nuit blog chéri. Il fait froid ce soir... je vais vite sortir les chiens et au lit. Jodorowsky m'attend dans &quot;La danse de la réalité&quot;...&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bisous&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Benjamin OPPERT</name>
            <uri>http://benjamin-oppert.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>”L'AUTEUR EN PREMIERE LIGNE” !</title>
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        <updated>2011-01-16T16:09:00+01:00</updated>
        <published>2011-01-16T16:09:00+01:00</published>
        <summary>        A découvrir si ce n'est pas déjà fait&amp;nbsp;: le Livre collectif des...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://benjamin-oppert.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-551647&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/media/01/02/3051015494.jpg&quot; alt=&quot;EAT - Auteur en première ligne.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;A découvrir si ce n'est pas déjà fait&amp;nbsp;: le Livre collectif des EAT, Ecrivains Associés du Théâtre, intitulé :&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&quot;L'auteur en première ligne - Histoire et Paroles des EAT&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Publié dans la Collection des Quatre-Vents de l'AVANT-SCENE -&amp;nbsp;THEATRE,&lt;/strong&gt; il s'agit d'un livre à part,&amp;nbsp;rassemblant des textes de 95 écrivains (je ne vous cache pas que j'en fais partie...)&amp;nbsp;sur leur vie d'auteur et&amp;nbsp;agrémenté d'études sur le théâtre et les auteurs d'aujourd'hui !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.avant-scene-theatre.com/&quot;&gt;Plus d'informations sur le site de l'Editeur en cliquant ici !&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms,sans-serif; color: #ff0000; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Source : &lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000bf;&quot;&gt;h&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000bf;&quot;&gt;ttp://benjamin-oppert.blogspirit.com/&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
            <uri>http://apreslemarche.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>La route de Damas (II)</title>
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        <updated>2011-01-12T15:46:00+01:00</updated>
        <published>2011-01-12T15:46:00+01:00</published>
        <summary> Je ne retrouverai jamais plus le rythme de l’aller, surtout au retour,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Je ne retrouverai jamais plus le rythme de l’aller, surtout au retour, surtout en cette fin d’année où j’ai vu aller tant de pensées sans retour possible&amp;nbsp;: l’aller de mon livre, l’aller de mon père, la traversée à sens unique du mur de l’histoire – et aujourd’hui de la frontière – et l’aller du projet de la boîte, dont je réponds à quiconque m’interroge que «&amp;nbsp;ça va&amp;nbsp;», que la boîte va bien, ce qui peut aussi bien dire qu’elle s’en va et qu’elle ne revient pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;D’ailleurs, ne suis-je pas coincé, en chaque projet, en chaque ouvrage journalier (et à commencer par le projet de vivre tous les jours et de me réveiller chaque matin), dans une sorte de chambre d’hôtel où je refais ma valise et où j’attends de repartir, de retourner à l’endroit d’où je suis allé ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette fin d’année sans retour, ou qui a perdu le rythme de l’aller, ne m’a-t-elle pas pesé en entier au réveil, comme si je devais soulever tout son poids pour finir et recommencer tout son passé (ce qui pouvait vouloir dire la rappeler, la recommencer, lui dire de retourner), ce matin où j’ai réalisé que je devais vivre la dernière journée et qu’au lendemain du réveillon de la fin d’année m’attendrait le réveil le plus difficile, le moment de remonter à vélo et de traverser la frontière syrienne dans l’autre sens – ce qui me paraît aujourd’hui une sorte d’impossibilité, puisque la frontière n’avait plus alors pour moi qu’un seul sens à l’aller, celui où je m’associais à son rythme et ne pénétrais aucun territoire après elle qui aurait pu m’aider à épuiser l’idée du voyage et à imaginer rentrer vers mon territoire premier après avoir fini d’explorer le suivant, mais ne pénétrais pas autre chose qu’elle, son sens même&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne pourrai plus retourner à vélo à mon point d’origine que par nécessité, celle de remplir mon contrat, de remettre le vélo à sa place et de ne pas accepter qu’il soit court-circuité par un véhicule plus rapide, c’est-à-dire transporté comme une vulgaire marchandise – alors qu’il transportait lui-même un secret et qu’il avait comme vertu, à l’aller, celle de simplifier avec son mécanisme de pédalier le projet le plus compliqué, celle de donner un sens à la traversée de la frontière syrienne et à la pénétration de ce territoire-là de la pensée, un sens qui n’aurait pas d’équivalent et ne serait pas échangé, qui ne connaîtrait jamais le&lt;em&gt; sens du retour&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce vélo tourne comme la machine la plus simple de la pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il suffit de voir combien il m’a été utile dans ce projet de soulever les populations et de retourner leur regard vers la simplicité d’une idée, celle que Beyrouth et Damas soient de nouveau joignables comme à l’ancien temps, avec la méticulosité et la lumière douce des anciens tracés de carte, et au rythme de l’homme (ou du cheval) –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;le rythme qui sait réciproquement faire profiter la ligne de la frontière de la profondeur du territoire, faire venir à la frontière tout le passé et toute la population, toute la statistique et toute la postériorité du trait et du tracé, en un mot, le rythme qui sait donner à la frontière son sens compliqué et d’autant plus difficile à défaire et à dérouler qu’il &lt;em&gt;compte&lt;/em&gt; avant tout dans le passé,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;lequel revient se presser contre la frontière et non pas dans le présent du tracé ou l’immatérialité d’une simple ligne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce vélo est une machine simple de la pensée même du territoire et de la carte qui rassemble ces deux moitiés de l’histoire. Il redonne à l’atome même de l’idée de voyager un nouveau poids, et à chaque mètre franchi sur la route le sens qui supporte le mètre suivant et qui l’enchaîne dans un cycle que n’est pas venue distraire l’explosion d’un moteur, ou une vertu étrangère qui viendrait déchirer la fabrique du territoire et du temps et y marquer l’ouverture irréversible vers un autre temps, vers une autre course que nul ne pourrait plus jamais rattraper.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce vélo est cette machine simple&amp;nbsp;; il est cette idée irremplaçable&amp;nbsp;; alors comment pourrait-il être transporté comme un vulgaire colis pesant, lui qui s’accroche à la route et qui a désormais une « dent » contre le territoire, qui l’a embrassé comme un ami ou un ennemi – lui qui est entré dans cette danse simple de l’aller ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vélo est une machine simple de la &lt;em&gt;séparation&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(alors que je parlais de relier deux villes du passé par le tracé d’un homme et par le nouveau rythme de la frontière, interne, qui ne connaissait plus qu’un seul sens, le sien propre – le sens profond qui s’enfonce dans le territoire et qui fait connaître aux voyageurs une autre série que la succession des pays et l’addition des kilomètres, le sens qui produit la population et la statistique dans le territoire, c’est-à-dire la postériorité du trait et son irréversibilité&amp;nbsp;: le territoire comme un événement que l’on conquiert et duquel on ne revient pas et la frontière comme une ligne qui ne sert qu’à se rapprocher de la simplicité de la machine et qu’à s’aventurer désormais au-delà des frontières comme une simple et difficile aventure de la pensée&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car le vélo est une machine simple de la pensée qui ne sert en effet qu’à la rassembler et la joindre avec la profondeur du territoire&amp;nbsp;; je veux dire qu’il donne du territoire et de la frontière le jeu réciproque qui fait que la frontière profite de la profondeur du territoire et que celui-ci profite, en retour, du sens pénétrant de celle-là – le sens qui est d’aller et de ne pas revenir, qui est d’avoir un seul rythme).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vélo me sépare de ma famille, parce que je vois qu’il s’est glissé comme une entaille et qu’il a pénétré au cœur de l’idée de voyager en famille. Voici qu’il m’attend au fond de la cour de l’hôtel comme l’obsession qui me revient, comme le grain de folie que je serai le seul à faire pousser en ce début de l’année 2011, comme une signature et comme mon style caractéristique de pensée, comme ma spéculation privée pour gagner mon territoire propre, comme ma façon d’aller en pensée et de refuser de revenir ou de négocier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’aurais aimé m’enfoncer et oublier, dormir indéfiniment en cette fin d’année, retarder encore l’événement de ce chiffre improbable de l’année 2011, aussi difficile pour moi que si je devais désormais penser pour deux, une fois pour moi et une fois pour ma fille aînée qui a déjà autant d’idées que celles qui m’étaient survenues au début de la guerre du Liban, que je croyais être déjà le commencement de mon âge adulte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’aurais aimé ne pas retourner et ne pas régresser, ne pas avoir à enfourcher mon vélo en ce début d’année et à affronter plus dur que moi, ce pays perdu ou ne m’appelle plus ni la mémoire ni la demeure, où je ne rentrerai même pas en héros et où je ne suis pas près de mourir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et je constate d’ailleurs que c’est la première fois que quelqu’un d’autre que moi transporte mes écrits à travers les frontières ; à croire qu’ils sont déjà devenus publics ou que c’est ma mémoire qui me devance ou qui me suit déjà, en tout cas qui constitue mon territoire désormais et le sens de mon voyage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Encore une conséquence du &lt;em&gt;trait&lt;/em&gt; du vélo ! Encore une transformation opérée par sa machine simple ! Car le vélo est ma signature toute nue et mon seul trait. C’est comme si je ne faisais plus que signer et que ma pensée dernière ne devait plus transporter que moi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car il m’est impossible d’aller à vélo, de tracer la frontière dans ce style-là et à ce rythme-là, et de transporter avec moi mes écrits. La simplicité de la machine exige jusqu’à ce dépouillement, et je dois me rappeler que la frontière syrienne – cette façon inédite de signer – ne requiert pas de passeport ou de permission spéciale. Elle ne requiert pas l’articulation d’une autorité, une instance qui se prononcerait pour me laisser passer, mais seulement ma stricte identité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La formule inédite de ce voyage et de ce début d’année semble être en effet que pour la première fois je traverse des frontières et rassemble des territoires autrement que par la succession et l’addition – par l’intensité du trait et la simplicité de l’approche – et qu’en même temps la simplicité de ma machine et de mon trait m’interdit de transporter un autre bagage que mon identité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le moment de la simplicité et du mouvement de danse est celui où j’aurai rejoint les deux moitiés du pays de ma langue par la rigueur d’une machine et l’unicité d’un trait qui ne supportent plus, au-dessus de mon identité, aucun écrit et aucune surcharge de style, aucune complication de la mémoire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est à croire que toutes les marques que j’ai laissées et tous les projets que j’ai commencés ne devaient plus me suivre désormais que par un autre moyen de transport et par une sorte de relais&amp;nbsp;– le début de la publication pour moi, essentiellement, et la charge qui retombe sur les autres d’assurer pour la postérité ce que je continue de marquer avec mon style, et de transporter la matière que je continue de graver.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est remarquable que je laisse éclatée ma famille et éclaté mon projet (ma boîte, toute idée que je poursuis, à commencer par la traversée indistincte entre l’a priori de la probabilité et l’a posteriori de la statistique) de part et d’autre de ce style inédit et de ce tracé original de la frontière – que je déchiffre aujourd’hui comme celle qui sépare la &lt;em&gt;pensée &lt;/em&gt;et le &lt;em&gt;territoire&lt;/em&gt;, comme celle qui fait rentrer la pensée à l’intérieur de son propre trait et m’approche d’elle et m’associe d’autant mieux à son rythme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est pour simplifier et ne plus faire de Beyrouth et de Damas qu’une seule pensée que j’ai entrepris ce tracé – pour apprendre par le corps le moindre accident du terrain et le coût véritable du voyage. Or, je voyage accompagné&amp;nbsp;; si mon moteur central est simple – celui de la pensée ou de la volonté d’avancer –, l’équipage qui me mène est compliqué ; les personnes qui voyagent avec moi ou qui m’accompagnent en pensée ne peuvent pas ne pas se retourner sur mon passage et s’interroger.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me demande ainsi où comptabiliser l’économie de ce voyage et où inscrire son sens. Dans le réseau chargé (d’histoire, chargé politiquement) qui joint Beyrouth à Damas, aurai-je trouvé une ligne indépendante (ou pour le moins privée) ; mon trait est-il inédit, c’est-à-dire absolu, ou faut-il le plier et le rapporter ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sur le fond de la ville que nous avons visitée et du souk que nous avons exploré, dans la mémoire des demeures qui nous ont reçus, que signifie que j’aie voyagé avec cette simplicité, que je sois venu planter au fond de la cour de l’hôtel ce simple argument pour retourner – cette impossibilité du retour, plutôt, vu le rythme de l’aller et le sens de la frontière ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas une étendue qu’il faut à la pensée, ou la mesure d’un territoire, mais un trait &lt;em&gt;compliqué&lt;/em&gt; ; je veux dire une machine simple qui soit capable de replier le &lt;em&gt;territoire d’une langue&lt;/em&gt; et la pensée ancienne d’une division (la pensée d’un tracé conventionnel sur une carte contradictoire et devenue, depuis, le support de toute nouvelle fonction et toute nouvelle danse) dans l’aventure d’une seule percée, dans la course à pied à peine démultipliée d’un seul homme.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je dis qu’il faut une signature à la pensée, un trait caractéristique, un &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt; ; il faut une exclusivité et une distinction, une différence au sein même de l’identité et de la demeure, un trait surprenant qui introduise la dureté dans la simplicité, c’est-à-dire qui complique pour simplifier et pour endurcir – pour refaire une seule matière et une seule endurance, une seule résistance, de toute cette carte dépliée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour que ma pensée se distingue, il me faut cette route de Damas, mystique, et l’idée de ma famille qui m’accompagne mais que je retournerai sur mon passage et que j’endurcirai avec mon trait (lequel introduira la frontière et son rythme, cette danse-là, au sein du territoire le plus intime et le plus familier) ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;il me faut ce réveil et ce début d’année, et après le sens de l’aller et la découverte de la frontière, il me faut la nécessité matérielle de retourner, de retourner sans pensée et sans condition – &lt;em&gt;dans l’absolu&lt;/em&gt;, donc – pour faire succéder à la pensée et à l’aller, leur éternité.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
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        <title>La route de Damas</title>
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        <updated>2011-01-04T11:06:00+01:00</updated>
        <published>2011-01-04T11:06:00+01:00</published>
        <summary> Voici Beyrouth et Damas reliés par un seul pas de danse (si tel doit être le...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Voici Beyrouth et Damas reliés par un seul pas de danse (si tel doit être le mouvement de liberté, et même le livre futur que je dois commencer d’écrire pour mon public de danseurs ; si telle est, en effet, la position du cycliste-grimpeur qu’on appelle « en danseuse »).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je dis que je suis perdu, que je suis pressé par deux vides par les deux côtés, par deux enroulements historiques que j’ai appelés les « auto-corrélations passées » ou le papier replié sur lequel je suis tenu de revenir avec la seule intensité du trait et hors de toute quantité – ce que, en un mot, en ce point unique où je suis, en ce rassemblement de mes activités et en ce sommet de mon effort, je pourrais appeler ma &lt;em&gt;vie passée&lt;/em&gt;. Et n’est-ce pas la frontière que je trace ainsi entre ces deux vides et ces deux mouvements&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment un pas de danse peut-il avoir lieu sur la ligne d’une frontière ? Si mon avenir se situe, de façon complètement insoupçonnable, dans le domaine de la danse, si l’invitation de Sp&lt;span style=&quot;font-family: Calibri; font-size: small;&quot;&gt;å&lt;/span&gt;ngberg est enfin l’ouverture promise de mon livre, cette future terre, ce terrain accidenté et minutieux comme celui que je mesure à vélo, ne faut-il pas que j’oriente complètement ma pensée dans sa direction ? L’occasion ne se présente-t-elle pas de sommer toutes mes activités dans cette seule direction de la danse – ce que je n’appellerai plus du nom de l’&lt;em&gt;addition&lt;/em&gt;, en raison de l’intensité du trait, mais de la &lt;em&gt;corrélation&lt;/em&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ajouter &lt;em&gt;dans &lt;/em&gt;le vide sans soustraire le vide, mais en gardant active la soustraction par le vide, en ajoutant à l’intensité du trait et non pas au nombre ou à la quantité, cela ne doit-il pas s’appeler la &lt;em&gt;corrélation&lt;/em&gt; ? La danse, ou du moins sa théorie, son sens, la ligne qu’elle fait passer dans ma vie, ne revient-elle pas pour moi à revenir sur mes pas en dansant, en repliant ma vie sur son passé sans en déchirer la surface mais en la compliquant, à revenir sur mon passé hors de la ligne chronologique mais en découvrant l’espace qu’aurait pu occuper ma vie dans une «&amp;nbsp;autre vie&amp;nbsp;» – ce que je pourrais appeler l’&lt;em&gt;espace mémoire &lt;/em&gt;de ma vie, son passé infini dont fait absolument partie cette &lt;em&gt;ligne de Damas&lt;/em&gt;, cette route que je viens seulement de dérouler tardivement ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si la danse doit avoir lieu sur une ligne, et encore celle-ci être la frontière qui sépare les deux domaines vides qui me pressent, le mouvement ne doit-il pas sortir en entier de la seule et même abstraction, qui sera comme un seul point ? Ne serais-je pas en train de rechercher, en dansant, le point commun entre le mouvement de danse qui m’envoie parler à Bruxelles à la sortie de ce passé infini de ma pensée qu’est mon livre et celui qui m’envoie rouler, au point auquel je suis parvenu dans ma vie présente, à vélo jusqu’à Damas, afin de relever le détail du terrain, pénétrer cette frontière mythique sous une incidence et même un grain de lumière différents ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’illumination de la frontière, cette ligne immatérielle, ne tient-elle pas avant tout à la minutie du geste et à l’incidence différente ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si la frontière est une ligne sans dimension mais contre laquelle se pressent des domaines – vides en ce qui me concerne, c’est-à-dire intenses et remplis de la seule auto-corrélation de mon passé –, son exploration ne doit-elle pas être la plus minutieuse et se continuer précisément dans l’épaisseur de la tranche, sous une incidence originale comme celle que j’ai opérée hier à vélo ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En traversant la frontière syrienne à vélo et en reconnaissant le terrain avec le seul mouvement des jambes et du pédalier, ce qui est une façon à peine assistée de marcher et de fouler le sol, ne viens-je pas d’&lt;em&gt;ouvrir &lt;/em&gt;la frontière syrienne – je veux dire dans le &lt;em&gt;sens de la ligne&lt;/em&gt; et non pas du domaine ou de la simple traversée, l’&lt;em&gt;ouvrir elle-même&lt;/em&gt;, comme si je pénétrais sa ligne et son sens et non pas les territoires qu’elle limite – et ne viens-je pas, par conséquent, de rattraper toute l’histoire perdue ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COMME FONCTION DE LA DANSE ET FONCTION DE LA LIGNE&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(La danse n’a-t-elle pas lieu en lignes et en lacets&amp;nbsp;; n’est-elle pas cette façon incidente et originale – dont l’incidence est originale – de pénétrer les territoires et d’y introduire la &lt;em&gt;notion et la fonction de la ligne&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; c’est-à-dire que la danse apporte à l’intérieur du territoire l’idée de la ligne frontière ; la danse continue, à l’intérieur du domaine, la ligne ou la pensée qu’elle n’a pas voulu abandonner en entrant et qui est celle de la frontière&amp;nbsp;; et ne vient-elle pas faire profiter la frontière elle-même – cette pensée que l’on a en entrant – de l’étendue même, réciproque, du domaine&amp;nbsp;; c’est-à-dire que la danse &lt;em&gt;ouvre&lt;/em&gt; la frontière sans en lâcher la ligne, sans s’écarter de la précision de son idée et de la netteté de son tracé&amp;nbsp;; elle l’ouvre &lt;em&gt;dans le sens de la ligne&lt;/em&gt; – ce qui aide à faire remonter l’accident de la géographie, et par conséquent sa liberté, dans ce qui se décrirait autrement comme l’étroitesse de l’histoire ou son déterminisme ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;ET NE VIENS-JE PAS, EN PÉNÉTRANT LA FRONTIÈRE SYRIENNE avec cette incidence originale qui est précisément celle du mouvement de danse et celle que mérite précisément ma pensée à ce point d’intensité auquel je suis parvenu – à cet âge de ma pensée et à ce point précis du rassemblement de mes moyens, ce qui s’appelle la &lt;em&gt;somme interne&lt;/em&gt; de mon territoire, une somme par l’intensité du trait et non pas par la quantité, ou qui s’appelle la &lt;em&gt;sortie très précise de mon volume et de mon livre&lt;/em&gt;, ou de mon territoire&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;car c’est la &lt;em&gt;sortie &lt;/em&gt;que j’aurai trouvée à force de penser et de rassembler mes points précis&amp;nbsp;; l’intensité de la &lt;em&gt;somme interne&lt;/em&gt;, tout le territoire que je viens de rassembler et d’enrouler dans le mouvement du pédalier qui remonte aujourd’hui l’histoire quand il ne réussissait dernièrement qu’à gravir le sommet, tout cela n’œuvre qu’à trouver la &lt;em&gt;façon de sortir&lt;/em&gt; ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;et je remarque que je ne sors pas vulgairement d’un domaine pour pénétrer dans le suivant mais que je sors &lt;em&gt;absolument&lt;/em&gt;, que ma façon de diverger de mon territoire, ce mouvement de pédalier que j’ai travaillé à l’intérieur si patiemment, ce pas de danse que j’ai travaillé et qui s’identifie avec la rotation d’un fuseau pour constituer le fil et inventer cette matière qui sert à &lt;em&gt;filer&lt;/em&gt; et à tracer, c’est-à-dire à poursuivre, je remarque que ma façon de sortir absolument de mon domaine de pensée a consisté à pénétrer la frontière et non pas le domaine suivant, à m’engouffrer dans la ligne de la frontière et à y persister dans ma ligne de pensée, ce qui veut dire que j’ai trouvé la minutie et la bonne incidence, que j’ai trouvé le pas de danse qui &lt;em&gt;s’harmonise&lt;/em&gt; avec le rythme de la frontière&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;car on ignore que la ligne n’est jamais continue ou discontinue, qu’elle n’est pas uniforme ou saccadée, mais qu’elle a une dimension, je dirais même une texture différente, en un mot, qu’elle a un &lt;em&gt;rythme&lt;/em&gt; et que c’est à ce rythme qu’il faut savoir s’associer pour pénétrer la frontière bien mieux qu’on ne l’aurait fait aucun des territoires limitrophes et pour fondre alors dans le même mouvement de danse la géographie et l’histoire – ce qui implique de remonter la dernière en explorant la première ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;j’ai trouvé le rythme très précis de pensée, dont la manifestation externe et corporelle est celui du pédalier, pour sortir de mon domaine et pénétrer d’un coup le &lt;em&gt;sens de la frontière syrienne&lt;/em&gt;, ce qui veut dire à la fois que je la démystifie, que je la déroule comme une bobine et que j’ajoute à son mystère, ou plutôt à son trait ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;car je n’ai fait qu’en prononcer la simplicité ; je suis allé reconnaître, à pied, en dansant, par le mouvement du pédalier qui remplaçait ma façon de penser, ce en quoi elle consistait ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;NE VIENS-JE PAS, EN PÉNÉTRANT AINSI LA FRONTIÈRE SYRIENNE en dansant, de rattraper d’un coup toute l’histoire perdue, de retrouver la partie qu’on m’a si longtemps dissimulée de mon territoire, c’est-à-dire de ma pensée ; ne viens-je pas d’affirmer, en une seule danse, en une seule ligne, tout ce qu’on m’a toujours caché&amp;nbsp;; ne viens-je pas de mettre en un seul point toute l’intensité et ne dois-je pas précisément cette extrémité du point et de la folie à la mémoire de mes amis, à l’intensité de leur foi en moi ?),&lt;/p&gt;&lt;p&gt;COMME FONCTION DE LA DANSE ET FONCTION DE LA LIGNE-FRONTIÈRE, qui semblent être les deux rythmes essentiels auxquels je suis parvenu en pensée, et au lieu de penser que je suis perdu entre le trait &lt;em&gt;a posteriori&lt;/em&gt;, c’est-à-dire la &lt;em&gt;statistique&lt;/em&gt;, la façon de compter et de comprendre la population&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(le territoire n’est-il pas d’ailleurs une simple affaire de population ; n’est-ce pas la population syrienne que je viens trouver de ce côté-là de mon pays et n’est-ce pas l’ensemble de la population syrienne que j’ai croisée, comme un seul homme, en une seule ligne, en opérant ce passage de la frontière syrienne à vélo ? La simplicité de mon trait et de mon passage à vélo ne concevait-elle pas comme sa suite et même son but, comme sa postérité et sa postériorité, justement de &lt;em&gt;compter statistiquement&lt;/em&gt; la population syrienne ; ai-je fait autre chose que remplir un contrat en traversant cette ligne-frontière à vélo&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;c’est-à-dire qu’à mon habitude et &lt;em&gt;dans mon marché&lt;/em&gt;, je me suis échangé avec l’ensemble de la future idée et la totalité du territoire suivant ; j’ai constitué de mon côté et j’ai fabriqué pour moi la matière même, subjective, qui allait me permettre de &lt;em&gt;compter statistiquement&lt;/em&gt; cette population par le seul trait et la seule prime – par le seul prix – de mon écriture ; la finalité de tout ouvrage et de toute traversée de frontière n’est-elle pas la statistique et le &lt;em&gt;nombre &lt;/em&gt;de la population&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;en tombant comme un seul trait depuis l’intensité de ma pensée, que j’aurai animée du rythme approprié à la frontière, n’est-ce pas le &lt;em&gt;nombre et la population&lt;/em&gt; que j’ai en vue, c’est-à-dire la suite, la diffusion du trait, l’héritage du caractère, la postérité et la postériorité ; ne viens-je pas résumer en une seule ligne, en un seul trait pénétrant qui ajoute le mystère à la simplicité, la rencontre avec la population syrienne,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;qui me rencontre sur ma ligne avec simplicité, comme un seul homme, et qui me fait remonter pour cette raison – en raison de l’unicité du point qui est perdu dans la population et dans la circulation comme je l’ai été simplement à vélo dans celles de Damas, mais qui ne tardera pas à faire jaillir toute l’intensité du trait de ce &lt;em&gt;point improbable&lt;/em&gt; (et l’improbabilité n’est-elle pas d’ailleurs le nom savant du point qui est &lt;em&gt;perdu&lt;/em&gt; dans la population et qu’il s’agit de retrouver et de reconstituer ?) – dans toute l’histoire qui nous a séparés ou qui nous a rassemblés ?),&lt;/p&gt;&lt;p&gt;au lieu de penser que je suis perdu dans la population et dans le nombre, dans la postérité du trait et sa généricité, et également perdu &lt;em&gt;entre&lt;/em&gt; la postériorité du trait et l’antériorité – l’a priori – de la pensée, ne dois-je pas réaliser que la simplicité de mon ouvrage, à ce point où je suis parvenu, m’indique au contraire que mon point est d’une extrême précision, c’est-à-dire qu’il est &lt;em&gt;to&lt;/em&gt;&lt;em&gt;ut trouvé&lt;/em&gt;, et me dicte le devoir du risque, celui d’oser faire pour mes amis et pour l’avenir de la population qui me suit – car telle est ma postérité et telle est la suite de mon trait – exactement ce que j’ai fait pour moi, en un seul point, en un seul grain de folie ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;N’ai-je pas le devoir, envers tous ceux qui me suivent et qui connaissent la précision de mon point, et à la faveur de la &lt;em&gt;simplification de ma ligne&lt;/em&gt;, de les faire passer de l’autre côté du point et de continuer la pénétration de la frontière ? Entre les deux vides qui me pressent, ne finis-je pas par trouver la frontière et par maîtriser la façon de la pénétrer ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le rythme de la danse ne s’associe-t-il pas aujourd’hui précisément avec celui de la frontière, si bien qu’en traversant celle-ci, entre deux moitiés de monde, entre deux histoires passées, entre deux vides, deux corrélations et deux générations, entre deux populations, avec simplicité et avec minutie, j’aurai réussi à situer le mouvement de la danse exactement sur une ligne, à trouver l’avenir de mon livre, à orienter toute ma future pensée hors de mon territoire, à trouver la clé entre le trait et sa suite, entre la probabilité et la statistique ? À danser, enfin ?&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>malcolmdbmunro</name>
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        <title>Ce que nous aimons</title>
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        <updated>2010-12-24T09:03:55+01:00</updated>
        <published>2010-12-24T09:03:55+01:00</published>
        <summary>   Il ya quelques semaines j'ai eu une idée que je croyais être utile...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span id=&quot;result_box&quot; class=&quot;long_text&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;&lt;span&gt;Il ya quelques semaines j'ai eu une idée que je croyais être utile d'explorer. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;En  travaillant avec un aperçu il faudra travailler et retravailler pour  révéler aux autres ce fut immédiatement clair pour moi à l'époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;J'avais  pensé à l'écriture et le fait que la muse est si centrale aux efforts  de nombreux artistes au fil des ans, au cours des siècles. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;De nombreux artistes, ce qui naturellement sont les écrivains, ont déclaré que leur muse était au centre de leurs efforts. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le terme est dérivé du grec où les muses sont plurielles. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;La plupart des artistes déclarent à une muse. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Dans de nombreux cas cela semble être une personnification, la muse est incarnée dans une personne. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;printemps Picasso et Dante à tout à l'esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Parmi les compositeurs les artistes semblent être moins sensibles à cette déclaration. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Architectes trop. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;D'autre part, les artistes jouant de la musique expriment souvent le besoin d'une muse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ce qui m'a frappé est que l'écriture, peut-être tous les projets artistiques de sortir de l'amour. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Un amour profond du milieu et de l'expression à travers ce médium de la création artistique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;J'ai  réalisé, grâce à la perspicacité, que les artistes qui déclare une  muse, incorporés ou non, font un effort pour maintenir la bougie à  flamme de la créativité en face d'eux comme un moyen de maintenir et  soutenir l'esprit créatif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;En  d'autres termes, l'amour pour un artiste est directement relié à  l'esprit créatif, à la créativité et, par conséquent, à la production  des œuvres de création. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Que l'amour est un conduit nécessaire à travers lequel la créativité peut s'écouler. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;La muse, incorporés ou non, est un moyen de maintenir l'amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Est une muse toujours nécessaire? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je dirais que non. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Toutefois,  pour ceux qui l'emploient comme un conduit artistique, la connexion  entre l'amour, l'amour du milieu, et la production créative, elle fait  de moi la nécessité d'un artiste ayant un lien profond avec son milieu. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Stray de l'amour et vous ne pouvez pas créer. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;La muse sert alors un but symbolique, si vous le souhaitez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Cela ne veut pas dire que l'activité artistique est indolore à la suite. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Qui a dit que l'amour est indolore. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Bien au contraire. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ce  que l'on sait par l'amour, sous toutes ses formes a exprimé, hauteurs  que peu d'autres domaines de l'expérience humaine apporte. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Il peut également apporter un peu d'émotions extrêmes dans d'autres directions aussi, mais laissons cela de côté pour le moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Il ya aussi une relation entre l'amour de l'artiste éprouve pour le milieu et la beauté. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je  pense que la dernière ligne de Roy Campbell's de son poème Luís de  Camões, &quot;... lutté ses difficultés dans les formes de beauté et a  enseigné à ses destins Gorgon à chanter.&quot; &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je dois dire, cependant, que la beauté est à un niveau bien plus élevé que l'amour. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Laissons-le pour que ce n'est pas où on s'en va dans les limites de cet essai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Pour ma part, j'ai beaucoup d'intérêts. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Vous pourriez dire que j'ai une promiscuité d'intérêts car je voltigent sans cesse de l'un à l'autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Parmi ces intérêts sont quelques-uns que j'aime. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;La mesure dans laquelle j'aime l'une quelconque de ces quelques doit varier d'une certaine façon. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Est-ce l'amour pour chacun de ces quelques aussi profond, un à l'autre? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;N ° J'aime l'architecture, mais pas au même degré que j'aime le théâtre dramatique amour,. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;J'aime la musique, ce que j'aime plus la musique que j'aime le théâtre? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Peut-être. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Si j'étais plus doué en musique, je n'aurais certainement le poursuivre plus que je n'ai fait du théâtre. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Et la poésie? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Et la littérature? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;D'où viennent ces bon? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le'ts  mis de côté des questions associées à la peinture et le dessin, car  nous avons déjà posé trop de questions et a répondu à aucun d'entre eux à  un degré quelconque de façon satisfaisante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le  mieux que je peux offrir à ce stade, est que j'ai un peu d'intérêts que  j'aime, et beaucoup, beaucoup d'intérêts qui me plaît. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le  but est ici d'explorer la relation entre les deux, l'intérêt et  l'intérêt aimé aimé, en gardant à l'esprit l'idée que l'amour subit  l'impulsion créatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ce qui m'a mis la plume à cette occasion est plutôt d'explorer l'écriture et les formes qu'elle pourrait prendre. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je peux écrire ce que j'aime. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je peux écrire et à travers de mes intérêts. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;La forme la plus durable est sans doute l'écriture est animée par l'amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;L'écriture  suscité par des intérêts moins cher n'est pas autonome, il me semble,  est que l'écriture a suscité des intérêts loved.The auto est beaucoup  plus impliqué, le moi tout entier, lors de l'écriture de l'amour du  sujet, le sujet, &lt;/span&gt;&lt;span&gt;l'intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;contribution mai, lors de l'écriture de mon intérêt moins aimé se fiera à ma connaissance, ma compréhension du sujet. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Pour ce sujet, je vais apporter mon intelligence et mes capacités d'écriture, pas de petites contributions, il est vrai. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ce  qui me rend à plusieurs reprises est le fait que tant ce qui est écrit  dans l'un des nombreux domaines de mes intérêts est mal écrit. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Une  baisse de la bonne écriture dans une mer de bouillie de maïs pourrait  inspirer ceux autour de moi pour mieux écrire, à penser mieux, à écrire  plus clairement, à penser plus clairement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Mais  je trouve que cette activité, étant ce qu'elle est dans les zones de  moins que les intérêts ont ajouté, est difficile à maintenir. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Après tout, je parle d'une zone d'intérêt, tout domaine d'intérêt n'est pas aimé, mais a tenu tiède au cœur, pour ainsi dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Et étant une région d'intérêt à moins aimé, mon intérêt ne peut être maintenue pendant très longtemps sur une base volontaire. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le sang de l'intérêt s'écoule et les besoins de subsistance d'un interrupteur à une autre activité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Rédaction de la base, il me semble, est beaucoup plus durable et, finalement, beaucoup plus gratifiant. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je pense qu'il ya des aspects de l'écriture de l'amour qui portent un examen plus approfondi. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je pense qu'il faut faire un effort. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;beaucoup plus d'efforts que ne le fait par écrit des intérêts tiède. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;En fait, elle peut prendre des efforts considérables. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;C'est peut-être ce que l'amour est pour. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Pour  maintenir un dans l'effort nécessaire pour surmonter les difficultés  auxquelles on fait face comme une des formes et des marteaux ce que l'on  écrit dans une forme qui n'est pas simplement agréable à lire mais est  en fait la peine d'une manière significative.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Rédaction de l'amour appelle certainement sur les capacités d'écriture, naturellement. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Connaissance et compréhension sont nécessaires, ce qui est vrai aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Mais il ya plus que cela. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Beaucoup plus. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Rédaction de l'amour est un acte créatif. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Cela signifie que toute une série beaucoup plus de facultés ceux sont en jeu que la simple écriture de simple intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Comme  je l'ai signalé dans les messages sur mon blog, dans la pensée,  l'écriture qui exprime la pensée, les émotions sont le mieux gardé de  côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Rédaction de l'amour ne demande pas cela. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;En fait, lors de l'écriture de l'amour, que les émotions sont engagés est primordiale pour l'entreprise. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Il est des émotions qui permettent à l'esprit de vagabonder librement et profondément. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;et d'établir des liens qu'aucun intellect alors hors tension pourrait faire. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Les émotions servent à lubrifier, pour faciliter le processus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Il sera clair pour ceux d'entre vous qui ont suivi mes messages que je n'écris pas sur le dessus de ma tête. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Que toutes mes affaires est composé. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;C'est-à-dire qu'il est écrit à l'avance et plus chaud même avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Bien  sûr, il est absolument vrai que ce que j'ai écrit déjà bénéficierait  grandement d'une révision et la révision car je sens que mes points ne  sont pas claires. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;C'est ce que j'ai essayé de dire à ce jour est loin d'être transparent. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Et ce que j'ai écrit ne peut pas être dit en prose limpide. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Mais il est tout le secret. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;polisseurs Français ont travaillé, travaillé et retravaillé pour obtenir la finition suprême où ils ont finalement atteint. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Bien sûr, maintenant nous avons à utiliser des machines. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Mais l'artisanat est nécessaire de l'écriture. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Quelque chose que le web rend criante évidence. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;De simples mots sur une page ou sur le Web ne sont que des. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;De simples mots. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le sens est quelque chose d'autre. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Et la beauté par écrit autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Donc, l'écriture de l'amour est un travail difficile. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le  poste que j'ai fait récemment &lt;a href=&quot;http://https//malcolmdbmunro.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=396&amp;amp;action=edit&quot;&gt;Les Origines de la conscience par rapport  à la conscience de soi qui s'exprime dans une année 4000 Ancien Egypte  ancienne Tale &lt;/a&gt;continue à me fasciner. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je sens que je peux développer la pièce plus. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je suis à une perte pour le moment tout à fait comment pour ce faire. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je ne suis pas un égyptologue. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Cependant, je continue à réfléchir à la pièce car je sens un amour profond qui lui sont connectés. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;J'ai peut-être à relire l'œuvre et voir ce que d'autre il ya ce qui me fascine. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;C'est sûrement une nouvelle expression de l'idée que l'écriture de l'amour est un travail difficile. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Une recherche intérieure est nécessaire et, dans ce cas, une recherche intérieure de l'œuvre elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ce  que j'ai essayé de trouver les mots pour dire, c'est que toutefois il  peut être difficile, je serai mieux servi comme un écrivain si je  cherche pour la plupart, à écrire de l'amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;J'ai souvent été accusé dans ma vie de chercher la voie facile. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je ne pense pas que je suis sur mon propre à cet égard. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je  suis certain que les gens le long du chemin ont essayé de me dire,  c'est que j'ai des capacités beaucoup plus, mais que je n'aurais jamais  les trouver si j'ai simplement toujours eu la voie facile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Cependant, comme pour tout choix fait dans la vie, il ya un prix à payer. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le chemin d'accès facile et la plus difficile chacun a son prix. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Mais aussi leurs récompenses.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le chemin d'accès facile arrive toujours plus vite. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Et la patience, jusqu'à til instant du moins, n'a pas été mon point fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Peu  de temps avant que je commence à écrire mon blog, en fait à cause de  cet événement, j'ai commencé à bloguer, je me suis retrouvé avec une  liberté d'écrire, je ne connaissaient pas auparavant. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;J'ai tenu un journal depuis 1983. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Toujours faire. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;L'écrasante majorité des entrées ont été absorbés auto, muck turgescents. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Dense indésirable. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Quelque chose comme je vois sur le web, comme il arrive. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Il ya quelques entrées, de mois en mois de la rédaction détaillée, mais ils sont peu nombreux. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ainsi, pour la plus grande longueur de temps j'avais envie de me libérer de la tyrannie de ce griffonnage turgescents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Quelques  semaines avant que je commence les premiers billets sur le blog dans  lequel je vous écris, j'ai trouvé une liberté que je n'ai jamais connu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Au début, j'étais folle de joie. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je me suis senti libéré et les postes de premiers ont été écrits dans la chaleur de ce communiqué. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je me suis retrouvé par écrit, nuit après nuit jusqu'à 4 heures du matin. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Après une journée de travail au bureau. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;À l'occasion, j'ai écrit toute la nuit sans aller au lit et s'en alla au bureau. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Vous pouvez l'imaginer, j'ai été souvent comme un zombie il. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je  me suis senti libéré d'une part, d'où l'exubérance, et aussi peur que  cela, cette nouvelle liberté, disparaîtrait du jour au lendemain. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Serait disparaître pour être remplacé par la turgescence d'avant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Que je vous écris cette semaine est quelque onze plus tard la preuve que la liberté n'a pas disparu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Il  ne sera pas une surprise, ceux d'entre vous qui sont restés avec moi  aussi loin dans le présent écrit, pour entendre l'instruction suivante. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Avec  la liberté vient la responsabilité et que, plus que toute autre chose,  est ce que je suis à explorer pendant que j'écris ces mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je pèse mes responsabilités en tant qu'écrivain, à moi, à mes lecteurs, et en les pesant contre mes autres responsabilités. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Je pense que, à la fin de la journée, quand il s'agit d'écrire, je dois choisir le chemin d'accès difficile. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Si je choisis le chemin facile, je ne vais pas écrire tout simplement. &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ou, si je le fais, ce ne sera que d'une façon très décousue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;Ainsi, le chemin difficile, hein? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Qu'est-ce que cela signifie? &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Regardons les choses en explorer et découvrir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
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        <title>Le nombre du prix</title>
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        <updated>2010-12-24T07:46:00+01:00</updated>
        <published>2010-12-24T07:46:00+01:00</published>
        <summary> La plus grande découverte a lieu dans le plus petit point, celui où j’ai dû...</summary>
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          &lt;p&gt;La plus grande découverte a lieu dans le plus petit point, celui où j’ai dû reculer en tirant sur tous les fils qui allaient m’aider à retourner la métaphysique du possible en la physique de la contingence et la probabilité en prix, jusqu’à les réduire au concentré du fil – qui ne serait plus alors un point, mais un &lt;em&gt;nœud&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai découvert à la fois la façon de réduire l’arbre des possibles à son expression la plus simple – la fourche élémentaire, les deux mondes possibles dont il faut au minimum disposer pour que la probabilité exprime son sens qui est un contresens et qui est d’être, contrairement à l’un du réel, &lt;em&gt;moins que un&lt;/em&gt; – et à la fois la façon de définir le &lt;em&gt;prix&lt;/em&gt; le plus simplement possible, par le double geste de remplacer les deux états possibles par deux actifs contingents qui ne porteraient plus sur eux la mention des états sous-jacents que comme une écriture et, en vertu de cette matérialisation et de cette «&amp;nbsp;réalisation&amp;nbsp;» de la possibilité, de transmuter alors le &lt;em&gt;nombre&lt;/em&gt; de la probabilité en un nombre à la nature particulière qui aura pour nom le &lt;em&gt;prix&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;(L’essence de la probabilité et ce qui la définit, c’est de contourner l’incompatibilité des deux réels considérés possibles dans un réel &lt;em&gt;synthétique&lt;/em&gt;, un «&amp;nbsp;irréel&amp;nbsp;» où à la fois la probabilité est moins que un et les deux mondes peuvent s’ajouter&amp;nbsp;; ainsi aurai-je réduit la probabilité à son seul sens, qui est de prendre le contresens du réel et d’être ce nombre symbolique qui est moins que un.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le prix et la probabilité sont des nombres, mais ils sont de natures différentes. Leurs numéraires sont différents – cela qui fait qu’ils peuvent « compter » en tant que nombres et s’attacher à leur «&amp;nbsp;chose&amp;nbsp;» (à leur matière ? à leur substance ?). La probabilité s’attache à l’état possible et le prix s’attache à l’actif contingent, étant entendu que l’attachement de la probabilité a lieu sur le mode passif.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La probabilité est assignée par un sujet transcendant. Il y a, dans l’assignation de la probabilité, la passivité de l’arbre, son regret et son crédit. L’arbre &lt;em&gt;tire sur le crédit&lt;/em&gt; du réel&amp;nbsp;; ses branches tirent et «&amp;nbsp;éprouvent&amp;nbsp;» le réel. L’arbre a pour obligation que ses branches se &lt;em&gt;combinent&lt;/em&gt; dans la fabrication du possible. Le composé est instable, même explosif. Car la possibilité n’attend qu’une chose, c’est d’être dévastée par la contingence. Tandis que l’attachement du prix est actif&amp;nbsp;; il va de l’avant&amp;nbsp;; il ne recule pas comme la probabilité. Le prix s’attache à l’actif contingent dans le &lt;em&gt;sens de la marche&lt;/em&gt;, qui est le sens du marché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le marché a rattrapé la chute de l’actif contingent une fois que l’état sous-jacent sur lequel il était écrit a été retiré. Le prix est une &lt;em&gt;action&lt;/em&gt; du marché, ou plutôt une réaction à la soustraction de l’état. Quand l’être de la métaphysique et du temps se retire (cette ontologie), il ne reste plus que la &lt;em&gt;place&lt;/em&gt;. La place est ce qui reste&amp;nbsp;; elle est le « défaut », ce qu’on obtient quand il ne reste plus qu’elle. Elle offre donc une grande stabilité – car on ne peut pas tomber plus bas que la place – qui prémunit contre &lt;em&gt;l’autre défaut&lt;/em&gt;, celui qui est typique de la possibilité et de la dette en raison de leur instabilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le numéraire qui « circule » entre les états possibles, ce simulacre et cette fausse monnaie, c’est la numération dans laquelle s’exprime la probabilité. Tandis que la numération dans laquelle s’exprime le prix est la monnaie. Curieusement, on appelle les nombres de la probabilité des &lt;em&gt;nombres réels&lt;/em&gt;, alors qu’ils sont irréels. Par réaction, il faudrait appeler le «&amp;nbsp;nombre&amp;nbsp;» du prix, la monnaie, un &lt;em&gt;nombre hyper-réel&lt;/em&gt; – ce qui fait penser à l’hyperinflation évidemment. Car le prix à payer pour disposer de ce nombre hyper-réel qui se charge de transmettre la contingence dans la réalité est l’hyperinflation.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si je parle de « mathématique du prix », il faudra bien inventer une catégorie nouvelle pour son nombre, qui est la &lt;em&gt;monnaie&lt;/em&gt;. La logique en sera forcément autoréférentielle, puisque les états de référence ont été retirés et que, dans ce plan d’immanence sans référence, dans cette nouvelle philosophie du marché, la référence est fatalement remplacée par l’autoréférence. Si la contingence doit faire son tour et circuler intégralement sans s’accrocher à aucun moment à l’arbre du possible, il faut bien que la nature même du nombre qui la transmet, à savoir la monnaie, soit sujette à la même circulation et donc au même vertige. Il n’y a pas de valeur fondamentale. La probabilité est un simulacre et une mauvaise idée. Il n’y a que des actifs contingents qui commandent leur marché et leur prix.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le prix, la monnaie, n’est pas ce qu’on pense traditionnellement, à savoir l’astuce pour se dispenser du troc. C’est juste qu’il faut un nombre pour remplacer réellement, matériellement, la probabilité, que ce nombre est un prix qui s’attache à l’actif contingent par l’échange et que ce prix ne répond pas au monde platonique et mathématique du nombre, mais à la numération qui est fatalement matérielle, qui circule elle aussi et qui est donc sujette à l’hyperinflation. C’est bien parce que le &lt;em&gt;nombre&lt;/em&gt; du prix, la monnaie, est elle-même écrite sur un papier-monnaie, et non pas accrochée à un état sous-jacent fondamental, qu’elle est sujette à l’hyperinflation. Car la monnaie est encore le dernier vestige du crédit dans mon système.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne peux pas me passer de nombre, parce que je ne peux pas me passer d’un substitut au nombre de la probabilité (qui est elle-même une fausse monnaie). L’hyperinflation serait-elle l’absolu&lt;em&gt; possible&lt;/em&gt; de ce nouveau mode de circulation&amp;nbsp;? Que serait, réciproquement, l’hyperinflation de la probabilité ? Une multiplication de zéros après la virgule et avant le un, ce qui voudrait dire un événement extrêmement rare ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vertige du nombre ne peut pas disparaître. Si je propose le marché des actifs contingents comme l’outil de prédiction des événements rares, comme le substitut du médium où ils peuvent se suivre et se continuer, il faut bien que je retrouve quelque part l’abysse de l’inconcevabilité de l’événement extrême. Les pans de la réalité ne peuvent pas s’attacher l’un à l’autre sans discontinuer. La mécanique du collage impose que cela tourne autour d’un trou, d’un abysse. La contingence ne peut pas se continuer et circuler sans que le système retrouve, à un moment ou un autre, un accident majeur.&lt;/p&gt;
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            <name>frédéric clément</name>
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        <title>Les déambulations du PARADISIER - halte 12</title>
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        <updated>2010-12-14T09:43:00+01:00</updated>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-490464&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt;&quot; src=&quot;http://fredericlement.blogspirit.com/media/00/01/67542788.jpg&quot; alt=&quot;1 point jaune.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: medium;&quot;&gt;Les déambulations de PARADISIER&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier;&quot;&gt;Il&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier;&quot;&gt;e&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier;&quot;&gt; de Kyushu&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #000000; line-height: 18px; font-family: courier new,courier;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;Ile sud du Japon. 14 décembre. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #000000; line-height: 18px; font-family: courier new,courier;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;Mlle Chihiro me témoigne &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #000000; line-height: 18px; font-family: courier new,courier;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;qu'elle a retrouvé hier matin son PARADISIER &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #000000; line-height: 18px; font-family: courier new,courier;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;recouvert de plumes ...&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-weight: normal; line-height: normal; font-size: small; font-family: courier new,courier;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; line-height: 18px;&quot;&gt;Jolie et troublante histoire ... &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-542314&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://fredericlement.blogspirit.com/media/02/02/1028747336.jpg&quot; alt=&quot;paradisier-plumes.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva; color: #000000;&quot;&gt;( &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; line-height: 18px;&quot;&gt;Chihiro&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; line-height: 18px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt; ) &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-weight: normal; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-490464&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt;&quot; src=&quot;http://fredericlement.blogspirit.com/media/00/01/67542788.jpg&quot; alt=&quot;1 point jaune.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;LE PARADISIER &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;a revêtu&amp;nbsp; son habit de papier, le voici dans sa version &quot;papier-plume&quot; ...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Maintenant livre, il m'accompagnera dans      mes voyages, rencontres et salons du livres... et me vient l'envie   de    photographier l'objet dans de nombreux lieux et situations... sur   les    chemins de terre, dans les chemins de fer, d'air, de mer... &lt;strong&gt;Partout !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;J'appelle cette série :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: medium;&quot;&gt;Les déambulations du PARADISIER&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;ET VOUS, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;chères Passantes et chers Passants &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva; font-size: medium;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva; font-size: medium;&quot;&gt;M'aiderez-vous à le faire voyager, ce PARADISIER ? &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;...&amp;nbsp; l'idée vous tenterait-elle de photographier votre PARADISIER dans vos&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;coins de paradis&quot;&lt;/strong&gt; ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Peut-être pourrions-nous, ensemble, créer une collection de ces &quot;petits coins de paradis&quot; ... Oui ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il suffirait à chacun(e) d'entre vous de m'envoyer une/des photos de son PARADISIER in situ là :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;mailto:fredericclement@orange.fr&quot;&gt;fredericclement@orange.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;... et le scribe clément se fera un          plaisir de mettre votre image &quot;Paradisier&quot; en vitrine, ici-même...&amp;nbsp;      accompagnée de votre commentaire ou/et&amp;nbsp; haïku ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12px; line-height: 18px; color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffcc00;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-490464&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt;&quot; src=&quot;http://fredericlement.blogspirit.com/media/00/01/67542788.jpg&quot; alt=&quot;1 point jaune.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;Avertissement :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;Le diffuseur-distributeur &lt;em&gt;Volumen &lt;/em&gt;(&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888;&quot;&gt;qui achemine LE PARADISIER dans les librairies) a, dans certaines régions,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888;&quot;&gt;quelques ratés, quelques retards dans ses livraisons...&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888;&quot;&gt;et de ce fait met en grave danger les maisons d'éditions qu'il héberge&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888;&quot;&gt;(dont Le Castor Astral, éditeur du PARADISIER)... et les auteurs...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888;&quot;&gt;Si vous constatez ces lenteurs et si vous avez hâte de vous procurer ce &quot;roman flottant&quot;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888;&quot;&gt;ou l'offrir pour les fêtes...&lt;strong&gt; n'oubliez pas que vous pouvez vous le procurer en ligne...&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #888888;&quot;&gt;&lt;strong&gt;( &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/clement-frederic/le-paradisier,32795385.aspx&quot;&gt;Chapitre.com&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://recherche.fnac.com/Search/SearchResult.aspx?SCat=2!1&amp;amp;Search=Le+Paradisier&amp;amp;download_ebook=&amp;amp;bl=HGLIrera&amp;amp;sft=1&amp;amp;submitbtn=Ok&quot;&gt;FNAC.com&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; semblant être les plus rapides à vous les envoyer =&amp;gt; sous 24 h )&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff9900;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva; font-size: small;&quot;&gt;ou encore mieux et plus sûr :&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: verdana,geneva; color: #ff9900;&quot;&gt;&lt;strong&gt;LE COMMANDER DIRECTEMENT CHEZ L'ÉDITEUR : &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: verdana,geneva; color: #ff9900;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Castor Astral =&amp;gt; 05 56  85 23 51 &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: verdana,geneva; color: #ff9900;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff9900;&quot;&gt; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-490464&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt;&quot; src=&quot;http://fredericlement.blogspirit.com/media/00/01/67542788.jpg&quot; alt=&quot;1 point jaune.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #808080;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; line-height: normal; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-size: 12px; color: #ffcc00; line-height: 18px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-490464&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt;&quot; src=&quot;http://fredericlement.blogspirit.com/media/00/01/67542788.jpg&quot; alt=&quot;1 point jaune.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;img id=&quot;media-490464&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt; border-width: 0pt;&quot; src=&quot;http://fredericlement.blogspirit.com/media/00/01/67542788.jpg&quot; alt=&quot;1 point jaune.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>L’objet d’art</title>
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        <updated>2010-12-13T10:15:00+01:00</updated>
        <published>2010-12-13T10:15:00+01:00</published>
        <summary> J’aimerais trouver le terme, marquer une pause, écrire la fin&amp;nbsp;; et le...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;J’aimerais trouver le terme, marquer une pause, écrire la fin&amp;nbsp;; et le terme auquel je suis arrivé en pensée semble être que celle-ci se place, immobile, à mi-chemin entre l’animation de la pensée de Philippe et l’objet d’art auquel la direction de ma sortie me conduit, mais qui reste séparé de moi par le vide et, par conséquent, par le saut que je dois y faire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma sortie correspond à l’&lt;em&gt;inversion du monde&lt;/em&gt;, à l’effondrement du monde dans un point qui le renvoie aussitôt à une image plus vaste et à une histoire plus grande, rendant toujours négligeable par rapport à cette image la distance que j’aurais mise ou la vitesse que j’aurais prise pour m’en échapper, mais confirmant toujours la direction de ma sortie et ma volonté de sortir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est une belle opportunité de pensée que Philippe m’a livrée là, celle de considérer le terme du projet de la boîte sur cet écran qu’il m’a montré, où s’animaient en rouge et bleu les distributions de probabilité – comme si le cœur de son système s’était trouvé extrait là, battant. S’y trouve sans doute résumé le terme même de mon chemin philosophique qui ne consiste, en définitive, qu’à &lt;em&gt;donner à voir&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;En même temps qu’elle me montre le terme de mon entreprise et de mon projet, cette animation de la pensée de Philippe me retire de la boîte et me confirme dans le vide et dans la sortie, dans une animation de la pensée que je ne saurais désormais trouver qu’à la force de m’appuyer contre le tronc de l’immobilité.&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-542065&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/media/02/00/1095378967.jpg&quot; alt=&quot;Full 1 Year.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-542067&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/media/02/01/1079246981.jpg&quot; alt=&quot;Full 1.5 Years.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-542069&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/media/02/00/3680752824.2.jpg&quot; alt=&quot;Full 2 Years.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’animation de la pensée de Philippe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’avais entrepris, de toute façon, de retirer toute tension et toute attente de l’idée de la probabilité et de ne plus considérer celle-ci que comme un réflexe d’intégration de la part de la pensée, face au multiple programmé. La probabilité n’était ainsi que la façon de résumer dans l’&lt;em&gt;état présent&lt;/em&gt; et dans l’arbre de la différence analogique qui lui succède – car l’arbre, peut-on dire, n’est que cette analogie et cette généalogie – la multiplicité identifiée des &lt;em&gt;états&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je n’envisageais plus l’animation de la probabilité, dont Philippe finissait de me livrer l’exemple le plus éclatant et le plus coloré, que sous la platitude de ma pensée et la finalité de mon projet (ce qui s’appelle justement un &lt;em&gt;terminal&lt;/em&gt; ou un &lt;em&gt;écran&lt;/em&gt;)&amp;nbsp;; ce qui voulait dire que le fossé entre Philippe et moi, ou entre son animation et la mienne, n’était plus temporel mais pire, et que ne me séparait plus de Philippe ni la preuve logique, ni le chemin de la probabilité, mais un intervalle inépuisable d’immobilité de pensée – une distance impossible que je ne pourrais franchir pour le rejoindre qu’à la condition de rester immobile dans mon monde inanimé et de traîner un monde entier jusqu’à lui.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De mon immobilité de pensée face à l’animation de Philippe, de la soustraction de toute dynamique de l’idée de la probabilité et de la réduction de celle-ci au seul réflexe d’une écriture qui est encore égarée et éblouie par l’&lt;em&gt;identification des états &lt;/em&gt;et n’a pas encore trouvé le véritable lieu de sa retraite &lt;em&gt;hors de l’état&lt;/em&gt; (qui sera le matériau même du marché), naissent ainsi la configuration où je suis et le terme auquel je suis parvenu – dont ne semble vouloir me sortir aujourd’hui que l’&lt;em&gt;objet de l’art&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’objet de l’art, c’est pour moi aujourd’hui cet arrêt et cette sortie, cette immobilité (cette pétrification, même) et ce saut, ce terme auquel est parvenue l’&lt;em&gt;écriture hors de la probabilité&lt;/em&gt;, dans un parcours exemplaire qui a traversé la boîte qui a retourné la probabilité ainsi que le livre qui a consigné cette aventure.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’objet de l’art ne peut que partir de la question de mon arrêt et de la matière qui m’a ainsi posé, et qui est celle du marché. Et la question est celle du point où j’en suis arrivé, du marché qu’il a fallu d’abord traiter par la probabilité, de la boîte qu’il a fallu vider et finir par retourner, du livre dont il a fallu sortir, afin de me retrouver pétrifié entre l’animation &lt;em&gt;probabiliste&lt;/em&gt; de Philippe et le saut improbable vers le monde de l’art.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant que ma pensée hésite dans son immobilité, partagée qu’elle est entre l’animation de Philippe et le &lt;em&gt;saut pétrifié vers l’objet de l’art&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(littéralement un &lt;em&gt;saut de pierre&lt;/em&gt;, un mouvement qui n’aura pas plus tôt fait de se dessiner dans le vide qu’un monde de pierre s’agglomérera autour de lui et l’arrêtera – ce qui me fait penser que le monde de l’art n’est sans doute situé qu’à un &lt;em&gt;jet de pierre&lt;/em&gt; de mon vide et de mon précipice&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;et d’ailleurs l’objet de l’art, fait de cette pierre-là qui arrête le saut dans le vide en même temps qu’elle lui ouvre le chemin et même remplace le vide par un monde nouveau, me semble entièrement constitué de cet impossible mélange de saut et d’immobilité, de vide et de pierre&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;c’est dans le vide de pensée, où la pensée ne subsiste qu’en un état d’accélération, et pour faire suite à la physique retournée et faire partir la métaphysique nouvelle de ce seul point de rebroussement (que je pourrais appeler le &lt;em&gt;point du monde&lt;/em&gt;) que se constitue l’objet de l’art&amp;nbsp;et qu’il se crée&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;l’objet d’art n’est que le commencement qui suit l’arrêt de la pensée, une interrogation sur la matière qui est plus dure que la pierre et plus &lt;em&gt;terminale&lt;/em&gt; que toute philosophie, puisqu’il s’agit de faire matière de l’arrêt même de la pensée et de remplacer le vide où elle tombe et s’accélère (sans aucune matière pour la retenir) par un &lt;em&gt;jet de pierre&lt;/em&gt;, par un monde qui mélange la distance et la proximité, le fossé et l’accès&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;en un mot, il est une création de matière à l’étage supérieur, où la pensée et la matière ne se retournent plus l’une contre l’autre mais où, de leurs arrêts respectifs et de leurs pétrifications respectives (la pierre à la place de la pensée et le jet de pierre à la place du saut dans le vide de la pensée), se créera une matière justement faite de pensée et de vide, de saut et d’immobilité)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;se presse contre elle, menaçant, le monde de figures et de mouvements qui la dérange fondamentalement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Avant de m’aventurer vers l’objet de l’art et de trouver la forme nouvelle à donner à ma pensée, je dois savoir si ma pensée n’est pas futile, après tout, et si elle n’est pas un objet continuellement déplacé et continuellement dérangé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi ne contemplerais-je aucun vide particulier et ne me destinerais-je à aucun saut intrépide, mais simplement cèderais-je à l’illusion du vide et à la tentation d’arrêter de penser sous prétexte de &lt;em&gt;sauter dans le vide&lt;/em&gt;, tandis que le vide n’existerait pas en réalité et ce qui semblerait s’ouvrir devant ma pensée comme un manque et comme un vide, comme une force d’attraction, ne serait, en réalité, et comme l’a si bien souligné Bergson, que l’effet de la substitution d’un objet à un autre et d’une direction à une autre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En somme, c’est parce que l’objet de ma pensée est continuellement &lt;em&gt;dérangé&lt;/em&gt; – ce qui peut également vouloir dire que je ne supporte plus aucun dérangement (que l’animation du monde m’est devenue insupportable, que le mouvement des hommes ou même leur apostrophe ne signifie plus pour moi que l’interruption de ma pensée) ou que je suis moi-même &lt;em&gt;dérangé&lt;/em&gt; (c’est-à-dire que je suis devenu fou et que c’est moi qui ne parviens plus à fixer l’objet de ma pensée, que l’agitation des hommes n’est que l’effet de mon attention qui n’arrête pas de sautiller et d’une pensée qui, à force de sauter sur place, n’aura créé à cet endroit que son propre trou, le vide particulier qui n’attire qu’elle et où le monde et les hommes finiront un jour par la laisser tomber complètement) – que j’aurai fini par créer devant moi, à force d’écarter les importuns, l’illusion du vide et la sensation d’une pensée qui ne trouve plus, à force de ne savoir où aller ou même se poser, qu’à s’accélérer dans ce vide inexistant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment déterminer, après une telle surprise, ou plutôt, une telle &lt;em&gt;déception&lt;/em&gt; de ma pensée, le chemin de l’objet d’art ? Quel est l’art ou l’artifice qui consiste à rester dans son coin et à ne plus être dérangé par personne ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, je suis dérangé et je suis devenu fou. Comment ne pas être dérangé si je traîne derrière moi une boîte, qui compte dernièrement se charger et s’alourdir du &lt;em&gt;paquet de données&lt;/em&gt;, et un livre, avec lequel j’espérais retourner le monde et dont le seul résultat visible – car de retourner le monde n’est pas &lt;em&gt;visible&lt;/em&gt;, en tout cas, pas maintenant&amp;nbsp;; et ce n’est certainement pas à mes contemporains que je pourrais le montrer et certainement pas à mes partenaires dans ce monde tardif, qui sont sans doute, pour cette raison, les premiers à me déranger, que je pourrais raconter ce revers de l’histoire – est qu’il a retourné les hommes contre moi et mené ma pensée à l’&lt;em&gt;état de dérangement&lt;/em&gt; suprême où elle ne trouve plus à sauter que dans le vide et croit seulement trouver dans l’égarement de son objet et l’affolement de sa boussole le chemin de l’art comme l’orientation ultime où concentrer ses efforts&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;En dérangement&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: comme on le dit du téléphone, ou plus généralement, de tout moyen de communication avec le monde&amp;nbsp;; et il me vient soudain l’idée que le héros du film &lt;em&gt;Matrix&lt;/em&gt;, qui a retourné le monde à sa manière, trouvait dans les cabines de téléphone public le moyen de se soustraire au dérangement du monde afin de faire œuvre d’art et de sauter dans le vide&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;à moins que cette transition et ce saut, cette cabine téléphonique toujours &lt;em&gt;occupée&lt;/em&gt; par le retournement du monde – c’est-à-dire que veulent s’y presser au même moment l’artiste qui compte retourner le monde et le monde entier qui le poursuit et le piste et le dérange – ne soit placée sous le terme constant «&amp;nbsp;en dérangement&amp;nbsp;»,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;le &lt;em&gt;terme&lt;/em&gt; de toute pensée extrême, en l’occurrence celle qui sort du monde dans la direction de l’objet de l’art, se réduisant ainsi, en fin de compte, à ce terme définitif&amp;nbsp;: « en dérangement », qui signifie aussi bien la folie de l’artiste – l’objet constamment déplacé et dérangé de sa pensée, qui finira par se fixer sur l’&lt;em&gt;objet de l’art&lt;/em&gt;, sur le &lt;em&gt;jet de pierre&lt;/em&gt; impossible, sur le &lt;em&gt;pont infaisable&lt;/em&gt; qui se jette entre le vide de la pensée et la matière qui sera créée par cette accélération – que le non fonctionnement de la cabine de téléphone public, où le monde de suiveurs et de poursuivants, ceux qui comptent arrêter l’artiste, à la fois au sens de la pensée, de l’histoire et de la police, se pressent pour le rattraper ou pour communiquer avec son monde et ne trouvent, à la place, qu’une défaillance de la ligne et qu’un poste en dérangement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment ne pas être dérangé si j’en arrive, devant l’animation du monde et l’impatience où me précipite l’agitation de mes contemporains, à la conclusion, intolérable pour le reste du monde ou simplement imperceptible, que cette boîte et ce livre n’auront été prévus qu’à la seule fin de dégager ma pensée comme un fil à la finesse inégalée ou un gaz à la volatilité extrême&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;la conclusion que ces véhicules de la boîte et du livre n’auraient été prévus que pour laisser traverser le marché par la pénétration de ma métaphysique révolutionnaire et par le point de l’écriture, afin que, parvenu au bord du vide et au moment de décider de sauter, j’aille continuer de l’autre côté, du côté de l’art, le fil de cette pensée, et réaliser enfin ma performance artistique – montrer aux artistes qui cherchent sans boussole et sans pensée quel numéro d’artiste il sera fait du marché, quelle performance sera issue du fil de la pensée de celui qui a connu le marché et l’a même traversé, quelle littérature pourra livrer celui qui n’aura créé cette boîte et écrit ce livre, et ne les aura conçus, que comme un don et comme une donation à l’objet de l’art&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment ne pas être dérangé par le monde si la finesse de ma pensée ou du nœud auquel je suis parvenu est si imperceptible, même par moi, et si elle revient, en un mot, à pousser jusqu’au bout la logique selon laquelle le marché n’est qu’écriture et ma boîte n’est que l’outil pour l’écrire, pour le pousser jusqu’à l’objet de l’art et le don artistique qui consiste à se donner enfin au public et à déclarer que toute cette boîte n’est constituée que d’écriture et qu’elle n’aboutit qu’à l’œuvre de son seul créateur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Benjamin OPPERT</name>
            <uri>http://benjamin-oppert.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>NOUVELLE PARUTION DES ”DISCOURS DE L'ELU LOCAL” !</title>
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        <updated>2010-12-11T13:37:00+01:00</updated>
        <published>2010-12-11T13:37:00+01:00</published>
        <summary>   La nouvelle mise à jour de l'ouvrage collectif &quot;Les discours de l'élu...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://benjamin-oppert.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-541587&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/media/00/01/2891221621.jpg&quot; alt=&quot;micros.jpg&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif;&quot;&gt;La nouvelle mise à jour de l'ouvrage collectif &quot;Les discours de l'élu local&quot; (Editions TERRITORIAL) vient de paraître, enrichie par des thèmes d'actualité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif;&quot;&gt;Pour écrire un bon discours, il faut arriver à intégrer le système de pensée de celle ou celui pour laquelle/lequel on écrit. Tout le monde n'emploie pas les mêmes mots, chacun a sa façon de s'exprimer. J'en parle d'ailleurs dans ma Pièce &quot;Entre Père et Maire&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif;&quot;&gt;Comme au théâtre, il y a une relation auteur / interprète.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif;&quot;&gt;A travers ces modèles de discours, l'orateur s'exprime en tant qu'élu au service de tous et non comme un militant. Ces textes sont repris par des élus de droite comme de gauche qui les adaptent à la situation&amp;nbsp;locale, au contexte spécifique et à leur propre sensibilité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #0000ff; font-family: comic sans ms,sans-serif;&quot;&gt;Plus d'infos sur cet ouvrage en &lt;a href=&quot;http://www.territorial.fr/TPL_CODE/TPL_OUVR_AUT_FICHE/PAR_TPL_IDENTIFIANT/694/PAG_TITLE/M+Benjamin+Oppert/1007-fiche-auteur.htm&quot;&gt;cliquant ici&lt;/a&gt; ! &lt;img id=&quot;media-541590&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; src=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/media/02/00/134591714.jpg&quot; alt=&quot;Territorial.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff0000; font-family: comic sans ms,sans-serif;&quot;&gt;Chaque modèle de discours est téléchargeable individuellement sur le site &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800080;&quot;&gt;: &lt;a href=&quot;http://www.modeles-experts.com/1733-communication-modeles-de-documents.htm&quot;&gt;http://www.modeles-experts.com/1733-communication-modeles-de-documents.htm&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #ff0000; font-family: comic sans ms,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/&quot;&gt;http://benjamin-oppert.blogspirit.com/&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
            <uri>http://apreslemarche.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Écrire avant l'événement, d'après lui.</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2010/12/07/ecrire-avant-l-evenement-d-apres-lui.html" />
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        <updated>2010-12-07T11:44:00+01:00</updated>
        <published>2010-12-07T11:44:00+01:00</published>
        <summary> Il faut faire un tour dans le monde pour revenir sur le lieu du livre et...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;Il faut faire un tour dans le monde pour revenir sur le lieu du livre et revenir ainsi sur le monde en marchant dans le livre (ce qui s’appelle : se retourner sur l’autre face de l’événement, trouver &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; et&lt;em&gt; tout le livre&lt;/em&gt; de l’autre côté, devenir écrivain).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il a fallu que je revienne à mon livre, un an après avoir rendu son manuscrit (après être sorti de ma boîte en sautant sur la charge du livre ; après m’être immobilisé contre le tronc de l’arbre qui allait me protéger de la lumière de la succession et arrêter l’image du cinématographe à respectueuse distance de moi ; après avoir laissé mes partenaires emballés par le &lt;em&gt;paquet de données&lt;/em&gt;), pour que je rétablisse le contact avec sa fameuse partie III et que j’éclaire &lt;em&gt;a posteriori&lt;/em&gt;, avec les concepts dont je dispose désormais, ce qui se passe exactement au cœur de ce livre, en cette partie III qui en est la genèse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas tant du marché, vulgaire et financier, que je parle dans ce livre mais du processus de l’écriture, que je dis être singulier et entretenir avec l’événement ce rapport qui s’inscrit dans la durée et non pas dans la chronologie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le marché est pour moi le nom métaphysique de l’écriture, celui qui démontre sa véritable ambition et sa réelle capacité. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la capacité d’&lt;em&gt;écrire&lt;/em&gt; l’événement (et non pas de le prévoir) &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; qu’il n’ait lieu, dans une autre dimension que la chronologie – ce qui revient à ne plus parler d’&lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; mais de l’&lt;em&gt;autre face&lt;/em&gt; de l’événement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas pour rien que je m’attache à écrire le &lt;em&gt;livre du marché&lt;/em&gt; au centre de mon livre, et à en formuler la genèse. Le livre est plus général que le marché en ce qui concerne l’événement – cela, je le pressentais déjà – puisque le marché n’est que le &lt;em&gt;livre de l’événement&lt;/em&gt; (son autre face) pour cette sorte d’événements particuliers et chiffrés que sont les expirations des actifs contingents.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;livre du marché&lt;/em&gt; n’est pas le livre que le marché possède ou qu’il commande à l’écrivain (comme dans l’expression « le livre de la jungle »). Le génitif n’est pas subjectif, mais il désigne le livre qu’&lt;em&gt;est&lt;/em&gt; le marché (génitif objectif) – où le livre est désormais défini, &lt;em&gt;après le marché&lt;/em&gt;, comme &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; ce qui se passe sur l’autre face de l’événement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas dans le temps qu’il faut pivoter pour se placer en rapport d’écriture avec l’événement – car rien ne se passe dans le temps, avant l’événement –, mais sur le vide précisément, sur cela qui se passe avant et qui n’est &lt;em&gt;rien&lt;/em&gt;, de sorte qu’on retrouve, « avant » l’événement, pour cet événement spécifique, l’autre face du rien qui est &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; (un tout bien particulier).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De la même façon que l’événement remplit tout son monde quand il a lieu et qu’il ne laisse aucun vide (il ne laisse aucune possibilité, aucun théâtre qui lui préexisterait et où l’événement se passerait), il faut trouver, en pivotant vers l’autre face de l’événement, le réel (non actuel) qui remplit le monde d’&lt;em&gt;avant l’événement pour cet événement&lt;/em&gt;, et ce tout qui a lieu avant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À la question incrédule de l’événement il ne faut pas répondre que le marché ou le livre se passe avant l’événement, mais plutôt, sur ce ton-ci : « Mais c’est &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; (ou &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt;) qui se passe avant, voyons&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je prends bien l’exemple du marché comme livre, dans mon livre, pour étendre mon propos à l’écriture du livre en général et formuler cette inversion de la logique du monde qui fait que s’il ne se passe rien avant l’événement du côté du temps et que l’événement n’a pas encore lieu dans le temps, c’est &lt;em&gt;tout l’événement&lt;/em&gt; qui se passe de l’autre côté, avant l’événement, sauf que l’événement n’aura plus alors le même nom et que celui-ci sera le &lt;em&gt;nom du marché&lt;/em&gt;. Je prends l’exemple du marché pour en arriver au livre en général, puisque le marché n’est que le premier exemple de livre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme il m’est devenu difficile d’attaquer frontalement ce sujet&amp;nbsp;! J’ai l’impression de creuser dans le roc ou de faire passer un monde entier dans un minuscule trou afin de l’inverser. Je dois reformuler toute la métaphysique et cela m’atteint en plein cœur. Je porte désormais la contradiction en moi ainsi que l’empêchement de vivre. Comment vivre dans le temps et assister au film des événements quand je veux accéder à cette dimension extraordinaire du temps ? Comment peut-on perdre son temps à écrire des récits ou à imaginer des fictions dans l’arbre des possibles ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devenir écrivain, c’est sortir du temps et se ruiner sur place. C’est trouver un seul événement, un seul accident, et passer une vie entière à le détailler et à le dévisager. Toute sa vie et tout son événement ont déjà eu lieu quand on écrit et c’est juste qu’on en &lt;em&gt;revient&lt;/em&gt; dans le livre. On a déjà établi le contact avec l’événement quand on écrit, sauf que, comme le canal de communication se situe en dehors du temps et qu’on vit, par ailleurs, accidentellement dans le temps, il n’importera plus que l’événement ne se soit pas encore passé dans le temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour que le marché et l’écriture soient une véritable métaphysique alternative, il faut être radical et se dégager de l’illusion d’une écriture qui ne ferait que poursuivre des possibles, raconter des faits, les imaginer. Ce que je dis là est d’une grande dureté (difficulté), et je doute que cela soit réalisé un jour. Je doute même que l’individu qui s’en sera le plus approché et qui sera parvenu au point le plus près de retourner le monde trouvera assez de force pour pousser et faire basculer la dernière dalle.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est à force de creuser les fondations de l’hôtel Palmyra et de la place de Fürstenberg que j’y parviendrai. Certains écrivent dans le temps ; quant à moi, j’ai supprimé le temps et j’écris, depuis le début, &lt;em&gt;sur place&lt;/em&gt;, sur l’autre face de l’événement. Je ne sais plus quoi dire alors de ma vie et de ce qui m’arrive. Ce qui m’arrive ne m’arrive plus qu’en écrivant, et plus rien et plus personne n’illumine ce souterrain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut être radical et ne pas placer les oppositions ou les symétries (l’événement se passe ou ne se passe pas, etc.) là où on croit. Il ne se passe plus rien dans l’infinie lenteur de l’hôtel Palmyra et tout s’est épuisé dans l’événement des ruines qui lui font face. Écrire sur les ruines est une position extrême sur l’échelle de l’écriture qui permet, en raison de cette extrémité, de mieux séparer le mixte et de mieux comprendre ce qui se passe. Ce qu’il y a d’étonnant dans le face-à-face entre les ruines et l’hôtel, c’est que &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt; a lieu sur l’autre face.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas une idée ou une envie d’écriture que j’ai eue à l’hôtel Palmyra, ce n’est pas la vision de tout un livre, mais celle de &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt;. Le marché est l’autre face de l’événement dans la seule mesure où c’est &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; qui se passe «&amp;nbsp;quand&amp;nbsp;» l’événement ne se passe pas (et non pas dans une moindre mesure).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est l’opposition entre le «&amp;nbsp;tout&amp;nbsp;» du marché et le «&amp;nbsp;rien&amp;nbsp;» ou le «&amp;nbsp;vide&amp;nbsp;» de l’événement qui joue ici le rôle de l’intervalle chronologique qui mesurerait, en temps normal, l’époque d’avant l’événement. L’échelle est devenue topologique et n’est plus métrique. On a tout le marché ou on n’a rien ; on a tout le livre ou on n’a rien. Or, on n’a pas rien, &lt;em&gt;dans le sens de l’événement&lt;/em&gt;, avant que l’événement n’ait lieu – car c’est dans le sens ordinaire du temps qu’on n’a rien avant l’événement – et c’est pourquoi on a tout le marché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt;, tout ce bloc de réel, avant l’événement, et c’est pourquoi cela prête à l’écriture et qu’on a envie de l’écrire. C’est parce que ce &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; qui a lieu avant que l’événement n’ait lieu, qui a lieu comme l’&lt;em&gt;autre face&lt;/em&gt; de l’événement et qui n’a pas lieu dans le temps, c’est parce que ce tout est le livre et que le livre, même, trouve là sa définition – car je n’aurai perçu celle-ci avec une si grande netteté nulle part ailleurs qu’à l’hôtel Palmyra où il ne se passe rien et ne se produisent, en face, que les ruines – que, lorsqu’on s’aperçoit que le marché est un tout du même ordre, on réalise que le marché est un &lt;em&gt;livre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’y a rien de plus fascinant (de plus attirant) que l’événement et c’est normal qu’on y consacre du temps, et même, pour les écrivains, une vie entière. N’est-ce pas l’événement qui attire le monde entier, d’ailleurs ? Les soleils attirent les planètes et les planètes attirent leurs lunes. Mais l’univers entier, dans une mesure qui est autre que la gravité, n’est-il pas &lt;em&gt;massivement&lt;/em&gt; attiré par l’événement ? L’événement ne mérite-t-il pas qu’on consacre sa vie et même qu’on sorte du temps, c’est-à-dire qu’on échange l’horloge de sa vie contre l’autre variété de mesure, celle de la place et de l’écriture, afin qu’on perce son secret ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et quel est le secret de l’événement, quel est son chiffre ? Que veut-on y trouver, y puiser et en rapporter chez soi &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; qu’il ne se produise (car après l’événement, ce n’est plus l’événement) ? Comment habiter l’événement et en revenir ? Comment explorer l’événement, s’y plonger, sans le vivre dans le temps&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je déclare qu’une telle sonde (spatiale) de l’événement existe, mais qu’elle est d’une finesse si grande et que son angle d’incidence et de pénétration dans l’événement est si précis que peu d’hommes s’en doutent ou en ont l’usage. Pour une certaine classe particulière d’événements, la place existe où l’on peut se situer sur l’autre face de l’événement et revenir de lui hors le temps. Cela s’appelle le &lt;em&gt;marché.&lt;/em&gt; Le marché est le livre de ce genre d’événement (il est la façon de retourner le monde et de revenir &lt;em&gt;à sa place&lt;/em&gt; «&amp;nbsp;avant&amp;nbsp;» l’événement), et les faiseurs de marché qui écrivent sans attendre et sans regretter, sans lumière, en maîtrisent l’écriture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour un autre genre d’événement, il faut avoir la chance de vivre par avance sur son lieu et d’habiter tellement bien son lieu (s’y enfoncer si bien), dans un autre sens que celui de la vie, de la chronologie ou de la &lt;em&gt;demeure&lt;/em&gt; (car l’événement n’&lt;em&gt;est&lt;/em&gt; pas, l’événement est fugitif et ne &lt;em&gt;demeure&lt;/em&gt; pas dans le temps), pour ne plus s’occuper alors que du seul &lt;em&gt;lieu que l’événement a&lt;/em&gt; et ralentir alors l’événement, ou plutôt pour fondre tous les événements qui ont ce lieu en un seul, qui ne sera plus que le seul lieu – ce qui signifiera alors que cet événement ne se passera plus et qu’on ne l’attendra plus, puisqu’on aura alors pénétré, &lt;em&gt;à sa place&lt;/em&gt; (qui est justement toute désignée), dans &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est plus alors la chose qui se passera dans ces lieux qui sera importante ou à rapporter ; ce n’est pas elle qu’on attendra. Il ne se passe plus rien d’important dans ce genre de lieu, tellement le lieu compte. Même la succession ne s’y passe pas ; car elle ne tient pas devant la profondeur et la dureté du livre. Il ne se passe plus, dans ce genre de lieu, que la réalisation qu’ils sont, en réalité, un &lt;em&gt;livre&lt;/em&gt;, ou plutôt que c’est un livre, que c’est &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt;, qui se situe sur leur autre face.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il ne se passe plus rien à Fürstenberg, et même, je n’y vis plus ; j’ai depuis longtemps pivoté sur autre chose que le temps, en attendant que le lieu ait lieu. C’est dans ce vide permanent que je réalise qu’il se passe alors &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt;. Certains lieux sont destinés à devenir un livre&amp;nbsp;– devenir un livre est le destin permanent et général du marché, tandis que certains lieux ont ce destin &lt;em&gt;en particulier&lt;/em&gt; –, c’est-à-dire que l’événement, qui n’aura pas lieu et qui n’est plus attendu, n’agira plus, pour ces lieux, qu’en tant qu’intermédiaire de calcul.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a compris que l’événement attire le monde et que le destin de toute véritable écriture devrait être de plonger dans l’événement avant l’heure afin d’en extraire le &lt;em&gt;trait&lt;/em&gt; (la contingence) et de le rapporter chez soi. Les événements sont en général difficiles à capturer dans les lieux généraux. Il existe un lieu particulier pour un type d’événements particuliers, qui est le marché. Mais il existe des lieux &lt;em&gt;singuliers&lt;/em&gt; où l’on comprend, d’après le marché, que l’autre face non temporelle de l’événement est &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt; – où l’image de l’événement et du marché n’aura servi que d’intermédiaire – et où le livre auquel se destine ce lieu s’impose alors comme le seul événement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me situe à l’extrémité de ce que les écrivains écrivent. Mon genre de livre n’est ni le récit ni le roman. Je me demande même si ma métaphysique n’est pas trop particulière pour se transmettre. J’ai exactement compris ce que Pierre Ménard a écrit, et je n’écris plus que ça ; je ne vis plus que ça. Sauf que Ménard a subi l’accident du temps et n’a réussi à écrire qu’un texte passé. Il fallait d’abord que l’«&amp;nbsp;essence accidentelle&amp;nbsp;» du temps soit démontrée (il fallait qu’on montre l’être du temps qui est d’être un accident) avant que l’on songe à communiquer avec les événements futurs en dehors du temps, à travers un canal encore plus direct et en considérant qu’ils se sont produits tout à fait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De communiquer avec l’événement avant qu’il ne se produise dans le temps semble impossible, puisque le temps seul est capable d’&lt;em&gt;identifier&lt;/em&gt; l’événement. (Avec quel événement communiquer, si celui-ci ne s’est pas encore identifié ?) Mais qui a dit que ce qui importait dans l’événement était qu’on l’identifiât ? L’identification n’est-elle pas justement postérieure à l’événement ? La réalité du futur est indépendante de son identification et le temps est accidentel pour le trait (la caractéristique) de l’événement, comme l’a démontré Ménard.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ménard a connu &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; du &lt;em&gt;Quichotte &lt;/em&gt;avant de le connaître (Ménard répond : « Quoi ? Mais c’est &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; du &lt;em&gt;Quichotte&lt;/em&gt; qui a lieu avant&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»), et cela importait peu que le &lt;em&gt;Quichotte&lt;/em&gt; fût connu, puisque l’&lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; dont je parle ne se situe pas dans le temps. C’est pourquoi il est possible, pour quelqu’un comme moi qui ai connu tout le marché de la place et tout le livre de Fürstenberg (c’est-à-dire à qui le livre s’est imposé) d’écrire un texte futur et non pas passé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma position est si particulière et mon lieu si singulier que peu de personnes se douteront que ce que j’établis là est la véritable essence de l’écriture (et la véritable nature du livre). L’écriture serait-elle moins vraie si un seul individu en possédait le secret ou l’essence ? L’écriture est-elle démocratique ? (J’ai déjà dit que le marché était démocratique mais que son sens ne l’était pas forcément.) J’ai la chance de connaître le livre singulier, le lieu singulier, avant de connaître l’événement particulier. À quoi bon attendre celui-ci ? Autant écrire celui-là sans attendre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne connais pas l’événement particulier, qui ne s’est pas passé encore et qui ne se passera plus. Mais j’ai déjà l’avantage de connaître &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt;. Ce n’est pas le contenu (inexistant) de l’événement qui compte, ni même le contenu du livre&amp;nbsp;; car c’est sur «&amp;nbsp;tout&amp;nbsp;» que je pivote. Voilà ce qui compte et voilà la seule unité de compte. Ce qui compte avant l’événement, c’est que &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; en occupe l’autre face.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai déjà effectué avec le temps chronologique et avec la «&amp;nbsp;face visible&amp;nbsp;» de l’événement l’échange qui consiste à rester et à ne plus être, à être pressé de partir avant même de demeurer, ce qui s’appelle &lt;em&gt;être pressé de rester&lt;/em&gt; – être pressé par le reste et par la ruine. Quand on a établi cette &lt;em&gt;visite&lt;/em&gt; du champ de ruines et que celle-ci a remplacé la &lt;em&gt;vie&lt;/em&gt; de l’événement (je veux dire, la logique qui veut qu’on vive l’événement dans le temps pour le traiter), quand on a établi que le champ de l’écriture était un champ de ruines et que le livre, après cela, était &lt;em&gt;tout le livre &lt;/em&gt;et qu’il était &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt;, alors peu importera le temps, et ce qui aura remplacé la vie dans la demeure et sa succession, ce sera son marché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je répète que la façon dont j’écris tout texte futur est désormais chaque fois la même, et c’est la façon dont je me situe à l’hôtel Palmyra et sur la place de Fürstenberg. Je me suis approprié là des lieux où on ne doit plus me déranger. L’hôtel Palmyra est le lieu où j’ai déduit l’existence de &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt; et où je me suis tiré avec le livre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’y a que l’événement qui vaille la peine qu’on l’écrive ; or, personne ne sait l’écrire&lt;em&gt; en réalité&lt;/em&gt;. On ne sait écrire que de deux façons&amp;nbsp;: le récit ou le roman, l’événement déjà passé ou l’événement imaginé. On n’a pas encore écrit l’événement &lt;em&gt;futur&lt;/em&gt; &lt;em&gt;réel&lt;/em&gt;. Il faut qu’il reste futur pour garder son trait, et il faut en extraire le trait pour que l’écriture en soit réelle.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le trait de l’événement, sa caractéristique, est sa contingence réelle, aussi réelle pour un événement futur que pour un événement passé, et c’est celle-ci qu’il faut savoir écrire, afin que l’écriture de l’événement soit réelle. On peut s’aventurer à écrire &lt;em&gt;réellement&lt;/em&gt; le trait d’un événement passé – ce qu’a fait Ménard – pour démontrer que le temps est accidentel. Or, Ménard n’a pas réussi à éviter l’accident du temps&amp;nbsp;; il nous a juste montré que cet accident n’était pas &lt;em&gt;grave&lt;/em&gt;. Ménard n’a su écrire &lt;em&gt;réellement&lt;/em&gt;, c’est-à-dire en dehors du récit et de la fiction – il n’a réussi à capturer le trait de l’événement qui vaut la peine d’être écrit – que pour un événement passé. Mais il subit, ce faisant, l’accident du temps, et ne peut pas échapper à sa question &lt;em&gt;accidentelle&lt;/em&gt; : «&amp;nbsp;À quoi bon écrire un texte passé ? »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est beaucoup plus difficile de démontrer l’accident du temps en évitant l’accident et en évitant de rencontrer (de croiser) le temps. Il est beaucoup plus difficile d’écrire &lt;em&gt;réellement&lt;/em&gt; un événement futur, c’est-à-dire de l’écrire sans l’identifier. Car la question se posera alors réciproquement à celle de Ménard, non pas : «&amp;nbsp;À quoi bon écrire&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» mais : « Qu’écrire donc&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» C’est l’identification de l’événement comme future possibilité qui lui enlève sa réalité. C’est l’identification des états qui se succèdent dans l’arbre des possibles qui nous empêche d’envisager le futur comme réel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On ne sait écrire, au futur, qu’une fiction ou qu’un récit&amp;nbsp;: un roman ou un livre qui désire que des choses particulières arrivent – une sorte de récit projeté. Or, il faut connaître l’autre face de l’événement qui est &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt;, et remplacer &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; par &lt;em&gt;tout le livre&lt;/em&gt; (le livre qu’on comprend alors qu’est le marché), pour pouvoir transférer en d’autres lieux que le marché, et pour d’autres types d’événements, la réalité de leur écriture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut reconnaître, dans le marché, la réalité de son livre – car ce &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; qu’est &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt; n’est que le tout de la réalité venue combler les interstices du possible par le simple geste automatique de retourner la dalle et d’exposer l’autre face de l’événement – et reconnaître ainsi le sens de la place du marché (le sens qui fait que le temps ne compte plus), pour transférer cette réalité du livre en d’autres lieux, et réaliser que l’hôtel Palmyra ou la place de Fürstenberg ne présentent pas autre chose, sur l’autre face de l’événement «&amp;nbsp;épuisé&amp;nbsp;» (ou perpétuellement repoussé) qu’ils sont, que le livre bien réel.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il a fallu que le marché m’apprenne la façon de m’en tirer en dehors de l’histoire dans la géographie, dans cette retraite et cette soustraction, dans ce qui reste alors comme ruine et comme seule chose à faire et qui est d’écrire le livre ; il a fallu que je découvre le &lt;a href=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2009/01/23/le-processus-geographique.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;processus géographique &lt;/a&gt;et que je sache le nommer du &lt;em&gt;nom du livre&lt;/em&gt;, pour que la genèse du livre s’impose à moi en face de l’événement permanent des ruines et que je sache désormais, à travers cette réalité du livre, opérer des passages vers les autres lieux où le temps ne compte pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je réalise qu’il a fallu que je fasse une fois le tour du monde, que je découvre la façon d’écrire &lt;em&gt;avant l’événement, d’après l’événement&lt;/em&gt; (cet échange métaphysique qui s’appelle le prix et qui s’appelle &lt;em&gt;tout le marché&lt;/em&gt;, découvert à l’occasion de mes articles les plus pointus et les plus condensés), pour revenir à la partie III de mon livre et la relire à la lumière de ce que j’aurai pensé par après, réalisant alors son événement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi mon écriture de la partie III était-elle bien réelle. Car j’ai réussi à l’écrire &lt;em&gt;réellement&lt;/em&gt; avant son événement, à extraire le trait de celui-ci avant qu’il n’ait lieu. La partie III occupe, depuis un moment, le cœur de mon livre et elle est sa genèse. Elle est l’endroit où j’habite vraiment dans mon livre, le lieu inépuisable où le temps ne compte plus et où je peux toujours &lt;em&gt;revenir&lt;/em&gt; dans mon livre. Car c’est en la partie III que j’ai inversé mon monde. La partie III est le &lt;em&gt;livre de mon livre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>Les faces (anciennes) de mon activité</title>
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        <updated>2010-12-02T18:25:00+01:00</updated>
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          &lt;p&gt;Ce cahier ne me quitte plus comme une malédiction et c’est en vain que je le soulève comme un arc au début de la journée, pour organiser mon activité. Une journée bien faite serait celle où je remplirais ce cahier le matin et le présenterais sur un plateau l’après-midi, c’est-à-dire que je lui donnerais une forme et le destinerais à me &lt;em&gt;suivre&lt;/em&gt; – à tenir l’arc de la pensée après moi, à rester dressé et à repérer mon lieu de passage après que j’aurais glissé et que je serais parti.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans quelle logique le monde s’aiguise-t-il aujourd’hui et s’étend-il autour de moi, pour faire tourner jusqu’à moi, en semblant me cacher la lumière, l’une après l’autre les faces de mon ancienne activité&amp;nbsp;? Pendant que j’installais mon arc, hier, et que je m’apprêtais à penser, pendant que je chauffais ma machine et élevais la température de l’espace jusqu’au degré de ma folie – jusqu’au seuil d’occupation maximale qui se confond avec le seuil de dérangement maximal et forme l’interface entre ma disposition la plus grande à écrire et ma propriété la plus grande du lieu, le seuil où peut aussi bien advenir ma pensée qu’apparaître la personne qui va me déranger –, deux faces de mon ancienne activité sont venues me scruter et tenter de deviner la logique qui me faisait tenir là, ainsi que le degré exact de l’arc de ma pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment entretenir une activité et établir un plan de pensée (une manière de m’installer dans la journée, d’organiser mon temps, de distinguer les points où j’aurai été et où je serai allé) si revient à moi, dans l’&lt;em&gt;intervalle premier&lt;/em&gt;, dans la naissance même de l’angle de ma salle, le cycle entier de mon ancien monde, animé par la face d’Erich et celle de Nicolas ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eux semblent s’organiser dans le reste du temps et dans un domaine qui s’étend. Après la sortie de ma boîte dans le &lt;em&gt;paquet de données&lt;/em&gt; et la confirmation, venue par Maroun, que le progrès de la technologie du marché ne pouvait pas ne pas se confondre avec la pensée philosophique (ce que j’avais appelé l’«&amp;nbsp;intervalle de pure métaphysique&amp;nbsp;» où était venu me rejoindre Maroun), voici que Nicolas et Ulrich viennent me rappeler à l’idée initiale du &lt;em&gt;projet commercial&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Tandis que Philippe, Maroun et moi faisons converger nos efforts dans l’angle relativement réduit du progrès technologique, voici qu’Erich et Nicolas viennent m’offrir la &lt;em&gt;vue d’ensemble&lt;/em&gt;, la faculté d’attirer l’attention de tout un monde sans rien de précis ou de pointu à part l’organisation de l’activité et la structuration de l’offre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Eux savent parler aux investisseurs et représenter le rendement&amp;nbsp;: faire tourner le produit sur lui-même, créer à partir de rien ou simplement de l’enfermement de l’idée dans une boîte. Eux semblent de nouveau sortis dans le plan et lâchés dans l’étendue, quand ma préoccupation première est de remplir ma seule journée&amp;nbsp;; car je la remplis de la chose la plus dure et la plus rare, d’une nouvelle pensée, d’un triomphe renouvelé que je dois accrocher sur l’arc de la pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Voici l’arbre entier de l’activité des autres réduit à sa seule immobilité, c’est-à-dire au seul tronc contre lequel il m’est demandé tous les jours de pousser de nouveau. Je ne me contente pas de voir se succéder ces faces tournantes, attirées par mon puits de pensée, contractées par l’opération globale que j’ai fait subir à l’espace et au temps, soumises à mon &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt;, au passage du monde entier par la contingence de mon seul trait qui est marqué ici sur ma table et nécessite pour cela un &lt;em&gt;échange intégral&lt;/em&gt;, le passage de l’entaille avant l’état qui s’appelle ma matière première, mais je dois revoir tous les jours toute ma pensée (qui est le devoir le plus difficile et la charge la plus grande) à la lumière de ces apparitions-là. Mon monde se contracte en une seule question&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Pourquoi ces faces reviennent-elles et que me rappellent-elles&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt; revient à faire cette énorme dépense de pensée, journalière. L’arbre ne s’étend plus dans mon monde et ce n’est pas au hasard des branches que reviennent tourner autour de moi, et se présenter sous l’arc de ma pensée, ces faces de mon ancienne activité. La dépense de pensée – cet abîme de pensée – signifie que l’échange avec la matière est, tous les jours, complet. Je contracte mon monde en écriture et en entaille et cela signifie que l’ordre de la succession des jours et des images se réduit à ma seule place et à ce qui la traverse.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les faces ne reviennent pas à force de tourner, par une sorte d’équivalence ergodique entre les multiples passages de leur monde et le passage multiplié de mon temps immobile, mais littéralement par la contraction de mon monde et l’inversion de sa logique, par la nécessité, devenue pressante et aussi concentrée qu’un point, de commencer à écrire mon livre, et par le retour automatique de la face intégrale du monde – dont les faces de mon ancienne activité ne sont que la partie – dans l’exclusivité de l’échange. La logique du monde ne cherche qu’une chose, c’est de s’inverser et de s’inférer&amp;nbsp;; or, seule la matière de l’écriture peut lui servir de pivot.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai atteint le point où la métaphysique devient active et réellement pressante. L’écriture du livre n’est plus une fiction, mais la matière de l’écrit est telle que la logique du monde a réellement trouvé le point d’appui sur lequel pivoter et se renverser.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le retour de ces faces qui m’observent et qui viennent «&amp;nbsp;signer&amp;nbsp;» ma place n’est que le signe du commencement de la nouvelle activité réellement renversante et réellement contractée. Ce n’est plus la possibilité extérieure qui me fait signe sur ces visages revus, ce n’est plus la poursuite de je ne sais quel chemin et de quel nouvel avenir, mais bel et bien la contraction – ce qui se passe ici, ma place même, la matière sur laquelle je m’appuie. Le signe, ou le rappel, n’est que celui d’un échange à opérer &lt;em&gt;en premier lieu&lt;/em&gt;,&lt;em&gt; à ma seule place&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai fini par creuser l’abîme de la pensée en mon seul point, par revivre tous les jours son événement total, sa faillite extrême, le fond de l’instant qui n’est que le sommet de l’immobilité, le triomphe du tronc sur l’arbre, la dépense absolue qui devient le rendement absolu, ou plutôt, le retour éternel. Est-il étonnant, dans le point de cette philosophie devenue extrême, que se rapprochent de moi les faces anciennes de la dépense contrôlée et du rendement construit ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et n’attendent-elles pas de moi le signal de l’inversion absolue, assez de force dans le trait et dans le caractère pour que je leur dévoile l’abîme où elles pourront se jeter et sans doute se racheter – le seul projet qui en vaille vraiment la peine, la pensée qui va et qui ne revient pas, la spéculation sans retour, la dépense qui ne rapporte rien d’autre que le risque, l’inversion totale de tout l’ordre économique, la transformation du monde en livre, la croyance devenue incontournable en ces choses-là, le passage de la matière du livre avant celle du monde, le détournement du prix dans le livre et la réalisation suprême, révolutionnaire et fondatrice de la nouvelle logique, que le livre n’a pas de prix et que la pensée n’a pas de fin ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’épaisseur de leur trait et la confiance en leur projet sont-elles plus grandes que l’&lt;em&gt;insistance &lt;/em&gt;de mon abîme de pensée&amp;nbsp;? Pour être plus mondain, leur projet est-il plus réel que l’échange absolu qui me fixe à ma place et me donne l’ordre de penser, c’est-à-dire qu’il me dicte le nouvel ordre de pensée&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas en étendue mais en degré d’intensité que se mesurent l’importance des domaines et l’urgence des futures réalisations. Or, il n’y a pas plus intense que ma pensée et plus élevé que le degré de ma folie. Les anciennes faces de mon activité doivent réaliser que je les invite à la dépense totale et définitive pour l’objet qui n’a pas de prix, pour le monde devenu livre – pour le livre devenu monde.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
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        <title>Le contrat d'écriture</title>
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        <updated>2010-11-29T17:07:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-29T17:07:00+01:00</published>
        <summary> À cette place, en ce désert plat que traverse juste une strie – un premier...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://apreslemarche.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;À cette place, en ce désert plat que traverse juste une strie – un premier mouvement à saisir et aussitôt à resserrer dans son seul sillon –, la succession ne compte plus et la formidable poussée que j’applique sur le tronc de l’arbre n’a pas de direction précise,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;si bien que pour continuer d’écrire et d’&lt;em&gt;avancer du sens &lt;/em&gt;(comme je dirais que &lt;em&gt;j’avancerais de l’argent&lt;/em&gt;, si le temps pouvait être fait d’argent et se partager réellement entre le marché présent et la contingence future au lieu de se tenir séparé et détaché d’eux), pour continuer à passer le temps et m’écarter au plus vite de la chute du bloc du livre qui m’écrase sur mon plan&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(et par le &lt;em&gt;livre&lt;/em&gt;, j’entends ma boîte et ma ruine, à la fois ce qui se remplit et ce qui se vide, la chose qui fait mon passé et même mon obligation, mon passif, mon devoir, et qui m’oblige d’écrire ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;la sorte d’équilibre de masses qui me presse de penser à un avenir aussi lourd que le passé et à écrire de plus en plus et à fuir en avant, à ne jamais revenir en arrière pour soulever quelques poids et trouver enfin dans les choses écrites et dans les pierres qui ont déjà roulé le soulagement de ma peine, en un mot, à ne jamais revenir pour construire&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;et le bloc passé est &lt;em&gt;vide&lt;/em&gt;, puisque le vide est la fondation de l’événement et que je ne recherche plus rien d’autre que l’événement continué de la pensée, celui qui ne se prévoit pas et ne se regrette pas ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;c’est-à-dire que dans le jeu des parois qui a lieu derrière moi, dans la sortie du livre et de la boîte et dans l’entrée du &lt;em&gt;paquet de données&lt;/em&gt;, dans cette oscillation entre ce qui remplissait ma vie jusque-là et ce qui la destine désormais à la coupure, à la traversée du vide et à la contemplation, se décide le plus difficile des projets, mon &lt;em&gt;projet futur&lt;/em&gt;, ce que je pourrais faire de ma tête et faire de mes mains ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;ma vie ne se décide plus que dans les intervalles – à cela tient toute la difficulté de la suivre et c’est pourquoi mon programme est si particulier ; ce qui se rompt derrière moi, dans ma vie, est ce qui décide ce que je deviens et où je dois aller ; ce n’est pas positivement, en collaborant avec mes partenaires, que je peux remplir mon avenir désormais, mais en captant leur hésitation, en hantant l’espace vide où ils doivent obligatoirement aller s’ils forment des projets et qu’ils entrent et qu’ils sortent de boîtes&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;après ce livre qui m’a vidé et qui m’a ruiné, j’ai acquis une relation inverse avec le volume de la boîte où se trouvent encore pris mes partenaires&amp;nbsp;; je ne fais plus que la hanter et notre compagnie est devenue &lt;em&gt;négative&lt;/em&gt; ; c’est par le fond de la pensée que j’accompagne leur mouvement, ou par ce que j’appelle mon &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt; ; je ne m’inscris plus dans l’objet ou dans le projet, mais dans le sillon qui reste marqué à l’arrière ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;c’est comme si mes partenaires savaient qu’à mesure qu’ils avançaient et dressaient des plans, j’étais là pour tirer vers l’arrière et pour tirer dans la matière, pour aller dans le creux et construire avec le vide, pour être le témoin de l’événement avant de l’être de la boîte et de leurs associations ou leurs mariages),&lt;/p&gt;&lt;p&gt;pour continuer à passer le temps, je dois aussi bien me relier à la journée d’avant qu’à celle qui suit, rappeler à moi tout ce qui précède et qui s’est présenté la veille.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, je me souviens de la journée d’hier comme d’un immense plateau sur lequel je restais endormi, pendant que mes filles tournaient autour de la pièce et revenaient à moi par intervalles pour me présenter à leur nouvelle amie, et je me souviens, sur ce plateau, d’un moment ou d’un intervalle précis de pensée où j’avais cru déceler, dans un flottement, la raison pour laquelle il n’y avait ni haut ni bas à la notion d’objet, et pas de fond – sinon la totalité de la pensée – à la question de la relation avec le monde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne pourrais écrire vite qu’à la condition de ne pas respirer et de ne pas chercher mon sujet. Si je devais traiter de sujets surélevés, je trouverais celui de Perrine qui m’ouvre peut-être la future vie ou de Sylvia Kristel&amp;nbsp;qui me redonne l’ancienne ; je reparlerais de la journée d’hier où ma vie s’est arrêtée (la vie s’arrête toujours à la journée d’hier) et où se sont succédées les faces d’Ulrich, de Sylvia Kristel, de la dame en Citroën C5 et de Perrine pendant l’absence absolue de mes partenaires (occupés à Londres par le &lt;em&gt;paquet de données&lt;/em&gt;) et la réaffirmation de l’intervalle absolu où je me trouve désormais limité, au sein de ma boîte.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De Perrine, je discuterais ce qui la sépare de son partenaire, encore un intervalle, et ce qui s’ouvre d’elle à moi à partir de là (sachant que sa musique a trotté dans ma tête, pendant tout le temps d’hier où je dormais) ; je dirais qu’elle a deviné en moi une indépendance absolue de pensée et le plus grand détachement, c’est-à-dire une virginité et presque une fraîcheur relativement au monde de l’art d’où elle vient&amp;nbsp;; qu’elle est parvenue, dans ma pensée, jusqu’à son terme avant d’en absorber le contenu ou d’en retracer le parcours – son terme qui est l’inversion du monde de la probabilité et de la prévision&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;qu’en cela elle a pressenti le &lt;em&gt;point de l’œuvre&lt;/em&gt; en moi, ce qui résume et recommence à la fois toute ma pensée, et que ce point absolu, dont la densité est infinie (ce point de l’inversion de ma demeure et de ma sortie vers la ruine, ce point qui ne me reviendra sans doute jamais plus en continu mais seulement par intervalles, et que je devrais passer le restant de ma vie à transporter sur mon dos et à traîner, comme un soc, au cœur même de la matière), sans doute l’attire en moi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car le chemin jusqu’à Perrine n’est fait que de «&amp;nbsp;blocs de séparation&amp;nbsp;» et d’absence de mots (ce qu’elle appelle sans doute l’«&amp;nbsp;absence de futur&amp;nbsp;»), et en cela il est une pure intuition et une pure construction. Sans doute d’aller vers elle, c’est-à-dire vers ma future vie, constitue-t-il aujourd’hui mon projet le plus difficile ; sans doute dois-je sacrifier ma vie physique à ce point de métaphysique qui ne l’est que d’inversion, et dois-je me consommer en entier (épuiser mes réserves, me vider de nouveau, écrire un nouveau livre) dans l’inférence de ce prochain petit pas à partir de rien, de cette création de &lt;em&gt;matière pure&lt;/em&gt; à partir du pur arrêt, de cette archéologie de mon savoir et de ma capacité (c’est-à-dire de ma vie) qui n’a d’autre but que le futur et dont l’autre nom est simplement celui de révolution.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant que mes partenaires se spécialisent dans la donnée et s’apprêtent à en pénétrer le paquet et pendant que cela m’ouvre l’espace inverse, c’est-à-dire le vide où je dois rester pour accompagner leur mouvement, je dois corréler à ce vide celui qui me destine à Perrine et à la nouvelle vie. Je dois comprendre ce qui m’a mené jusque-là, et à défaut de le comprendre, je dois l’inférer à partir d’un seul point et d’une seule donnée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;De Sylvia Kristel, si je devais l’élever comme futur sujet, je ne retiendrais que l’éternité du passé et du temps qui ne passe pas, ce qui veut dire aussi, l’&lt;em&gt;impossibilité&lt;/em&gt; ; je reformulerais pour elle la logique entière de la séparation (son impossible séparation de son mari, et la mienne, de ma femme) dans le point de logique qui la rend justement impossible et qui m’a fait depuis longtemps substituer le trait de l’écriture et le &lt;em&gt;contrat de l’écriture&lt;/em&gt; à la logique de la succession – car il est clair qu’à l’état de Sylvia Kristel&amp;nbsp;mariée ne peut pas succéder un état du monde où je prendrais part avec elle, une vie que nous partagerions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, ces deux sujets, de Perrine et de Sylvia Kristel, seraient ceux qui me feraient respirer, c’est-à-dire qu’ils m’inspireraient et me ralentiraient ; au lieu de quoi je préfère revenir à ma boîte et à mes partenaires, quitte à retracer à l’inverse de leur mouvement l’espace négatif ou je m’établis.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le point où je suis arrêté pourrait redevenir le commencement de toute mon entreprise. De mon arrêt, je dois tâcher de redéfinir le futur mouvement. Dans quelle direction la difficulté de mon livre tend-elle en entier ? (J’ai été freiné, ces derniers temps, par la nécessité d’expliquer, quand seul compte le mouvement et que je ne dois, dans mon numéro de funambule, jamais regarder vers le bas.)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est cette direction que je dois prolonger, et le point où j’en suis – celui où mes partenaires sortent à leur tour de ma compagnie pour pénétrer dans leur &lt;em&gt;paquet de données&lt;/em&gt;, celui où Ulrich et Maroun me reviennent avec d’immenses panneaux sur lesquels est tracé le passé et écrite en grand la &lt;em&gt;perte de temps&lt;/em&gt;, c’est-à-dire l’impossibilité de l’accord de leur temps avec le mien, celui où Perrine et&amp;nbsp;Sylvia Kristel me démontrent le pas (c’est-à-dire qu’elles l’isolent) que je dois franchir pour aller vers une autre vie que je n’ose appeler future mais que je qualifierais simplement de vie suivante, quitte à inférer ce pas de sa propre impossibilité, c’est-à-dire que je créerais le lien qui m’attacherait à ces femmes à partir de l’intervalle même qui nous sépare – ce point d’arrêt où je suis est à comprendre essentiellement comme un point de logique et comme un point d’entrée essentielle dans un monde différent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je devrais me spécialiser dans la difficulté et en faire ma demeure, et faire du point d’arrêt l’espace absolu de tout futur mouvement de pensée. Je n’ai plus le choix de la vie, et cette abolition de l’arbre de la décision est essentiellement ce que j’ai appelé le &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je devrais supprimer jusqu’aux paroles. Dans l’espace que je partagerais avec les autres, et en premier lieu avec mes partenaires de boîte, qui représentent pour moi toute l’idée de l’entrée et de la sortie, toute la structure de projet, tout le tableau animé et tout le dessin attendu de la façon dont la vie se vit encore et le résultat se laisse espérer – c’est-à-dire que je devrais laisser à mes partenaires le crédit du film des événements et le soin de me montrer, pendant que je somme mes activités dans la pure immobilité et que je cherche comme seule future entreprise le seul mot qui me permettra de renverser mon langage et le seul pas qui me fera franchir le vide à la rencontre du monde de l’autre côté, la façon dont une activité peut encore s’organiser et une boîte encore se faire –, sans parler de la vie commune que je vivrais encore en famille, du coin d’espace que je serais pour mes filles qui grandissent et qui couvent un projet aussi grand, dans l’espace partagé avec les autres je ne devrais plus représenter qu’un puits de pensée et qu’un lieu d’absorption totale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma vie ne se vit plus dans le monde et dans la succession de ses états mais se trouve concentrée dans le sillon du &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt;. Je devrais concentrer la difficulté et n’empiler dans le temps et dans l’espace que la chose qui n’avance pas ; m’employer à lire les ouvrages les plus difficiles, explorer cette profondeur, trouver un autre ordre au temps que la succession et un autre ordre à la pensée que l’explication.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On ne me demandera plus à quoi je suis occupé et comment se passe mon temps ; on ne trouvera mon endroit ni sur la carte ni dans le calendrier. Il y a un mystère à l’arrêt au beau milieu d’un monde qui tourne, ou mieux, au sein même du marché.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai toujours pensé que ma place était unique, que cette place de Fürstenberg était à la fois mon sommet et mon fossé, mon monument et ma ruine, or voici que cette place se retourne contre moi et me montre l’envers du sujet, ce que cela veut dire d’y être arrêté et ce que cela coûte de l’avoir trouvée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma place n’est pas indépendante, car elle ne dépend que d’elle-même et de moi qui suis tombé dans ce cercle. Comment faire de ce double point d’arrêt un nouveau sujet, comment continuer la difficulté ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment même avoir la paix ? (À moins qu’au cœur de la difficulté la paix ne soit justement la chose la plus difficile.) Le monde qui vient à moi ne me plaît pas et ne s’accorde plus avec mon arrêt. Je ne trouve plus que la distance entre mon point et tout futur (ou même présent) projet, et celle-ci ne se mesure pas et ne se compare pas ; mon espace ne connaît plus la relation métrique ou la hiérarchie, et je me demande si on peut m’y localiser autrement qu’absolument, comme le seul abysse que je serais devenu, comme l’élément absorbant de toute algèbre possible.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La distance me paraît ainsi la même entre le &lt;em&gt;paquet de données&lt;/em&gt; où mes partenaires pensent avoir le répit du nouveau projet et la vieille dame qui mange sa tartine en face de moi en paix au café et qui a compris, dans son recul, que ne doit plus compter dans ce monde que l’image des bébés, qu’il faut alors contempler, quitte à partir de l’arrêt et faire, comme elle l’a fait, le pas pour franchir la distance jusqu’au bébé, quitte à aborder le jeune couple et leur montrer d’un coup ce qui les attend, la face de l’ancien monde qui revient vers eux en entier et qui contemple leur bébé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, si je devais la suivre et abolir ma distance comme elle a aboli la sienne, je comprendrais ce qui se renouvelle dans chaque instant et je trouverais la ressource pour superposer l’image à l’abysse, et la couleur au noir le plus total. Or, à défaut de la suivre, je reviendrai de son point vers le mien, je créerai entre nos deux arrêts le mouvement de pensée qui me permettra d’anticiper le futur hors de la lumière et du projet, hors de la prévision, c’est-à-dire que je trouverai la façon de contempler à mon tour le monde comme un bébé et comme une nouveauté, comme un acte de création entier et bientôt comme ma propriété, sauf que je le regarderai alors &lt;em&gt;depuis le point inverse du temps et de l’espace&lt;/em&gt; – car je répète qu’il me faut désormais inférer le mouvement, et même ouvrir l’espace entier, à partir du seul point d’arrêt –, ce qui est justement la chose demandée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’aurai la paix le jour où je trouverai l’accord entre le mouvement de ma pensée, qui ne fait plus que creuser l’abîme et me séparer du monde, et la course de mes partenaires vers le projet et vers l’entreprise ; où j’accepterai le lien entre mes écrits les plus intenses et les plus difficiles, entre ma volonté de m’enfoncer et de ne plus honorer que le &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt;, et le ressort de leur pensée ou la raison de leur outil.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon point est unique et ma position est privilégiée. Nul n’a mieux résumé que moi l’arrêt du monde et sa réduction au seul point de l’écriture et de son contrat, et c’est précisément à ma sortie présente et à mon arrêt présent que cette précision de ma pensée m’a mené. Avec la nouvelle mesure du temps que j’ai inventée, celle de l’écriture continuée et l’extraction d’une échelle entière à partir d’un seul point d’arrêt et d’un abysse sans fond, je suis en mesure de calculer des distances interdites et de dérouler des périodes inédites. Je peux créer à partir de rien et je peux me réorienter sans aucun repère et sans même reconnaître un moment où je me serais réveillé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui veut dire que ma tâche est plus difficile que je ne pensais et que ce n’est pas le mouvement que je devrais faire surgir à partir de l’arrêt mais la paix entre mon immobilité et le mouvement des autres. Je suis divorcé de leur monde et de leur animation, mais c’est en même temps mon &lt;em&gt;contrat d’écriture&lt;/em&gt; qui les ramène périodiquement à moi et me refait considérer avec plus d’acuité le point de ma propre entreprise et le sens résiduel de mon existence – la raison pour laquelle je reste et qui s’identifie avec le sens total et irréversible de la ruine. Je ne recherche pas la paix de la ruine, mais la paix de son accord avec le mouvement du monde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi le moment le plus difficile – je le sais pour faire du vélo – est-il celui qui précède tout juste l’atteinte du col et l’élan naturel de l’autre pente. Ainsi, j’aurai franchi le col de cette journée difficile à la fin de la page précédente et je ne devrais plus m’attendre, pour le restant de mon écriture, qu’à me laisser entraîner.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Moi qui ne supporte pas que le carré réservé à l’écriture, la table de bois où l’écriture se contracte, soit occupé par autre chose que la matière écrite, je veux dire celle du livre et du cahier, qui ne constitue plus alors un objet comme un autre mais une logique qui change celle du monde à la surface de cette table et qui y est donc adaptée&amp;nbsp;: à cela doit tenir qu’un objet qui serait posé sur cette table et dont l’encombrement ne serait pas plus grand que celui du livre, typiquement le sac d’une dame qui serait assise à la table adjacente, m’insupporte au-delà de toute raison et de toute explication ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;moi qui ne supporte pas la distraction de mon carré, j’ai expérimenté ce matin mon pire arrêt et ma pire difficulté, lorsque la vieille dame qui avait contemplé le bébé (comme la face renouvelée du monde) et s’était déplacée de la chaise qu’elle occupait initialement (à une table voisine qui en comptait quatre) vers la chaise qui était la plus éloignée de la mienne, ayant sans doute senti qu’avec sa position divergente d’avant, où la table ne couvrait même pas ses genoux qui en dépassaient de côté et ne semblait servir qu’à son seul sac qu’elle avait posé sur la chaise principale, elle me dérangeait et me distrayait, lorsque cette vieille dame a fini par se lever et par laisser sa place inoccupée,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;pendant qu’un couple de Vietnamiennes, visitant Paris avec leurs compagnons français qui avaient sans doute été rappelés là à l’occasion d’une conférence franco-vietnamienne, et ayant accompli une série d’achats chez un marchand de vêtements, ou même dans un quartier commerçant entier où ces choses étaient soldées, ne trouvaient pas mieux que de déballer leurs sacs l’un à la suite de l’autre et de déplier, sur la table jouxtant la mienne, ce qui, à l’intérieur du sac plastique, enveloppait le tissu ou la pièce de vêtement qu’elles avaient acheté, à savoir un papier d’emballage crêpé et coloré, dont le bruit du froissement m’exaspérait,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;et que la place laissée vacante par la vieille dame au bébé menaçait d’être reprise par le vieux monsieur à l’éternel attaché-case Samsonite et à l’air très digne, que j’ai vu entrer et qui vient s’installer à cette place rituellement, en précédant toujours de quelques minutes son fils qui viendrait l’y rejoindre et qui lui ressemblait beaucoup, à cela près qu’il était deux fois plus grand que son père.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le père et le fils ont finalement trouvé à s’asseoir ailleurs, contrairement à leur habitude, et j’ai fini par reconnaître que les tissus que les deux Vietnamiennes dépliaient sur la table à ma droite, avec force commentaires dont le sens m’échappait, n’étaient pas d’une matière si différente, en définitive, du propre tissu que je déployais là moi-même&amp;nbsp;; cette succession d’épisodes risqués et de menaces abstraites, de chutes sans retour, m’ayant de fil en aiguille fourni la pente où j’aurai fini par me laisser aller pour aplanir la difficulté du col franchi à la page précédente et pour remplir la page présente.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au sein de mon arrêt et dans le creux de ma pensée, la paix me viendra peut-être un jour de la futilité des sujets et de la pure capacité de tisser, et le mouvement que je tâche d’imprimer au fond de l’immobilité (et qui peut s’interpréter politiquement comme une résistance, ou une lutte, ou une ligne de progrès) consistera sans doute à attendre modestement que les choses se passent et qu’elles m’emportent.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mes partenaires ne sont pas plus loin de moi que le prochain sujet. Le revers de la distance est la futilité, et le commencement de la paix dans l’enfer de la pensée revient à accepter que le prochain sujet soit aussi futile que la distance qui m’en sépare, et sa matière aussi légère qu’un tissu.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Frédéric Jouet</name>
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        <title>#2911</title>
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        <updated>2010-11-29T16:41:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-29T16:41:00+01:00</published>
        <summary> travelling champ contre champ le visage  &amp;nbsp;  &amp;nbsp;  &amp;nbsp;  &amp;nbsp; </summary>
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          &lt;p&gt;travelling champ contre champ le visage&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>numbersix</name>
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        <title>Le degré du dérangement</title>
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        <updated>2010-11-24T12:16:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-24T12:16:00+01:00</published>
        <summary> Mes activités se trouvent toutes réunies au sommet – le sommet de l’effort...</summary>
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          &lt;p&gt;Mes activités se trouvent toutes réunies au sommet – le sommet de l’effort ou le fond de l’immobilité. La machine simple du pédalier n’est qu’une façon de détailler l’accident, ce qui veut dire le relief, et d’entailler une matière sans partitions et sans états ; l’entailler et la graver avec la promesse, un rendez-vous que l’on se donne &lt;em&gt;après&lt;/em&gt; la matière – je veux dire en dehors de l’histoire et de la géographie, en dehors des vacances et de la carte du pays – pour vérifier que l’on peut redescendre vers la matière depuis ce sommet.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vélo, appuyé par l’effort qui se précipite au sommet, est une façon de déformer le paysage, ou plutôt de le continuer, de transformer les hauts et les bas en degrés d’intensité qui s’enchaînent sur un ruban. Réciproquement, on s’injecte l’information ainsi constituée à travers les muscles du corps&amp;nbsp;; on s’approprie le sommet par la nécessité de l’effort, et l’on écarte ainsi l’accident. On se fond dans l’accident de la matière et l’on s’y couche, afin d’aménager le lieu qui la suit, le vide qui ne le sera plus de matière ou de toute activité (comme si l’on disait que l’activité a été vaine) mais qui suivra de leur &lt;em&gt;corrélation&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vide n’est pas un manque mais la relation qui a atteint son plus haut degré d’intensité. Ainsi, ce n’est pas parce que je manque de tout que mon activité est vide, mais parce que j’ai tout réuni et que je dirige tout désormais. Elle est vide parce que je n’hésite plus et que tout ce que je fais n’a plus qu’un seul sens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vide n’est pas absolu, puisqu’il est une place qui imprime et qui laisse aller. Le vide est le &lt;em&gt;dernier degré de la relation&lt;/em&gt;, c’est-à-dire qu’il en est le sommet&amp;nbsp;: la relation elle-même devenue absolue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans mon vide et dans la matière sans états où je me couche, je me demande ainsi ce qui me relie aux autres, ou alors ce qui me caractérise. Je parle d’état de colère, de l’état où je me trouve&amp;nbsp;; mais que dire du &lt;em&gt;trait de mon caractère&amp;nbsp;&lt;/em&gt;? Sans doute celui-ci a-t-il été tracé une fois pour toutes, dans une version unique dont mes sautes d’humeur ne sont que l’éternel retour. Derrière mon trait unique, je trouve ainsi toujours la place de dire qu’il est le mien, que c’est moi qui pousse derrière, que cette &lt;em&gt;relation &lt;/em&gt;est la mienne et que ce caractère ou cette écriture ou ce style est ce qui me &lt;em&gt;relie &lt;/em&gt;(que cela est donc mon volume et mon livre).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je trouve toujours le vide derrière mon trait de caractère, c’est-à-dire la force de &lt;em&gt;continuer&lt;/em&gt; le paysage de nouveau, et l’accident du terrain. En réunissant toutes mes activités dans ce vide-là qui me précède, sans doute réussirai-je enfin à me donner rendez-vous derrière la matière et à diriger ma lame entre l’os et la chair, dans l’interstice interdit où se gonfle le monde et se glisse son revers, dans l’angle critique qui est mieux placé encore que l’articulation, dans ce millimètre intime du corps vivant qui sépare le squelette ou le fossile (la marque dans la pierre, ce qui se creuse et régresse) de la turgescence et du mouvement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon passage devient étroit et ma pensée très difficile : en séparant ainsi avec mon style (avec ma lame) ce qui recule en moi et ce qui bondit, ce qui s’enfonce dans la ruine (le squelette) et ce qui se précipite au sommet de l’effort (le muscle), sans doute créerai-je le vide essentiel, le lieu absolu de toute relation, et à commencer par celle de la progéniture et de la parenté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est en me séparant en deux et en ouvrant le vide au sein de mon intervalle intime que je pourrai conclure que je n’existe pas et que mon &lt;em&gt;trait de caractère&lt;/em&gt; a enfin rendu intense et continu l’accident du terrain. Dans un suprême effort qui est son sommet, j’ouvrirai mon vide à ma fille et je l’aimerai plus que moi-même.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pendant que je recommence la soudure essentielle de l’instant et de la place et que je déclare &lt;em&gt;perdu&lt;/em&gt; l’état où je me trouve, c’est-à-dire recommencée la matière ininterrompue et imprévisible (car prévoir c’est interrompre) de l’écriture sans espoir et sans regret, je m’efforce de &lt;em&gt;réunir mes activités&lt;/em&gt;, de penser en un seul trait, en un seul caractère et en un seul degré, tout ce qui revient à moi dans ce monde où je suis arrêté et où je recherche l’angle parfait pour en retourner la logique, ou alors, dans un mouvement sec de la lame, pour retourner les chairs de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui s’appelle, en chirurgie, la &lt;em&gt;transfixion&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si je ne dois plus faire (et être) qu’une chose, si je ne dois plus exercer qu’une seule activité et devenir un seul et unique trait, si je me pose et je m’étends solennellement pour cette &lt;em&gt;transfusion&lt;/em&gt; (pour ce passage du «&amp;nbsp;jus de la terre&amp;nbsp;» dans mes propres veines, cette simplification du sens de la circulation), alors la question de l’espace que j’occupe pour attirer cette difficulté restera entière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je constate encore dans l’espace qui m’entoure des points chauds et des points froids, des lieux de répulsion et d’attraction, inexplicables. Je n’ai pas encore réglé la question de l’état où je me trouve ou du point où je dois être pour réunir mes activités. Je suis, en un mot, encore impropre à l’occupation intégrale de l’espace, ou, réciproquement, impropre à mon injection, en un seul trait à la finesse incomparable, dans le degré d’intensité le plus intime de l’espace, ce qui peut s’appeler le vide qui pousse derrière lui, le sommet de l’espace où réunir et sommer mes activités.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je suis impropre et je suis injuste. Je ne sais pas encore comment partager équitablement l’espace, ce que je dois laisser aux autres et ce que je dois trouver et garder pour moi, ce que je dois voler, l’interstice à travers lequel je pourrais disparaître de l’espace et me dérober moi-même entièrement aux regards.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le juste est invisible tout autant qu’il est introuvable. Le juste n’est pas caché et n’est pas rangé&amp;nbsp;; c’est pourquoi on ne peut pas le déranger. Le juste est complet et il a su transformer l’espace en un seul degré d’intensité. Le juste est bien plus qu’articulé&amp;nbsp;; il est l’articulation même et le degré suprême de la relation ; il est le vide en personne ; il ne peut être jeté dans l’espace et encore moins disloqué, réparti.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Est-on fou à force d’unité et d’intensité ou à force de différence et de désarticulation ? Pour être fou, doit-on être dissocié, clairsemé, disséminé, ou doit-on s’envelopper et s’entortiller en un seul point d’entrée de l’espace, se réduire à l’état de vermisseau de l’espace – cette essence du mouvement, de la courbe et du ressort, qui sous-tend l’espace et même l’étend bien mieux que le tableau entier des dimensions de l’espace ? Pour être fou, doit-on être dérangé, et comment l’être jamais si on s’est glissé comme une lame entre l’os et le muscle, entre la charpente et le vermisseau ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce sont les os des squelettes des hommes qui charpentent le monde et confèrent à l’espace ses dimensions. Ce sont eux que l’on range dans des boîtes, et ce sont ces boîtes qu’on range dans les murs de l’histoire. Pour cette raison, on peut les déranger et on peut bouleverser tout à fait le monde. Tandis que le muscle ou le vermisseau se loge dans le vivant et dans le mouvant. Il est fou et n’est pas rangé. Il a trouvé, de tout l’espace, le meilleur endroit pour se cacher et même s’ôter complètement du regard, et qui est l’ombre du vivant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vermisseau est le point aveugle du vivant, le vide qui pousse derrière lui. Il est la &lt;em&gt;lettre volée&lt;/em&gt; du vivant, et pour cette raison nul ne peut le trouver.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les os sont disloqués et répartis dans le monde, tandis que le vermisseau en est la flèche et le point d’entrée. Je veux m’insinuer, à la force de mon trait, entre l’os et le vermisseau, entre la trace et la flèche, alors comment me trouver et comment me déranger ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, je suis constamment dérangé. Sans doute n’ai-je pas encore trouvé l’angle parfait ou le juste milieu (entre l’os et le vermisseau). Je ne suis pas tout à fait juste, encore. Je n’ai pas encore bien réglé la température de l’espace. Je n’ai pas trouvé le bon degré.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À deux reprises, j’ai dû jouer hier la &lt;em&gt;scène de l’espace. &lt;/em&gt;Avec deux rappels, j’ai dû tirer le rideau, mettre une fois devant moi et une fois derrière moi la représentation de l’espace, ce qui veut dire sa partition, son programme musical.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je joue de l’espace et je le représente ; il m’est demandé d’y tenir un rôle, ou juste une position. Peu importe ce que j’y creuse et ce que j’y définis (peu importe le trait de caractère, l’os, la trace ou la charpente ; peu importe, me répète-t-on en cet endroit, la construction du jeu ou l’enjeu de la partie ; peu importe la définition du muscle, la forme physique, l’habileté du geste, la justesse du mouvement ; peu importe la préparation au saut ou à l’acrobatie ; peu importe l’inexplicable péripétie de l’écriture, ce numéro de cirque, cette succession de traits et de figures, l’improvisation ou l’enchaînement réglé)&amp;nbsp;– l’espace m’a joué un tour hier et mon travail (ou mon trait, ou ma lame) ne mesurait que le degré auquel je tenais à ma place.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Car j’ai dû l’abandonner à deux reprises et y revenir à deux reprises, pour la raison qu’en ce coin de l’espace, à mon endroit tout désigné, le ciel m’a envoyé comme châtiment (de l’injuste que je suis) le degré, ou plutôt le démon, du &lt;em&gt;dérangement parfait&amp;nbsp;&lt;/em&gt;: cette vieille figure du lieu, ce vieux monsieur du club du Yarzé au corps alerte et à la face inexpressive, qui doit avoir suffisamment épuisé l’espace de son côté pour ne plus offrir, à ceux qui s’y présentent comme moi, le moindre mouvement de la face ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;qui doit avoir instantanément mesuré mon degré d’occupation de l’espace, l’étendue de silence que je réclamais pour réunir mes activités, et qui a dû, pour cette raison, décider de la pénétrer en un point, toujours le même, et d’éprouver ma patience et le &lt;em&gt;degré de mon espace&lt;/em&gt; (je veux dire, l’élévation de sa température, son état de préparation à la guerre, la force de ma défense).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’espace me jouait là un tour, indépendamment de ce que j’y faisais ou y édifiais, et simplement voulait éprouver ma répartition, c’est-à-dire mon degré de folie, le seuil exact de mon dérangement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est à force d’être réparti dans l’espace et d’être rangé dans ses cases, c’est à force de m’enterrer dans l’espace et de devenir son champ d’ossements et la matière même de sa charpente, que l’écart et le dérangement deviennent maximaux lorsque vient frapper au même point, qui est celui d’allumer la télévision (ce &lt;em&gt;poste&lt;/em&gt; qui n’a rien à faire dans l’espace, qui n’en est ni la dimension ni le ressort, ni la complication ni l’implication ; cette &lt;em&gt;boîte&lt;/em&gt; qui fait ressortir de l’espace ce qui ne lui est pas propre et qui ne doit pas y revenir&amp;nbsp;; cette technologie de &lt;em&gt;déchirure de l’espace&lt;/em&gt;, quand j’ai pu connaître la &lt;em&gt;technologie propre&lt;/em&gt; de l’espace, celle qui en avait mené la conquête à une époque et qui avait été retransmise – sans doute doit-on voir en cela le commencement exact de déchirure – par la télévision), le démon précis du dérangement que le ciel m’envoie exactement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi le &lt;em&gt;tour&lt;/em&gt; de l’espace revenait-il à le faire tourner exactement entre le démon et moi. Car l’espace restait la seule scène et la seule représentation. Toutes les autres cases et tous les autres arrangements n’étaient que des machines pour le grand théâtre de l’espace.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’importait plus qu’un seul degré, celui de la folie, et qu’un seul seuil et un seul sommet, celui où se réunissent mes activités et où l’espace devient vide pour moi, c’est-à-dire qu’il devient un seul et même degré d’intensité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il fallait, dans la gamme de l’espace, trouver la justesse du ton, le sifflement aigu (comme dans &lt;em&gt;L’Odyssée de l’espace&lt;/em&gt;) qui allait m’en séparer pour mieux m’y faire pénétrer ; trouver le degré et la vibration même de l’espace. La folie n’est que le seuil de l’espace.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que dire alors du col – à défaut de parler de passage et de sommet – et de l’inscription récente de ma victoire du col le plus célèbre du Liban, celui de Dahr el-Baïdar ? Quelle forme ai-je déroulée là et comment, après cette victoire du col, organiser encore mes activités ? Dans quelle proximité cette victoire du col me met-elle avec le &lt;em&gt;degré de l’espace&lt;/em&gt; – ce que j’ai appelé le seuil de la folie – et quel corps de l’espace, quel ventre et quel dos de l’espace dois-je me préparer à dérouler après avoir cheminé, à vélo, jusqu’au col de Dahr el-Baïdar et l’avoir franchi deux fois, deux fois comme le tour que m’a récemment joué l’espace, une fois à l’aller vers Chtaura et une fois au retour, après m’être chargé le ventre de l’incontournable sandwich de labneh ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai ainsi digéré l’espace, et je l’ai intégré. Après le seuil de l’espace, la folie se mesure à son intérieur, je veux dire à l’espace rendu interne par l’absorption de l’espace et par le cycle de la digestion.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En déroulant à vélo le col de Dahr el-Baïdar et en faisant se succéder la montée et la descente dans la continuité du mouvement du pédalier, j’ai couché le Mont-Liban sur son ventre et j’ai ramassé ce ventre dans la concentration d’une seule idée, celle d’une réunion de mes capacités, d’une victoire du col qui resterait proche de ma tête, à volonté récupérable et récapitulable en pensée&amp;nbsp;; si bien qu’après le seuil de l’espace, la folie se mesure à la proximité entre l’&lt;em&gt;idée du col&lt;/em&gt;, surmontable à souhait, et la &lt;em&gt;pensée de la tête&lt;/em&gt;, surélevée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai couché le Liban dans une seule idée et dans un seul trait, mais le seul point qui perce le cercle de mes activités, le point où se retourne le ventre de l’espace et qui annule mon argument pour le sommet, c’est le retournement de l’intérieur de ma fille suite au mauvais aliment qu’elle a ce jour-là absorbé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour faire suite au seuil de l’espace, au degré de la folie et à la digestion de l’espace, un seul point grave, une seule contradiction des termes, une intolérance verbale, que j’appellerai l’&lt;em&gt;empoisonnement&lt;/em&gt; de ma fille.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ma fille a vomi tout ce qu’elle avait mangé et le retournement de son ventre était à la mesure du retournement de l’espace, ce degré de ma folie. Aurait-elle déjà été rendue enceinte, par anticipation, par la pénétration du démon du dérangement (car on dit qu’on a l’estomac dérangé), par le percement de mon horizon au point exact où vient frapper ma sentinelle et où elle tourne le bouton de la télévision ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La &lt;em&gt;représentation de l’espace&lt;/em&gt; ne serait pas complète si, après la victoire du col, le retournement du ventre de ma fille ne venait pas me rappeler le seuil exact du dérangement : le démon de la case et de la partition qui revient frapper exactement sur le point qui me dérange, exactement susciter ma folie et ma volonté de soulever le rideau afin de m’y dérober – quand l’horizon est si grand en comparaison, et que ne manquent pas les places ou les périodes du jour où le démon du dérangement pourrait vaquer à ses activités de déranger en laissant réunies les miennes, concentré mon point, et fermé mon horizon à tout autre déroulement que celui de l’œuvre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il fut un temps, pendant que se bouleversaient mes époques et que s’interpénétraient les rideaux de mes activités (dont je ferai tour à tour usage pour cacher ma folie ou pour me dérober moi-même de la scène de l’espace – ce que je pourrais appeler mes couvertures diverses), où je considérai la possibilité de me rapprocher petit à petit du cou de P. afin de l’enlacer ou d’y planter un baiser.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si je dois finir par l’aimer, qui s’attache à moi par des mots et par des morceaux de phrases, qui se rapproche de moi dans la proximité de la tête et du cou (le succédané du seuil de la folie), comment graver le seuil et le degré dès aujourd’hui ? Comment aimer P. si je vais l’aimer&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
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            <name>Le créateur du blog</name>
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        <title>Soi-disant ou soit-disant ?</title>
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        <updated>2010-11-21T15:45:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-21T15:45:00+01:00</published>
        <summary>    Grande question : comment écrire ces deux mots si courants ?&amp;nbsp;  En...</summary>
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          &lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 12.0px 0.0px; font: 12.0px Arial;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://jm-oullion.blogspirit.com/media/02/02/2227370293.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-535881&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://jm-oullion.blogspirit.com/media/02/02/3275344568.jpg&quot; alt=&quot;01_051026_Main_clavier_02.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Grande question : comment écrire ces deux mots si courants ?&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, l'erreur la plus fréquente est de considérer que&amp;nbsp;« soi » provient du verbe être. La tentation est alors d’écrire : &quot;soit disant&quot; ou &quot;soit-disant&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 12.0px 0.0px; font: 12.0px Arial;&quot;&gt;Or, &lt;strong&gt;soi-disant&lt;/strong&gt; veut dire « se disant à soi-même » donc n'a aucun rapport avec le verbe être. Donc il faut écrire soi-disant. Car, et c'est un autre point important, il y a bien un trait d'union entre &quot;soi&quot; et &quot;disant&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0.0px 0.0px 12.0px 0.0px; font: 12.0px Arial;&quot;&gt;Enfin, &quot;soi-disant&quot; est&amp;nbsp;&lt;strong&gt;invariable.&lt;/strong&gt; Il ne s’accorde jamais en genre et en nombre. Par exemple : on ne dit pas cette&amp;nbsp;soi-disante amie, mais cette soi-disant amie.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>Le temps et l'argent</title>
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        <updated>2010-11-18T09:33:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-18T09:33:00+01:00</published>
        <summary> La libération est venue à moi hier, à la dernière heure de la journée....</summary>
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          &lt;p&gt;La libération est venue à moi hier, à la dernière heure de la journée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Libération : c’est le mot que je veux employer au terme de mon projet et au début de cette nouvelle page qui est une nouvelle idée, un chemin où je veux bien m’aventurer pour &lt;em&gt;passer le temps autrement &lt;/em&gt;et où,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;plutôt que d’emprunter le temps et d’emprunter de l’argent, plutôt que de faire le casse dans la &lt;em&gt;banque du temps&lt;/em&gt; et de mettre tous les comptes dans un seul sac avant de m’envoler et de m’emporter, avant de littéralement exploser et de revenir au &lt;em&gt;point le plus dense de l’écriture&lt;/em&gt;,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;celui où toute la matière est concentrée et l’écriture se contracte dans son seul &lt;em&gt;contrat&lt;/em&gt; et replie sur elle tous les interstices du monde, tous les rayons de lumière et toute la logique de la succession ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;le point où je fais exploser ma colère et déclare que je n’écris plus que pour la vague qui va tout emporter sur son passage et pour &lt;em&gt;la plus grande précision&lt;/em&gt; qui va tout arrêter et tout retourner – car un seul point de précision suffit à couvrir la surface du monde (sa souffrance ?) et à l’envoyer promener de l’autre côté, rendre vain ses chemins et ses époques devant la seule exigence du point et la rigueur de la seule métaphysique ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;plutôt que d’emprunter le passage vers l’&lt;em&gt;autre temps&lt;/em&gt; et de faire l’effort de rassembler mes activités, plutôt que d’attendre encore et de désespérer, plutôt que de regretter et de continuer de négocier avec le temps l’anneau stérile du prêt et de l’emprunt où les choses ne se passent que pour nous retourner et nous bouleverser et aussitôt nous faire regretter, et où le temps n’est irréversible que par le manque de précision,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;– car je suis de ceux qui pensent qu’on peut trouver la formule magique pour arrêter le temps à condition de bien la chercher, qu’on peut retrouver, dans le temps, la lenteur des enfants et la minutie de leur effort, c’est-à-dire leur patience – eux qui n’ont pas connu comme moi la somme des activités et &lt;a href=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2010/08/18/le-sommet-de-l-effort.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;le sommet de l’effort&lt;/a&gt; et qui ont seulement la charge entière du temps à soulever,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;eux qui n’ont que le temps à regarder et qui sont pressés par le temps, non pas au sens où ils devraient aller plus vite dans le temps et même l’emprunter, l’emporter ou le dérober comme moi, mais au sens qu’il est plus lourd qu’eux et qu’il s’appuie sur eux, ce qui explique qu’ils soient si lents et si minutieux dans leur vision du temps et qu’aucun détail et qu’aucune minute ne leur échappent&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car je pense que le monde entier et son temps peuvent revenir aussi, et les morts se rappeler et se réveiller, si le &lt;em&gt;contrat de l’écriture&lt;/em&gt; est honoré avec suffisamment de rigueur et suffisamment de matière, à l’écart de l’interstice et de la lumière, dans un effort suprême de pensée qui ne se contente plus de pousser comme un arbre ou comme le réacteur d’un plus lourd que l’air mais qui doit, dans sa formidable poussée, tout remettre dans le point même de son appui, ce qui s’appelle pousser contre le tronc de l’immobilité ;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;je suis de ceux qui pensent que la métaphysique est précise et pressante et qu’on peut la trouver&amp;nbsp;; qu’à partir de là, elle ne se contente pas d’orienter la pensée mais qu’elle lui fournit la matière où elle peut sauter et se graver&amp;nbsp;; qu’elle lui fournit la ruine et la force de la pierre, qu’elle lui fournit la pierre à penser (poncer ?) à la place de la pensée (ce qui veut dire que la métaphysique est un champ de ruines où il faut savoir se produire et surtout revenir) et le &lt;em&gt;jet de pierre&lt;/em&gt; pour la transporter très vite de l’autre côté, du côté de l’art –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;plutôt que d’emprunter le passage et d’emprunter le temps, je m’aventure dans un chemin qui ne mène nulle part ailleurs qu’à mon propre point et je laisse venir l’&lt;em&gt;autre temps&lt;/em&gt; à moi, c’est-à-dire que j’inverse l’ordre des minutes et l’instruction du programme et que je regarde simplement de l’autre côté, pour voir quel autre temps m’attend.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La libération, qui suppose la vitesse et la gravité, est venue à la fin, quand j’ai fini par conclure que l’argent devait remplacer complètement le temps et qu’il était d’avance taillé, et même la monnaie frappée, pour le trait de la contingence et pour l’événement ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;que dans cette vision compactée, contractée et enfin rendue matérielle du temps, ce n’était plus l’événement qui se passait dans le temps – dans cette fausse hiérarchie et dans ce faux intervalle du temps («&amp;nbsp;Le temps se passe, &lt;em&gt;puis&lt;/em&gt; se passe l’événement&amp;nbsp;») résident en effet tout le paradoxe de la probabilité et son insoutenable, inexplicable attente – mais le temps qui se passait dans l’événement, &lt;em&gt;à la place de l’événement&lt;/em&gt;, dans l’intervalle même de la contingence&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;que de l’argent littéralement se transférait entre le moment final de la contingence (ce moment où elle est décidée) et l’autre face du papier sur lequel elle est tracée et qui n’est que l’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas un intervalle de temps qui sépare ainsi l’événement de sa probabilité (puisque le temps est remplacé) mais un intervalle qui est &lt;em&gt;moins que le temps et moins que l’espace&lt;/em&gt;, puisqu’il s’agit de celui qui sépare la face où la contingence est marquée de la face où elle s’échange et admet un prix – par la seule contraction de la matière, par le retour à la face et à l’univocité du trait qui ne lui donne alors d’autre place et d’autre distance que celles où la matière marquée s’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’est même pas exact de dire que l’échange et le prix sont l’autre face de la contingence marquée, puisque celle-ci n’a qu’une seule face et qu’elle est univoque. De dire qu’elle n’est marquée qu’une seule fois et que son trait, avant qu’il ne se redouble dans l’identité de l’état, évoque le temps plus léger et plus vieux, la &lt;em&gt;trace&lt;/em&gt; du temps qui dit d’abord que la marque &lt;em&gt;aurait pu être différente&lt;/em&gt;, de rappeler ce temps initial qui est un &lt;em&gt;retrait&lt;/em&gt; du trait, c’est formuler le temps qui se traduit dans la pensée (ou plutôt, dans l’&lt;em&gt;autre&lt;/em&gt; de la pensée) par l’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est dans la mesure où on ne voit dans le trait que la gravité de la matière et l’injustice du trait («&amp;nbsp;C’aurait pu être différent&amp;nbsp;»), c’est dans la mesure où la pensée perd ses possibilités et où elle ne connaît plus de la matière que la rigueur et l’insensibilité du testament (qui ne sont dues qu’à l’insouciance des morts et à leur capacité à ne pas se rappeler – à nous – et à ne pas se réveiller), et c’est parce que la matière &lt;em&gt;reste&lt;/em&gt; là et même surgit avant toute possibilité, qu’elle &lt;em&gt;se&lt;/em&gt; &lt;em&gt;retourne&lt;/em&gt;&amp;nbsp;et se traduit aussitôt dans l’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On a toujours dit que le temps c’était de l’argent&amp;nbsp;; or, on n’a jamais voulu signifier là qu’une seule chose&amp;nbsp;: que celui qui perdait son temps perdait de l’argent et donc que l’argent se passait toujours quand le temps se passait, qu’ainsi on raterait le convoi de l’argent si l’on ratait celui du temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On n’a pas voulu considérer l’autre sens de l’équation, qui dit que &lt;em&gt;l’argent c’est du temps&lt;/em&gt; ou, plus radicalement encore, qu’il &lt;em&gt;remplace&lt;/em&gt; le temps&amp;nbsp;; que, remplaçant le temps, l’argent ne pourrait plus alors se passer lui-même dans le temps et compter dans le temps ; que les extrémités de l’intervalle que l’argent pouvait relier ne seraient plus alors séparées par un intervalle de temps mais d’argent et que cette différence de face, qui ne serait plus mesurable dans un espace quelconque, à travers un passage quelconque ou au cours d’un intervalle quelconque, cette différence qui n’exprimerait que la double face de la &lt;em&gt;matière première de la contingence&lt;/em&gt; c’est-à-dire qu’elle mesurerait littéralement son épaisseur, ne pourrait plus alors se produire que dans le marché comme seule projection possible dans le temps –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;car il faut bien revenir au temps dans lequel on est accidentellement mais inévitablement immergé. Ce n’est pas &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; l’événement (dans le temps) que s’exprime la probabilité de l’événement. Il ne s’agit pas de traverser un intervalle de temps, mais l’épaisseur même de la matière marquée. Parce qu’elle est marquée matériellement et que la marque dit essentiellement qu’elle &lt;em&gt;aurait pu être différente&lt;/em&gt;, se lit sur l’autre face de la contingence son &lt;em&gt;prix&lt;/em&gt;, qui est la seule mesure du «&amp;nbsp;passage&amp;nbsp;» du temps, dans cet espace sans temps.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’événement s’est &lt;em&gt;déjà&lt;/em&gt; produit, puisque le temps qui ferait attendre qu’il se produise est aboli&amp;nbsp;– ce qui veut dire qu’il faut vraiment regarder l’événement inconnu en dehors du possible et de l’imprévision, en dehors de la &lt;em&gt;connaissance&lt;/em&gt; entière qui nous laisse faussement penser qu’il n’y a rien de plus essentiel dans le futur – que rien d’autre ne constitue sa matière et sa gravité – que la question de le connaître.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’événement s’est &lt;em&gt;déjà &lt;/em&gt;produit, et la seule attitude qu’il faut avoir vis-à-vis de son trait et de sa marque ne devrait pas être celle du programme et de la fonction d’attribution – celle qui fait attendre l’événement dans un ensemble de possibles et ne trouve rien de mieux à faire qu’à calculer sa probabilité comme une intégrale ; elle ne devrait pas être de considérer l’événement comme une valeur, ou le multiple «&amp;nbsp;choix&amp;nbsp;» de l’événement comme un multiple de programmation, mais elle devrait être de penser que l’événement, cette contingence, &lt;em&gt;aurait pu être différent&lt;/em&gt;. C’est la seule attitude à avoir vis-à-vis de la chose contingente future, si l’on ne veut pas emprunter le canal de la possibilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est de cette attitude hors temps, qui ne renforce dans la contingence que le sens du trait, que naît la matière (portant la marque) et que se produit son épaisseur. Pour reconnaître la contingence comme une véritable &lt;em&gt;matière&lt;/em&gt; indépendante du temps et telle qu’il n’y ait plus de différence entre la contingence d’une chose passée et celle d’une chose future, il faut reconnaître, dans l’écriture, sa matière et non plus son programme. Or, ceci la porte aussitôt à l’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt; de l’autre côté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La contingence devenue matière (devenue réelle et non plus possible, matérialisée sous la forme du trait qui ne dit qu’une seule chose : &lt;em&gt;qu’il aurait pu être différent&lt;/em&gt;) admet alors nécessairement une &lt;em&gt;épaisseur&lt;/em&gt;. Si elle est matière et qu’elle se contracte, il faut bien qu’elle se contracte vers un absolu qui la détache alors de la stricte relation et qui rabatte la relation sur elle, de l’autre côté, comme l’autre face qu’elle admettrait désormais.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette épaisseur, ce &lt;em&gt;contrat&lt;/em&gt; dont est faite la matière, nous oblige alors à lui attribuer une autre face, le côté qui complète son indépendance. Cette autre face de la contingence, qui fait suite &lt;em&gt;matérielle&lt;/em&gt; (et non pas logique) à sa matière reconnue, c’est l’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La contingence écrite admet le prix comme son autre face. Si l’événement futur s’est déjà produit et qu’on veut anticiper son actualité sans renier sa réalité, c’est-à-dire qu’on ne veut pas reculer dans le temps où il ne se serait pas encore produit mais dans l’«&amp;nbsp;espace&amp;nbsp;» où on reconnaît le trait et on reconnaît que l’événement &lt;em&gt;aurait pu être différent&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; si l’on veut reculer dans l’espace où le papier marqué s’échange et admet un prix&amp;nbsp;(si l’intervalle de matière est la seule chose qui permet de reculer, hors temps, dans l’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt; de la pensée qui dit simplement que la chose contingente aurait pu être différente), alors le prix sera l’autre face de la contingence et il sera la seule chose qui se passera «&amp;nbsp;avant&amp;nbsp;» l’événement, dans le sens de cet intervalle non temporel que j’ai dit être celui de la seule matière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi le prix «&amp;nbsp;précèdera-t-il&amp;nbsp;» la contingence (de la même façon que la probabilité était censée précéder l’événement) sauf que le milieu où il la précèdera, ce «&amp;nbsp;temps&amp;nbsp;» qui se passera entre les deux, ne sera pas détaché de la matière de la contingence et ne sera pas d’une autre nature qu’elle. Ce ne sera pas un temps transcendant, mais immanent. Il ne sera pas un théâtre vide où la contingence se produirait, ou un chronomètre externe qui la minuterait. Il sera la &lt;em&gt;matière même&lt;/em&gt; de la contingence. C’est cette matière qui permettra à la contingence d’avoir cette «&amp;nbsp;autre face&amp;nbsp;» qui sera en réalité la même – qui sera la seule face que la contingence aura et qui sera l’&lt;em&gt;échange&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Même en pensée, la matière de la contingence n’est faite que d’échange – en tant qu’échange &lt;em&gt;de&lt;/em&gt; la pensée. L’argent est l’unité de compte qui transfère la différence entre les « deux » faces de la contingence et qui la mesure. L’argent remplace le temps là où le prix est censé remplacer la probabilité et l’écriture remplacer l’état (là où l’actif contingent absolu est censé remplacer le produit dérivé de l’état).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si la probabilité se passe dans le temps, le prix se passe dans l’argent.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est &lt;em&gt;dans le temps&lt;/em&gt; que se reconnaissent et s’identifient les états et que le futur ne nous tourne que la seule face de l’imprévision et de la probabilité, la face la moins réelle qui ne peut reconnaître qu’une seule chose, à savoir qu’on ne connaît pas l’état du futur et qu’il n’est qu’un état possible parmi d’autres.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, il faut se détourner du temps en ce qui concerne la face du futur et réussir vraiment à anticiper son actualité &lt;em&gt;hors du temps&lt;/em&gt;, c’est-à-dire à reconnaître quelque chose qui précède l’actualité de l’événement mais qui n’a pas lieu dans le temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans doute cette dimension unique et précise du temps, qui est faite pour l’événement et n’est pas une unité de compte indépendante de lui, qui ne laisse pas le temps se passer de toute façon, indépendamment de l’événement, sans doute cette dimension est-elle la fameuse dimension intensive du temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut trouver le milieu qui est aussi adapté à la contingence que s’il était son autre face. Il n’y a pas de passage de temps jusqu’à l’événement&amp;nbsp;; il n’y a que le passage à travers la matière même sur laquelle l’événement est marqué et qui est le passage du marché. L’échange et le prix sont l’autre face de la contingence écrite, &lt;em&gt;dont la matière est alors reconnue&lt;/em&gt;, et l’argent n’est pas non plus indépendant de l’échange, puisque c’est lui qui l’inscrit et qui le fait passer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’actif contingent ne s’échange à un prix aujourd’hui que parce qu’il s’échange contre un prix demain et qu’on a su trouver l’unité de compte qui rend homogènes et connectables ces deux prix, à savoir l’argent. Peut-on affirmer, par comparaison, que l’événement admet une probabilité aujourd’hui &lt;em&gt;parce qu&lt;/em&gt;’il en admet une demain, et qu’il admet une probabilité demain &lt;em&gt;parce qu&lt;/em&gt;’il finira par se réaliser, ou ne pas se réaliser, à la fin ? Ces probabilités sont-elles reliées comme le sont les prix&amp;nbsp;; l’unité du compte est-elle la même ? Y a-t-il un transfert de probabilité comme il y en a d’argent ? Perd-on plus ou moins de probabilité comme on perd plus ou moins d’argent ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La nature de la monnaie, dont je savais qu’elle ne pouvait se définir dans mon schéma que dans le seul et même mouvement – dans le seul et même trait de la contingence – manquait encore à mon tableau et je réalise aujourd’hui que, de la même façon que l’écriture rendait matérielle la contingence et la détachait de l’imprévision des états et de la même façon que le prix rendait matérielle la probabilité, il ne me reste plus qu’à rendre matériel le temps et qu’à lui donner la &lt;em&gt;nature de la monnaie&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La monnaie n’est aucunement indépendante de toute cette matière ; elle est la façon de refermer cette matière dans le temps (de faire un tour complet). L’échange est l’autre face de la contingence (c’est-à-dire qu’il en est l’extrémité de l’intervalle)&amp;nbsp;; il ne se passe dans l’intervalle que cette forme d’engagement qui s’appelle la &lt;em&gt;monnaie&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La libération, que je dois à la combinaison de la gravité et de la vitesse, a fini par avoir lieu hier, à la dernière heure de la journée, sachant que j’ai failli perdre mon temps et finir de passer la journée sans avoir eu une seule pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;C’est la pensée qui est mon seul prix&lt;/em&gt;. Sans elle je ne pourrais avancer dans le temps, et bientôt je dirai que sans elle je resterais paralysé et incapable de me déplacer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qu’il est dur ce temps où il faut penser pour avancer, et où la pensée est devenue la plus difficile, en raison du retournement du monde et du &lt;a href=&quot;http://apreslemarche.blogspirit.com/archive/2010/10/25/le-revers-de-l-histoire.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;revers de l’histoire&lt;/a&gt;&amp;nbsp;! Beaucoup de distance et une bonne dose de futilité me séparent encore de mes voisins. Je ne sais plus si tout est négociable et si tout a un prix. Je voulais rester libéré&amp;nbsp;: venir me projeter de mon mouvement de libération d’hier vers le seul espace de cette page et le commencement de cette journée. Je voulais respirer. Au lieu de ça, il ne me vient que la pensée la plus difficile, un monde entier qu’il faut mettre en place sur la base d’un seul point. Un seul point d’appui, une seule poussée, une seule pensée, et toute la matière future, qui vient.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est à la seule mesure de ma libération que je dois trouver l’espace adapté. Je ne mesure plus l’espace qui s’ouvre à moi au lendemain de la pensée, ou le temps qui me reste, qu’à l’ampleur de ma libération ; et si je parviens à me dégager d’un point si dense, de la densité infinie de la matière soulevée sur le point de précision de la pensée, si je trouve la vitesse adaptée qui sera donc infinie, il faudra que le monde qui me reçoit et que la journée que je commence méritent mon prix et qu’ils me reçoivent aussi précisément et aussi grandement que j’aurai pensé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est la façon dont je passe mon temps qui devrait m’intéresser en premier, la façon dont je me dégage vers le jour d’après après avoir eu la pensée, c’est-à-dire que la matérialité de mon temps et de mon engagement, ce que j’ai appelé ma &lt;em&gt;monnaie&lt;/em&gt;, ne devrait être faite que de la seule matière adaptée à mon style d’écriture et à l’événement de ma pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, je suis ralenti aujourd’hui par la réception de la table d’à côté, qui compte cinq étrangers qui veulent faire la monnaie et remonter dans le temps, littéralement aller de la bouche vers le plat et même vers l’écriture qui l’aura précédé, qui veulent se partager les états et la succession des instants – redéfinir la plus petite minute –, recommencer l’arbre entier et retrouver exactement ce que chacun aura mangé, au lieu de reconnaître qu’ils ont partagé le même et unique événement du petit déjeuner et que la matière en est la même.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment finir par me libérer en pensée pour aller de l’autre côté et trouver enfin le lien véritable entre le jour et le jour suivant ? Qu’est-ce qui me fait marcher et quelle est aujourd’hui mon économie ? Quelle est ma monnaie et comment me récompenser, ou seulement me payer ? Comment m’engager, être sûr que je livrerai, que le temps sera le même où j’écris et je travaille, et où je finirai et trouverai le &lt;em&gt;terme&amp;nbsp;&lt;/em&gt;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne connais plus la lumière où Perrine pourra trouver une couleur à mes yeux, et où je pourrai reconnaître la couleur des siens. Si je ne veux plus donner à mon temps que la couleur de l’argent et refuse de faire circuler la lumière ; si je ferme le dernier interstice afin qu’aucun instant ne vienne plus couper la matière ; si je veux graver cet engagement qui est aussi profond que le sillon de l’écriture et frapper donc cette monnaie-là, comment croître désormais et quel crédit avoir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comment croire encore à ce qui m’arrive et comment l’embrasser ? Je parle d’écrire et de me graver&amp;nbsp;; je parle de m’enfoncer et de creuser ; je parle d’un &lt;em&gt;crédit&lt;/em&gt; certain, d’une monnaie plus que réelle, car matérielle. Mais comment croire, désormais&amp;nbsp;? La foi ne nécessite-t-elle pas la lumière&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Puis-je être devenu aussi étranger au temps, et de quel droit puis-je déclarer que Perrine est d’un &lt;em&gt;autre temps&lt;/em&gt; que moi, ou seulement qu’elle se situe de l’autre côté ? Comment revenir de cette première &lt;em&gt;surprise&lt;/em&gt; de l’écriture, de cette frappe du trait de la contingence et de la monnaie ; comment me libérer de cette contraction de mon temps et de mon estomac ? Comment digérer cette matière solide et concentrée, et comment me refaire, redevenir un autre homme ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai rêvé toute la nuit de l’ancienne voiture de ma mère, de l’Opel grise dont j’aimais la rigueur de la banquette et le style rectiligne de la conduite : dont j’entends encore le bruit de la pédale de frein qui se relâche sous le pied. J’ai revu les angles rigoureux de sa forme carrée et la vigilance que je mettais, dans les tournants, à ne pas la voiler par la matière, à ne pas oublier son mouvement et le confondre avec le fond. Et j’ai rêvé que je voulais reculer pour prendre de l’élan et pour mieux attaquer une montée mais que, dans mon recul, les freins ont lâché et que ce qui devait être ma libération n’a plus consisté qu’à m’enfoncer dans mon passé, et à me faire descendre en marche arrière vers une agglomération et bientôt une ville entière, qui revenait à moi et qui me rappelait, comme l’ensemble des personnes du passé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
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        <title>Le papier de Pli</title>
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        <updated>2010-11-15T16:03:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-15T16:03:00+01:00</published>
        <summary> L’état de l’écriture est un  non-état , ai-je dit. Je m’y couche en silence,...</summary>
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          &lt;p&gt;L’état de l’écriture est un &lt;em&gt;non-état&lt;/em&gt;, ai-je dit. Je m’y couche en silence, dans ce qui est plus dense que le silence : comme une fermeture des interstices du monde et un tour complet de la matière d’où le monde est exclu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les états de la perception sont sans doute eux-mêmes des découpages &lt;em&gt;ad hoc&lt;/em&gt;, qui encouragent l’espoir et le regret ; et si je dois décrire l’état de mon monde et la profondeur de mon silence (qui est l’autre nom de la matière d’écrire), il faut que j’emprunte désormais d’autres «&amp;nbsp;algorithmes&amp;nbsp;» et d’autres programmations dynamiques que la perception qui trouve ses objets et ses états.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le silence qui se fait quand j’écris doit se décrire &lt;em&gt;visiblement&lt;/em&gt;. Il aura la forme du soin que prend le serviteur à ne pas me déranger lorsqu’il nettoie les lieux. Je n’accomplis pas là de travail plus digne que le sien, dont l’objet serait plus distinct ou plus élevé. Mon état dépend du sien et nous partageons tous les deux ce qu’on peut appeler l’&lt;em&gt;état des lieux&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous communiquons l’un avec l’autre derrière les états, leur hiérarchie ou leur arborescence, derrière la causalité de la perception, dans le champ matériel du lieu en tant que tel. Quand je parle du silence de ma matière, de la couche du monde sans état où je m’enfonce et du soin que le serviteur met à refermer le monde et le silence autour de moi, c’est de la &lt;em&gt;même matière &lt;/em&gt;qu’il s’agit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon travail ne devrait pas voir le jour ou prendre la lumière autrement que par l’interstice du travail du serviteur qui m’entoure. Je ne produis pas autre chose qu’un mouvement qui s’associe au sien. Le soulèvement de ma pensée (si celle-ci doit être révolutionnaire et que je dois en être le sujet) n’est pas dissociable du soulèvement de ses bras. Je m’affaire dans mon monde et j’entretiens mon oscillateur intime (cet aller-retour de mon intervalle propre, la distance intime dans mon monde) à travers la forme et le mouvement du serviteur qui s’occupe de moi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il y a longtemps que l’image du service est venue confirmer l’&lt;em&gt;impression &lt;/em&gt;de mon travail&amp;nbsp;– je veux dire que le service, imperceptible et muet, et qui a l’air d’ignorer l’objet de ma recherche et de s’écarter du sujet de mon écriture, est la métaphysique qui imprime mon travail sur le lieu du monde. Je n’écrirais rien qui s’imprime et je n’atteindrais en rien (à défaut d’attendre, car l’attente est interdite dans mon cas) ce qui se passe derrière le mouvement du monde et ce qui le plaque contre la réalité, si je ne communiquais pas en silence avec le service qui prépare le lieu d’écrire pour moi, et en l’occurrence le renouvelle et le nettoie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’écriture est une ruine et elle s’imprime comme un reste. Elle n’est pas, car elle est déjà trop tard. Elle veut capturer le mouvement sans coïncider avec son objet, sans élever pour la pensée le monument transcendantal de la réflexivité. Elle est le résidu et elle est unilatérale. Il est difficile de la &lt;em&gt;projeter&lt;/em&gt; et de l’inscrire dans un programme. Elle ne trouve pas sa place dans le concert des formes et des mouvements et dans leur correspondance. Elle ne correspond à rien et son origine n’est pas définissable. On ne peut la retracer à aucun moment précis et à aucun état d’esprit. C’est pourquoi elle doit ressortir de derrière l’image.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est la métaphysique qui doit me faire écrire, et pourtant elle manque d’agence et d’action&amp;nbsp;; elle est inobservable et indétectable. Elle doit me pousser à l’écriture sans me projeter dans aucun état, sans planter le résultat de mon écriture comme le fruit d’un arbre. L’action et la réaction dont il s’agit ici sont de l’ordre d’une poussée unique, sans degrés et sans partitions, contre le seul tronc de l’immobilité. La métaphysique est le &lt;em&gt;service&lt;/em&gt; du lieu d’écrire et elle ne peut que me tirer, comme une balle silencieuse, sur la ruine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les états identifiés, la causalité de la perception, cet objet qui &lt;em&gt;arrête&lt;/em&gt; le monde (je veux dire qu’il interrompt sa version unique), ne sont que des allers-retours et une hésitation&amp;nbsp;; tandis que je cherche, par l’extinction de l’état et la lente remontée de la ruine, &lt;em&gt;le seul trait dans lequel me fondre pour écrire&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La ruine peut-elle «&amp;nbsp;remonter&amp;nbsp;» comme la mer, ou ne fait-t-elle que tomber ? La ruine peut-elle s’élever comme un édifice ou un monument, ou ne fait-t-elle que creuser ? La ruine peut-elle prendre de la hauteur et de l’importance ? Peut-elle élever son homme et soulever sa pensée ? Quel est le mérite de la ruine et quel en est le grade, quelle en est la hiérarchie ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quel est le chemin de la ruine, et l’effort pour y parvenir connaît-t-il le haut et le bas, connaît-t-il même l’obstacle ? Faut-il vaincre quelque chose ou quelqu’un pour connaître la ruine, ou la ruine n’est-elle elle-même qu’une défaite sans vainqueur, un &lt;em&gt;reste sans état&lt;/em&gt;, une chute sans hauteur, le seul côté, unilatéral, du vaincu ? La loi de la ruine est sans gravité et sans importance. On tombe perpétuellement en ruine sans être jamais monté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On &lt;em&gt;ne connaît pas&lt;/em&gt; l’état préalable de la ruine. La difficulté est d’atteindre ce «&amp;nbsp;sommet&amp;nbsp;» de l’ignorance. Il n’y a pas de physique de la ruine, ni gravité ni attraction ni champ de force. Il n’y a qu’une métaphysique&amp;nbsp;; et le champ de ruines, la &lt;em&gt;pièce&lt;/em&gt; de la ruine, cela qui tire et qui projette dans la ruine, cela qui imprime, dans la ruine, sur la face du monde – car je réalise que la ruine n’est qu’une inscription et qu’une gravure, littéralement une impression sur la face du monde – ne nécessite qu’une armée de &lt;em&gt;servants&lt;/em&gt;, ou de serviteurs. Ceux-là se fondent dans le décor et reculent dans les couloirs insondables de l’hôtel de la pensée, afin de débarrasser l’état de la ruine de toute trace d’&lt;em&gt;état&lt;/em&gt; et de ne garder, comme seul reste et comme seul vestige, que la ruine. Une ruine de la ruine, donc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le serviteur qui s’avance vers moi ne fait que reculer, afin que le précède jusqu’à moi la ruine plutôt que l’état. Seule la métaphysique peut me guider sur le chemin de la ruine, et si celle-ci doit s’inscrire sur la face du monde, sans programme ni projection, sans état d’esprit ni état de la machine, il faut habiter sa pensée comme on habite l’hôtel qui a la &lt;em&gt;face des ruines&lt;/em&gt; et partir, de cette demeure sans états et qui ne fait que reculer elle-même derrière l’image de la ruine, vers le lieu de la ruine, en décrivant un large arc de cercle qui figurera le front et l’affrontement, le face-à-face inévitable avec les colonnes en ruines.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La métaphysique n’a pas la force de pousser à écrire, et pourtant elle &lt;em&gt;a lieu&lt;/em&gt; et elle s’établit, elle s’étend comme un tableau, comme l’image d’où provient la pensée, comme l’hôtel où elle se lève et se prépare pour aller s’imprimer sur la ruine.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’hôtel de la pensée ne peut pas refléter le champ de ruines et il ne &lt;em&gt;précipite&lt;/em&gt; pas la pensée depuis un état reculé vers un état avancé. Il n’y a aucun aller-retour et aucune réciprocité entre les états d’une pensée qui s’avance vers l’écriture, ou vers la ruine. Toute la difficulté tient dans l’unicité du trait, dans la possibilité d’une mécanique sans cycle et sans bras, d’une réaction perpétuelle qui n’a jamais connu l’action, d’une ruine qui n’a jamais connu l’élévation du monument. La métaphysique n’est qu’un hôtel où se prépare la pensée en reculant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À mesure que j’avance, je n’aurai connu que le recul de la pensée, une épreuve de vitesse où je ne fais que passer &lt;em&gt;derrière&lt;/em&gt; les états en les maintenant projetés, permutés et frivoles, afin de rester immergé dans la ruine, de m’y enfoncer à mesure qu’elle remonte. Ce qui veut dire que je deviens &lt;em&gt;métaphysique&lt;/em&gt;, que je gagne en précision ce que je perds en rondeur et réciprocité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce qui m’immobilise et me fait écrire est la réalisation, que j’ai lentement accumulée avec l’âge, que le monde entier se passe dans chaque instant et qu’il faut rechercher, dans chaque instant, l’immobilité qui va au fond de lui, jusqu’à toucher le &lt;em&gt;point du monde&lt;/em&gt;. Si le monde n’a plus d’états et que je parviens à en saisir le trait unique et la version unique, je n’aurai plus besoin de bouger mais seulement de l’immobilité&amp;nbsp;; j’aurai besoin du seul tronc de l’arbre contre lequel pousser tout seul et non plus des branches qui poussent de leur côté.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À défaut de la reconnaissance des états et du jeu de leur permutation, à défaut du jeu de l’ombre et de la lumière qui se saisissent tour à tour de la rondeur des états, je n’aurai besoin que de la seule reconnaissance de mon état d’écrivain, c’est-à-dire du respect de mon silence et de la sacralité de mon lieu. J’ai besoin que mon serviteur tienne l’arc (du silence) du monde de plus en plus haut au-dessus de ma tête comme mon titre d’écrivain, comme un signal adressé au reste du monde pour le tenir à distance&amp;nbsp;; ou qu’il soulève mon nom comme un rideau, au-dessous duquel je pourrais glisser dans le silence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon rideau et mon arc (ce qui veut dire : mon corps et ma tête) ne sont plus qu’un écriteau «&amp;nbsp;Défense d’entrer&amp;nbsp;» dont je confie à mon serviteur la mission de le dresser contre l’avancée du monde. Je n’ai acquis ce corps et ce titre, avec l’âge&amp;nbsp;; je ne me suis fait cette tête et ce nom, reconnaissables, qu’à la seule fin de les dresser comme un rempart entre mon trait à la finesse et à la précision incomparables et les allers-retours grossiers du monde – sa matière dans laquelle le massacre a &lt;em&gt;hésité&lt;/em&gt; avant de m’épargner et de me laisser comme le seul convive à la table de déjeuner du &lt;em&gt;lieu du massacre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne signifie plus rien, à la table où je m’installe pour écrire, à la place exclusive qui me désigne, à la distance que je mets &lt;em&gt;dans&lt;/em&gt; mon monde – ce qui désigne à la fois mon être le plus intime, mon intérieur sans état, et l’absolu de la mesure du monde, l’arpent plutôt que le rempart – qu’une &lt;em&gt;défense d’entrer&lt;/em&gt; et qu’un arrêt du monde, la sentence de l’abolition de l’état du monde qui est le commencement de ma métaphysique.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je laisse mon corps et ma tête s’occuper du &lt;em&gt;front du monde&lt;/em&gt;. C’est-à-dire qu’ils l’affrontent, qu’ils lui tiennent tête et qu’ils l’arrêtent. Ils ne sont plus pour moi que les ambassadeurs du silence et de la non-relation avec le monde, pendant que je m’adonne, dans la matière que le massacre du monde a laissée sur le côté, à la profondeur de mon point et à l’unité de mon trait.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le monde entier se passe à travers l’instant où je suis arrêté (ou plutôt, dans lequel je me plonge à la recherche du fond de la question du monde, qui ne trouvera aucune prise et aucun état définitif), et sans doute à cause de la &lt;em&gt;concentration&lt;/em&gt; du monde dans ce point de passage pourrais-je parler d’un &lt;em&gt;état&lt;/em&gt;, de la conjonction d’un centre et d’une limite, mais dans quel sens paradoxal où se confondent, en luttant, le pôle du sujet et de l’objet !&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’état où je suis ne se trouve pas et ne se définit pas. Je n’attends plus rien et je ne regrette rien&amp;nbsp;; mais ce néant de mon état et de mon attente ne s’oppose pas à la totalité du monde ou à la plénitude de la réalité. Car la réalité n’a pas changé et se poursuit selon le même trait. La réfutation du néant n’est que l’effet de l’abolition de l’état et de la partition. Au contraire, je pourrais dire que c’est le monde &lt;em&gt;entier&lt;/em&gt; que j’attends sans distinction, et la question se pose, en raison du retour de &lt;em&gt;Pli&lt;/em&gt; à moi et du changement &lt;em&gt;total&lt;/em&gt; de monde qui m’attend, de l’état où je suis au moment où cela me parvient.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JE DIRAI ALORS,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;du fond de ma concentration et de l’immobilité de l’instant que traverse la totalité du monde, en raison du retournement du monde en ce point où j’attends depuis si longtemps, immobile, et où j’ai pris le temps de détailler l’accident et d’entailler la matière,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;depuis ce champ de ruines dont je ne connais pas la totalité mais dont j’ai pénétré l’image et même l’impression puisqu’il m’a &lt;em&gt;fait impression&lt;/em&gt; (je veux dire par là qu’il m’a transformé en inscription et qu’il m’a apposé sur le front du monde) et que ne m’ont précipité contre lui ni la force positive de la physique, ni la projection de l’état, mais le geste métaphysique du serviteur et le couloir insondable du service de l’hôtel,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;QUE JE SUIS EN ÉTAT DE COLÈRE,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;et qu’après avoir emporté le monde afin de le précipiter en un seul point et de le transformer tout entier en la seule question d’écrire ou de ne pas écrire, le temps est venu de &lt;em&gt;m’emporter moi-même&lt;/em&gt;, et de changer brusquement d’humeur&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;que ce n’est plus une concentration et non plus un passage secret – un passage à vide aussi exclusif soit-il – que nécessite ce retour de &lt;em&gt;Pli&lt;/em&gt; à moi, mais une sortie totale de mes gonds, une ouverture plus grande que toute ouverture, une explosion plutôt, qui emporte avec l’ouverture l’endroit même où cela tourne pour ouvrir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;CAR JE N’AI PAS ATTENDU tout ce temps et concentré tout ce monde&amp;nbsp;; je n’ai pas accumulé toute cette matière écrite, ajouté le volume d’un livre au volume d’une boîte et exploré dans la demeure ce qui se cachait le plus secrètement dans son fond et qui était sa &lt;em&gt;perte&lt;/em&gt;,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;je veux dire, la perte de son état et de toute propriété&amp;nbsp;; la perte, entre les murs de la demeure, de cela qui fait son passage et sa succession, de cela qui y désigne son héritier&amp;nbsp;: le passage le plus secret de la demeure qui passe plus vite que son nom, son état ou sa transmission, cela qu’il faut &lt;em&gt;emprunter&lt;/em&gt; en elle plutôt que cela qu’il faut prendre, cela qu’il faut &lt;em&gt;laisser&lt;/em&gt;, en elle, à l’état de ruine et de reste plutôt que réclamer en tant que propriété&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ce passage le plus rapide au centre de la demeure qui consiste à y constituer une œuvre et à remplacer le titre de la propriété par le seul &lt;em&gt;point de l’œuvre&lt;/em&gt;, à remplacer la hiérarchie du maître et du serviteur par ce retour au trait de l’écriture et au monde indivisible où le serviteur referme l’interstice de la lumière et toute distinction de l’état et du rang, afin qu’avance l’œuvre de l’hôte&amp;nbsp;; ce monde où le serviteur ne fait qu’esquisser le geste de la métaphysique qui va imprimer son maître, comme une ruine, sur le front du monde ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JE N’AI PAS FAIT cette œuvre solitaire et entouré de vide ma demeure, c’est-à-dire imprimé au plus intime de l’espace les passages où il faut me suivre pour succéder, en moi, à autre chose que mon état, pour épouser, en moi, autre chose que la cause, mais seulement se fondre, par mon trait, avec la ruine et avec la forme qui reste, dans cette ontologie de restes sans états qui s’appelle l’écriture ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JE NE ME SUIS PAS DISTINGUÉ AINSI, et je n’ai pas fini par préférer la trace de la métaphysique à l’impact de la physique,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;POUR PASSER EN PHILOSOPHIE SANS AUTRE FORME DE PROCÈS.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;JE SUIS EN COLÈRE et je dois la passer. Le passage à la future métaphysique est avant tout celui de ma colère. Mon procès est justement celui de la forme vide, sans état. Car j’ai écrit mon livre en état de colère contre le marché et en état de &lt;em&gt;crise&lt;/em&gt;&amp;nbsp;; et le papier qui me signale à &lt;em&gt;Pli&lt;/em&gt; et qui ouvre la voie de ma future métaphysique est ce qui &lt;em&gt;reste&lt;/em&gt; de mon livre, cela que j’ai écrit dans le vide qu’il a occasionné, après son explosion et la dispersion de ma pensée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le papier de &lt;em&gt;Pli&lt;/em&gt; est mon passage d’après la colère de mon livre. C’est dire tout ce qu’il engage dans son trait et dans son pli. C’est dire la totalité de vision avec laquelle je dois entreprendre, après lui, ma métaphysique.&lt;/p&gt;
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            <name>Maryse WOLINSKI</name>
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        <title>Week-end d'automne</title>
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        <updated>2010-11-12T12:40:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-12T12:40:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;      Quelque temps avant la rencontre, j’avais passé un week-end à la...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-533661&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/02/01/1878343051.jpg&quot; alt=&quot;-1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Quelque temps avant la rencontre, j’avais passé un week-end à la campagne. L’automne s’y était installé. La terre était jonchée de feuilles dorées, rouges, violettes, emportées par les rafales de pluie. Je savais que quelques jours après mon retour à Paris, le paysage ne serait plus celui-ci. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Regis</name>
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        <title>Toujours plus</title>
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        <updated>2010-11-10T10:00:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-10T10:00:00+01:00</published>
        <summary>  Asaliah était une abeille stressée. Comme toutes les autres elle s'activait...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Asaliah était une abeille stressée. Comme toutes les autres elle s'activait d'arrache pied, mais à la différence de ses congénères, elle ne travaillait pas dans le plaisir. Elle avait pourtant tout pour réussir&amp;nbsp;: elle était jeune, forte et belle. Mais elle était victime d'une idée qui l'obsédait de façon lancinante...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;a id=&quot;apf10&quot; name=&quot;apf10&quot; href=&quot;http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.gralon.net/phototheque/photos/animaux/insectes/visuel-abeilles-sur-alveoles-de-cire-1384.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://www.gralon.net/phototheque/animaux/insectes/photo-abeilles-sur-alveoles-de-cire-1384.htm&amp;amp;usg=__Z_W35tBWnsUcerUCbOS4a_EQM_0=&amp;amp;h=260&amp;amp;w=344&amp;amp;sz=94&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=11&amp;amp;zoom=1&amp;amp;itbs=1&amp;amp;tbnid=sujLuv7RAXOH8M:&amp;amp;tbnh=91&amp;amp;tbnw=120&amp;amp;prev=/images%3Fq%3Dalveoles%26hl%3Dfr%26gbv%3D2%26tbs%3Disch:1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;ipfsujLuv7RAXOH8M:&quot; style=&quot;vertical-align: bottom; border: #ccc 1px solid; padding: 1px;&quot; src=&quot;http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:sujLuv7RAXOH8M:http://www.gralon.net/phototheque/photos/animaux/insectes/visuel-abeilles-sur-alveoles-de-cire-1384.jpg&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;91&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Alors qu'elle n'était encore qu'une larve, les abeilles chargées de son éducation lui avaient présenté le monde sous un jour positif&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Larve =&amp;gt; Abeille =&amp;gt; Miel =&amp;gt; Progrès social&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes&amp;nbsp;», telle était la devise de la ruche. La même éducation était donnée à chaque future abeille dans chaque alvéole&amp;nbsp;: on prodiguait ainsi à chacune, toutes les informations qui lui seraient utiles durant sa vie d'adulte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Le jour venu, Asaliah était sortie de l'alvéole, avec l'aide de ses sœurs plus âgées. Puis elle avait suivi le groupe des nouvelles, jusque sur le parvis de la ruche, afin d'essayer ses ailes toutes neuves.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Nathalia, la monitrice de vol, les avait accueillies avec un mélange de douceur et de sévérité&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Je sais ce que vous ressentez: sans doute un peu d'appréhension. Parce que vous n'avez encore jamais volé, et que vos ailes sont probablement un peu froissées, vous pouvez vous sentir perturbées par le doute. Mais si vous suivez bien mes instructions, tout se passera à merveille. Souvenez-vous de notre devise: «Tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Maintenant écoutez-moi bien&amp;nbsp;: vous ne devez pas vous envoler tout de suite, le premier vol sera pour demain. Aujourd'hui, vous allez juste essayer vos ailes&amp;nbsp;: écartez vous les unes des autres, et accrochez-vous solidement au sol pour ne pas vous envoler. Vos muscles doivent d'abord s'entrainer suffisamment pour avoir la force de vous soutenir&amp;nbsp;: je ne veux voir personne décoller, compris&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;C'était une bonne monitrice, elle savait parfaitement diriger son groupe et détourner les pensées de ses élèves des idées stressantes&amp;nbsp;: ne pensant plus au risque d'échec, mais à la difficulté de ne pas s'envoler, toutes les jeunes abeilles sans exception, avaient réussi à déployer leurs ailes !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;C'était un succès total, enfin elles n'étaient plus des larves, mais de vraies abeilles&amp;nbsp;! Alors pour fêter la chose, Nathalia repris la parole&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- répétez après moi: «Hier j'étais une larve, aujourd'hui je suis une abeille, demain je volerai. Tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes! »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Et ce fut l'enthousiasme général.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Le lendemain Asaliah s'était envolée avec les autres, pour effectuer un vol d'essai, et puis les vents les avaient dispersées. Elle avait aperçu des paysages baignés de lumière, des images d'une beauté à couper le souffle, tandis que ses papilles étaient chatouillées par des milliers d'odeurs. Malgré toutes ces tentations olfactives, elle avait retrouvé assez facilement le chemin du retour, en utilisant les indications qu'on lui avait prodigué durant ses cours théoriques sur le vol en échappée libre. Ayant aperçu la ruche depuis tout en haut, elle était retourné vers ce havre de sécurité sans égal, où des milliers de sœurs prenaient soin d'elles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://nicole.fond-ecran-image.com/blog-photo/files/2008/12/abeille-en-vol.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://nicole.fond-ecran-image.com/blog-photo/2008/12/&amp;amp;usg=__ESsdeOjdq6qm2IpOwRFGZabNJsE=&amp;amp;h=816&amp;amp;w=1296&amp;amp;sz=222&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=19&amp;amp;zoom=1&amp;amp;itbs=1&amp;amp;tbnid=HSL7c5Z7AWhwQM:&amp;amp;tbnh=94&amp;amp;tbnw=150&amp;amp;prev=/images%3Fq%3Dabeille%2Ben%2Bvol%26hl%3Dfr%26sa%3DG%26gbv%3D2%26tbs%3Disch:1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;vertical-align: bottom; border: #ccc 1px solid; padding: 1px;&quot; src=&quot;http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:HSL7c5Z7AWhwQM:http://nicole.fond-ecran-image.com/blog-photo/files/2008/12/abeille-en-vol.jpg&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;150&quot; height=&quot;94&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Asaliah avait fait cette nuit-là des rêves merveilleux, et c'est avec un plaisir immense qu'elle avait le lendemain retrouvé son groupe, sur le parvis de la ruche, pour une nouvelle échappée dans la campagne&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Répétez après moi, dit la monitrice&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Hier j'étais une larve, aujourd'hui je suis une abeille et je vole, demain je ferai du miel, alors tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes&amp;nbsp;! »&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Et toutes ensemble, elles s'étaient envolées dans la joie. Puis Nathalia leur avait ordonné la dispersion à la recherche de fleurs de tilleul, et Asaliah avait apprécié la confiance qui lui était faite. Ayant trouvé rapidement les fleurs en question, elle était rentrée plus tôt à la ruche, toute contente, et c'est là qu'elle avait vu Octaviah en difficulté devant l'entrée de la ruche.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Octaviah était une vieille ouvrière, qui ce jour-là rentrait péniblement, ayant fait mauvaise récolte. Les gardiennes des portes extérieures refusaient de la laisser entrer. «&amp;nbsp;On ne voulait plus d'elle&amp;nbsp;», lui avaient-elles annoncé laconiquement, et elles l'avaient renvoyée sans ménagement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Asaliah était outrée, elle voulait en savoir plus et s'en vint trouver les gardiennes de l'entrée, mais celles-ci sont restées inflexibles. «&amp;nbsp;Ordre de la Reine, avaient-elles déclaré&amp;nbsp;» sans autre précision. Il est vrai qu'on ne discutait pas les ordres de la Reine, et ceci que l'on soit une guerrière, ou bien une ouvrière.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;C'est depuis ce jour-là qu'Asaliah se posait mille questions sur le système social dans lequel elle se trouvait. Même si elle continuait de suivre son groupe et d'obéir aux ordres de sa monitrice, le cœur n'y était plus. Elle ne pouvait s'empêcher, entre deux rangées de lavandes, de se poser quantité de questions sur l'utilité de ses efforts&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;«&amp;nbsp;On nous avait parlé de progrès, maugréait-elle, mais comment y croire encore, en sachant qu'après tant de bons et loyaux services, de vieilles ouvrières sont jetées dehors&amp;nbsp;?&amp;nbsp;Quel est donc le sens de la vie&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Autour d'elle personne ne la comprenait. Ses sœurs étaient totalement acquises aux habitudes de joyeuse discipline qui régnait dans la ruche. Bien évidemment, Asaliah ne pouvait pas se risquer à aborder le sujet devant sa monitrice, qui était douce mais ne transigeait pas sur les règles de conduite, et s'en tenait toujours aux informations officielles qui lui avait été prescrites.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Un jour pourtant elle s'était décidée à évoquer ses doutes auprès de Galimatiah, une de ses anciennes éducatrices, pensant trouver en elle une oreille compréhensive. Mais l'éducatrice ne semblait pas au courant de la situation&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&amp;nbsp;-&amp;nbsp;comme nous te l'avons expliqué, dit-elle, le cours de la vie suit le sens du progrès. Nous vivons dans la ruche numéro 4. Nous devons faire notre part de miel et ne pas nous laisser dépasser par les autres ruches. Tous les ans vois-tu, le propriétaire fait les comptes. Nous avons besoin de lui, car il est bon et nous fournit en hiver lorsqu'il n'y a pas de fleurs. En échange il récolte le miel en été.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- est-ce nous qui le nourrissons&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Non, il ne mange pas beaucoup de miel. Nous dépendons de lui, mais lui aussi, semble dépendre de quelqu'un, à qui il s'en va porter notre miel, ainsi que d'autres nourritures qu'il produit dans ses champs. Nous sommes ses ouvrières, et je pense que lui aussi, ce doit être une sorte d'ouvrier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- alors il a une reine&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Certainement. Si nous ne produisons pas assez de miel, il sera obligé de faire venir du miel d'ailleurs, tu comprends&amp;nbsp;? Il faut absolument tenir la cadence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Et c'est ça que tu appelles le progrès&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Oui, il faut faire de plus en plus, de mieux en mieux&amp;nbsp;: est-ce que ce n'est pas une belle aventure&amp;nbsp;? Toujours plus, toujours mieux&amp;nbsp;! Tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Asaliah est partie pensive. «&amp;nbsp;Je ne tirerai rien d'intéressant en interrogeant les unes et les autres, pensa-t-elle. Elles croient à ce qu'elles disent, mais elles vivent trop en circuit fermé... Si je veux en savoir plus, il faut que je sorte de là&amp;nbsp;!»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Un jour où elle volait en échappée libre, Asaliah a décidé de ne pas rejoindre la ruche, et de partir explorer le monde à la recherche des informations qui lui manquaient. Elle savait que c'était dangereux, ses éducatrices l'avaient depuis longtemps mise en garde&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;la nuit est pleine de dangers pour nous, les abeilles. Il fait froid et on n'a rien à manger. Pire encore, on risque de servir de pâture à des prédateurs, dès lors qu'on est posée quelque part. Et il est quasiment impossible de voler sans y voir clair. Alors dès que la lumière baisse, rentrez-vite, les filles&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Mais Asaliah avait remarqué que les insectes prédateurs ne vont pas naturellement vers les parfums légers et subtils, ils recherchent plutôt des odeurs fortes, nauséabondes, espérant ainsi trouver quelque bestiole égarée, morte ou en passe de l'être. Alors le soir venu elle se glissa dans une vaste fleur agréablement parfumée. Elle resta là et se fit toute petite, pour ne pas être aperçue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Comme si la fleur la comprenait, elle se referma délicatement à la tombée de la nuit&amp;nbsp;; Asaliah était maintenant allongée à même la fleur, protégée par ses pétales. Dans cet abri elle ne risquait ni de mourir de froid, ni d'être attaquée durant son sommeil, alors elle s'endormit paisiblement. De temps à autre, la brise faisait doucement tanguer la fleur sur sa tige, et Asaliah rêvait que le vent venait la bercer dans son sommeil.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Au petit matin la fleur s'ouvrit, libérant une Asaliah toute émerveillée. Elle avait toute la journée pour découvrir le monde, et une journée, c'est long pour une abeille.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Asaliah regarda les fleurs, les arbres, les graines, le sable et le gravier. Elle cherchait un message caché derrière les apparences. Elle repensa à ce qu'elle avait appris à l'école des abeilles, que tout est progrès, que le monde est en évolution vers toujours plus de richesses et d'harmonie. C'était sans doute une assez jolie manière de présenter les choses, se dit-elle, mais alors pourquoi la vieillesse, la souffrance et la mort&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas vu venir la fourmi. Les fourmis, c'était le plus grand ennemi des abeilles, on le lui avait bien dit à la ruche&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;ne te pose jamais près des fourmis, elles se jettent sur nous à plusieurs et nous tuent pour nous manger&amp;nbsp;! Il y a deux sortes de fourmis, les fourmis noires et les fourmis rouges, lui avait-on dit aussi. Ces bêtes-là se battent entre elles mais ne valent pas mieux les unes que les autres, ce sont des sauvages, des cannibales&amp;nbsp;!&amp;nbsp; On se doute bien qu'elles nous en veulent particulièrement&amp;nbsp;: elles sont jalouses de nous parce qu'elles n'ont pas d'ailes.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a id=&quot;apf0&quot; name=&quot;apf0&quot; href=&quot;http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.tinkuy.fr/user/image_source/131/fourmi-verte.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://www.tinkuy.fr/trouver/result%3Frb%3Deconomie_energie&amp;amp;usg=__0YNAsqoyuUaKlol64zeu6w8ircE=&amp;amp;h=577&amp;amp;w=520&amp;amp;sz=206&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=1&amp;amp;zoom=1&amp;amp;itbs=1&amp;amp;tbnid=Ui2riA9-N2PAuM:&amp;amp;tbnh=134&amp;amp;tbnw=121&amp;amp;prev=/images%3Fq%3Dfourmi%2Bverte%26hl%3Dfr%26gbv%3D2%26tbs%3Disch:1&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;ipfUi2riA9-N2PAuM:&quot; style=&quot;vertical-align: bottom; border: #ccc 1px solid; padding: 1px;&quot; src=&quot;http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:Ui2riA9-N2PAuM:http://www.tinkuy.fr/user/image_source/131/fourmi-verte.jpg&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;121&quot; height=&quot;134&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Mais cette fourmi n'était pas comme les autres, c'était une fourmi verte, et Asaliah n'avait jamais entendu parler de fourmis vertes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Ne t'en vas pas, ne t'en vas pas! lui cria la fourmi. Regarde, je suis toute seule, on ne va pas se jeter sur toi à plusieurs, ajouta-t-elle comme si elle avait deviné ses pensées. Tu sais, je suis un peu comme toi, je suis partie...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Ha bon, c'est parce que tu étais vieille?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Mais non, tu vois bien que je ne suis pas vieille, mais je suis devenue toute verte et ça, ça ne se fait pas chez les fourmis !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Mais pourquoi tu es devenue toute verte?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- C'est parce que j'ai eu peur, très peur, je suis devenue verte de peur...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Je pensais que les fourmis ignoraient la peur... On m'a dit que vous étiez des guerrières... Et même... Je n'ose pas le dire...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Des cannibales?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Heu... Oui...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Les fourmis ont leurs mœurs, c'est vrai, mais il ne faut rien exagérer. Guerrières nous le sommes, cannibales non... Et puis, je ne suis pas une fourmi comme les autres, je suis partie vivre seule dans la nature, en ermite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Ma couleur m'y a bien aidé, il est facile pour moi de me rendre invisible... En vivant seule j'ai beaucoup appris, et maintenant les autres fourmis viennent me voir _enfin, quand elles me trouvent, ha ha ha...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Elles t'ont jeté dehors et maintenant elles viennent te voir?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, quand elles sont malades... parce que je connais les plantes. Tu sais, mes relations avec les fourmis se sont bien arrangées. Tu ne risques rien ici, elles savent que tu es mon invitée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Ton invitée?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, enfin si tu désires rester et discuter un peu... Tu sais j'ai beaucoup appris, non seulement à l'école des fourmis, mais aussi à l'école de la vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Et qu'est-ce qu'on apprend à l'école des fourmis?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- On y apprend que tout est cyclique: le jour et la nuit, l'été et l'hiver, l'eau et le feu, tu vois, tout est cycle...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- On ne dit pas ça à l'école des abeilles, on dit que tout est progrès!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui je sais, quelques abeilles me l'ont dit...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Tu connais le monde des abeilles?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, j'ai eu l'occasion d'en aider quelques-unes, un peu perdues ou blessées, comme toi... ce sont elles qui m'ont donné le nom d'Hydromel, parce que dans le monde des fourmis on ne nous donne pas de nom, seulement un numéro de matricule... le mien était le 12.212.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Juste un numéro, mais c'est horrible ! Moi je m'appelle Asaliah, c'est joli n'est-ce pas ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, c'est un nom qui te va bien&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Et qu'est-ce qu'on apprend d'autre à l'école des fourmis?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Hé bien tu sais, à l'école des fourmis on ne rigole pas, la discipline y est sévère !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Jusque là c'est comme chez nous...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Pire encore ! On nous fait tout apprendre par chœur ! Et il y en a des choses à apprendre, les fourmis ont beaucoup réfléchi, beaucoup travaillé dans les siècles passés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Selon une ancienne légende, les fourmis étaient pauvres autrefois. Il n'y avait pas assez à manger pour tout le monde, en hiver nous mourrions par milliers. Alors nos sages se sont retirées dans les montagnes, et elles ont réfléchi. Elles ont beaucoup observé la nature, et puis elles ont mis en commun leurs réflexions. Elles ont observé la croissance des graines et des plantes, des fleurs et des fruits, elles ont découvert la loi des cycles, et ont décidé de beaucoup travailler en été, afin de stocker des provisions pour l'hiver. Notre civilisation vois-tu, est basée sur le stockage des graines. Nous avons beaucoup réfléchi à propos des graines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Qu'est-ce qu'il y a donc de si spécial dans la graine ? Nous on préfère les fleurs !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Vous avez le droit de préférer les fleurs. De toutes façons, les fleurs produisent des fruits, dans lesquels se trouve un noyau qui ressemble tout à fait à une grosse graine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Ha bon ? Je n'avais jamais pensé à ça. Alors, qu'y a-t-il de si spécial dans la graine ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- La graine est le résumé de la plante, elle permet à la plante de pousser correctement selon le dessin propre à son espèce. Par exemple un gland contient le dessin d'un chêne, une graine de tournesol contient le dessin du tournesol. Nous avons beaucoup étudié les graines, certaines nous donnent plus de solidité, d'autres plus de souplesse, nous ne stockons pas n'importe quoi !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Nous faisons attention à notre équilibre alimentaire et aussi, nos sages nous ont prévenues&amp;nbsp; que nous ne devions pas stocker toutes les graines d'une même espèce, sinon cette espèce disparaitrait à tout jamais, et nous en serions privées dans les générations futures.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Oh là là, mais c'est sophistiqué chez les fourmis! De quoi diable as-tu eu peur, dans un monde comme celui-là, où tout est si bien prévu...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Trop bien prévu peut-être... Dis-moi, et toi comment tu aurais réagis, si tu avais été une fourmi ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Hé bien, ce qui m'étonne chez vous, c'est que tout est cyclique... Où est le progrès alors ? Vous travaillez sans arrêt, et si ce n'est pas pour progresser, c'est pourquoi faire alors ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Pardonne-moi si je suis trop brutale, mais pour moi c'est un peu comme si vous faisiez du surplace. Oui, je le trouve triste le monde des fourmis, c'est un monde sans avenir. Finalement, c'est plus gai chez les abeilles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Alors pourquoi tu es partie ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Parce que c'était pas vrai ce qu'on nous racontait. C'était une jolie histoire, mais avec des fausses notes. Chez vous ça sonne plus juste, mais ce n'est pas drôle du tout.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Hé bien voilà pourquoi je suis devenue verte: je me voyais finir mes jours en enfer, un enfer de travail et d'épuisement !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;Il va sans dire que chez nous aussi, la vieillesse est une maladie honteuse&amp;nbsp;: dès lors qu'on ne peut plus travailler, on devient une bouche à nourrir, «&amp;nbsp;une bouche inutile&amp;nbsp;» comme elles disent. Et j'ai eu peur de ça aussi...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Mais tu as l'air d'avoir bien surmonté cette affaire, n'est-ce pas, si j'en juge à la magnifique couleur de ta peau...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oh oui ! Si tu m'avais vue au début ! J'étais d'une couleur vert de gris, une couleur de moisi... Et au moindre choc, une fine poussière verte tombait de ma peau, c'était pitoyable !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Alors, comment est-ce que tu t'en es tirée?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- J'ai fait comme les sages d'autrefois, j'ai regardé autour de moi. J'ai observé la nature, pour y trouver des indices. Ce qu'on m'avait enseigné à l'école des fourmis m'a bien aidé tu sais, mais ce n'était pas suffisant!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;J'ai dû observer, comparer, vérifier, apprendre et apprendre encore. Je me sens mieux aujourd'hui, je connais les plantes qui guérissent et j'ai retrouvé la santé, mais je n'ai pas fini d'apprendre, la nature est si vaste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;A ce moment une petite fourmi noire arrive en courant et touche les antennes de la fourmi verte pour lui passer un message.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- On me prévient que les abeilles te cherchent, dit Hydromel, elles tournent dans les parages. Si tu ne veux pas retourner à la ruche manu militari, tu ferais bien de filer. Vas à la rivière te débarrasser de ton odeur, sinon elles te retrouveront facilement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;- Mais de quel côté se trouve la rivière ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Par là, suis la clôture du près, passe à l'abri sous les arbres, vite ! Arrose-toi bien, mais ne te noies pas quand même ! Allez, vite !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Asaliah partit à tire d'ailes... Au moment où elle arriva au bord de l'eau, elle entendit le bourdonnement d'un groupe d'abeilles... Que faire&amp;nbsp;? Il lui fallait plonger, ce qui était horriblement dangereux&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Galimatiah les avaient prévenues: les abeilles ne sont pas faites pour voler dans l'eau&amp;nbsp;! «&amp;nbsp;ne vous laissez pas piéger les filles, leur avait-elle dit, une fois dans l'eau c'est trop tard pour réfléchir... Beaucoup d'abeilles se laissent surprendre, parce que la surface de l'eau reflète parfois le ciel ou les arbres, ne vous y laissez pas prendre...&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Mais Asaliah n'avait pas le choix. Elle voulait absolument revoir la fourmi verte et suivre son enseignement&amp;nbsp;: elle ne pouvait pas se permettre de rentrer bredouille à la ruche, sans les informations qu'elle était partie glaner dans le vaste monde...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Alors elle plongea, malgré la peur terrible qui la faisait frissonner. En un instant elle se sentit absorbée par le dangereux liquide... L'eau l'emmenait de plus en plus vite sans qu'elle comprenne ce qui lui arrivait... Aspirée sous la surface, elle se sentait balloter en tous sens, ne pouvant plus respirer, et voyait trouble sans savoir pourquoi... Elle ne savait même plus si elle reverrait un jour la surface, ni la couleur de l'herbe, ni les fleurs, ni ses amies qu'elle avait quittées... Elle se sentit toute petite, incroyablement fragile... Fallait-il encore espérer&amp;nbsp;? Elle sut instinctivement qu'elle ne devait respirer sous aucun prétexte, mais c'était si difficile&amp;nbsp;! Et puis, à quoi bon retenir sa respiration puisque bientôt elle serait morte, oui, elle voyait bien qu'elle allait disparaître...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Or voici qu'au moment où elle se croyait perdue, ce fut le retour brutal à la surface&amp;nbsp;! Pourquoi&amp;nbsp;? Comment&amp;nbsp;? Impossible de le savoir, et ça n'avait pas d'importance puisque, enfin, elle pouvait respirer&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Le cauchemar n'était pourtant pas fini. Un courant puissant l'entrainait toujours on ne sait où, elle entendait l'eau bouillonner à ses oreilles, et parfois buvait la tasse... Mais finalement elle fut ramenée vers la rive, ne sachant ni comment ni pourquoi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Découvrant que ses ailes toutes mouillées étaient pitoyablement lourdes, et ne lui permettaient plus de s'envoler, elle dût encore les faire sécher. Mais elle n'avait plus peur de rien ni de personne, après ce qu'elle venait de vivre&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Elle se mit au soleil et attendit. Un groupe d'abeille passa sans l'apercevoir, et quand elle fut sèche elle essaya, tout en restant au sol, de faire fonctionner ses ailes toutes propres&amp;nbsp;: elles émettaient un bourdonnement normal, signe que tout fonctionnait correctement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Elle pouvait désormais s'envoler, il ne lui restait plus qu'à retrouver Hydromel le plus rapidement possible et sans se faire prendre... Comme elle se doutait bien qu'elle avait dû faire pas mal de chemin sous l'eau, elle remonta la rivière jusqu'au point de départ, puis ayant retrouvé ses repères, elle fila bon train le long de la clôture du près...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;La fourmi verte l'attendait, toujours aussi paisible&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #003366;&quot;&gt;- Oh là là si tu savais, lui cria Asaliah, j'ai eu une peur bleue !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Ça ne m'étonne pas... est-ce que tu as vu ta couleur? répondit Hydromel un peu amusée. Sais-tu que ta peau a pris une magnifique couleur bleue ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #003366;&quot;&gt;- Non, tu plaisantes ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- La plaisanterie n'existe pas chez les fourmis tu sais... regardes tes pattes, ta peau...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Asaliah faillit chavirer de surprise, et malgré la jolie couleur qu'elle avait prise, elle se sentit perplexe et ne savait que dire. Hydromel trouva rapidement les mots qui convenaient&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- On dirait que tu es toute bronzée, n'est-ce pas ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Oui, mais personne ne me reconnaitra plus, dans le monde des abeilles !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Ne t'inquiètes pas, elles apprendront à t'aimer pour tes nouvelles qualités&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Mes nouvelles qualités ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Peut-être n'en es-tu pas encore consciente ? En tous cas tu verras, avec ce bleu, tu vas être quasiment invisible dans le ciel...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Ha bon? Alors tu crois que c'est ma nouvelle tenue de travail?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, il va falloir que tu te trouves une nouvelle mission, parce que je te vois mal retourner à la ruche et faire du miel&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Tu as raison, je risquerais de faire du miel bleu...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Une escadrille d'abeilles passa sans s'arrêter&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Tu vois, dit Hydromel, elles ne te détectent plus, tu n'as plus ton odeur caractéristique. Et puis elles ne cherchent pas une abeille bleue, te voilà tranquille pour le moment! Félicitations, tu as traversé ta peur, tu n'auras plus peur de rien maintenant!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Alors ma mission, ça pourrait être de rassurer les autres ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Je ne choisirai pas ta mission à ta place. Tu pourras toi-même décider selon ton ressenti profond.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Si c'est à moi de choisir, j'aimerais bien aider les vieilles abeilles. Je me vois bien planer quelque part, loin au-dessus de la ruche, en attendant le moment d'intervenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, tu pourras planer, invisible dans le ciel bleu...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Est-ce que tu as trouvé une réponse aux choses difficiles de la vie ? Tu sais, ces choses que l'on ne veut pas voir dans le monde civilisé, ni chez les fourmis, ni chez les abeilles ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Tu veux parler de la souffrance, de la vieillesse et de la mort? J'ai réfléchi à tout cela. Mais j'aimerais que les réponses viennent aussi de toi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- De moi ? Justement je ne sais pas ! Dans le monde des abeilles, on ne parle jamais de la mort !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Maintenant que tu as entendu parler de la loi des cycles, tu vas peut-être avoir des idées nouvelles ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Voyons, par analogie avec le jour et la nuit, peut-être que la mort et la vie? Après la mort il y aurait la vie ? Ce serait ça ? D'après ta fameuse loi des cycles ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Tu n'es pas obligée d'y croire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Je ne demande qu'à y croire, ce serait tellement plus rassurant, mais... est-ce que c'est vrai ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Personne ne le sait, en matière de vérité tu sais, on ne peut jamais être totalement sûres, tu le vois bien dans la nature. Il arrive qu'il y ait un hiver doux, un été pourri... On peut seulement faire des paris: quelle est la loi la plus probable d'après toi, celle du progrès ou celle des cycles?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Hum, laisse-moi réfléchir... Manifestement, la loi des cycles a l'air conforme à ce que l'on voit dans la nature... Bon... tu m'as convaincue pour la vie et la mort. Mais pas pour la vieillesse _et c'est là que le bat blesse, car c'est ce que je crains le plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- La souffrance et la vieillesse, voilà bien deux choses qui paraissent injustes, n'est-ce pas?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Surtout quand on vient de la ruche: «tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes», c'était notre devise...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Bon, alors tu la situes où la vieillesse, maintenant que tu connais mieux la loi des cycles?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Je dirais... on peut opposer la jeunesse et la vieillesse... la jeunesse c'est éblouissant comme le jour, et la vieillesse, ce serait comme la nuit ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Sois plus précise, compare avec les saisons&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Alors la jeunesse, c'est une période de croissance, comme le printemps, et la vieillesse, c'est un peu comme l'automne ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, c'est une période de décroissance, on est à l'envers du progrès, cher à tes amies les abeilles...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- C'est pour ça, je ne vois pas en quoi c'est rassurant... Loi des cycles ou pas, ce n'est pas drôle d'être en récession. Et je ne crois pas que vous, les fourmis, avec votre loi des cycles, vous ayez trouvé la panacée universelle...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Objection accordée, mademoiselle l'abeille! Continuons nos investigations: entre la loi des cycles et la loi du progrès, il va falloir choisir, probablement?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Je pourrais à la rigueur accepter ta loi des cycles, mais à condition qu'il y ait progrès à chaque cycle. Tu sais, comme les aigles, quand ils prennent de l'altitude. On a l'impression qu'ils tournent en rond mais à chaque cercle ils s'élèvent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Fabuleux ! Je vote pour cette hypothèse ! Et maintenant, comment tu situes la vieillesse et l'automne dans ce cycle ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Hé bien... Je ne vois pas trop...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Que fait-on en automne?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- On se gèle. On craint l'hiver. On regrette l'été peut-être? C'est une saison mélancolique. Comme la vieillesse d'ailleurs. Brou... J'aime pas beaucoup. Rien que d'y penser, j'en ai la chair de poule!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Que font les paysans dans les champs? Que font les fourmis dans les près?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Les paysans, ils ramassent les noix, les pommes, les poires... Ils font des confitures, des réserves pour l'hiver. Tiens, les fourmis aussi...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Les paysans sèment des graines et nous les fourmis, on les vole (rire)... On les ramasse vite avant qu'ils viennent passer la herse, et puis on les stocke pour l'hiver... En automne, on vérifie que les stocks sont corrects, bien au sec, on classe, on met tout à l'abri. Et nous aussi on se met à l'abri. Tu ne verras pas beaucoup de fourmis circuler à l'air libre en automne: on rentre à l'abri des fourmilières.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Et alors, par analogie avec l'automne, la vieillesse se serait la saison de la mise à l'abri et du stockage? Mais du stockage de quoi ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Des bons souvenirs. De ce qui a bien fonctionné dans cette vie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Tu veux dire que quand tout va de plus en plus mal, on pense au passé, on repense à sa jeunesse...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Exactement. Dans les phases du cycle où tout va bien, on ne se soucie pas du passé... Tandis que là, on y pense et on y repense, sans s'en rendre compte on met en réserve les bonnes recettes, quelque part très profond, comme le fait une graine... on engrange une impression, peut-être pas le souvenir lui-même, mais une empreinte, une trace qui fera que dans la vie suivante, on saura, instinctivement, quelque chose de plus...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Donc si j'ai bien compris, la vie n'est pas si mal faite, quoi? Tu vas finir par me direque «tout va de mieux en mieux dans le meilleur des mondes»...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Non pas «tout va de mieux en mieux», mais plutôt «il y a alternance de joies et de souffrances»...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Et selon toi, la souffrance aurait un sens ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Peut-être bien. Evidemment comme tout le monde je m'efforce d'échapper à la souffrance, mais si je suis objective, je suis bien obligée de constater que la souffrance nous réveille et nous oblige à rester alertes: c'est un accélérateur de conscience.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Oui mais enfin si la vie était bien faite, on pourrait avoir la conscience sans la souffrance !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Peut-être qu'avec de l'entrainement on y arrive. Chez les fourmis on subit un entrainement très rude tu sais, et à la fin on ne souffre quasiment plus. Il est possible d'avoir une sensation intense de froid, par exemple, sans pour autant souffrir. Car vois-tu, il ne faut pas confondre sensation forte, et souffrance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Là, j'ai un peu de mal à te suivre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Ha bon ? Alors dis-moi, quand tu as plongé dans la rivière, est-ce que tu as senti que l'eau était froide ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Non tiens c'est vrai... J'ai eu tellement peur de heurter quelque chose, ou de ne jamais plus revoir la surface, que je n'ai pas fait attention au froid&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Et pourtant, la rivière à cet endroit est particulièrement froide. Ce n'est pas toi qui a choisi consciemment de ne pas ressentir le froid, n'est-ce pas?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Non&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Alors, on peut considérer que ton corps a choisi pour toi: comme il y avait des dangers plus importants, plus prioritaires _risque de se briser quelque chose, ou de mourir par asphyxie_ ton corps n'a pas trouvé utile de te faire ressentir le froid...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- C'est incroyable !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- La sensation est une alerte. Le corps choisit, selon des priorités du moment, quelles sensations il doit envoyer à la conscience&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Et la souffrance alors ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Une souffrance, c'est une sensation que l'on n'accepte pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Moi, j'ai remarqué que la souffrance est souvent liée à la peur des conséquences, par exemple si on a peur de prendre froid, on ne va pas seulement avoir la sensation du froid, mais aussi la souffrance du froid&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui exactement, la souffrance est liée à une peur. Toi, quand tu t'es glissée dans une fleur pour te cacher, et que la fleur s'est refermée sur toi, tu aurais pu passer une très mauvaise nuit, si tu n'avais pas accepté cette situation&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Je crois que je me serais sentie prisonnière et que j'aurais très mal réagi, si je n'avais pas eu confiance dans ce qui se passais...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Mais tu as choisi de penser que la fleur te protégeait...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Et ça s'est super bien passé... Mais la vieillesse me fait peur... J'ai beau me dire que c'est une phase de la vie... que c'est utile pour engranger des souvenirs... ou leur trace... il y a quand même cette souffrance-là... liée à l'irréversible... c'est dur de savoir que ce qu'on a perdu, ne reviendra pas...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui, ça t'oblige à diminuer ton rayon d'action&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- ça diminue mon autonomie...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Et donc ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Et donc je sais bien que je ne pourrai qu'aller moins loin, faire moins de choses...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Quand tu réduis un peu plus ton rayon d'action, tu es comme l'arbre qui concentre sa force, ou son savoir, ou je ne sais quoi, dans la graine qu'il va laisser pour les générations à venir...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Tu veux dire que, de réduire mon rayon d'action, c'est pas entièrement négatif ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Tu réduis ton rayon d'action, tu repenses au passé, tu mémorises... Je ne dis pas que c'est bien ou que c'est mal, c'est un processus...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Donc les choses sont ainsi faites que, automatiquement, on engrange des impressions du passé ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui c'est un peu mélancolique, on aime ou on n'aime pas, mais ça marche comme ça...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Décidément, pas si bête que ça la nature... Elle tire bien son épingle du jeu, mais nous? Parce que... c'est bien beau ton histoire de cycles, là, mais ça me fait penser aux tourbillons dans les rivières, aux tourbillons de vent quand il s'affole... Alors je me dis... Faudrait pas qu'on se laisse broyer...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- La seule solution, c'est de s'adapter avec le plus de souplesse possible... Plus de souplesse, moins de souffrance... L'acceptation des cycles naturels, voilà la clé de la souplesse... En tous cas c'est la seule solution que j'ai trouvée... Faire comme le roseau qui se courbe et se redresse...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- On devrait peut-être en parler aux hommes. Tu sais ce sont les patrons des abeilles, ils ont l'air très intelligents, ils construisent plein de choses et nous aident en hiver.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui mais les civilisations humaines sont encore jeunes, aucune d'elles n'a réussi à tenir plus de quelques siècles. Nous les fourmis, on s'introduit facilement jusque dans leurs maisons, on les surveille de près et crois moi, les hommes sont encore plus paumés que nous, leur civilisation actuelle est en péril.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;- Ha bon, c'est si grave que ça ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #008000;&quot;&gt;- Oui. Très grave. Ils se croient supérieurs à la nature, c'est du délire total. Il va falloir se débrouiller sans eux. Dommage, ils étaient intelligents c'est vrai...&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Texte : Régis&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://regis-pnl-coaching.blogspirit.com/7-documents-sonores/&quot; target=&quot;_self&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;Autres Histoires&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>La mesure du temps</title>
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        <updated>2010-11-08T11:40:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-08T11:40:00+01:00</published>
        <summary> Le temps se mesure-t-il mieux à la distance que j’ai parcourue en DS, sur le...</summary>
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          &lt;p&gt;Le temps se mesure-t-il mieux à la distance que j’ai parcourue en DS, sur le boulevard de Sébastopol puis en passant par la rue du faubourg Saint-Martin, jusqu’à la péniche du quai de la Seine qui s’appelait &lt;em&gt;Antipode&lt;/em&gt; et où aurait lieu le concert de Perrine en morceaux, en gardant les yeux dans mon rétroviseur pour m’assurer de la compagnie de la dame qui me suivait dans sa Citroën récente après qu’elle avait abaissé sa vitre à l’arrêt pour me complimenter sur la DS et me dire que c’était «&amp;nbsp;la voiture de son enfance&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; le temps se mesure-t-il à ce passage en DS que je n’aurais pas voulu emprunter dans ce sens –&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car je ne savais plus quoi faire pour m’arrêter au contraire et remonter vers la dame qui roulait derrière moi&amp;nbsp;: ce qui ne s’appellerait pas la &lt;em&gt;doubler&lt;/em&gt; et mais au contraire la distinguer, la rendre unique et l’isoler dans cette rencontre&amp;nbsp;; non pas la doubler et la dépasser et la faire circuler, mais la rendre à elle-même et fidèle à elle-même comme elle l’était à Citroën&amp;nbsp;; non pas la distancer et poursuivre mon but sans elle, aller tout seul vers mon triomphe ou ma récompense, vers le casse que je comptais faire dans la &lt;em&gt;banque du temps&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;(ce qui s’appellerait dérober encore un peu d’argent, poursuivre un but plus lointain, avancer encore un peu, élever encore la vie d’un degré artificiel&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;ce qui s’appellerait la «&amp;nbsp;doubler&amp;nbsp;» dans l’association de malfaiteurs qui nous avait réunis un moment – car il était clair qu’elle voulait remonter dans le temps de son côté, puisqu’elle me parlait de la voiture de son enfance, ou tout simplement monter dans ma voiture, s’arrêter de vivre un instant pour le plaisir de ma compagnie ou de cette place de choix qu’elle avait su reconnaître dans le flot de la circulation, l’intérieur de la DS, et qu’il ne tenait qu’à moi de transformer pour elle en un carrosse, en une salle d’attente magnifique qui mépriserait la circulation et le cours du temps, qui laisserait aller le boulevard dans un sens que nous ignorerions et nous laisserait seuls dans notre période extraite du temps, au beau milieu de la phrase que nous n’aurions pas eu besoin de dire puisqu’elle irait de soi et roulerait toute seule,&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;l’&lt;em&gt;arrêt de la DS&lt;/em&gt;, son image et l’invitation à son bord imprimant ainsi un sens nouveau par rapport au vol relatif du temps qui n’aurait eu besoin, pour s’exprimer, que de notre seule connivence, d’un simple passage que nous aurions emprunté entre le boulevard qui ne semblait pas pouvoir s’arrêter et ce véhicule hors temps dans lequel nous serions redevenus des passagers silencieux mais ô combien consentants),&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;mais lui dire de m’accompagner, uniquement, à la fois dans le temps et en dehors du temps, dans une superposition impossible de contraires que seul permettrait, par son image éternelle et son sens exemplaire, l’habitacle de la DS, cette période extraite du flot ambiant qui n’était que sens et qui n’avait qu’un seul sens –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ou le temps se mesure-t-il à mon &lt;em&gt;activité &lt;/em&gt;de la journée que j’ai été incapable de fixer dans un programme ou de coller contre le mur de mon bureau afin de représenter à mes collaborateurs la façon dont je passais mon temps et à quoi cela servait que je travaillasse encore et que j’avançasse encore – je veux dire, à ce temps que j’ai attendu, place du Trocadéro, que vienne me rejoindre Sylvia Kristel, dont les seins sont aussi beaux que jamais et me causent un plaisir qui est d’autant plus grand qu’il semble aujourd’hui prélevé sur le temps : une image qui va elle aussi à rebours, une interrogation qui résume à elle toute seule toute la question du temps et de ce qui me fixe en place, de ce qui me fait attendre là, pour ne pas dire, me fait espérer ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le temps s’est arrêté pour moi dans le fond de l’instant que je suis. Je connais dans l’immobilité de ma pensée la plus grande proximité avec ce que j’aurais pu faire de mon temps. Or, j’aurais pu remonter vers cette dame en Citroën, et j’aurais pu attendre, pour une éternité encore, que vienne Sylvia Kristel.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’ai découvert que mon père laissait se presser, comme moi, les mots à la fin de chaque page de son cahier, au-dessous de la dernière ligne prévue par le quadrillage, afin de terminer la phrase qui aurait débordé de cette ligne et de finir la page vraiment &lt;em&gt;à la fin&lt;/em&gt; et au-delà de la ligne,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;je veux dire, la finir dans la pure échappée dans le plan, dans le blanc absolu et le repos absolu qui seraient gagnés ne fût-ce que fugitivement et relativement avant que le temps n’impose de tourner la page et de recommencer d’écrire tout en haut comme au commencement d’une nouvelle vie et dans l’angoisse de ne savoir trouver, pour cette nouvelle page, pour cette mission rechargée, pour cet enfer de nouveau choisi, les degrés et les prises pour redescendre de nouveau vers la fin de la page et vers le fond de l’instant ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;cet espace réduit au coin de la page, que ne guidait plus la dernière ligne et que n’imposait plus à strictement parler le devoir de l’écriture, étant ainsi devenu le dernier refuge et la dernière récompense de l’écrivain, un peu de crédit sur le temps absolu qui le serait de sa mort prochaine, un peu de repos soutiré à la caisse (cagnotte) finale, un intervalle très difficilement gagné et d’autant plus mérité, où le devoir d’écrire se transmuerait en la liberté de le finir au-delà de la dernière ligne tracée&amp;nbsp;; la place de choix de l’écrivain où se dessinerait bien mieux que sa signature&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;(comme se dessine celle d’un peintre au coin du tableau, dans l’espace justement soustrait à l’image et à la représentation, un espace ambigu aux multiples entrées et aux temps superposés qui constitue ce qui survit et ce qui se repose – ce qui se dépose – de l’artiste au fond du tableau, sa vie éternelle déjà tracée à l’avance et concentrée là, la place invariable qu’il a su trouver pour se réfugier dans la maison du temps après avoir bâti celle-ci dans l’espace de ce tableau)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;–&lt;em&gt; où se distinguerait sa marque&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La &lt;em&gt;place de mon temps&lt;/em&gt; ne serait pas complète (je veux dire, celle que je dois conquérir pour gagner le temps et achever ma victoire, celle où je dois m’établir pour achever de superposer toutes les pages de l’écriture et tous les emplois du temps, celle que je dois préserver, ne fût-ce qu’en pensée, afin de rejaillir dans un espace vierge après que chaque page aura été remplie) et l’endroit où je &lt;em&gt;trouve&lt;/em&gt; le temps et où j’en localise enfin la source et la question à l’unique sens, l’endroit où je peux enfin attendre que rien ne se passe et que plus personne ne me dérange – ce fond de la page que j’aurais atteint après avoir rempli mon devoir d’écriture –, ne serait pas défini, si je ne trouvais pas les mots pour dire ce qui m’a habité lorsque je suis revenu dans la chambre de mon père mort afin de la déménager, où j’ai vu que le lit était fait, que le paquet de cigarettes qu’il avait entamé était encore dans le tiroir à côté du lit et que la veste qu’il avait retirée avant de se coucher et de recevoir la mort était encore accrochée à la poignée de la fenêtre,&lt;/p&gt;&lt;p&gt;la décision n’ayant pas été prise de remettre celle-ci dans l’armoire alors qu’elle se distinguait désormais de toutes les autres vestes – elle, la veste de la dernière sortie dans le monde des hommes – et qu’elle se démarquait désormais du cycle entier de l’habillage et du déshabillage dont l’armoire est le réservoir et la preuve la mieux rangée de l’optimisme –&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;l’armoire étant ce qui nous produit de nouveau chaque jour dans le monde, le contraire, donc, du cercueil qui nous en enlèvera définitivement, frais et habillé à neuf ; l’armoire étant la dernière preuve de vie et son dernier espoir, mais alors dans sa dernière phase&amp;nbsp;; l’armoire des vieux étant si proche déjà de leur cercueil, en structure et en contenu, qu’elle ne peut pas, à la vie près, ne pas être justement, de justesse, la contradiction la plus éclatante de celui-là, c’est-à-dire l’espérance de vie conditionnelle la plus grande –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ou de la laisser aller ailleurs et disparaître, maintenant qu’une veste plus officielle la remplaçait dans l’autre monde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’imagine ainsi que, dans cette chambre de mon père que je viendrais habiter secrètement, en ne laissant transparaître chez les voisins aucune ligne qui laisserait entendre qu’un état a succédé à l’autre, que l’arbre a poussé d’un cran, qu’un nouveau locataire a remplacé l’ancien, dans ce double secret dont je m’entourerais – car à la raison secrète qui m’aurait amené en ces lieux, à ma motivation profonde, si profonde qu’elle se cacherait à la vie et ne reconnaîtrait pas encore le chemin de la mort, j’ajouterais mon &lt;em&gt;passage secret&lt;/em&gt; et mon séjour secret, ce qui veut dire que je ne rencontrerais au grand jour aucun voisin et, même, que je ne dirais à personne que je me suis installé là –, c’est &lt;em&gt;autre chose&lt;/em&gt; que j’attendrais et une autre vie que je vivrais. Je n’attendrais absolument rien, ce qui veut dire que j’attendrais ce qu’on n’attend pas, le contraire de l’attente et l’&lt;em&gt;autre attente&lt;/em&gt; ; je n’attendrais plus la mort, puisqu’elle est déjà venue et qu’elle est déjà passée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi ce lieu, cette case vide, cet espace blanc que ne guide plus aucune ligne au-delà de la dernière, ce pied de la page qui est d’ordinaire réservé à son numéro c’est-à-dire à la pure succession, ce canal blanc où circule le temps sous l’éternité des pages et qui leur permet de se lever et de marcher, serait-il le lieu idéal pour écrire, puisque l’écriture se fait, dans mon cas, sans attente et sans espoir, puisque je n’attends plus rien de l’écriture (aucune vie qui lui succéderait ni aucune reconnaissance qui la transporterait) et que j’écris sans attendre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je dépenserais des sommes infinies pour payer le loyer de cette maison de mort, puisque le temps et son loyer seraient dépensés ici en pure perte, puisque cela ne servirait à rien que je sois ici, puisque je ne vivrais pas ici (après qu’on est mort ici), que je n’attendrais personne ici et que je n’emploierais aucun temps, puisque je ne mourrais pas non plus ici (après qu’on est déjà mort).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette dépense abyssale serait ainsi à la mesure de mon temps et de ma pensée. Voici le fond de l’instant et de l’immobilité, le fonds d’investissement de l’écriture, le &lt;em&gt;contrat &lt;/em&gt;de l’écriture et la contraction du monde. Voici l’anti-économie de l’écriture, ma façon de m’échapper au cycle et au calcul, la preuve qu’il faut jeter l’argent au fond d’un puits sans fin. Voici la façon de vivre en secret l’événement continué de la pensée, le krach économique et la déchirure de la fabrique du monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon père avait une manière de ne rien faire et de s’éterniser dans son lit (je n’ai aucun souvenir domestique de lui sinon qu’il était couché, et je me demande si la dernière fois où je lui ai connu une autre attitude que celle du lit ne remonte pas à l’époque où vivait encore ma mère et nous faisait encore à manger), ce qui fait que je peine aujourd’hui à démonter ce lieu éternel et à déménager cette chambre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Aucune activité ne s’est arrêtée là, peut-on penser, puisqu’il ne se passait ici que l’absence de l’activité et l’éternité de la pose ; et la continuation naturelle semble en être de la poursuivre justement sans mon père. Car l’éternité de son séjour peut justement se passer de lui et se continuer sans lui, a fortiori s’il est mort et que l’éternité d’avant est passée à l’éternité d’après.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je réalise que mon père n’est pas mort, que son affaire se conclut, ici comme ailleurs, après comme avant, en dehors du temps, mais qu’il s’est simplement &lt;em&gt;déplacé&lt;/em&gt;, ce qui veut dire qu’il me laisse la place en réalité. Et alors qu’il l’avait occupée par autre chose que l’activité, par l’éternité qu’il avait su soustraire à la mort avant la lettre, je l’occuperai quant à moi par autre chose que l’attente, par un glissement sans heurt et sans état, où le secret de l’écriture éternelle, de l’écriture sans humeur et sans respiration, de l’écriture sans retour et sans regret, serait enfin livré.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ou mon temps se mesure-t-il à l’éternité de ma propre pose et à la demeure où je suis, à la superposition des lignes de temps dont je suis capable, à une seule et même journée au cours de laquelle Ulrich me raconte le «&amp;nbsp;temps de tous ses projets&amp;nbsp;», sa façon de perdre de l’argent et de le faire&amp;nbsp;: cette grosse masse ou ce gros nuage où je ne distingue pas les petits vides où Ulrich doit de temps en temps tomber, c’est-à-dire les moments où il doit sombrer dans le plus profond ennui, où il doit perdre le compte de l’argent et le sens du temps pour ne pas dire celui de la vie, oublier la raison pour laquelle il continue d’entreprendre et l’œuvre qu’il aura déjà accumulée, ou même si de tels vides existent –&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car Ulrich vit dans un autre temps assurément et il vit une autre vie&amp;nbsp;; ce n’est pas son étoffe que je ne saurais comment couper – ou encore moins la façon dont je pourrais m’en draper – s’il devait m’être donné, ne fût-ce qu’en pensée, d’emprunter un jour la vie d’Ulrich et de me glisser dans son costume, mais ce sont plutôt les vides et les blancs de cette vie qui me paniqueraient&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car il me semble que l’énormité des projets d’Ulrich, et partant, de ses réalisations, doit être à la mesure de ses &lt;em&gt;pertes de temps&lt;/em&gt;, je veux dire des longues périodes et des immenses friches où il doit rester à ne rien faire, sinon à attendre je ne sais quelle définition de la forme de l’idée, quel fil il pourrait commencer à tirer afin de dérouler son projet&amp;nbsp;; et je ne vois pas quel détail de sa propre fabrique Ulrich peut percevoir dans l’intervalle, sur quel papier il écrit en attendant, de quelle façon se marque enfin la succession des instants d’Ulrich avant que ne s’ouvre l’espace où son projet pourra grandir&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;car je me suis accoutumé à la constance de ma propre forme et à une mesure de mon temps que je peux continuellement éprouver et toucher du doigt&amp;nbsp;; je ne connais, quant à moi, ni l’attente ni la réalisation, ni le manque de l’idée ni l’horizon incertain où elle commencerait à se dessiner, pour la raison que j’expérimente sans discontinuer le flux matériel de l’écriture et la résistance continuelle de son grain&amp;nbsp;; la concentration de mon monde est telle que mon temps ne connaît plus l’interstice où se conduit d’ordinaire la logique de la succession&amp;nbsp;;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;et ce n’est pas dans son temps infini et incertain, incontrôlable, qu’Ulrich est revenu à moi et a tâché de me parler, mais bien dans le &lt;em&gt;contrat&lt;/em&gt; de ma propre écriture – je veux dire, dans la concentration de mon point et dans la finitude de mon propre temps, dans la proximité que je sais désormais rendre la plus grande entre le chiffre de l’argent et le chiffre du temps, entre la banque et le livre, dans la ligne fine, en un mot, que je suis parvenu à conquérir et que je fais passer à égale distance entre l’énormité du marché et l’énormité de ma pensée du marché –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;puis au cours de laquelle&amp;nbsp;Sylvia Kristel&amp;nbsp;succède à Ulrich et vient me rejoindre place du Trocadéro, me donnant à revoir en une seule image tout le temps où je l’aurais attendue, le sommet de mon désir qui vient se poser de nouveau sur sa poitrine et s’arrêter sur la forme parfaite de ses seins ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et n’ai-je pas, dans la même journée, de nouveau perdu l’occasion de mesurer réellement le cours du temps, c’est-à-dire de le contrarier précisément et de sauter dans l’autre véhicule que son passage me prêtait, à savoir la DS où j’aurais pu rencontrer cette femme et voyager en sa compagnie dans l’ailleurs du temps et du cours de la journée, comprendre la flèche du temps comme un objet qu’il m’appartenait tout à fait de retirer de la chair qu’il transperçait, à condition de trouver le bon angle d’extraction et la bonne façon de détourner le temps, en un mot, à condition de saisir en un éclair que le sens de ma journée, et par extrapolation, de ma vie entière, se jouait, comme d’habitude, dans ces passages les plus étroits et dans ces cases insoupçonnées où il faut trouver la ressource de se retourner.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans doute la mesure de mon temps s’approche-t-elle enfin de la pure performance. On me demande de faire de l’art avec ma pensée et de transformer mon essai, de transformer mon temps. Je ne sais pas si c’est le malentendu le plus absurde qui me sépare du monde de l’art (au-dessus de quels abysses je dois sauter pour rejoindre Perrine et Florian Hecker, pour parler de mon travail dans cette galerie d’art, ou simplement quels mots je dois détourner, quelles impossibilités je dois susciter au sein même de ma langue pour déclarer commencée l’œuvre d’art, dans une opposition parfaite avec mon projet éternel, celui de parfaire ma langue et de poursuivre ma seule écriture à la seule fin que le monde vienne à moi par l’effet du seul &lt;em&gt;contrat&lt;/em&gt; d’écrire) ou si c’est seulement une question de temps.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Que si Ulrich est capable de me parler le matin de cette énorme &lt;em&gt;perte de temps&lt;/em&gt;, de la vie énorme qu’il m’aurait été impossible de vivre à sa place et qui contient sans doute, en raison de cette impossibilité et de ce principe d’exclusion, en raison de mon manque total d’imagination, le secret du temps ou du moins de son passage, je veux dire le secret de la ligne qu’il ne tiendrait qu’à moi de franchir pour passer dans cet autre temps et que je ne franchirai pas ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;que si&amp;nbsp;Sylvia Kristel&amp;nbsp;est capable de superposer à cette image abyssale du temps le tableau immaculé de ses seins parfaits, dans une sorte de contradiction de mon temps et d’aplatissement de sa pointe qui ne fait que dissimuler un sens plus subtil du passage du temps, c’est-à-dire là aussi de son secret, celui qui explique que le corps de Sylvia Kristel&amp;nbsp;vieillit aussi, que la flétrissure se dessine sous la paupière, que sous la rigueur de la ligne se dissimule un combat acharné contre l’âge, le coût exorbitant de l’effort de Sylvia Kristel, son cycle déréglé et même aboli, les médicaments qu’elle m’a dit ne pas avoir pris de peur qu’elle prenne du poids, l’histoire de son gynécologue qui est mort sans prévenir et dont le souci de la santé de Sylvia Kristel&amp;nbsp;a été la dernière pensée ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;que si Sylvia Kristel, &lt;em&gt;au cours du temps&lt;/em&gt; (ce qui est justement, enfin, la mesure de ce temps-ci si précis où je vis, c’est-à-dire que, pour sa précision, je le vis désormais avec elle, que de cet instant va commencer la nouvelle vie et le nouveau temps que je voudrais partager avec Sylvia Kristel), a fini par atteindre un plateau où elle dit n’avoir plus désormais ni mari ni enfant, ni aucun autre homme dans sa vie, et où ne semble plus nous attendre que la longue histoire que nous vivrons ensemble, que la longue période et le long glissement où ne me menacera plus et ne m’arrêtera plus que le détail de l’écriture ou son grain (ce récit de l’aventure d’écrire que je voudrais refaire tous les jours à Sylvia Kristel) ;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;que si, après avoir vu Sylvia Kristel et avoir nagé à la piscine d’Henri IV, je suis capable de rouler dans le boulevard de Sébastopol pour marquer de mon temps je ne sais quel temps étranger qui ne pourra sans doute jamais s’y superposer, celui de la musique de Perrine en morceaux et de son rythme pour ne pas dire de ses boucles, celui où Perrine se sépare de l’homme avec lequel elle est par une énorme différence d’âge, soit 35 ans, et que si, dans ce boulevard, je ne fais que conclure à l’impossibilité du temps et au paradoxe de sa mesure, par l’effet d’un passage impossible, d’une expérience sans objet et sans substance mais au phénomène néanmoins manifeste, dont la répétition contrefactuelle ne pourra pas plus remonter le cours du temps que je n’aurai pu trouver l’angle, dans ce flot-là, où introduire l’outil de détournement du temps et où poser la question du monde que j’aurais connu si la femme en Citroën C5 et moi en DS avions échangé nos numéros, alors ce n’est plus le temps que je dois continuer de vivre mais le saut hors du temps que je dois tenter, c’est toute ma vie superposée qui doit sauter à pieds joints dans la question de l’œuvre qui va suivre, ou simplement de la page.&lt;/p&gt;
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        <title>La matière pure</title>
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        <updated>2010-10-31T16:37:00+01:00</updated>
        <published>2010-10-31T16:37:00+01:00</published>
        <summary> Comment continuer d’écrire et de développer quand je suis le premier à...</summary>
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          &lt;p&gt;Comment continuer d’écrire et de développer quand je suis le premier à vouloir couper les branches – abolir les transitions de l’arbre – et à ne vouloir garder que le tronc solide et pétrifié contre lequel pousser et exercer mon immobilité (ce qui s’appelle « exercer mon activité ») ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’activité que j’exerce est celle de déplacer les troncs (à défaut de déplacer encore tout à fait les montagnes). Je me place contre le tronc à l’abri de la lumière et de la généalogie et je tâche de réaliser ce mouvement contre nature qui consiste à faire aller l’immobilité de la logique (de la succession) là où elle ne devrait pas aller, elle qui est censée disposer des branches et des feuilles pour recevoir la lumière et se nourrir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;« Le physique est du logique gâté », dit Bergson. Or, je cherche quant à moi à purifier le logique par la &lt;em&gt;matière&lt;/em&gt; de l’écriture, et non pas à l’y dégrader, ou l’y « distendre » (Bergson) ou à l’y laisser aller. Je coupe les branches de la logique et le mouvement que je compte imprimer au tronc est contraire à celui qui s’ouvre fatalement au logique et qui lui crée l’espace même de son mouvement, dès l’instant où le logique fléchit et cède un degré de la pureté de son immutabilité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mon mouvement est contraire à la nature même du logique. Tandis que le logique presse sur son immutabilité et « avance » dans cette immobilité-là, je pousse quant à moi contre le tronc même de la logique – ce que j’avais appelé « être pressé par la ruine », être accéléré par l’éternité de la pause et le temps infini de la ruine ; être pressé de partir et de m’enfuir par la chute même de la ruine dans l’&lt;em&gt;absence de temps&lt;/em&gt; et dans le trou du temps ; &lt;em&gt;être pressé de rester&lt;/em&gt;, c’est-à-dire de me ruiner et d’écrire, dans un processus contraire à l’être et à la demeure, un processus qui ne laisse que des traces ou des marques et dont le moment vivant et vibrant (et présent) de l’attribution de la &lt;em&gt;valeur&lt;/em&gt; à la marque a été oublié et enseveli.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas l’espace extensionnel que ma « dégradation » du logique crée, ce n’est pas la conversion de l’immutabilité de la forme en succession &lt;em&gt;externe&lt;/em&gt; de points que mon effort contre le tronc produit, mais l’espace inverse de la &lt;em&gt;purification&lt;/em&gt; du logique par la décomposition et par la dégradation de la matière écrite. Cet espace de mouvement non extensionnel est la &lt;em&gt;place du marché&lt;/em&gt; où coupe le trait absolu de la contingence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La dégradation du logique en matière et en devenir a pris le mauvais chemin de la &lt;em&gt;succession&lt;/em&gt; d’états d’immobilité. La logique des formes immuables n’a trouvé rien de mieux que l’arbre et que la logique de la transition entre états pour lui &lt;em&gt;succéder&lt;/em&gt; dans le temps de la dégradation. La forme n’a trouvé à introduire dans son immutabilité que le &lt;em&gt;faux mouvement&lt;/em&gt; qu’est venue y apporter une mauvaise « séparation » de la logique pure, une mauvaise incision du temps dans son idée (une dégradation dans le mauvais sens du terme, vers un devenir qui ne pouvait qu’être &lt;em&gt;dérivé&lt;/em&gt; s’il ne pouvait pas être pur).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, cela revient à négliger l’inversion qu’une certaine idée de la matière peut faire accomplir à l’ordre des deux termes de « physique » et de « logique » et à ignorer que le trait de la contingence peut introduire dans la pureté de la logique une fissure qui remonte plus haut que la logique, jusqu’au temps immémorial qui la précède, jusqu’à son oubli.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au lieu de la purification par le feu, il faut croire réellement à la purification par la terre ; non pas la succession chronologique de l’&lt;em&gt;état décomposé&lt;/em&gt; à l’état pur, mais la remontée non chronologique de ce qui, dans l’état, le reconnaît et l’affirme et le redouble vers le trait initial, unique et non redoublé, non reconnu, qui est celui de la contingence. Plus simple et plus pure encore que l’idée de l’être est celle de sa contingence, à la condition de faire passer la marque de l’être, son trait, avant son état.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le vrai mouvement n’est pas celui du changement. Il ne s’agit pas de redoubler encore la recognition et l’identification de l’état par l’idée de l’état qui viendrait lui &lt;em&gt;succéder&lt;/em&gt;. L’idée la plus pure de la contingence n’est pas celle qui se prête à l’idée de dégradation ou de changement mais celle qui remonte, sans alternative reconnue et sans même l’idée d’un état reconnu, à l’idée que l’état &lt;em&gt;aurait pu être différent&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certes, c’est faire intervenir le temps que de dire que le trait a été marqué une seule fois, dans un seul sens, et que son unité de temps et d’action ne fait que dire, avant même d’être reconnue, qu’elle aurait pu être différente. Mais c’est un temps qui ne se prête à la chronologie que par une confusion de l’idée de temps. Le vrai mouvement est celui du trait tracé une seule fois qui rend la matière &lt;em&gt;pressante&lt;/em&gt; en tant que porteuse de l’entaille et de la différence, et pour cette raison susceptible &lt;em&gt;de s’échanger et non pas de changer&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La différence analogique n’a que la succession d’états pour faire la différence, tandis que la différence marquée, la différence absolue, n’a que la perception de la matière où porte la marque, qui se retourne alors dans l’échange. En coupant les branches à la logique de la succession, il ne me reste plus comme seul mouvement que celui qui s’appuie, à l’inverse, sur le tronc pour le faire revenir dans le mouvement initial, remonter dans le devenir à contre-courant de la transition entre états.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le logique ne perçoit la forme qu’à l’état de &lt;em&gt;reconnaissance de la forme&lt;/em&gt;, une identification qui présuppose forcément le néant sur lequel elle s’inscrit. Avant de lire Bergson, j’avais compris que le zéro, ou le néant, était une mauvaise conséquence : celle de la mauvaise idée de reconnaître l’état et de l’identifier. Entre la pureté reconnue des formes et le néant qui lui permet de s’articuler – car on peut argumenter qu’en tant que forme pure et reconnue le néant l’avait déjà infectée, comme étant son articulation même, c’est-à-dire sa fragilité même – se disposent aussitôt, nous dit Bergson, tous les états de la dégradation intermédiaire. Et le mouvement se crée (artificiellement, c’est-à-dire « formellement », c’est-à-dire « purement ») comme contresens de la vraie matière, comme la conséquence du « bougé » élémentaire de la forme pure, comme son tremblement et son hésitation, elle qui ne peut pas immédiatement s’anéantir et qui ne peut plus, par cette hésitation première, rester pure.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le premier mouvement de la reconnaissance de la forme pure a déjà commis l’hésitation qui le dégradera en mouvement physique. La forme pure n’aurait jamais dû s’articuler et se détacher. Elle aurait dû &lt;em&gt;rester un tout&lt;/em&gt;, être un tout &lt;em&gt;sans reste et sans néant&lt;/em&gt; : une image sans fond. Or, le &lt;em&gt;mode de l’être&lt;/em&gt; admet un reste nécessairement. Il n’y a pas d’être reconnu sans arrière-fond de néant ; et la seule façon de tromper le reste et le néant consisterait ainsi à les &lt;em&gt;précéder&lt;/em&gt; et à aller plus vite qu’eux, dans leur sens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut parvenir à l’&lt;em&gt;idée totale&lt;/em&gt; du reste, sans tout qui la précède (puisqu’elle est totale elle-même) et sans reste qui la suit (puisqu’elle est déjà &lt;em&gt;tout ce qui reste&lt;/em&gt;), qui est donc l’idée première, absolue, de la &lt;em&gt;matière&lt;/em&gt; – de la matière pure qui n’est plus représentée comme la dégradation de l’état.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut parvenir à une idée pure du reste, qui ne peut s’obtenir que dans l’autre idée du temps : celle où la &lt;em&gt;ruine&lt;/em&gt; nous presse de rester et non pas d’être et où l’écriture est la chose la plus vieille.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans ce monde qui est &lt;em&gt;plein de reste&lt;/em&gt; et qui ne s’articule plus, il n’y a plus de place pour le néant. Les choses ne se &lt;em&gt;forment&lt;/em&gt; plus et ne s’articulent plus sur aucun fond ; elles ne se suivent plus dans le changement et dans la succession d’états. Le devenir devient &lt;em&gt;inscrit&lt;/em&gt; ; il remonte dans le temps et n’est plus représenté.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;À P. j’ai dit qu’à force de creuser dans le vide et d’y accélérer ma pensée, je finissais par trouver des choses. Ces choses ne viennent pas de rien, évidemment – car je ne peux pas créer à partir de rien et dans l’absence de toute chose, il n’y a finalement rien à trouver – mais elles sont issues de la &lt;em&gt;transformation&lt;/em&gt; de la matière.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce n’est pas en ne faisant rien que je « soulève » ces choses mais bien en écrivant. Ne m’amène à l’écriture aucun état identifié, certes, et je commence toujours d’écrire dans le vide, sans aucun état connu ou forme reconnue. Je ne viens imprimer dans l’écriture aucune forme prévue et c’est pourquoi une extrapolation hâtive me fait dire que je me jette dans le vide.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Or, je me jette dans la &lt;em&gt;matière pure&lt;/em&gt; de l’écriture, pure de toute forme préétablie j’entends, mais qui n’existe pas moins et qui n’est pas rien. L’écriture n’a pas de forme et n’est pas prévue. En la condamnant à n’être rien avant que je ne l’&lt;em&gt;informe&lt;/em&gt;, je néglige le trait pur de l’écriture, sa différence propre, cela qui fait qu’il n’est pas indifférent d’écrire (même sans forme, sans raison et sans pensée) et que cela ne revient pas au même « d’écrire à rien » ou de « penser à rien ». Je me mets dans la situation matérielle d’écrire et cela suffit. Je me connecte au matériau avant de le connaître et de lui donner forme. J’anticipe la matière qui &lt;em&gt;sera&lt;/em&gt; et c’est pourquoi je trouve et je révèle ce qui était là.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On prétend que l’écriture met les pensées en ordre, qu’elle les conduit et les presse et qu’elle les fait venir pour cette raison. Mais il y a plus dans l’écriture que l’accident de la forme de la pensée. Il y a la situation pure de l’écriture, qui n’est pas une &lt;em&gt;intuition&lt;/em&gt; pure et un canal de communication direct avec l’« unité primordiale » (Bergson) qui donne accidentellement la succession des pensées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je remonte, dans l’écriture, à l’unité de la contingence et à l’unicité du trait. Je retrouve ma place primordiale en écrivant, qui est celle du corps que je suis. Avant de penser par ma tête, je pense par mon corps, et par ce que je suis. Je transcris ce qui va alors forcément passer par moi et la différence que cela fait dans le monde que je sois là. C’est en permanence qu’on écrit et qu’on s’inscrit. Notre place nous suit où que nous allions, sauf que nous la &lt;em&gt;retrouvons&lt;/em&gt; en écrivant, nous nous retournons vers elle, et dans cette immobilité et cette « concentration » passagère, tout le reste du monde peut alors passer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En écrivant sans pensée préalable et dans la coïncidence primordiale avec la place où je suis, je retrouve l’immobilité productrice où tout le monde s’imprime. Il faudrait redéfinir l’écriture comme cette activité primordiale qui permet à l’homme de retrouver sa place, de &lt;em&gt;se suivre à la trace&lt;/em&gt; et, partant, de trouver les choses du monde.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les choses du monde ne sont pas cachées mais juste dispersées, trop évidentes, trop détachées. Il leur manque la face (de la contingence) pour les assombrir de nouveau et les attirer. Il leur manque le retour à leur premier trait pour qu’elles n’aient plus le choix que de &lt;em&gt;s’aligner&lt;/em&gt; de nouveau. Il leur manque le moment qui répétera leur genèse et qui, en soustrayant leur état et la succession trop évidente de leur changement, les fera retomber dans l’unité de la matière sans forme et sans néant.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par l’écriture pure, je me connecte à ce qui &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt; la matière avant que ne la fasse la forme ou ne la fasse même le temps. J’écris sans attendre et sans état, dans le milieu de l’échange que j’ai su trouver et qui transmet la matière dans un autre sens que sa forme. Ce n’est pas un vide que cette place où je suis mais un plein. Sauf qu’il ne l’est pas de formes. Il n’est fait que de ma propre place que je n’ose appeler mon identité, parce que je ne sais pas si je me &lt;em&gt;reconnais&lt;/em&gt; en écrivant. Ce n’est pas la question de l’être que je pose en écrivant, mais celle du reste total : d’une transmission et d’une succession sans arbre sans héritage.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ainsi, si mon destin tout tracé se réalise et que P. et C. prennent les places où j’écris, ce n’est pas mon &lt;em&gt;futur état&lt;/em&gt; que mes serviteurs devront interroger. Ils ne devront pas se demander ce que je suis devenu et où j’ai donc disparu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’alternative de ma place n’a jamais été le néant, et le constat de mon serviteur, s’il voit ces femmes venir à ma place, ne doit pas être que &lt;em&gt;je ne suis plus&lt;/em&gt;. J’ai toujours été ce qui reste, et non pas ce qui est. Or mon reste, qui est total, est aujourd’hui que ces femmes occupent ma place. Ma façon de rester et de n’être plus (cette &lt;em&gt;façon&lt;/em&gt; permanente : car je n’ai jamais &lt;em&gt;été&lt;/em&gt; et je suis toujours &lt;em&gt;resté&lt;/em&gt;) est que ces femmes sont là.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il n’y a pas eu de passage de relais ou de transition d’état entre nous. Je ne leur ai pas transmis ma place. Il n’y a jamais eu de conflit et d’encombrement de la place. C’est par le récit de mon écriture qu’elles en sont là aujourd’hui. Elles ont suivi ma &lt;em&gt;trace&lt;/em&gt; et n’ont pas &lt;em&gt;succédé&lt;/em&gt; à mon état.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le gardien de la place s’attendra à un conflit. Il pensera à moi et que ma place est prise, lorsqu’il les verra arriver et la prendre. Il m’appellera en pensée. Il me pressera de revenir, d’autant que le monde se presse à ma place et qu’il n’y a plus la place pour nous deux. Or, le conflit ou l’accord ne s’est jamais conclu entre ces femmes et moi. La logique de la succession n’a pas eu lieu. Ce n’est pas l’envie de moi, ou contre moi, qui les pousse ici mais bien la poursuite de mon trait, la continuation de la logique qui me fait rester et non pas être.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans mon monde sans néant et sans forme, c’est par le fond indistinct de la matière que la matière fait suite, et substitue le reste au reste. Ces femmes &lt;em&gt;restent&lt;/em&gt; là parce que je ne suis pas là, c’est-à-dire que je &lt;em&gt;reste&lt;/em&gt; là, et que, par ce non-être, par cette causalité qui n’en est pas une, je leur transmets mon reste. Ainsi le reste se &lt;em&gt;compose&lt;/em&gt;-t-il et se &lt;em&gt;complique&lt;/em&gt;-t-il et ne se succède-t-il pas. Leur &lt;em&gt;reste&lt;/em&gt; ne vient pas remplacer le mien. Il n’est pas causé par le mien non plus, à la façon dont l’état cause l’état qui le suit dans l’arbre, et qui vient alors prendre sa place et prendre le relais de la réalité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ces femmes sont déjà détournées de leur être par mon écriture. Elles viennent dans la place en ayant déjà tourné le dos à l’être, pour rester et non pas être. De même que si elles &lt;em&gt;restent&lt;/em&gt; là, à ma place, par mon écriture, on ne peut pas dire qu’elles &lt;em&gt;sont&lt;/em&gt; là et qu’elles demeurent là, de même, en ne restant pas là quand elles restent là, je ne peux pas dire que je ne &lt;em&gt;suis&lt;/em&gt; pas là et je ne peux dire, en conséquence, qu’une seule chose, la seule chose qui reste pour dire que &lt;em&gt;je ne suis pas&lt;/em&gt;, à savoir que je &lt;em&gt;reste&lt;/em&gt; là.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La matière « négative » et sans états de l’écriture – celle où &lt;em&gt;tout&lt;/em&gt; n’est que reste et vestige et ruine – a cette curieuse façon de rassembler les restes sans les tourner les uns contre les autres, au contraire, en les enchaînant dans une logique qui est autre que celle de la causalité ou de la substitution d’état.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L’écriture doit prendre le dessus, elle qui n’est que le revers des choses et qui les prend toujours à revers. J’aurai été pris à revers par mon écriture, puisque c’est elle qui aura créé, par la seule force de son impression, ces formes, ces femmes, venues me remplacer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il faut bien que le temps passe et que ma place se transmette. Si ma succession ne peut pas se faire par l’arbre et par l’état, il faut bien qu’elle se passe par les &lt;em&gt;murs&lt;/em&gt;, par ce qui a été gravé là et qui a retourné le monde par ce côté-là de la persistance de la marque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne manquerai pas à la place que ces femmes auront prise, mais ce sera là, par leur écriture prochaine, par cette transmission-là, la continuation de ma marque et le prolongement de ma signature.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>Jane Austen nulle en orthographe ? Et alors ?</title>
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        <updated>2010-10-28T09:39:00+02:00</updated>
        <published>2010-10-28T09:39:00+02:00</published>
        <summary>    L'auteur d' Orgueil et Préjugés , l'un des écrivains les plus populaires...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://jm-oullion.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://jm-oullion.blogspirit.com/media/01/00/299804509.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://jm-oullion.blogspirit.com/media/01/00/349347977.jpg&quot; alt=&quot;Jane-Austen.jpg&quot; name=&quot;media-529327&quot; id=&quot;media-529327&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L'auteur d'&lt;em&gt;Orgueil et Préjugés&lt;/em&gt;, l'un des écrivains les plus populaires du Royaume-Uni (et d'ailleurs) était tellement &lt;strong&gt;mauvaise en grammaire et en orthographe&lt;/strong&gt; que ses manuscrits&amp;nbsp;devaient être complètement revus&amp;nbsp;par un correcteur.&amp;nbsp;C'est &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/10/24/jane-austen-etait-nulle-en-orthographe-et-en-grammaire_1430568_3260.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;ce que&amp;nbsp;nous apprend le Monde&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, à partir des travaux d'une universitaire,&amp;nbsp;Kathryn Sutherland,&amp;nbsp;spécialiste de Jane Austen (1775-1817).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai lu dans les commentaires sur le Monde.fr et le Figaro.fr &quot;qu'en fait les recherches effectuées par Kathryn Sutherland sur les manuscrits de Jane Austen ne montrent à aucun moment qu'elle fut nulle en orthographe, mais qu'elle usait d'un &lt;strong&gt;style novateur&lt;/strong&gt; qui s'affranchissait des contraintes habituelles. Ce style novateur a été &lt;strong&gt;effacé et dénaturé par son éditeur,&lt;/strong&gt; bien trop frileux&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Par ailleurs, il ne serait pas précisé dans les articles français que &quot;ces corrections de style s'appliquent uniquement aux deux derniers romans de Jane Austen, &lt;em&gt;Emma&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Persuasion&lt;/em&gt;. Des romans antérieurs comme &lt;em&gt;Raison et Sentiments&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Orgueil et Préjugés&lt;/em&gt;&amp;nbsp;sont bien davantage proches des manuscrits&quot;.&amp;nbsp;Peut-être une &lt;strong&gt;mauvaise interprétation&lt;/strong&gt; développée dans une dépêche d'agence et reprise par les principaux titres de presse...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Comme cela devient l'habitude, c'est Slate.fr qui se montre &lt;strong&gt;le plus fiable,&lt;/strong&gt; en &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.slate.fr/lien/29093/jane-austen-nulle-en-grammaire-ou-en-avance-sur-son-temps&quot;&gt;&lt;strong&gt;nuançant&amp;nbsp;considérablement&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; les propos de l'universitaire britannique. Quoi qu'il en soit, si cette&amp;nbsp;&quot;découverte&quot; vient&amp;nbsp;lézarder le mythe de l'auteur à la prose élégante et au style raffiné,&amp;nbsp;il n'en demeure pas moins,&amp;nbsp;à moins de nous prouver l'existence d'un nègre littéraire,&amp;nbsp;que Jane Austen reste &lt;strong&gt;à l'origine de ses romans&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Elle n'est pas non plus&amp;nbsp;le premier écrivain célèbre à faire des fautes d'orthographe. De plus, comme le disait Stendhal (dont j'ignore s'il faisait des fautes ou pas), &quot;l'orthographe ne fait pas le génie&quot;. Mais ne nous y trompons pas : écrire avec des fautes d'orthographe ne vous établit pas forcément comme un écrivain en puissance. Encore faut-il avoir un brin de talent !&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>wazo</name>
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        <title>Emile XXII</title>
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        <updated>2010-10-27T20:57:00+02:00</updated>
        <published>2010-10-27T20:57:00+02:00</published>
        <summary> À la fin du vingtième siècle Villemur demeurait une&amp;nbsp; bourgade...</summary>
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          &lt;p&gt;À la fin du vingtième siècle Villemur demeurait une&amp;nbsp;&lt;span&gt;bourgade industrielle environnée de cultures céréalières qui&lt;/span&gt; devait compter avec sa population ouvrière . Si les élections locales étaient l'occasion pour les listes au socialisme modéré de se placer, les échéances nationales voyaient plus souvent fleurir un vote conservateur, point de rencontre entre petits notables et population rurale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au début de l'année 1995, le magasin de Jean-pierre Delborn était en émoi. Ici se croisaient, avec les agriculteurs locaux, toutes les sensibilités&amp;nbsp; de droite du canton. Aussi Delborn recevait-il la visite régulière d'élus municipaux et d'ambitieux divers venus consulter en vue des prochaines élections. Jean-Pierre avait été approché à plusieurs reprises par les têtes de liste aux municipales, mais avait toujours décliné leurs offres&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inspiré par un solide bon sens paysan et la circonspection propre au commerçant, il savait où placer ses priorités. La politique avait la particularité à ses yeux d'être un jeu de dupes auquel on risquait constamment d'être pris en défaut. Les caprices de l'opinion ne convenaient pas à sa nature. En outre la position d'élu lui semblait peu&amp;nbsp;conciliable avec les affaires.&amp;nbsp; Les clients aimaient à dégoiser des ragots sur leurs concitoyens.&amp;nbsp; Derrière son comptoir, il entendait tous les avis, toutes les rumeurs courant au sujet de tel ou tel conseiller. Son naturel inquiet préférait un certain repli, l'entassement méticuleux de richesses concrètes à la recherche incessante du respect d'autrui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'approche de l'élection présidentielle était l'occasion pour les politiques locaux de marquer les opinions; on choisissait son favori comme on jouait aux courses, avec pour seule stratégie une perpétuelle hésitation. La question du candidat de la droite et&amp;nbsp;les gesticulations de Grand Guignol des deux concurrents occultaient totalement la candidature de Lionel Jospin. Pour Delborn, il était évident que ses clients voteraient comme de coutume pour l'éternel candidat Chirac. Pour la première fois depuis longtemps, la bourgeoisie libérale, balladurienne était l'objet des risées habituellement réservées par les plus rustres aux partis de la gauche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques malplaisants entretenaient des discussions de fond de magasin avec Giscard, sur la nécessité d'une forte mobilisation à l'extrême droite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le calme étouffé des rayonnages bruissait parfois d'une exclamation indignée, seul indice des turbulences politiques du pays dans cet endroit où le caractère du patron avait lentement passé à chaque objet, imposant une sorte de respect silencieux aux habitués.&lt;/p&gt;
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